Église protestante maohi

église réformée de la Polynésie française

L’Église protestante māòhi (EPM) ou Ètārētia porotetani māòhi (ÈPM) est la plus grande Église réformée de la Polynésie française, réunissant environ 38 % de la population.

Informations essentielles

Église protestante māòhi
Généralités
Branche Protestantisme
Théologie Théologie māòhi

Thélogie chrétienne

Territoire Māòhi Nui - Polynésie française
Président François Opura Pihaatae
Fondation
Fondateur London Missionary Society
Date 2004
Lieu Māòhi Nui - Polynésie française
Origine et évolution
Séparations London Missionary Society (XIXe siècle),
Société des Missions Évangéliques de Paris (XXe siècle)
Chiffres
Écoles secondaires 4
Universités Université théologique de Terereātau à Tahaa
Divers
Siège Pāôfaì, Papeete, Tahiti

Histoire

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Contexte et arrivé de la London Missionary Society

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Vingt-cinq ans après l'échec d'une première tentative d'installation d'une mission catholique à Tautira, en 1772 puis en 1774-1775, dix-huit missionnaires de la London Missionary Society débarquent du ''Duff'' dans la baie de Matāvai, à Tahiti, le 5 mars 1797. Ils sont accueillis par Pōmare I et Itia, ainsi que par Haamanimani, oncle maternel de Pōmare I et conseiller du jeune ari'i rahi en titre, Pōmare II.

Les missionnaires reçoivent en donation un terrain à Matāvai de la part de Pomare I, alors âgé d'une quarantaine d'années, et de son fils, le jeune souverain âgé de seize ou dix-sept ans[1]. Isolés géographiquement [2]et coupés de tout soutien extérieur[3], ils se retrouvent rapidement exposés à un climat d'insécurité et contraints de dépendre de la protection, elle-même intéressée, de leurs hôtes tahitiens.

Une action missionnaire théoriquement indépendante du pouvoir colonial

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Les missionnaires, dont l'objectif premier est de convertir les populations locales au christianisme, agissent à Tahiti de manière largement autonome, sans soutien officiel du gouvernement britannique : la London Missionary Society n'entretient alors aucun lien institutionnel avec l'État[4].

Bien que l'entreprise missionnaire et l'expansion coloniale procèdent initialement de logiques distinctes, leur coexistence sur le terrain contribue à l'établissement de liens multiples et d'un certain appui mutuel entre les deux dynamiques. Par leur connaissance du territoire et des populations, les missionnaires jouent également un rôle d'intermédiaires et d'interprètes auprès des explorateurs, commerçants, militaires, diplomates et fonctionnaires de passage.

Confrontés à l'arbitraire des chefs tahitiens et à des comportements de marins et de négociants qu'ils jugent inacceptables, les missionnaires se trouvent progressivement impliqués dans des rapports de force locaux, ce qui les conduit à souhaiter l'instauration d'une autorité britannique et l'appui de leur gouvernement. Missionnaires protestants et catholiques, engagés dans une même entreprise de conversion, deviennent ainsi, sans l'avoir recherché, les instruments de rivalités nationales et coloniales plus larges[5].

L'apprentissage de la langue tahitienne par les missionnaires

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Malgré leur isolement, c'est leur entreprise d'alphabétisation — qu'ils considéraient pourtant comme secondaire par rapport à leur mission d'évangélisation — qui suscite le plus d'intérêt chez les Tahitiens. Un premier syllabaire, rédigé par Davies et imprimé à Londres en 1810 sous le titre Te Aebi no Taheiti, constitue le tout premier ouvrage publié dans une langue océanienne[6]. Tiré à environ sept cents exemplaires, il ne devient réellement utile qu'à partir de 1812[6].

Pōmare II et la maîtrise de l'écriture

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Le jeune souverain Pōmare II se montre particulièrement attiré par l'écriture, y voyant à la fois une source de prestige personnel et un moyen d'asseoir son autorité sur les autres chefs de Tahiti et de Mooreà. Vers la fin de 1804, alors installé à Mooreà, il adresse aux missionnaires des notes rédigées « d'une main lisible... et fort bien orthographiées »[7]. Dès 1805, il s'initie à l'écriture ; sa première lettre connue, en anglais, date de 1806, suivie d'une autre en tahitien traduite par les missionnaires. En 1815, il est le seul chef à maîtriser pleinement l'écrit, ce qui fait de lui un collaborateur central dans la traduction de la Bible et dans l'élaboration du premier recueil de lois écrites de la région.

