38M Toldi
Le 38M Toldi I est un char léger utilisé par le Royaume de Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale . Il est sélectionné en 1937 à l'issue d'une compétition opposant trois projets : un modèle hongrois, un modèle suédois et un modèle allemand.
| 38M Toldi I | |
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Type | Char léger |
| Utilisateurs | |
| Unités produites | 202 |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 3 hommes |
| Longueur | 4,75 m |
| Largeur | 2,05 m |
| Hauteur | 2,14 m |
| Masse au combat | 8,5 t |
| Blindage (épaisseur/inclinaison) | |
| Blindage | 6-13 mm |
| Armement | |
| Armement principal | 1 canon automatique QF 36M L/55 Solothurn de 20 mm |
| Armement secondaire | 1 mitrailleuse 38M Gebauer de 8 mm |
| Mobilité | |
| Moteur | Bϋssing-NAG LV8 (8-cylinder) |
| Puissance | 160 cv |
| Vitesse sur route | 50 km/h |
| Puissance massique | ~19 cv/t |
| Autonomie | 220 km sur route |
| modifier |
|
Au combat, le Toldi voit le feu pour la première fois entre le et le pendant l'invasion de la Yougoslavie. Il fut engagé sur le front de l'Est dès le . Pendant l'opération Barbarossa, le Corps mobile hongrois (en) et ses Toldi I est la première unité des forces de l'Axe à atteindre le Donets le , ceci au prix de la perte de la quasi-totalité de ses moyens blindés et mécanisés. Les Toldi I vite dépassés sont relégués comme véhicules de reconnaissance. Le Corps mobile hongrois retrouve la Hongrie en en ayant fait 17 000 prisonniers. Sur les 95 Toldi de tous types engagés, 25 sont détruits et 62 sont envoyés en réparation.
38M Toldi & 41M Toldi II
modifierEn 1937, le gouvernement hongrois organise un concours visant à sélectionner un char léger parmi trois modèles : le Straussler V-4 (en) (un modèle d'origine hongroise proposé par la société Manfréd Weiss (en)), le Panzer I allemand et le Landsverk L-60 suédois. C’est ce dernier qui est retenu, principalement en raison de son avance technologique pour l’époque. Une fois le modèle sélectionné, les ingénieurs hongrois procèdent à plusieurs modifications, notamment sur les systèmes de ventilation, de suspension, de visée et de transmission. Toutefois, l’adaptation la plus significative concerne l’armement : le char est équipé d’un canon de calibre de calibre 20 mm 36M Solothurn et d’un fusil-mitrailleur 8 mm 34/37AM.
En raison de sa puissance de feu limitée et de son blindage léger, le véhicule est davantage conçu pour des missions de reconnaissance ou d’appui contre l’infanterie, plutôt que pour des combats directs contre d'autres blindés.
Ce nouveau char est baptisé 38M Toldi, en hommage à Miklós Toldi (en), un célèbre guerrier hongrois du XIVe siècle. La production sous licence est assurée par les entreprises MÁVAG et Ganz. Les deux premiers prototypes ne sortent d’usine qu’en , et la première commande officielle par le ministère hongrois de la Défense est passée en .
Bien que fabriqué en Hongrie, une partie des composants du char provient de Suède ou d’Allemagne. La production totale du Toldi atteint 80 exemplaires entre 1940 et 1941.
En raison des nombreuses modifications apportées par les Hongrois, les 110 exemplaires produits entre 1941 et 1942 (dont 68 par Ganz et 42 par MÁVAG) reçoivent la désignation de 41M Toldi II.
Parmi les principales améliorations figurent l’installation d’une nouvelle radio R-5/a ainsi que la fabrication intégralement hongroise de toutes les pièces usinées,.
Malgré ces modifications, la seule différence visuelle notable entre un Toldi I et un Toldi II reste la forme de l’antenne radio.
42M Toldi IIa
modifier

Les Hongrois tentent d’améliorer les performances limitées du Toldi en renforçant son armement et son blindage. Toutefois, l’augmentation du poids dépasse les capacités du moteur d’origine, rendant ces modifications problématiques. C’est dans ce contexte qu’apparaît, en 1943, le 42M Toldi IIa (en). Son armement principal passe d’un canon de calibre 20 mm à un canon de calibre 40 mm 37/42M MÁVAG, une version produite sous licence hongroise du célèbre Bofors suédois. Le fusil-mitrailleur est également remplacé par un 34/40AM. La tourelle du Toldi II est modifiée pour accueillir ce nouvel armement, et la capacité d’emport passe à 55 obus.
