ARA Independencia (V-1)

porte-avions léger

Le ARA Independencia (V-1) a été le premier porte-avions de la Marine argentine. D'abord en service avec la Royal Navy en 1945, il est ensuite utilisé par la Marine royale canadienne entre 1946 et 1948. Il est à nouveau employé par la Royal Navy entre 1948 et 1958, avant d'être acquis par l'Argentine en 1959.

ARA Independencia (V-1)
illustration de ARA Independencia (V-1)

Autres noms HMS Warrior
NCSM Warrior
Type Porte-avions
Classe Colossus
Histoire
A servi dans  Royal Navy
 Marine royale canadienne
 Marine argentine
Chantier naval Harland and WolffVoir et modifier les données sur Wikidata (BelfastVoir et modifier les données sur Wikidata)
Quille posée
Lancement
Armé HMS Warrior
novembre 1948 NCSM Warrior
ARA Independencia
Statut Désarmé en 1970
démoli en 1971
Équipage
Équipage 1 075 (1 300 en temps de guerre)
Caractéristiques techniques
Longueur 211,8 m
Maître-bau 24,4 m
Tirant d'eau 7 m
Déplacement 18 300 t
Propulsion Turbines à vapeur Parosons à simple réduction, 4 chaudières Parsons Admiralty 3-drum type 350 psi (2.4 MPa), 2 hélices
Puissance 30 MW
Vitesse 25 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage aucun
Armement 6 × 4 Canon de marine de 2 livres QF antiaérien
32 canons antiaériens jumelés de 20 mm Oerlikon
Argentine
12 x canons antiaériens de 40 mm Bofors
1970 : 8 x canons 40 mm Bofors[1]
Aéronefs 35 chasseurs Chance Vought F4U Corsair
Grumman S-2 Tracker
Hélicoptères Sikorsky H-19
SNJ5C Texan
Carrière
Port d'attache Base navale de Puerto Belgrano
Indicatif V-1

Au sein des marines royales du Canada et du Royaume-Uni

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Le navire est le quatrième de la classe Colossus, une classe de huit porte-avions légers construits durant la Seconde Guerre mondiale. Le navire est complété en 1944 et entre en service en 1945 sous le nom de HMS Warrior, avant d'être rapidement transféré à la Marine royale canadienne conformément aux accords pris lors de la Conférence de Québec en . Le Canada n'utilise le navire que deux ans car l'absence de systèmes de chauffage à bord (le navire a été conçu pour servir dans les mers tropicales) empêche son emploi dans les eaux froides et glaciales de l'Atlantique nord. Le navire est donc muté sur la côte Pacifique à la base d'Esquimalt. Mais le besoin d'un porte-avions dans l'Atlantique force le Canada à renvoyer le navire à la Royal Navy en 1948 au profit d'un nouveau bateau plus adapté, le NCSM Magnificent.

En le navire subit des modifications dans le but de tester un nouveau système d'appontage : le pont en caoutchouc[2]. Les ingénieurs supposaient à l'époque que la vitesse des avions à réaction ne cesserait d'augmenter et que les trains d'atterrissage classiques pourraient de moins en moins supporter le choc des appontages[2]. Il fut donc choisi d'expérimenter des avions sans train d'atterrissage, ce qui offrait un gain de poids de 15 %, et de les faire apponter en glissant sur un matelas flexible en caoutchouc[2]. Plusieurs Vampire ont été modifiés dans ce but, dont des Sea Vampire[2].

Des essais au sol ont été menés de la fin 1947 à mars 48 (le premier atterrissage parfait ayant eu lieu le 17 mars) à la base de Farnborough, qui ont permis de définir le prototype de surface flexible, composée de tuyaux d'incendie en caoutchouc, gonflée à l'air comprimé et recouverte d'une membrane en caoutchouc[3],[2],[4],[5]. Le même dispositif (structure flexible faite de tuyaux en caoutchouc gonflés à l'air et recouverts d'une membrane) a été installé sur le pont du HMS Warrior[3],[6]. Le 3 novembre 1948, le premier appontage a eu lieu à bord du HMS Warrior et les essais se sont poursuivis jusqu'en mai 1949[4]. Le principal inconvénient qui apparut alors était qu'il fallait un temps important (5 minutes) pour dégager le pont en vue de recevoir l'avion suivant : la solution trouvée fut de modifier le pont en lui donnant un angle par rapport à l'axe du navire, ce qui augmentait la capacité de réception des avions, une idée qui fut appliquée ensuite aux porte-avions conventionnels[2],[5]. Une grue était utilisée pour déplacer les appareils venant de se poser, ce qui ajoutait une contrainte de manutention[5]. Autre inconvénient, les avions modifiés pour se poser en glissant sur le ventre sur le pont en caoutchouc ne pouvaient pas se poser sur d'autres surfaces[4]. En revanche, la suppression du train d'atterrissage réduisait le risque d'accident à l'appontage, puisque les problèmes liés à ces mécanismes étaient éliminés avec eux[5]. Pour décoller, les avions étaient catapultés[3]. Toutefois les contraintes opérationnelles et le coût d'une flotte spécifique d'avions ont conduit à l'abandon de la technique du pont flexible et de l’atterrissage sur le ventre, d'autant que la disposition consistant à donner un angle au pont par rapport à l'axe du navire résolvait beaucoup de problèmes sur les porte-avions conventionnels[5],[3]. Un nouvel appareil, le Supermarine Scimitar fut néanmoins étudié spécifiquement pour se poser sur pont flexible en caoutchouc[5].