Dénomination et graphie du nom de l'Église

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Temple protestant de Paofai, plus important et plus ancien temple de Papeete.

L’Église protestante māòhi est enregistrée au répertoire des entreprises de la Polynésie française sous le nom « EGLISE PROTESTANTE MAOHI », sans accent ni apostrophe[8]. Cette notation officielle est reprise anarchiquement sans majuscule par les textes publiés au journal officiel de la Polynésie française : « Église protestante Maohi »[9], « Église protestante maohi »[10], « église protestante Maohi »[11], « Église Protestante Maohi »[12], etc. Les auteurs d'ouvrage de recherche préfèrent, suivre les recommandations de l’Académie française pour les deux premiers termes, puis employer une des deux orthographes du tahitien respectueuses de la prononciation pour le dernier ; ils la nomment donc « Église protestante māòhi »[13] ou « Église protestante mā’ohi »[14], sans systématiquement utiliser l'italique. Son nom tahitien dans l'une des deux graphies principales de cette langue est Ètārētia porotetani māòhi.

Le déplacement de la mission vers Mooreà

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L'effort scolaire initié par Jonh Davies est interrompu en 1808 par le soulèvement d'une grande partie de la population tahitienne contre l'autorité de Pōmare II, période connue sous le nom de Hau manahune et qui dure plus de cinq ans. La mission se replie alors sur Mooreà, qui accueille entre 1809 et 1814 de nombreux chefs des îles Sous-le-Vent accompagnés de leurs guerriers.

Une première chapelle est construite à Papetoài pour la tenue de cultes en anglais et en tahitien, accompagnée d'une école. En 1814, plus de trois cents fidèles assistent régulièrement aux prédications, et l'école ouverte par Davies compte 660 élèves dès septembre 1815. Cet engouement conduit à désigner les adeptes du nouveau culte, jusque-là appelés pure atua (adorateurs de Dieu), sous le terme de haapi parau (apprentis de la parole)[15].

L'apprentissage du tahitien par les missionnaires

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Ne disposant initialement que d'une connaissance limitée du tahitien, les missionnaires font appel, dès 1806, à deux interprètes finlandais et suédois dont les traductions se révèlent toutefois approximatives et peu fiables[16]. Ce n'est qu'à partir de 1810-1811 que leurs progrès en reo māòhi permettent d'améliorer sensiblement la qualité de leurs prédications.

Entre 1802 et 1820 environ, un petit groupe de missionnaires sans formation linguistique préalable, rejoint progressivement par des recrues plus expérimentées, se consacre à l'étude du tahitien oral et écrit — l'une des toutes premières langues océaniennes à faire l'objet d'une description systématique. Cette entreprise donne lieu, à partir de 1817, à une controverse générationnelle : les missionnaires les plus récents reprochent à leurs aînés de monopoliser leur savoir linguistique et de les discréditer auprès des populations locales[17], tandis que les anciens perçoivent d'un mauvais œil l'indépendance et les ambitions de leurs cadets. Ces tensions internes n'empêchent cependant pas la poursuite du travail linguistique.

Le 16 août 1801, Henry Nott — déjà réputé comme le meilleur locuteur de tahitien parmi les missionnaires — devient le premier à prêcher publiquement sans recourir à un interprète, un exemple bientôt suivi par plusieurs de ses collègues. Diverses tournées de prédication itinérante se poursuivent jusqu'en 1807 autour de Tahiti, à Èimeo et à Tetiàroa, mais se heurtent à l'indifférence, voire à l'hostilité des populations, certains allant jusqu'à accuser les missionnaires de propager les épidémies.

L'installation d'une imprimerie à Àfareàitū en 1817 permet la diffusion d'un abécédaire (2 600 exemplaires), d'un catéchisme en tahitien (2 300 exemplaires) et du premier évangile imprimé en Polynésie, celui de Luc[5].

