Abbaye de Sixt
L'abbaye de Sixt est une abbaye de chanoines réguliers de la congrégation d'Abondance située à Sixt-Fer-à-Cheval, dans le département français de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes en France[1]. Fondée avant 1144, elle est fermée en 1792 à la suite de l'invasion française de la Savoie.
| Type |
abbaye |
|---|---|
| Construction |
XIIe – XIXe siècles |
| Propriétaire |
Commune ; Département |
| Patrimonialité |
| Pays | |
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| Département | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Seule une partie des bâtiments de l'ancienne subsiste aujourd'hui ; plusieurs sont inscrits au titre des monuments historiques en 1997. Au cours des années 2010, l'ancien site abbatial a fait l'objet de recherches archéologiques (préventives et programmées) et historiques.
L'abbaye a contribué à assurer dès le Moyen Âge une activité de pastoralisme dans un secteur de haute-montagne.
Géographie
modifier- Le village et l'abbaye de Sixt depuis les Praz de Commune.
- Sixt depuis le Collet d'Anterne.
- L'abbaye de Sixt en hiver.
L'abbaye est située dans la région historique du Faucigny, le département français de la Haute-Savoie et dans la commune de Sixt-Fer-à-Cheval. Elle a été implantée à une altitude d'environ 720 m sur une terrasse aménagée en contrehaut de la rivière du Giffre et en amont du verrou des Tines, à la confluence entre le Giffre et le Giffre des Fonds.
Histoire de l'Abbaye
modifierEntre sa fondation et le début du XVIIe, l’abbaye de Sixt fait partie de la congrégation d’Abondance, fondée par les chanoines réguliers de la même abbaye fondée dans les Préalpes du Chablais autour de l’an 1100 et supprimée par François de Sales. Devant le succès de leur fondation, ces frères suivant la règle de saint Augustin essaiment principalement dans l’ancien diocèse de Genève, mais aussi dans le Jura et le Haut-Valais. Leurs ères d’influence voisinent celles d’autres chanoines réguliers — notamment ceux de l’Saint-Maurice, de la congrégation du Montjoux, de Filly ou encore des Prémontrés —, ainsi que de nombreux moines (bénédictins, cisterciens, chartreux puis ordre mendiant).

La fondation de l'abbaye au XIIe
modifierUn premier prieuré est fondé à Sixt par des chanoines réguliers de saint Augustin issus de l'abbaye d'Abondance à une date inconnue, mais antérieure à 1144, date à laquelle le prieuré est érigé en abbaye[ReG 1]. Les religieux s'établissent sur des terres que l’on considère traditionnellement avoir été concédées par Aymon Ier, sire de Faucigny, bien qu’aucun nom de soit mentionné dans la charte de 1144[2]. À cette époque, le frère du sire de Faucigny, Arducius de Faucigny, est évêque de l’ancien diocèse de Genève.
Un abbé légendaire : Ponce de Faucigny
modifierLe premier abbé de Sixt se nomme Ponce[3]. Il est mentionné dans six actes datés du XIIe, ce qui est remarquable pour cette époque, en raison de ses abbatiats successifs d’abord à Sixt dès 1244, puis à Abondance entre 1168 et 1172, puis de nouveau à Sixt où il meurt un . Néanmoins, son identité demeure inconnue : contrairement à ce qu'affirme la vie légendaire de Ponce de Sixt rédigée par le chanoine Jean Depassier et publiée en 1666, rien ne prouve que Ponce soit issu de la famille de Faucigny[4]. En revanche, la famille de Faucigny se montre particulièrement favorable à la réforme grégorienne et soutient dans toute la région la fondation de nouveaux monastères[5]. Outre Ponce, Jean Depassier rapportait dans son ouvrage l’existence d’une certaine Adélaïde de Faucigny qui aurait été une nièce de Ponce et qui aurait dirigé un prieuré de femmes dépendant de l’abbaye à l’entrée du territoire de Sixt et au lieu-dit Salmoiry. À nouveau, aucune source primaire n’atteste l’existence de cette Adélaïde, qui n’apparaît que dans des inventaires d’archives postérieurs à la publication de la légende de Ponce de Faucigny[6]. Du reste, aucune Adélaïde n’apparaît dans l’obituaire de la congrégation d’Abondance.
