12,7 × 99 mm OTAN

cartouches de Otan
(Redirigé depuis 12,7 mm)

La cartouche de 12,7 × 99 mm OTAN (également appelée .50 BMG pour « Browning Machine Gun ») est une munition de mitrailleuse lourde et de fusil de précision utilisée par les forces de l'OTAN.

12,7 × 99 mm
Historique
Pays d'origine
Caractéristiques
Calibre
.50 BMG
Type corps de douille
À gorge (rimless)
Ø projectile
12,98[1]
Ø collet
14,22 mm
Ø raccordement de la douille
18,7 mm
Ø corps de douille
20,4 mm
Ø culot
20,4 mm
Longueur de douille
99 mm
Longueur de la cartouche
138 mm
Poids
Poids du projectile
42 g
Poids de la cartouche
115 g
Données numériques/balistique
Vitesse de sortie V0
930 m/s
Pression de gaz maximale
4 170 bar
Énergie du projectile
19 000 J

La dénomination internationale est métrique : le diamètre du canon est 12,7 mm en haut des rayures et la longueur de l'étui est 99 mm. L'OTAN a par la suite adopté la munition comme standard[2].

Dénomination

modifier

Le nom officiel d’origine est « Cartridge, Caliber .50 », dans sa forme abrégée « CTG, CAL .50 ». Dans l’armée britannique sa dénomination officielle est d’abord « 0.5-inch Browning » avant que soit adoptée dans les années 1960, comme dans la plupart des pays, la nomenclature STANAG « 12,7 × 99 mm OTAN ». En dehors de ces noms officiels, la cartouches est désignée par de nombreux autres noms, familiers ou commerciaux, comme .50 Browning, .50 BMG ou encore fifty-cal[3].

Histoire

modifier

Le développement de la cartouche est lié à celui de la mitrailleuse Browning M2 : en , le général John Pershing, qui commande le corps expéditionnaire américain en Europe, demande que lui soit fourni une mitrailleuse lourde permettant d’engager les chars, les avions et les pièces d’artillerie, mais le corps du matériel ne dispose pas d’arme de ce type[4]. Le corps du matériel étudie d’abord deux cartouches françaises conçues pour les mitrailleuses Hotchkiss : la 11 x 59mmR Gras et une cartouche expérimentale de 12 mm, mais leur portée est trop faible pour répondre aux attentes de Pershing. Celui-ci exige en effet une vitesse en sortie de bouche de 800 m/s pour une balle de 670 grains (43,42 g)[5]. Dans un deuxième temps, le corps du matériel conçoit une cartouche de 11 mm destinée à être tirée par une M1917 rechambrée pour ce calibre, mais les résultats ne sont pas non plus satisfaisants[6].

L’attention se tourne alors vers la cartouche développée par Winchester pour son fusil antichar M1918. Celle-ci a comme base la cartouche .30-06 Springfield agrandie au calibre 0,50 pouces (12,7 mm) et dotée d’un bourrelet, à l’instar des cartouches françaises équivalentes. Malgré les réserves sur ce bourrelet, adapté pour un fusil mais pas au système d’alimentation en bande des mitrailleuses, la cartouche est d’abord retenue en l’état en afin que le développement de l’arme puisse commencer[6].

Le travail se poursuit néanmoins sur la cartouche. Celle-ci bénéficie notamment d’améliorations inspirées de la cartouche allemande 13,2 × 92 mm SR. Ces changements sont toutefois effectués en secret, l’armée ne voulant pas que se propage la rumeur que les munitions allemandes seraient meilleures que celles des États-Unis[7]. Par ailleurs, l’idée d’utiliser un étui à gorge plutôt qu’à bourrelet n’est pas abandonnée et un prototype d’une telle cartouche est produite à la fin de l’année 1918 par Winchester. Dans le même temps, des essais de tir sont réalisés avec les prototypes de la mitrailleuse afin d’optimiser la charge de poudre, l’objectif étant d’atteindre la vitesse en sortie de bouche la plus élevée possible sans causer de dommage à l’arme. Il s’agit des derniers travaux de Winchester sur la cartouche, la décision ayant été prise en de confier la suite du développement à l’arsenal de Frankford[8].

Alors que le développement de la mitrailleuse s’embourbe et se prolonge jusque dans les années 1930, la cartouche évolue peu[9]. De fait, de nombreux services des forces armées des États-Unis ne voient alors pas d’intérêt à utiliser un calibre aussi encombrant au lieu du .30[10]. La Seconde Guerre mondiale change cette situation, l’United States Army Air Forces réalisant par exemple que les balles de calibre .30 ne délivrent pas assez de puissance pour causer des dommages substantiels aux avions modernes[11].

Caractéristiques

modifier

L’étui est en col de bouteille et à gorge, avec un diamètre de 0,560 pouces (14,22 mm) aux collet, 0,714 pouces (18,14 mm) à l’épaule et 0,804 pouces (20,42 mm) au culot. Sa longueur est de 3,91 pouces (99,31 mm), la longueur totale de la cartouche avec la balle M2 étant de 5,45 pouces (138,43 mm)[3],[12].