La formation de relais autochtones

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À partir de 1815-1817, les missionnaires se dispersent dans tout l'archipel de la Société et fondent, dès 1818, des stations qui deviennent de véritables foyers d'éducation religieuse. Ce dispositif permet de former des catéchistes et pasteurs autochtones envoyés comme émissaires auprès de populations voisines : c'est le cas de Auna, actif à Huahine et Maiào, de Tuahine à Raìātea, de Puna et Mahamene envoyés à Rurutū, de Papeiha et Vahapata dépêchés à Rarotonga, ou encore de Tauta et Tiere aux Îles Cook.

L'accès à l'instruction devient ainsi une voie de promotion sociale, et les enseignants autochtones constituent progressivement un corps de cadres reconnu pour son engagement[18].

La conversion des chefs et la transformation de la société

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Conscients de l'importance du conformisme social dans la culture tahitienne, les missionnaires concentrent leurs efforts sur la conversion des chefs, condition jugée nécessaire pour entraîner l'adhésion des populations. Pōmare II demande à recevoir le baptême dès juillet 1812, mais sa demande est écartée faute d'un enseignement catéchétique suffisant[19]. Il doit finalement patienter sept années supplémentaires.

Entre-temps, un groupe de jeunes gens proches de la mission de Matāvai se constitue en 1813 en groupe de prière, déclarant vouloir rejeter leurs divinités traditionnelles et n'adorer que Jéhovah[20]. Le geste le plus marquant de cette période reste la destruction, le 19 février 1815, par le grand prêtre Pātii, des effigies divines du marae de Papetoài à Mooreà[20]. Pōmare II est finalement baptisé le 16 mai 1819, devenant à la fois chef spirituel de la nouvelle Église et souverain unifié de Tahiti, selon un modèle calqué sur l'organisation politique britannique[15].

La conversion massive des chefs entraîne celle de leurs sujets, et de nombreux lieux de culte voient le jour à Tahiti, Mooreà et dans les Îles Sous-le-Vent entre 1811 et 1843[21] — on dénombre ainsi soixante-six lieux de culte sur la seule île de Tahiti un an après la bataille de Fēî Pī. La société tahitienne, structurée jusque-là en trois ordres (arii, raatira, manahune), évolue également : les deux derniers fusionnent sous l'appellation de huiraatira, tandis que l'autorité politique des chefs traditionnels est progressivement reprise par les tāvana (chefs de district).

Les difficultés de l'apprentissage linguistique

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Les responsables de la London Missionary Society avaient initialement sous-estimé la difficulté d'apprendre le tahitien. Lors de la fondation de la société en 1795, le révérend Thomas Haweis, se fiant aux propos rassurants du capitaine William Bligh, affirmait qu'un simple caporal de marine avait appris à le parler couramment après seulement trois mois. Cette évaluation se révèle erronée : les missionnaires rencontrent en réalité d'importantes difficultés orthographiques, lexicales, syntaxiques et conceptuelles, les vocabulaires existants s'avérant largement défaillants tant dans la prononciation que dans la compréhension des structures fondamentales de la langue[16].

Présidence

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  • 1963 à 1976 : Samuel Raapoto
  • 1976 à 1987 : Utia Marurai
  • 1987 à 2003 : Jacques Ihorai
  • 2003 à 2019 : Taaroanui Taarii
  • depuis 2019 : François Opura Pihaatae

Secrétariat général

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  • 2000 à 2023 : Céline Hoiore
  • depuis 2023 : Hinatea Marotau

Une prière emblématique de l'Église protestante māòhi

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Une prière ancestrale très connue au sein de l'Église illustre cette articulation entre théologie, terre et identité : Ia Atua te Atua, ia fenua te fenua, ia taata te taata, ua maitaì roa ia. [i.a a.tu.a te a.tu.a | i.a fe.nu.a te fe.nu.a | i.a ta.ʔa.ta te ta.ʔa.ta | u.a ma.i.ta.ʔi ro.a i.a]

Cette formule peut se traduire ainsi : « Que l'Éternel demeure pleinement Dieu, que la terre reste fidèle à sa vocation et que l'Homme incarne pleinement son humanité, alors tout est profondément bon. » Régulièrement citée dans les documents synodaux de l'Église, elle exprime l'équilibre nécessaire entre le divin, la terre et l'humain, condition de la paix et du bien-être du peuple.

