Éloa, sœur des anges

Éloa, sœur des anges est une sculpture en bronze réalisée en 1862 par le sculpteur français Joseph-Michel-Ange Pollet (1814-1870). Inspirée du poème Éloa ou la sœur des anges d’Alfred de Vigny (1823), elle illustre un épisode emblématique du romantisme français. L’œuvre appartient au Fonds national d’art contemporain[1] et est déposée depuis 1867 au Musée des Beaux-Arts de Rouen[2].

Éloa, sœur des anges
Présentation
Hauteur
152
Profondeur
58
Largeur
102
Propriétaire
Localisation
Commune

Description

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La sculpture, signée sur la terrasse J. Pollet, représente Éloa, ange de la compassion, assise sur les genoux de Lucifer. Le corps d’Éloa, contorsionné, exprime à la fois la soumission et la résistance. Elle détourne la tête de Satan, levant encore les yeux vers le ciel, dans un ultime élan vers la lumière. En contraste, Lucifer, sombre et résolu, la retient fermement et l’enveloppe dans ses bras. Le groupe illustre le moment où Éloa, séduite par l’ange déchu, quitte tout espoir de salut et est entraînée vers les ténèbres.

Malgré la tension dramatique du sujet, les formes idéalisées et harmonieuses confèrent à l’ensemble un sentiment de calme et d’éternité, caractéristique du style de Pollet et de la sculpture romantique du XIXe siècle.

Inspiration

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Signature.

Le sujet est tiré du poème Éloa ou la Sœur des anges d’Alfred de Vigny, publié en 1823. Le texte raconte la chute d’un ange né des larmes du Christ, séduite par Satan lui-même. Pollet s’inspire notamment des vers :

« Je t’aime et je descends. Mais que diront les cieux / (…) / Deux fois encore levant sa paupière infidèle, / Promenant des regards encore irrésolus, / Elle chercha ses cieux qu’elles ne voyaient plus. / (…); J’ai cru t’avoir sauvé – Non, c’est moi qui t’entraîne. »

Le sculpteur traduit plastiquement la tension entre compassion, amour et perdition, en mêlant spiritualité et sensualité dans une composition équilibrée et expressive.

Historique

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L’œuvre est présentée au salon de 1863 où elle est acquise par l’État. En 1867, elle est déposée au Musée des Beaux-Arts de Rouen où elle est toujours conservée.

Une version en marbre blanc de 130 cm de hauteur, également signée J. Pollet, est connue ; elle a été mise en vente par la maison Sotheby's en 2022[3].

Analyse

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Éloa, sœur des anges illustre les idéaux du romantisme : exaltation du sentiment, attrait pour la chute et la rédemption, tension entre pureté et passion. Le raffinement du modelé, la grâce des attitudes et la douceur des visages traduisent la volonté de Pollet d’unir drame spirituel et beauté idéale. Par la composition et le contraste des expressions, l’artiste donne à voir une allégorie de l’innocence emportée par l’orgueil.

Notes et références

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Voir aussi

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