6,35 mm

cartouche de pistolet à percussion centrale

Le 6,35 Browning, également connu sous le nom de « 25 ACP » ou « 25 Auto » est une munition développée au début du XXe siècle pour des pistolets automatiques à faible encombrement. La balle de cette cartouche présente un diamètre de 6,35 mm, soit 0,25 pouce.

Cartouche de 6,35 mm et échelle.

Historique

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La munition 6,35 est également connue sous le nom de « 6,35 Browning »[1]. Elle est développée par l'Américain John Moses Browning[2] en 1903[3]. L'arme l'utilisant, le Browning 1906, sera commercialisée trois ans plus tard[4]. Browning aurait ajouté une encoche pour la griffe d'éjection à une munition existante appelée Pickert, et aurait breveté la cartouche pour son pistolet automatique.

Le 6,35 Browning a évolué à partir de munitions antérieures : le 25 Steven, introduites dès 1885. De nombreux revolvers anciens (antérieurs à 1900) étaient chambrés pour le calibre 6,35, et incompatibles avec le 6,35 Browning.

Très disponible au début du XXe siècle, il est capable de remplacer des munitions obsolètes ou périmées. Le 6,35 Browning est souvent confondu avec le calibre 6,35 lui-même. Cette confusion a pu amener des erreurs de classification d'armes anciennes chez certains armuriers.

Lors de sa conception, John M. Browning a tiré parti de son expérience dans l'armurerie. La munition 6,35 a été conçue pour offrir une puissance équivalente à celle d'un calibre .32 Smith & Wesson et avoir les dimensions d'une .22 Long Rifle. Ces calibres étaient très populaires à l'époque.

À longueur de canon égale, le 6,35 Browning est plus puissant qu'une .22 Long Rifle standard, bien que la .22 LR dépasse en puissance le 6,35 lorsqu'il est tiré dans une carabine.

Pour assurer un cycle de réarmement fiable dans un pistolet, John M. Browning opte pour une percussion centrale. Ce sera crucial pour assurer sa fiabilité.

En tant que munition de transition, avec un étui semi bourrelet, le 6,35 Browning fut largement utilisé dès sa sortie jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, principalement dans des pistolets et des revolvers compacts de type bulldog et velodog.

Ces armes compactes et discrètes étaient appréciées pour la défense personnelle, par les policiers en civil et par l'état-major des armées.

John M. Browning a conçu une munition assez puissante pour neutraliser un individu.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la popularité de la munition 6,35 a décliné, concurrencée par la munition 7,65 court ou .32 ACP plus économique et moins contraignante du point de vue administratif.

Le commissaire Pierre Ottavioli porta un pistolet Manufrance Le Français en calibre 6,35 mm jusque dans les années 1970[5].

La munition de 6,35 mm se caractérise par une puissance faible. Son énergie développée est inférieure à celle d'une .22 Long Rifle ; son diamètre plus important lui confère une capacité de perforation limitée. Son pouvoir d'arrêt et son pouvoir vulnérant sont réduits.

Cette munition est conçue pour neutraliser un agresseur. Les dommages infligés à la cible dépendent de la zone d'impact. Une balle peut être mortelle si elle atteint une zone vulnérable. L'énergie libérée est d'environ 120 J et la vitesse à la sortie du canon atteint 250 m/s.(900 km/h)

Le pistolet automatique Browning modèle 1906 a contribué à la popularité de cette cartouche au cours de la première moitié du XXe siècle. Cette arme a été diffuséee à travers le monde, avec la munition correspondante. Le Browning modèle 1906, et ses nombreuses variantes, étaient des pistolets dits « de poche » ou « de dame ». D'autres modèles comme le Manufrance Le Français et le MAB A ont connu le succès. Jusqu'à la fin des années 1930, porter une telle arme de défense personnelle était courant.

Ces dernières années, la demande est croissante pour ces armes chambrées en calibre 6,35mm. Des marques telles que CZ et Beretta les proposent à nouveau.

Comparaison avec la munition .22 Long Rifle

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D'un point de vue balistique, la forme et la matière des projectiles diffèrent.

La munition .22 LR est caractérisée par une balle en plomb, parfois cuivrée ; elle subit une déformation importante à l'impact et a une faible capacité de pénétration. La .22 LR est répandue, économique et offre une grande variété de choix.

La balle de 6,35 mm est composée d'un noyau en plomb chemisé d'un métal de type FMJ (Full Metal Jacket), généralement du cuivre ou de l'acier. Cette configuration lui confère une déformation moins prononcée, et une capacité de pénétration supérieure. Des pistolets d'abattage utilisant des munitions de calibre 6,35 mm étaient utilisés dans les abattoirs, comme le 6,35 Dutch Kattle Killer à des dimensions identiques, mais sans gorge d'éjection.

Les partisans du 6,35 soulignent sa fiabilité, en raison de sa percussion centrale, contrairement à la .22 LR. La comparaison entre les deux munitions est complexe : la différence de référentiels utilisés dans leurs tables balistiques respectives est trop importante. Les tables balistiques de la .22 LR sont établies en utilisant des armes à canon long, telles que les carabines. Lorsqu'elle est utilisée dans un pistolet ou un revolver, la vitesse des balles .22 LR chute considérablement en raison de la distance de dilatation des gaz plus courte. L'énergie cinétique (Ec) varie de manière proportionnelle avec le carré de la vitesse (v) selon la formule où m représente la masse.

En revanche, les tables balistiques du 6,35 mm sont établies en utilisant des armes à canon court : les valeurs sont plus fiables. Dans une arme de poing, la vitesse (et donc l'énergie) du 6,35 mm peut être supérieure à celle de la .22 LR. Les munitions .22 LR à haute vitesse ne fonctionnent pas mieux ; le contraire est souvent constaté : des munitions .22 LR à haute vitesse, tirées dans une arme de poing, sont parfois moins rapides et moins puissantes que des munitions standard (.22 LR), bien que ces données puissent varier en fonction des munitions utilisées et des fabricants.

Certains fabricants, comme Fiocchi, ont tenté de commercialiser des munitions .22 LR spécifiquement conçues pour les armes de poing, mais les vitesses obtenues ne dépassent généralement pas les 305 m/s.

Pour une arme de poche de petite taille (qui caractérise la plupart des armes chambrées en 6,35 mm), le 6,35 mm est techniquement supérieur et préférable.

Caractéristiques

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Voir aussi

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Notes et références

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  1. ↑ (en) « CIP - Homologation », sur bobp.cip-bobp.org (consulté le )
  2. ↑ (en) Kenneth E. Hendrickson III, The Encyclopedia of the Industrial Revolution in World History, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-0-8108-8888-3, lire en ligne), p. 138
  3. ↑ Philippe Peseux, Connaître les armes et les munitions, Société des Ecrivains, (ISBN 978-2-342-00394-9, lire en ligne), p. 119
  4. ↑ (en) Gordon L. Rottman, The Book of Gun Trivia: Essential Firepower Facts, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-1-78200-621-3, lire en ligne), p. 163
  5. ↑ « Le rapt du baron Empain », Police Pro, no 5,‎