Un prieuré de femmes à Sixt ?
modifierBien que l’existence de la prieuresse Adélaïde ne soit pas attestée, il n’est pas impossible qu’une petite maison religieuse de femmes ait été fondée à l’entrée de Sixt en marge de la fondation de l’abbaye au XIIe. Les communautés doubles, c’est-à-dire mixtes, de chanoines réguliers et de chanoinesses ont existé dans la moitié nord de l’Europe à cette époque[7]. La règle de saint Augustin était par ailleurs adaptée à la cohabitation d’hommes et de femmes ainsi que de pères et de leurs enfants, permettant ainsi des conversions familiales. Par ailleurs, la main-d’œuvre que représentait ces femmes, qui pouvaient être de simples converses, était certainement la bienvenue au moment de commencer à exploiter de larges territoires comprenant entre autres des alpages. D’après Jean Depassier, repris par la suite par d’autres auteurs (Marie Rannaud et Hilaire Feige), cette maison fut finalement fermée et les femmes rassemblées avec d’autres dans la nouvelle chartreuse de Mélan à Taninges.
Les premiers siècles
modifierL’expansion territoriale de l’abbaye
modifierComme tout monastère, l’abbaye de Sixt doit subvenir à ses besoins et se doter progressivement des moyens de sa subsistance. Une bulle en date du et émise par le pape Adrien IV confirme les possessions et les droits de l'abbaye de Sixt : terres, eaux, alpages, forêts, prés ainsi que des granges à Sixt, mais aussi granges et dépendances, notamment à Fillinges[ReG 2]. En 1167, Arducius de Faucigny, évêque de Genève, confirme la donation à l'abbaye de la paroisse de Samoëns[ReG 3]. L'acte est rédigé à l'abbaye de Sixt. Avant son décès vers 1166[8], Aymon Ier s'était fait chanoine de l'abbaye. Il y est peut-être enterré[9]. Une seconde bulle, émise par le pape Innocent III le [ReG 4], énumérait d’autres propriétés : l’alpage de Sales, des dîmes perçues au Mont-Saxonnex, à Aloz, à Mieussy, à Fillinges ainsi que diverses granges (16) et des tènements, notamment à Scionzier ainsi que divers revenus en espèces ou en nature[10]. La montagne de Sales avait été donnée par plusieurs propriétaires issus de la noblesse (Amédée de Nangy et Nantelme de Miolans) aux chanoines à la fin du XIIe[11]. Le même mois, le pape écrit à l'évêque de Genève Nantelme à propos de contestations qu'il avait élevé à propos de l'église paroissiale de Samoëns[ReG 5]. L'abbé doit encore gérer des conflits nés des donations effectuées au siècle précédent par Turembert de Lucinges[ReG 6]. L’abbaye reçoit d’Aymon II de Faucigny des vignes du côté de Châtillon en 1211[10], puis de nombreuses autres donations par ses vassaux[ReG 7] qu’il confirme et augmente[ReG 8] jusqu’à son décès vers 1253-1254. De 1282 jusqu'en 1292, l'église accueille la dépouille de l'héritier du Viennois, fils de Béatrice de Faucigny, la Grande Dauphine, en attendant la fin de la construction de la chartreuse de Mélan[12]. D'autres membres de l'aristocratie du Faucigny se font enterrer à Sixt.

La gestion du territoire
modifierÀ Sixt, on suppose pour le moment qu’il n’y a pas eu d’occupation pérenne avant l’arrivée des chanoines d’Abondance. Ainsi, les religieux doivent faire appel à des colons pour exploiter le territoire et ainsi nourrir tout le monde. En 1226, les frères s’entendent avec Aymon II de Faucigny pour peupler des mas qui appartiennent à l’abbaye[13]. Au début du XIVe, c’est la montagne des Fonts qui est abergée à un groupe de personnes[14]. Après la crise de la peste noire, les religieux renoncent à l’exploitation directe. La population augmente à nouveau jusqu’à être trop importante et voir une partie d’entre eux émigrer dans le pays de Vaud (Suisse actuelle). En parallèle, les chanoines exercent la justice sur les habitants de Sixt par concession des sires de Faucigny depuis au moins l’an 1200[15]. En 1318, c’est le Dauphin du Viennois qui confirme les donations des droits de justice effectuées par les Faucigny[16].