En 1950, le HMS Warrior est converti en navire de transport de troupes et d'avions pour la guerre de Corée[7].

Il subit en 1954 une légère refonte dans le but de le doter d'un pont d'envol angulaire de 5 degrés et sert la même année durant l'opération Grapple, le premier test britannique d'une bombe H, en septembre 1954, il transporte des réfugiés du Nord au Sud Vietnam lors de l'opération Passage to Freedom. Le retour de l'opération Grapple se fait par une escale en Argentine avec des démonstrations et différents tests. Par la suite, l'Argentine s’intéressera beaucoup au navire et l'achètera finalement. En 1958 il est retiré du service et mis en vente.

Marine argentine

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Après l’étude de la situation stratégique de l’Argentine par le Comando de Aviación Naval en 1942, et une fois analysés les probables théâtres d’opérations, la nécessité de posséder deux porte-avions se fait sentir[8]. La situation économique et politique intérieure retarde cependant l’acquisition du HMS Warrior (R31) durant 13 ans jusqu’en 1958, date de la vente de divers bâtiments pour couvrir les frais[9]. Le , l’ARA Independencia (V-1) arrive à la base aéronavale de Puerto Belgrano et les opérations aériennes du Grupo Aéreo Embarcado (GAE) commencent le (avant que le bâtiment ne soit officiellement mis en service) avec le décollage et l’appontage de 5 avions d’entraînement SNJ-5C Texan.

Pour l’heure, le GAE ne comprend que quelques Corsair avant son voyage aux États-Unis en durant lequel il réceptionne 6 Grumman S-2 Tracker ASM, 2 hélicoptères de recherche et sauvetage (SAR) Sikorsky S-55 de même que des F9F Panther et sa version à ailes en flèche F9F Cougar d’attaque[10]. L’Independencia est mis en service le et attaché à la base de Puerto Belgrano. Il participe à partir de cette date aux manœuvres UNITAS puis à divers exercices avec la Royal Navy, la Marina militare italienne, la Marine nationale française et l’Armada del Uruguay. Le navire effectuera des opérations de guerre frontalière avec le Chili en et perdit un F4U Corsair pendant les opérations. Ses Corsair furent peu après débarqués en et remplacés par des T28P Fennec destinés au close air support.

Dernières années

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Après l’arrivée du Veinticinco de Mayo (V-2) racheté aux Pays-Bas le et mis en service le après un changement de chaudières, l’Independencia reste en service quelques mois puis est proposé à la Marina de Guerra del Perú, qui décline l'offre et est placé en réserve en 1970. On envisage de le convertir en navire de débarquement amphibie mais il est finalement démoli en 1971.

Galerie

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Notes et références

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  1. ARA Independencia (V-1) Light Aircraft Carrier, MilitaryFactory.com, 9 novembre 2016.
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) David Hobbs, « British aircraft carrier design that led the world », sur Pen & Sword Blog, (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (en) « Adapting The Carriers - 1950 to 1955 », sur Erenow (consulté le ).
  4. 1 2 3 (en) Norman Polmar, « Landing on an Aircraft Carrier—Without Wheels », sur US Naval Institute, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 (en) Thomas Newdick, « Aircraft Carriers With Rubber Decks Were A Bad Idea », sur TWZ, (consulté le ).
  6. (en) « Adapting The Carriers - 1950 to 1955 », sur Erenow (consulté le ).
  7. (en) « Coalition Air Warfare in the Korean War 1950–1953 » [PDF], p. 146-148 (version du sur archive.org).
  8. Décret 9.006/43 du autorisant l’acquisition
  9. La vente des croiseurs ARA Moreno, ARA Rivadavia et du patrouilleur ARA Pueyrredón est décidée par décret 5.939/58 "S" du
  10. L’Independencia n’est cependant pas en mesure de les mettre en œuvre