Épaves du Dramont
Les épaves du Dramont résultent de plusieurs naufrages survenus des années 50 av. J.-C. au Ve siècle ainsi que d'un naufrage moderne, survenu au XVIIIe siècle.
| Épaves du Dramont | |
Le cap du Dramont sur la carte de Cassini. | |
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées | 43° 24′ 44″ nord, 6° 50′ 24″ est |
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Le cap du Dramont se situe en France dans le département du Var et dans la commune de Saint-Raphaël. Il forme la pointe la plus méridionale du massif de l'Esterel et est constitué d'une colline escarpée culminant à 127 mètres d'altitude dont les tombants rocheux plongent dans la Méditerranée.
Les dix épaves identifiées dans les parages du cap du Dramont sont répertoriées « Dramont A » à « Dramont J ».
Le site
modifierLe cap du Dramont (ou Darmont sur la carte de Cassini) se trouve à l'est de la commune varoise de Saint-Raphaël. Il est entouré à l'est par la rade d'Agay, au sud-ouest par la petite île d'Or, à l'ouest par la plage du Dramont et le petit port du Poussaï, et au nord par le quartier du Dramont, un hameau de Saint-Raphaël[1]. Il présente plusieurs pointes :
- à l'est, les Pointes Longues et celles de Camp Long ;
- au sud, la Pointe du Dramont et celle de l'Esquine d'Ay[1].
Situé dans la Provence cristalline, le cap du Dramont est caractérisé par ses roches volcaniques rouges, des rhyolites, présentes dans tout le massif de l'Esterel, et par l'estérellite, une roche bleue exploitée dans une carrière locale[2].
La plage du Dramont est l'une de celles ayant servi au débarquement de Provence le 15 août 1944 et environ 30 000 soldats alliés y ont débarqué, ainsi que 10 000 véhicules[3].
Au sommet du cap, à 127 m d'altitude[1], un sémaphore a été construit en 1860 sur les ruines d'une tour de guet datant de 1562[4].
Les parages du cap présentent quelques écueils comme celui nommé le « Sec de l'île d'Or »[5].
Le cap se trouve à environ 9 kilomètres de l'entrée du port antique de Fréjus[1].
Les navires
modifierÉpave Dramont A
modifierL'épave Dramont A a probablement coulé vers 50 av. J.-C.. Elle a été découverte en 1956 par l'archéologue Claude Santamaria et fouillée jusqu'en 1960 avant d'être abondamment pillée. De nouvelles investigations ont eu lieu de 1971 à 1974[6].

Il s'agissait d'un navire marchand d'environ 20 m de longueur. Les fouilles ont permis de sauver quatre-vingt-douze amphores vinaires de type Dressel 1B d'une hauteur allant de 112 à 127 centimètres et d'une contenance allant de 21 à 27 litres pour un poids de l'ordre de 33 kilogrammes. Ces amphores étaient estampillées notamment MOC, HERACLID, NICOMAC. Quelques amphores de type Lamboglia et la vaisselle de bord ont également été retrouvées, ainsi qu'une remarquable lampe à huile delphinoïde. Les jas d'ancres ont aussi été découverts, d'1,58 m et 1,74 m d'envergure[6].
Les archéologues ont également trouvé des tuyaux de plomb servant à l'évacuation des eaux de la cale par pompage[6].
Épave Dramont B
modifierÉpave Dramont C
modifierÉpave Dramont D
modifierGrâce aux pièces de mobilier retrouvées à bord, on sait que le naufrage a eu lieu au Ier siècle entre les années 25 et 65. L'épave Dramont D se trouve au sud-ouest de l'île d'Or, non loin du récif nommé le « Sec de l'île d'Or », que le navire pourrait avoir heurté, mais la présence de nombreux charbons de bois permet aussi d'envisager qu'il y ait eu un incendie à bord. Le site a livré de belles pièce de céramique arétine (d'Arezzo)[5].

Épave Dramont E
modifierL'épave Dramont E date du Ve siècle et a été découverte en 1965 à l’ouest du cap du Dramont[7]. Ses inventeurs sont madame Issaverdens et monsieur Dumas, qui ont déclaré l'épave le 5 octobre 1965. Elle avait été découverte peu auparavant par d'autres plongeurs qui avaient commencé à la piller. Selon la tradition orale locale, le site était connu de certains vieux pêcheurs car on en remontait parfois dans les filets des débris, ou même de petites amphores[8].
De premières investigations ont été menées peu après la déclaration d'invention et se sont achevées le 29 avril 1966. D'autres investigations eurent lieu en 1968 et 1969 mais les campagnes les plus intenses se déroulèrent durant dix ans, de 1981 à 1990. Toutefois, depuis sa découverte officielle, l'épave avait dû subir d'intenses pillages[8].
L'épave se situe à environ cinq-cents mètres au large de la pointe de Pierre Blave (qui délimite à l'ouest l'anse du Dramont, à l'opposé du cap) et à environ huit-cents mètres de l'île d'Or, à quarante-deux mètres de profondeur. Elle contenait avant d'être fouillée deux-cents amphores visibles, mais d'autres encore se trouvaient au-dessous, dans leur ordonnance d'origine. La cargaison contenait essentiellement des amphores cylindriques de différentes tailles et diamètres. La plupart de ces amphores sont de type Keay XXXV[N 1] et remplies d'huile et de salaisons de poissons. Il y avait également à bord des spatheia[N 2] et de la céramique sigillée[8].
