Hinotori
Hinotori (En japonais fenghuang ou phénix chinois.) ou ASTRO-A est le premier satellite du programme japonais ASTRO dédié à l'étude du Soleil. Son objectif principal était l'étude des éruptions solaires et des émissions de rayons X durant le maximum solaire qui avait lieu l'année de son lancement. Il emportait huit instruments effectuant leurs observations dans une bande spectrale allant des rayons X mous aux rayons gamma.
Observatoire spatial solaire
| Organisation | ISAS (Japon) |
|---|---|
| Programme | ASTRO |
| Domaine | Rayons X |
| Statut | Mission terminée |
| Autres noms | ASTRO-A, Hakucho, 12307, 81017A |
| Lancement | |
| Lanceur | Mu-3S1 |
| Fin de mission | |
| Désorbitage | |
| Identifiant COSPAR | 1981-017A |
| Masse au lancement | 188 kg |
|---|---|
| Contrôle d'attitude | Spinné |
| Source d'énergie | Panneaux solaires |
| Périgée | 548 km |
|---|---|
| Apogée | 603 km |
| Période de révolution | 97 minutes |
| Inclinaison | 31,3° |
| SXT | caméra X |
|---|---|
| SOX | Spectromètre de Bragg |
Placé sur une orbite terrestre basse par une fusée Mu-3S1 décollant de Kagoshima le Hinotori cesse de fonctionner le . Il a permis d'observer dès le premier mois des dizaines d'éruptions solaires débouchant sur la découverte de nouveaux phénomènes tels que des régions portées à des températures de 50 millions de degrés dans la couronne solaire et des nuages d'électrons circulant à une vitesse proche de celle de la lumière.
Historique
modifierHinotori est le premier observatoire spatial dédié à l'étude du Soleil développé par le Japon. C'est la première mission du programme SOLAR géré par l'agence spatiale scientifique japonaise ISAS. L'observatoire spatial a pour objectif l'étude des émissions de rayons X et gamma associées aux éruptions solaires lors du maximum solaire qui a lieu en 1991 (pic du cycle solaire).
Caractéristiques techniques
modifierHinotori est un petit satellite (masse de 188 kg) de forme octogonale (diamètre 92,8 cm, hauteur 8&,5 cm). Il est stabilisé par rotation avec une vitesse de 4 tours par minute. L'énergie est fournie par quatre panneaux solaires déployés en orbite[1].
Hinotori emporte 8 instruments scientifiques. Les deux instruments principaux sont[1],[2] :
- SXT (Solar flare X-ray imager) est le seul instrument fournissant des images. Il réalise des observations du rayonnement X dur (entre 10 et 40 keV) produit dans les régions les plus chaudes des éruptions solaires. Il permet de visualiser l'évolution de la distribution du plasma porté à de très hautes températures durant les éruptions solaires.
- SOX (Soft X-ray Monitor) permet d'identifier les raies spectrales du Soleil. Leur analyse permet d'étudier l'état de ionisation et l'abondance des éléments chimiques présents dans la couronne solaire.
Les six autres instruments sont[1],[2] :
- HXM (Solar soft X-ray Monitor) mesure le rayonnement X doux produit par l'activité solaire.Il fournit des informations cruciales durant les éruptions solaires en mesurant avec une grande sensibilité leur apparition et leur développement.
- FLM (Solar flare Monitor) mesure l'activité durant les éruptions solaires. Il détecte en temps réel l'apparition des éruptions et mesure leur intensité fournissant des informations cruciales aux autres instruments.
- SGR (Solar gamma ray) mesure le rayonnement gamma émis lors des processus associés aux éruptions solaires permettant d'améliorer la compréhension de ces phénomènes.
- PXM (Particle X-ray monitor) détecte le flux de particules émis par le vent solaire et les éruptions solaires en analysant leur spectre d'énergie. L'instrument fournit des informations importantes sur notre compréhension de l'activité solaire et ses effets sur la magnétosphère terrestre.
- IPM mesure la densité des électrons présents dans le plasma. Il mesure la distribution de leur densité dans le plasma et analyse les variations de ce dernier durant le éruptions solaires. Il identifie les variations temporelles détaillées de la densité des électrons au sein du plasma.
- TEL mesurant la température des électrons dans le plasma. Il mesure la distribution de la température dans le plasma durant les éruptions solaires en observant les changements temporels.
Déroulement de la mission
modifierHinotori est placé sur une orbite terrestre basse par une fusée Mu-3S1 décollant de Kagoshima le . Il circule initialement sur une orbite de 576 x 674 km avec une inclinaison orbitale de 31° et une période de 97 minutes. En juin 1982, l'enregistreur de bord tombe en panne et les données scientifiques ne sont plus collectées que lorsque le satellite survole la station terrienne chargée de leur réception. Hinotori cesse définitivement de fonctionner le [1]. Il est détruit le durant sa rentrée dans l'atmosphère.
Résultats scientifiques
modifierLes instruments SXT et SOX ont permis pour la première fois d'observer les variations des caractéristiques des éruptions solaires et le fait que celles-ci variaient selon leur position dans la région. Des températures atteignant 3 à 4 millions de degrés ont été mesurées dans certaines éruptions solaires. L'observatoire spatial a confirmé les résultats de P87-1 et de Solar Maximum Mission concernant le déclenchement des éruptions solaires. Celui-ci résulte de l'expulsion de matériaux de la chromosphère portés à haute température à des vitesses atteignant plusieurs centaines de kilomètres par seconde. Durant les 20 mois de la mission, Hinotori a observé plus de 700 éruptions solaires. L'observatoire solaire a découvert de nouveaux phénomènes tels que des régions portées à des températures de 50 millions de degrés dans la couronne solaire et des nuages d'électrons circulant à une vitesse proche de celle de la lumière[1].
Références
modifierVoir aussi
modifier- Programme spatial japonais
- Eruption solaire
- Cycle solaire
- Yohkoh deuxième observatoire spatial du Soleil