36e armée (Russie)
La 36e armée est une grande unité soviétique qui monta la garde en Transbaïkalie face aux Japonais, de 1941 à 1945, puis a participé à l'offensive soviétique de Mandchourie en .
| 36e armée combinée, puis 36e armée combinée de la Garde | |
Actuel emblème de la 36e armée combinée (de l'Armée de terre russe). | |
| Création | 1941 |
|---|---|
| Activité | 1941-1948, 1976-1989 et depuis 1997 |
| Pays | puis |
| Branche | |
| Type | Armée mécanisée |
| Rôle | combat interarmes |
| Fait partie de | |
| Garnison | |
| Guerres | Seconde Guerre mondiale Invasion de l'Ukraine par la Russie |
| Batailles | Mandchourie 1945 et Kiev 2022 |
| Commandant | lieutenant-général Grigori Tyurin (depuis 2024) |
| modifier |
|
En 1976, la 36e armée combinée a été recréée au sein de l'Armée de terre soviétique, affectée de nouveau à la Transbaïkalie jusqu'en 1989. Reconstitué en 1997 dans l'Armée de terre russe en Sibérie orientale, elle fait actuellement partie du district militaire est. En 2025, elle devient la 36e armée combinée de la Garde (en russe 36-я Гвардейская общевойсковая армия, en abrégé 36 ОА).
Armée soviétique
modifierSeconde Guerre mondiale
modifierFace à la menace japonaise présente au Mandchoukouo, la 36e armée soviétique est constituée en dans le district militaire de Transbaïkalie à partir du 12e corps de fusiliers, incluant les 65e (en), 93e (en), 94e (en) et 114e divisions de fusiliers (en), ainsi que les 31e et 32e régions fortifiées. La 36e ainsi que la 17e armée forment l'essentiel du front de Transbaïkalie en .
Pour l'offensive soviétique de Mandchourie en , l'armée comprend les 2e (ru) et 86e corps de fusiliers, ainsi que les 293e et 298e divisions de fusiliers, renforcés avec des unités de tanks, d'artillerie et de sapeurs prélevées en Europe centrale. L'offensive fut efficace et rapide : dès le l'armée franchi l'Argoun, avec une avance de 40 km en un jour. Hailar est encerclée dès le deuxième jour (elle tombe le 18). Le Grand Khingan est traversé, Zhalantun prise le 17, Qiqihar le 19. Après la capitulation de l'armée japonaise du Guandong, l'armée japonaise procède au désarmement des troupes japonaises.
La 36e armée revient en Sibérie dès l'automne 1945, avec son état-major à Tchita. Une partie des unités de l'armée sont dissoutes car les militaires sont massivement démobilisés en 1946. L'armée est dissoute en .
Guerre froide
modifierEn , les tensions entre l'Union des républiques socialistes soviétiques et la république populaire de Chine entraîne la création du 86e corps d'armée à Borzia en Transbaïkalie.
En , le corps d'armée devient la nouvelle 36e armée combinée[1], avec la majorité de ses forces autour de Tchita. Son ordre de bataille dans les années 1980 est le suivant[2] :
- État-major à Borzia
- 240e brigade de missiles antiaériens à Borzia
- 65e brigade de missiles à Nertchinsk
- 209e brigade d'artillerie à Tsougol (ru)
- 11e division de fusiliers motorisés de la Garde à Bezretchnaïa (ru) et à Miria (ru)
- 38e division de fusiliers motorisés de la Garde à Sretensk, Nertchinski Zavod, Oloviannaïa (en) et Docatoun (ru)
- 122e division de fusiliers motorisés de la Garde à Daouria (en)
- 11e région fortifiée à Docatoun
- 14e région fortifiée à Cherlovaïa Gora (en)
- 16e région fortifiée à Bilitoun (ru)
- 18e région fortifiée à Krasnokamensk
- 19e région fortifiée à Daouria
Les effectifs de l'armée sont de nouveau réduits en 1989, d'où sa transformation en 55e corps d'armée le .
Armée russe
modifierLes restes du 55e corps d'armée sont transférés à l'Armée de terre russe en 1992. La grande unité est renommée 36e armée combinée en 1997, avec état-major à Borzia. En 2009, ce dernier déménage à Oulan-Oudé.
Depuis la réforme de 2010, le district militaire de l'Est dispose de cinq grandes unités pour protéger la Sibérie orientale et l'Extrême-Orient russe : de l'ouest vers l'est, la 36e armée (à Oulan-Oudé, au sud du Baïkal), la 29e armée (à Tchita, en Transbaïkalie), la 35e armée (à Belogorsk, sur les rives de l'Amour), la 5e armée (à Oussouriïsk près de Vladivostok, au bord du Pacifique) et le 68e corps d'armée (à Ioujno-Sakhalinsk, sur Sakhaline).