L'Église protestante māòhi et Théologie identitaire

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Contexte historique du milieu protestant polynésien

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Le milieu protestant occupe une place centrale dans le discours identitaire māòhi. C'est en effet parmi les jeunes étudiants en théologie de cette Église — dont Henri Hiro, Turo Raapoto, Eugène Roe et Hubert Brémond — que ce discours prend naissance. Plusieurs facteurs expliquent ce rôle de creuset : depuis la christianisation des années 1820, l'Église protestante s'est largement confondue avec la population polynésienne de souche, majoritairement protestante jusque dans les années 1950 (à l'exception des Tuāmotu, des Marquises et des Gambier), diffusant son message en langue autochtone et valorisant la parole ritualisée, les sermons et le chant polyphonique[22].

L'autonomie de 1963 et la libération de la parole politique

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De 1963, l'Église protestante locale obtient son autonomie vis-à-vis de la Société des Missions évangélique de Paris, qui l'encadrait depuis un siècle, et prend alors le nom de d'Église évangélique de Polynésie française (EEPF) — nom qu'elle conservera jusqu'à son changement en Église protestante māòhi en 2004. La même année, elle se dote pour la première fois d'un président polynésien, Samuel Raapoto, père de Turo Raapoto. Cette autonomie s'accompagne d'une libération de la parole politique du synode, jusque-là soumis à un devoir de réserve.

Essais nucléaire et sacralisation de la terre

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Cette évolution politique se conjugue, à partir des années 1970 et 1980, avec l'opposition croissante de l'EEPF aux essaies (explosions) nucléaires français menés en Polynésie entre 1966 et 1996. C'est en grande partie en réaction à ces essais que le discours théologique de l'Église évolue vers une sacralisation de la terre polynésienne, dans une démarche valorisant l'autochtonie à la fois culturelle et naturelle — discours qui trouvera son expression la plus aboutie dans Te Rautiraa i te Parau a te Atua e te Iho Tumu Maohi de Turo Raapoto.

Ouverture régionale et internationale

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L'inscription de l'EEPF dans des réseaux œcuménique internationaux (Conseil œcuménique des Églises, Cévaa, Conseil des Églises du Pacifique), ainsi que la formation de certains pasteurs tahitien à Fidji plutôt qu'en métropole, favorisent par ailleurs les échanges avec des théologies naissantes ailleurs dans le Pacifique, articulant elles aussi religion et identité culturelle.

Formation au Pacific Theological College

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Le Pacific Theological College (PTC) est un institut théologique œcuménique fondé en 1965 et ouvert en 1966 à Suva, aux Fidji. Il constitue, à partir des années 1960, l'institution régionale de référence pour la formation supérieure des pasteurs des Églises protestantes du Pacifique, offrant les premiers diplômes de théologie délivrés directement dans la région dès 1968. Le PTC se distingue par son orientation résolument œcuménique et par le développement, à partir des années 1980, de théologies contextuelles ancrées dans les cultures océaniennes. C'est notamment la formation de pasteurs tahitiens dans cette institution, plutôt qu'à Strasbourg, Paris ou Montpellier comme auparavant, qui favorise à cette époque les échanges avec les théologies naissantes de Tonga, Fidji et Samoa, et qui contribue à l'émergence du discours identitaire māòhi au sein de l'Église[23].

Le contraste avec l'Église catholique

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Par contraste, l'Église catholique, dont le clergé demeure très majoritairement français jusque dans les années 1990, reste largement à l'écart de ce mouvement identitaire à la même période, à l'exception notable des îles Marquises sous l'impulsion de Monseigneur Hervé Le Cléac'h.

Théologie māòhi

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Te Rautiraa i te Parau a te Atua e te Iho Tumu Maohi [24] est un texte théologique rédigé par Turo (Duro) Raapoto et publié en 1988 par l'Église Évangélique de Polynésie française. Il pose les bases d'un renouveau théologique māòhi apparu à la fin des années 1980 au sein de cette Église. D'autres théologiens protestants, dont Joël Hoiore, rejoignent par la suite ce mouvement, qui s'inscrit dans le contexte d'une Église déjà engagée contre les essais nucléaires français en Polynésie et critique à l'égard de la présence coloniale française dans l'archipel. Il s'agit, à travers cette théologie, de reconnecter la foi chrétienne aux réalités locales du peuple māòhi.