Trente tubuli de voûte [N 3].
Épave Dramont F
modifierÉpave Dramont G
modifierÉpave Dramont H
modifierL'épave Dramont H est le seul navire moderne du site. Le naufrage aurait eu lieu dans la seconde moitié du XVIIIe siècle[7].
Épave Dramont I
modifierLe naufrage de Dramont I aurait eu lieu au tout début de la seconde moitié du Ier siècle. L'épave se trouve à environ 260 m à l'ouest de l'île d'Or et à environ 50 m de l'écueil nommé le « Sec des Pyramides », qu'elle pourrait avoir heurté, à moins que le navire n'ait eu une avarie. Le navire transportait 8,5 tonnes de marbre pour un volume de 23 m3, provenant d'une carrière située à Izmir, en Turquie, ainsi que de la pierre ponce et du corindon[11].
Épave Dramont J
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Selon la classification de Simon Keay, ce type d'amphore provient d'Afrique[9].
- ↑ Le type « spatheion » est un type d'amphore africaine. Simon Keay « après avoir établi une classe distincte pour ces amphores, fait part de son embarras pour distinguer, en dehors des cas extrêmes, les amphores du type 26, ou spatheia, de certaines amphores cylindriques du type 25[8]. »
- ↑ L'utilisation des tubuli de voûte, dits aussi « fusées céramiques » est attestée dès le IIIe siècle av. J.-C. et est fréquente aux Ve et VIe siècles[8]. Ces pièces de construction « sont formées d’un corps cylindrique ouvert à une extrémité (partie femelle) et terminé à l'autre par un goulot façonné par le potier (partie mâle). Les traces de tournage sont visibles sur le corps, ce qui donne un aspect cannelé plus ou moins prononcé à la paroi. Ces éléments étaient emboîtés les uns dans les autres, la partie mâle se fixant dans la partie femelle du suivant afin de constituer un arc de cercle. Leur juxtaposition formait une voûte qui servait de coffrage à la maçonnerie, à l'instar des cintres de bois. Les fusées céramiques ont été très fréquemment employées dans les voûtes des thermes »[10]
Références
modifier- 1 2 3 4 « Cap du Dramont, 83530 Saint-Raphaël », sur geoportail.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Géologie du Dramont », sur ffagh.org, Fédération Française des Audioguides Historiques (consulté le ).
- ↑ Jérôme Comin, « Ici, il n’y aura qu’un seul mort" : comment la plage du Dramont a permis un débarquement éclair en Provence », sur France 3 Auvergne, (consulté le ).
- ↑ « Cap Dramont », sur saint-raphael.com, Ville de Saint-Raphaël (consulté le ).
- 1 2 Jean-Pierre Joncheray, « Céramique arétine de l'épave D du cap Dramont (Saint-Raphaël) », Revue archéologique de Narbonnaise, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, no 6, , p. 275 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Claude Santamaria, « L'épave A du Cap Dramont (Saint-Raphaël) : fouilles 1971-1974 », sur persee.fr, Revue archéologique de Narbonnaise, (consulté le ), p. 185-198.
- 1 2 Pierre Poveda, « Les modèles tridimensionnels de l’épave Dramont E. Hydrostatique et réalité virtuelle au service de la restitution en archéologie navale », sur journals.openedition.org, Archaeonautica, (consulté le ), p. 27-40.
- 1 2 3 4 5 Claude Santamaria, « L'épave Dramont « E » à Saint-Raphaël (Ve siècle ap. J.-C.) », sur persee.fr, Archaeonautica, CNRS Éditions, (consulté le ).
- ↑ Fanette Laubenheimer, « Des amphores et des hommes : Chronique 12 », Dialogues d'histoire ancienne, Presses universitaires de Franche-Comté, vol. 1, nos 38/1, , p. 251 (vue 14) (DOI 10.3917/dha.381.0239, lire en ligne [[http://Cairn archive du ]] [PDF], consulté le ).
- ↑ Alain Bouet, « Les fusées céramiques », sur books.openedition.org, Ausonius Éditions, (consulté le ).
- ↑ Anne Lopez-Joncheray, « Au large de Saint-Raphaël – Dramont I », sur journals.openedition.org - Archéologie de la France - Informations, (consulté le ).
Bibliographie
modifier- Jean-Pierre Joncheray, « L’épave G du Dramont », dans Cahiers d’archéologie subaquatique VI, 1987, pp.51-71
- Joncheray J.-P., Joncheray A. 1997 : Dramont I, description et étude de la coque d'une épave de marbres d'Asie mineure du premier siècle après J.-C. Fréjus, Cahiers d'Archéologie Subaquatique, 13, p. 165-195.
- Joncheray A. 1998 : Dramont I : une épave de marbres d'Asie Mineure, in Rieth E. (dir.), Méditerranée antique : pêche, navigation commerce. Congrès national des sociétés historiques et scientifiques : 120e à Aix–en–Provence les 23 au 29 octobre 1995 ; 121e à Nice les 26 au 31 octobre 1996. Paris, Éd. du Comité des Travaux historiques et scientifiques, p. 139-156.