L’étui est le plus souvent fabriqué en laiton et pèse 850 gr (55,08 g). Les étuis dans d’autres matériaux sont rares : bien que des essais aient été réalisés avec de l’acier, de l’aluminium, du plastique ou divers alliages, aucune autre solution ne s’est révélée vraiment satisfaisante[3]. Selon le pays de production, le culot peut comporter une enclume pour recevoir les boîtes d’amorce de type « Berdan » ou en être dépourvu pour accueillir les boîtes d’amorce de type « Boxer ». Les cartouches produites aux États-Unis utilisent exclusivement le second type[13],[12].

Agent propulseur

modifier

La charge de poudre oscille entre 230 gr (14,90 g) et 252 gr (16,33 g) selon le type de balle. L’ajustement de la charge compense ainsi les différences de masse entre les balles, ce qui permet d’obtenir des caractéristiques balistiques similaires quel que soit le modèle. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la charge est constituée de poudre sans fumée à base de nitrocellulose. Ce type de charge reste utilisé par la suite, mais il s’y est également ajouté des poudres constituées d’un mélange de nitrocellulose et de nitroglycérine[3]. Les cartouches militaires produites aux États-Unis utilisent ainsi l’IMR 5010 à grains cylindriques comme poudre à base simple et la WC 860 à grains sphériques comme poudre à base double[14].

Il existe un grand nombre de balles différentes utilisées sur la cartouche. La plupart sont en laiton rouge, soit intégralement, soit sous la forme d’une chemise entourant un noyau en acier et comportent une rainure cannelée là où la balle est sertie dans les lèvres de l’étui. Certaines balles ont une deuxième rainure située au-dessus, qui sert à identifier le type de balle sur la chaîne de production. La masse des balles est très variable selon leur type, mais se situe généralement dans une fourchette entre 512 gr (31,18 g) et 718 gr (46,53 g). De même, la base de la balle peut être plat ou en queue de bateau selon les cas[3]. Le diamètre des balles est de 0,511 pouces (12,98 mm) ; la différence par rapport au calibre affiché est normale, celui-ci se référant au diamètre intérieur du canon et la balle devant être plus large que celui-ci[12][15].

Annexes

modifier

Liste des modèles

modifier
Modèles en usage dans les forces armées des États-Unis
Modèle Type Vitesse Masse cartouche Masse projectile Marquage
Ball, M2[16] balle 2 810 fps (856,49 m/s) 1 813 gr (117,48 g) 710 gr (46 g) aucun
Ball, M33[17] balle 2 910 fps (886,97 m/s) 1 763 gr (114,24 g) 662 gr (42,90 g) aucun
Tracer, M1[16] balle traçante 2 700 fps (822,96 m/s) 1 785 gr (115,67 g) 676 gr (43,80 g) pointe rouge
Tracer, M10[18] balle traçante 2 860 fps (871,73 m/s) 1 752 gr (113,53 g) 643 gr (41,67 g) pointe orange
Tracer, M17[18] balle traçante 1 737 gr (112,56 g) 643 gr (41,67 g) pointe marron
AP, M2[16] perforante 2 810 fps (856,49 m/s) 1 812 gr (117,42 g) 708 gr (45,88 g) pointe noire
API, M8[19] perforante incendiaire 2 910 fps (886,97 m/s) 1 765 gr (114,37 g) 663 gr (42,96 g) pointe argentée
API-T, M20[18] perforante incendiaire traçante 1 718 gr (111,32 g) 619 gr (40,11 g) pointe argentée sur bande rouge
Incendiary, M1[16] incendiaire 2 950 fps (899,16 m/s) 1 704 gr (110,42 g) 633 gr (41 g) pointe bleu clair[3]
Incendiary, M23[18] incendiaire 3 400 fps (1 036 m/s) 1 581 gr (102,45 g) 512 gr (33,18 g) pointe bleu foncé sur bande bleu clair
Blank, M1[16] blanc s/o 891 gr (57,74 g) s/o étui scellé en bourrelet[3]
Dummy, M2[16] manipulation s/o 1 215 gr (78,73 g) s/o trois trous dans l’étui
Test, M1[16] essai de pression 2 108 gr (136,60 g) 999 gr (64,73 g) étui argenté à l’étain

Bibliographie

modifier
  • (en) Frank C. Barnes et Michael L. McPherson, Cartridge of the World, 8th Edition, revised and expanded : A Complete and Illustrated Reference Source for Over 1500 of the World’s Sporting Cartridge, Northbrook, DBI Books, (ISBN 0873491785).
  • (en) Peter Labbett, Military Small Arms Ammunition of the World, 1945-1980, San Rafael, Presidio Press, , 128 p. (ISBN 0853682941).
  • (en) Gordon L. Rottman, Browning .50-Caliber Machine Gun, vol. 4, Osprey Publishing, coll. « Weapon », , 80 p. (ISBN 9781849083300).

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Notes et références

modifier