Le texte, long de 59 pages, se présente comme un commentaire de versets bibliques tout en proposant des actions concrètes pour l'Église, articulées autour de deux priorités : la langue et la terre. Concernant la langue, l'enjeu dépasse la simple défense du reo māòhi comme outil de communication : parler, enseigner et écrire cette langue est présenté comme un acte à la fois spirituel et politique, constitutif de l'identité même du peuple māòhi. L'Église est ainsi encouragée à en faire usage, notamment dans les écoles du dimanche (haapiiraa tāpati) et dans ses différents groupes d'activité. Concernant la terre, celle-ci est envisagée comme le pendant matériel de la langue : si la langue nourrit l'esprit, la terre nourrit le corps, les deux étant, dans cette théologie, indissociables l'une de l'autre.

Cette nouvelle approche théologique repose ainsi sur deux notions centrales. La première est la sacralisation de la terre, considérée comme sacrée en tant que lieu d'ancrage de l'homme māòhi et de sa culture ; des parallèles sont établis entre la mythologie polynésienne et certains récits bibliques afin de développer le concept de « terre-mère » (fenua metua vahine faatupu ora), envisagée comme l'origine à la fois spirituelle et physique de l'homme māòhi. La seconde est la sacralisation de la culture māòhi elle-même, associée à la terre donnée par Dieu : selon cette théologie, Dieu souhaite que le peuple māòhi conserve sa culture, son abandon étant assimilé à un éloignement de Dieu.

Cette pensée théologique n'a pas fait l'unanimité immédiate parmi les pasteurs de l'Église. Son institutionnalisation progressive se traduit néanmoins par le changement de nom de l'Église en 2004, qui devient Ètārētia porotetani māòhi -Église protestante māòhi. Au-delà du cadre religieux, cette théologie continue aujourd'hui d'irriguer la culture populaire polynésienne, notamment à travers les chants, les danses traditionnelles, ainsi que le discours politique indépendantiste.

L'ouvrage a fait l'objet d'un compte-rendu de Gilbert Tinembart dans la revue Études théologiques et religieuses en 1990.

Organisation

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Relations internationales

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Elle est membre de la Communion mondiale d'Églises réformées (et auparavant de l'Alliance réformée mondiale), du Conseil œcuménique des Églises, de la Conférence des Églises du Pacifique et de la Cévaa - Communauté d'Églises en Mission. Ce n'est qu'en 2016 à la suite de l'assemblée générale de la CWM (Council for World Mission) que l'Église Protestante māòhi est devenue le 32e Membre de la Council for world Mission, héritié de la London Missionary Society.

Organisation géographique

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Organisée selon un principe de découpage territorial, l'Église comprend environ 80 paroisses regroupées en huit arrondissements (tūhaa), répartis dans chaque archipel de la Polynésie française, mais aussi en Nouvelle-Calédonie (Tahitiens de Nouvelle-Calédonie).Ces paroisses sont elles-mêmes divisées en âmuiraa (groupes).

Le âmuiraa est la structure de base de la vie paroissiale : dirigé par un ou plusieurs diacres, il regroupe les paroissiens par origine familiale et/ou territoriale.

Les lieux de cultes de l'EPM sont appelés Temples (fare pureraa ou marae) auxquels peuvent s'annexer des foyers dédiés aux actions paroissiales ou appartenant aux groupes paroissiaux (fare âmuiraa).

Le pouvoir de gestion et d'administration de chaque paroisse est donné au conseil des diacres (âpooraa tiàtono) avec l'appui du pasteur (òrometua).

Cultes et membres

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Membres

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À titre d'indication chaque paroisse peut se décomposer comme suit :

  • le pasteur (òrometua)
  • les groupes paroissiaux (âmuiraa)
  • les diacres (tiàtono), les sous-diacre (tauturu tiàtono), les élèves-diacre (pipi tiàtono)
  • les groupes de travail (âmaa òhipa) - chacun géré par un bureau
  • École du dimanche (Haapiiraa tāpati)
  • Le groupement des femmes (tuahine - te mau vahine)
  • Les évangélistes (te mau haapii parau maitaì - poro èvaneria)
  • Le groupe des jeunes gens (uì âpī) - branche UCJG (Young Men's Christian Association)
  • les membres d'église ayant confessé leur foi en Christ (ètārētia)

Organisation liturgique

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Chaque année, le synode de l'Église protestante māòhi procède au renouvellement de sa liturgie papa haamori, sur la base d'une liturgie de référence en reo māòhi et fondée sur la théologie māòhi. Les paroisses conservent ensuite la liberté d'adopter ou non cette nouvelle liturgie pour leurs propres services. L'EPM suit par ailleurs le plan de lecture biblique de l'Union biblique rītūria, qui fixe des lectures quotidiennes des Écritures ; il est courant que l'ensemble des services d'un jour donné s'appuient sur la lecture ainsi prévue.