Le blindage est également renforcé :
- 35 mm à l'avant,
- 20 mm sur les flancs de la caisse,
- 25 mm sur les flancs de la tourelle.
Cependant, malgré ces améliorations, le véhicule peine à convaincre. Le canon de calibre 40 mm est jugé insuffisant contre les blindés soviétiques contemporains, et le blindage reste trop léger pour un affrontement direct. De plus, l’industrie hongroise rencontre des difficultés à appliquer ces modifications, qui ne seront mises en œuvre que lentement entre 1943 et 1944.
Finalement, dès 1941, le Toldi est définitivement relégué à des missions de reconnaissance, un domaine dans lequel il conserve une certaine utilité malgré de nombreux problèmes mécaniques, dus notamment à l’augmentation du poids.
43M Toldi III
modifierLa dernière version du Toldi, désignée 43M Toldi III (pl), a pour objectif de maximiser les performances du véhicule en combat. Cette version bénéficie d’un renforcement du blindage, d’un emport de munitions accru, ainsi que de l’ajout standardisé des Köténylemez (de), des jupes latérales en métal de 8 mm destinées à protéger les flancs du char contre les tirs d’armes antichars. Ces jupes avaient auparavant été testées uniquement sur certaines variantes du Toldi IIa AK.
Le 43M Toldi III n’est produit qu’à 12 exemplaires, exclusivement par l’entreprise Ganz .
Avec l'évolution défavorable du conflit pour les forces de l'Axe et les limites du châssis du Toldi, le gouvernement hongrois décide d’abandonner définitivement le développement du modèle afin de se concentrer sur d’autres projets de blindés jugés plus prometteurs.
Variantes
modifierComme de nombreux véhicules de l’Axe, le Toldi a connu plusieurs variantes expérimentales ou spécialisées :
43M Toldi Egészségügyi (version sanitaire)
modifierCertains exemplaires du Toldi I ont été transformés en véhicules sanitaires non armés, destinés à l’évacuation des blessés sur le champ de bataille. Ces conversions évoluèrent avec le temps pour devenir les 43M Toldi Egészségügyi.
Selon les sources, 4 véhicules auraient été convertis en 1942 et 9 autres en 1943.
Toldi PaK 40/48
modifier
Inspirée du Marder II allemand, cette version expérimentale consistait à monter un canon antichar PaK 40/48 de calibre 7,5 cm sur le châssis d’un Toldi I 40M.
Un unique prototype fut construit, mais le projet fut rapidement abandonné en raison de plusieurs problèmes majeurs :
- La taille excessive du véhicule,
- Le faible blindage du châssis,
- La fragilité des suspensions du Toldi,
- Et la priorité donnée au développement du Turán.
44M Buzogányvető
modifier
Le 44M Buzogányvető était un projet de Toldi modifié pour accueillir des roquettes de calibre 100 mm, destinées à des missions antichar ou anti-infanterie. Ce prototype représentait une tentative d’adaptation du châssis existant aux besoins croissants en armement antichar mobile. Deux à trois véhicules auraient potentiellement été modifiés avec ce système, avant que le gouvernement hongrois ne décide de transférer le développement sur le châssis du Nimród, jugé plus adapté à ce type d’armement[1].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 38M Toldi » (voir la liste des auteurs).
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « 38M Toldi » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Eduardo M.Gil Martinez, Les force blindées Hongroise durant la seconde guerre mondiale, Heimdal, , 130 p. (ISBN 9782840485803), p. 119-123.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- The Royal Hungarian Army 1920-1945, Niehorster L, Axis Europa Books.
- D. Nešić, (2008), Naoružanje Drugog Svetsko Rata-Nemačka, Beograd
- C. Bescze (2007) Magyar Steel Hungarian Armour in WW II, STRATUS.
- B. Adam, E. Miklos, S. Gyula (2006) A Magyar Királyi Honvédség külföldi gyártású páncélos harcjárművei 1920-1945, Petit Real
- S.J.Zaloga (2013) Tanks of Hitler’s Eastern Allies 1941-45, New Vanguard.
- N. Thomas and L. P. Szabo (2010) The Royal Hungarian Army in World War II, Osprey.
- A. T. Jones (2013) Armored Warfare and Hitler’s Allies 1941-1945, Pen and Sword
- Bojan B. Dumitrijević and Dragan Savić (2011) Oklopne jedinice na Jugoslovenskom ratištu,, Institut za savremenu istoriju, Beograd
- G. Finizio (1987) Hungarian Armor, Wheels and Tracks.
- P. Chamberlain and C. Ellis (1977) Axis Combat Vehicles, Arco Publishing Compan