Composition
modifierL'armée est composée des unités suivantes en 2018 :
- 75e brigade de commandement, à Sosnovy Bor et Oulan-Oudé ;
- 5e brigade de chars de la Garde Tatsinski (94 T-72B, 49 BMP-1, 6 BTR-80A, 3 BRM-3K Rys, 36 2S3 Akatsiya, 18 BM-21 Grad, 8 2S12 Sani, 12 9K331 Tor-M2U, 6 9K34/35 Strela-10, 6 ZSU-23-4 Shilka et 36 9K38 Igla)[3], à Oulan-Oudé ;
- 37e brigade de fusiliers motorisés de la Garde « cosaques du Don » Budapechtskaïa (120 BMP-2, 41 T-72B, 36 BTR-80, 4 BRDM-2, 36 2S3 Akatsiya, 18 2B17-1 Tornado-G, 12 2S12 Sani, 12 MT-12 Rapira, 12 9P149 Chtourm-S, 12 9A33 Osa, 6 9K34/35 Strela-10, 6 2S6M Tunguska et 27 9K38 Igla), à Kyakhta ;
- 30e brigade d'artillerie de la Garde (8 BM-27 Ouragan, 36 2S1 Gvozdika, 6 MT-12 Rapira et 18 9P149 Chtourm-S), à Oulan-Oudé ;
- 35e brigade de missiles antiaériens de la Garde, à Oulan-Oudé ;
- 103e brigade de missiles (12 Iskander-M), à Oulan-Oudé ;
- 26e régiment de défense NBC (9 TOS-1 Buratino, 18 BMO-T avec RPO-A Chmel, véhicules de reconnaissance chimique, véhicules de décontamination et générateurs de fumée), au village d'Onokhoye ;
- 102e brigade de soutien logistique, à Sosnovy Bor[4].
Commandants
modifier- 1998 - 2000 : lieutenant-général Alexandre Petrovitch Kolmakov[5]
- 2000 - 2003 : lieutenant-général Hakim Ismagilovitch Mirzazianov.
- 2003 - 2007 : lieutenant-général Vladimir Tchirkine
- 2007 - 2009 : lieutenant-général Vladimir Zaroudnitski
- 2009 - 2012 : lieutenant-général Vladimir Genrikhovitch Tsilko
- 2012 - 2013 : lieutenant-général Oleg Makarevitch
- 2013 - 2015 : lieutenant-général Mikhaïl Iourievitch Teplinski[6]
- 2015 - 2017 : major-général Dmitri Ivanovitch Kovalenko[7]
- 2017 - 2020 : lieutenant-général Mikhaïl Iakovlevitch Nossoulev
- depuis 2020 : lieutenant-général Valeri Nikolaïevitch Solodtchouk.
Invasion de l'Ukraine en 2022
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Déployés pour les manœuvres Zapad 2021, environ sept groupes tactiques de bataillon (BTG) de la 36e armée sont identifiés en Biélorussie pendant l'hiver 2021-2022. Le , premier jour de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les unités de pointe de la 36e armée pénètrent sur le territoire ukrainien, en roulant plein sud sur la rive droite du Dniepr, à l'ouest du réservoir de Kiev. La colonne russe passe donc à travers la zone d'exclusion de Tchernobyl, par la ville fantôme de Poliske, puis Krassiatytchi, Ivankiv et Borodianka.
À la mi-mars, deux BTG de la 5e brigade de tanks ainsi que deux BTG de la 37e brigade de fusiliers motorisés sont localisés près de Makariv, à l'ouest de Kyiv[8]. Un bataillon de la 37e brigade est accusé d'avoir commis des crimes de guerre sur des civils à la fin mars, le service de renseignements du ministère ukrainien de la Défense publiant même la liste des 709 membres de ce BTG[9].
Au , les unités de la 36e armée évacuent Gorénichi (uk), Buzova (uk) et Makariv, battant en retraite jusqu'en Biélorussie au tout début d'avril, deux BTG des 37e et 5e brigades couvrant ses arrières[10]. La frontière près de Prypiat est atteinte par les troupes ukrainiennes le [11]. Au , la 36e armée est la dernière grande unité russe en territoire biélorusse, son état-major étant toujours à proximité de Retchytsa[12].
Notes et références
modifier- ↑ Feskov et al. 2013, p. 572.
- ↑ Feskov et al. 2013, p. 573.
- ↑ (en) « Russian Army: Military units (Locations, equipment and re-armaments) », sur russiadefence.net.
- ↑ (en) Catherine Harris et Frederick W. Kagan, « Russia's Military Posture: Ground Forces Order of Battle » [PDF], sur www.criticalthreats.org, , p. 22-23.
- ↑ « 36th Combined Arms Army »
- ↑ (ru) « Названа цель визита Шойгу в Бурятию: Новый командующий 36-ой армией » [« Purpose of Shoigu's visit to Buryatia revealed: New 36th Army commander »], Baikal Daily, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (ru) « Общевойсковое объединение в Бурятии получило нового командующего » [« Combined Arms unit in Buryatia gets new commander »], Baikal Daily, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Henry Schlottman, « Updated overall map and insets for three key areas », sur twitter.com, .
- ↑ (uk) « Военные преступники – военнослужащие батальонной тактической группы 37 отдельной мотострелковой бригады участвующие в совершении военных преступлений против народа Украины », sur gur.gov.ua, .
- ↑ (en) « Russian advances in Ukraine », sur uawardata.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Ukrainian airborne assault troops in control of Pripyat town and parts of state border between Belarus and Ukraine », sur liveuamap.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Russian advances in Ukraine », sur uawardata.com (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (ru) V.I. Feskov, V.I. Golikov, K.A. Kalachnikov et S.A. Slouguine, Вооруженные силы СССР после Второй Мировой войны: от Красной Армии к Советской [« Les forces armées de l'URSS après la Seconde Guerre mondiale : de l'Armée rouge à l'Armée soviétique »], Tomsk, Издательство научно-технической литературы, (ISBN 9785895035306, lire en ligne).