Les sermons sont principalement délivrés en reo māòhi, mais aussi en français. Deux paroisses font figure d'exception en utilisant une autre langue : Béthel, où le culte se tient uniquement en français, et Jourdain, où il se tient en mandarin. La préparation et la présentation des sermons reviennent au pasteur, aux diacres, ainsi qu'aux membres pleinement ordonnés de l'Église ayant, par la pratique et la formation, acquis les compétences nécessaires à cet exercice.

La religion est pour certains polynésiens ancrée dans leur mode de vie, particulièrement dans les îles où les événements de l'église rythme la vie des villages. Les paroissiens décrivent ce dévouement en assistant régulièrement aux cultes, en participant aux activités des groupes de travail (âmaa òhipa) mais également à travers leurs habits.

Une tenue correcte est exigée pour les membres de l'église (ètārētia) lors du culte. Bien que son application dépende d'une paroisse à une autre, le pantalon/pāreu/chemise pour les hommes et la jupe/robe/épaule couverte/chapeau pour les femmes reste un standard. Le blanc sera de rigueur lors de la Sainte-cène les 1er dimanche du mois (tāpati ôroà) ou éventements spéciaux.

Des uniformes spéciaux peuvent être choisis pour les groupes de travail (âmaa òhipa) et dépendent des membres administrateurs de chacun.

Sièges

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Dans une paroisse (pāroita) il peut exister des rangées de banc attribuées à un groupe paroissial (âmuiraa), à un village où à une communauté (des différentes îles).

Les visiteurs peuvent s'asseoir n'importe où, mais sont généralement escortés vers l'avant en signe de respect et d'honneur, conformément à la tradition et à la coutume.

La génération Hinapaarae

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« Pour l'Église protestante māòhi, la génération hinapaarae constitue le renouvellement d'une génération. C'est ce que Dieu demande à l'homme. Ce qui signifie que dans la chaîne des générations, la génération Hinapaarae annonce le recommencement d'une nouvelle chaîne de générations. Selon la progression du temps, nous sommes en période du renouvellement demandé par Dieu. C'est Dieu qui est l'origine de ce projet de renouvellement, et il est demandé à l'homme d'accepter et d'accomplir la volonté de Dieu. Le Conseil Supérieur demande aux responsable de l'Église protestante māòhi et au peuple d'entrer ensemble dans ce renouvellement. Le Conseil Supérieur demande aussi au Gouvernement māòhi d'adapter ses lois territoriales en fonction de ce renouvellement : ramener la langue māòhi dans sa situation première, donc comme langue officiel de ce peuple ; redonner à l'agriculture et à la pêche toute leur importance... en tant qu'enseignement pour les enfants māòhi dans les établissements scolaires. C'est ce qui rétablira ce peuple dans sa liberté. »[25]

L'association Moruroa e Tātou

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L'engagement de l'Église protestante māòhi contre les essais nucléaires se perpétue aujourd'hui à travers son partenariat avec Moruroa e Tātou ("Moruroa et nous"), association créée en juillet 2001 pour défendre les anciens travailleurs des sites d'essais nucléaires et leurs familles. Portée notamment par John Doom et Roland Oldham, l'association milite pour l'indemnisation des victimes des essais menés entre 1966 et 1996, ainsi que pour l'extension de ce droit aux ayant droits (veuves, enfants) des victimes décédées. Chaque année, le 2 juillet, date du premier tir nucléaire à Morurora, l'association organise une commémoration rassemblant la population en partenariat avec l'Église protestante māòhi[26].

L'École théologique de Terereātau, Tahaa - Pū Àiraa Ùpu Rau (« le centre où l'on acquiert diverses connaissances »)

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L’École théologique et pastorale de Terereātau est un établissement de formation situé à Hūrēpiti, dans la commune de Tīvā, sur l’île de Tahaa, dans l’archipel des Îles Sous-le-Vent (Hiti Raro) en Polynésie française. Elle est placée sous la responsabilité de l’Église protestante māòhi.

Depuis 2023, son directeur est le pasteur Hamaiteragi tāne, élu lors du 138e synode de l'Église protestante māòhi, qui s’est tenu à Māatea, sur l'île de Mooreà.

Historique et projet

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Le projet de création de cette école remonte à 1971. À l'origine, il s’agissait d’un centre de formation destiné à accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle, notamment dans les métiers du secteur primaire (agriculture, pêche, etc.).

Au fil du temps, le projet a évolué pour devenir l’un des plus grands projets éducatifs portés par l'Église protestante māòhi, avec une vocation plus large, incluant la formation théologique, pastorale et communautaire.

La construction de l’école a été confiée à l'architecte Alexis Nguyen-The, et le coût total du projet dépasse les 500 millions de francs CFP. Le financement a été assuré par plusieurs partenaires : l’Enseignement protestant, l'État, le Pays (Gouvernement de la Polynésie française) et la Communauté d'Églises en Mission (CÉVAA).

L'établissement est implanté sur un vaste terrain de 300 hectares à Hūrēpiti, mis à disposition par l'Église.

Graphie

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Plus d'une dizaine de systèmes d'écriture se sont succédé pour transcrire le reo māòhi depuis les premiers essais de notation de cette langue. La façon de noter certains sons continue de diviser linguistes et institutions, en particulier la transcription du coup de glotte (ʔ) et, dans une moindre mesure, celle des voyelles longues.

Deux graphies coexistent aujourd'hui principalement. D'un côté, celle du Fare Vāna'a, l'Académie tahitienne, qui fait figure de norme officielle : fondée sur une logique strictement phonétique, elle cherche à rester lisible aussi bien par les locuteurs natifs que par les apprenants. De l'autre, celle en usage à l'Église protestante māòhi, souvent désignée comme la graphie « Raapoto » en référence au théologien Turo Raapoto. Sans statut officiel, cette écriture reste néanmoins très employée au sein de l'institution : pensée avant tout pour des locuteurs natifs, elle comporte des simplifications qui la rendent plus naturelle à l'usage, en particulier dans les pratiques religieuses et communautaires du quotidien.

L'Église dispose donc de sa propre convention graphique, distincte du standard académique, mais qui joue un rôle réel dans le maintien et la transmission de la langue à travers ses pratiques cultuelles et éducatives.

Notes et références

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  1. ↑ (en) Oliver Douglas, Ancient Tahitian Society, University Press of Hawaii,
  2. ↑ Ellis William (trad. Marie Sergueiew et Colette de Buyer-Mimeure), À la recherche de la Polynésie d'autrefois [Polynesian Researches], Papeete, Société des Océanistes,
  3. ↑ (en) Gunson Niel, Messengers of Grace: Evangelical Missionaries in the South Seas, 1797-1860, Oxford University Press,
  4. ↑ Miège Jean-Louis, Expansion européenne et décolonisation de 1870 à nos jours, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio »,
  5. 1 2 Conte Éric, Une Histoire de Tahiti Des origines à nos jours, Papeete, Au Vent des Îles, , 355 p. (ISBN 978-2-36734-191-0)
  6. 1 2 O'Reilly Patrick, et Édouard Reitman, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, Musée de l'Homme, coll. « Publications de la Société des Océanistes » nº 14,
  7. ↑ Nicole Jacques, Au pied de l'écriture : histoire de la traduction de la Bible en tahitien, Papeete, Haere Pō no Tahiti,
  8. ↑ « Detail », sur ispf.pf (consulté le )
  9. ↑ « Lexpol - Arrêté n° 1456 CM du 29/09/2015 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le )
  10. ↑ « Lexpol - Arrêté n° 2035 CM du 24/12/2014 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le )
  11. ↑ « Lexpol - Arrêté n° 1882 MET du 22/03/2013 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le )
  12. ↑ « Lexpol - Arrêté n° 1312 CM du 29/08/2012 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le )
  13. ↑ Saura 2015, p. 8.
  14. ↑ Malogne-Fer 2007.
  15. 1 2 (en) Ellis William (trad. Traduit en français par Marie Sergueiew et Colette de Buyer-Mimeure), À la recherche de la Polynésie d'autrefois [Polynesian Researches], Société des Océanistes,
  16. 1 2 (en) Lovett, Richard, The History of the London Missionary Society, 1795-1895. 2 vol, Henry Frowde,
  17. ↑ Nicole, Jacques, Au pied de l'écriture : histoire de la traduction de la Bible en tahitien, Papeete, Haere Pō no Tahiti,
  18. ↑ (en) Koskinen, Aarne, Missionary Influence as a Political Factor in the Pacific Islands, Suomalaisen Kirjallisuuden Seuran Kirjapaino, coll. « Annales Academiae Scientiarum Fennicae »,
  19. ↑ (en) Lovett, Richard, The History of the London Missionary Society, 1795-1895. 2 vol., Henry Frowde,
  20. 1 2 (en) Davies John, The History of the Tahitian Mission, 1799-1830, C. W. Newbury, Cambridge University Press pour la Hakluyt Society,
  21. ↑ (en) Gunson, Niel, Messengers of Grace: Evangelical Missionaries in the South Seas, 1797-1860, Oxford University Press,
  22. ↑ Bruno Saura, ahiti Mā'ohi : Culture, identité, religion et nationalisme en Polynésie française, Papeete, Au Vent des Îles, (ISBN 978-2-9156-5450-9)
  23. ↑ Vidal Gilles, "La culture au cœur de la théologie : la formation des pasteurs océaniens dans la deuxième moitié du XXe siècle au Pacific Theological College de Suva (Fidji)", , p. 157-170
  24. ↑ (ty) Turo Raapoto, Te Rautiraa i te Parau a te Atua e te Iho Tumu Maohi, Papeete, Église Évangélique de Polynésie française, , 59 p.
  25. ↑ Communiqué du Conseil Supérieur de l'Église protestante Māòhi, Synode 2015, Hūrēpiti
  26. ↑ « Moruroa e tatou » Accès libre

Annexes

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Bibliographie

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  • Gwendoline Malogne-Fer (préf. Jean-Paul Willaime), Les femmes dans l’Église protestante mā’ohi : Religion, genre et pouvoir en Polynésie française, Paris, Karthala, coll. « Mémoire d’Églises », , 512 p. (ISBN 978-2-84586-938-7, lire en ligne).
  • Bruno Saura, Histoire et mémoire des temps coloniaux en Polynésie française, Papeete, Au vent des îles, (1re éd. 2015), 376 p., 140 × 220 mm (ISBN 978-2-36734-081-4, présentation en ligne).
  • Gwendoline Malogne-Fer, « La collecte de mê au sein de l’Église protestante mâ’ohi », Journal des anthropologues, nos 114-115,‎ , p. 277–302 (ISSN 1156-0428 et 2114-2203, DOI 10.4000/jda.329, lire en ligne, consulté le ).
  • Conte, Éric. Une histoire de Tahiti. Des origines à nos jours. Papeete, Au Vent des Îles, 2019, 355 p. (ISBN 978-2-36734-191-0)
  • Davies, John. The History of the Tahitian Mission, 1799-1830. Édité par C. W. Newbury, Cambridge University Press pour la Hakluyt Society, 1961. (pas d'ISBN : ouvrage antérieur à la mise en place du système ISBN, 1970)
  • Ellis, William (trad. Marie Sergueiew et Colette de Buyer-Mimeure). À la recherche de la Polynésie d'autrefois [''Polynesian Researches'']. Papeete, Société des Océanistes, 1972. (pas d'ISBN : ouvrage antérieur à la mise en place du système ISBN, 1970)
  • Gunson, Niel. Messengers of Grace: Evangelical Missionaries in the South Seas, 1797-1860. Oxford University Press, 1978. (ISBN 978-0-19-550517-7)
  • Koskinen, Aarne. Missionary Influence as a Political Factor in the Pacific Islands. Suomalaisen Kirjallisuuden Seuran Kirjapaino, coll. « Annales Academiae Scientiarum Fennicae », 1953. (pas d'ISBN : ouvrage antérieur à 1970)
  • Lovett, Richard. The History of the London Missionary Society, 1795-1895. 2 vol., Henry Frowde, 1899. (pas d'ISBN : ouvrage du XIXe siècle)
  • Miège, Jean-Louis. Expansion européenne et décolonisation de 1870 à nos jours. Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », 1973. (l'édition de 1973 n'a pas d'ISBN répertorié ; une réédition de 1993 porte l' ISBN 978-2-13-046038-1)

Articles connexes

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Liens externes

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