La fin du Moyen Âge
modifierTentatives de réforme
modifierLa fin du Moyen Âge est marquée par la Guerre delphino-savoyarde, qui prend fin en 1355, et par l’épidémie de Peste noire. À la veille de l’épidémie, soit lors de l’enquête delphinale de 1341, les habitants de Sixt sont regroupés en 113 feux[17], ce qui les porte à environ 550 à 600 personnes. Lorsqu’en 1411, l'évêque de Genève Jean V de Bertrand visite l'abbaye de Sixt, les feux ne sont plus que 60 (soit environ 300 personnes)[18]. Le prélat constate que la vie régulière n'est plus observée : les chanoines, comme ceux d’Abondance, vivent des vies privées voire familiales à l’intérieur ou à l’extérieur du couvent et l’abbé Guillaume de Marignier, lui-même concubinaire, manque d’autorité. Plus grave : les bâtiments nécessitent d'urgentes réparations, mais la communauté n’a pas les moyens d’y procéder. Ainsi, en 1418, les chanoines et l'abbé albergent l'alpage de Sales pour "l'introge considérable[19]" de 400 florins d'or afin de financer ces travaux. L’abbaye est à nouveau visitée par l’autorité épiscopale le 16 octobre 1443 en la personne de Bartolomeo Vitelleschi[20]. Les chanoines ne sont plus que sept. Le visiteur insiste sur la règle que doivent respecter les religieux (prendre leurs repas en commun, dormir ensemble) et quelques travaux qui doivent être menés, notamment la réparation du toit de l’église. La valeur annuelle de l’abbaye atteint les 800 florins. En cette première moitié du XVe, la difficulté des temps pousse de nombreux habitants du Haut-Giffre a émigrer, notamment dans le Lavaux[21] (aujourd’hui en Suisse) : le nombre de feux n’est plus que de 50.
La mise en commende de l’abbaye
modifierPour remédier à ces difficultés, le Régime de la commende est instauré à l’abbaye autour du milieu du XVe. Le premier abbé commendataire, Humbert de Alibertis, est remplacé par Jean de Compey, issu de la noblesse régionale. Les suivants seront plutôt des Italiens. Néanmoins, certains abbés élus apparaissent dans les archives, par exemple Anserme de Lullin en 1481. La situation s’améliore dans la seconde moitié du XVe grâce à la reprise démographique, permise par une accalmie des résurgences de peste, et des défrichements. Ainsi, dans l’ensemble de l’ancien diocèse de Genève, les revenus seigneuriaux augmentent ; en 1517, les revenus de l’abbaye atteignent les 1330 florins[22]. En 1481, les chanoines sont quatorze. Ils sont principalement originaires du Faucigny voire de Sixt (Depassier, Denambride, Moccand, Ducroz, Pin, Dufayet, Delessert)[23]. Il apparaît clairement dans ces visites pastorales de 1443 et de 1481 que l’église de l’abbaye était alors partagée en deux parties : l’une, à l’est, réservée à la communauté canoniale, et l’autre à l’ouest ouverte à la communauté paroissiale. Les frais d’entretien des bâtiments étaient répartis entre l’abbé et les paroissiens. Néanmoins, les objets liturgiques n’étaient pas partagés[24]. Des investissements sont réalisés. L'enceinte est reconstruite et munie d'une tour d'angle à proximité de l'entrée principale de l'abbaye[25]. Dans l'église, une chapelle latérale sud est construite à l'emplacement de la salle du chapitre qui est réduite en longueur[26].
L'époque moderne
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Le XVIe siècle est marqué par de nombreux conflits financiers entre chanoines et abbés commendataires, représentés à l’abbaye par leurs coadjuteurs. Après une série d’abbés originaires d’Italie du Nord, dont le cardinal vénitien Giovanni Battista Zeno qui meurt en 1501 et François Della Rovere qui meurt en 1551, ce sont de nouveau des Savoyards qui sont nommés à la tête de l’abbaye et qui la dirigent d’oncles en neveux entre 1564 et 1646 : les Mouxy.
François de Sales et la Réforme catholique
modifierAu début du XVIIe siècle, l'abbaye d'Abondance voit ses chanoines réguliers être remplacés par des cisterciens feuillants dans le cadre d’une réforme voulue par l’évêque de Genève François de Sales. La congrégation d'Abondance disparaît alors. Initialement, l’évêque envisage de remplacer les chanoines de Sixt aussi, mais y renonce finalement et les accompagne jusqu’à son décès. Dès 1603, il est à l’abbaye et prescrit des travaux, notamment de réfection de la clôture, qui est sans cesse à réparer, ainsi que du réfectoire et du dortoir[27], alors transformé en cellules. En 1618, il leur offre de nouvelles constitutions[28]. Il ordonne enfin à l’abbé Humbert de Mouxy de procéder à des travaux de grande ampleur dans le couvent. L’évêque est de retour en 1620 à la demande des chanoines qui ne voient rien arriver. Un accord est finalement trouvé entre les partis. L'abbé Humbert de Mouxy entreprend des travaux de reconstruction de l'abbaye dans les années 1620[29]. Le plafond du réfectoire date de cette époque. Le cloître est entièrement reconstruit et les éléments de décor romans servent de remploi[30]. L’abbaye connaît cependant deux graves sinistres : un premier incendie entre 1646 et 1670 et un second, plus important, le 6 octobre 1680[31]. La nef de l'église est détruite, de même que l'aile orientale et l'aile occidentale et l'ensemble des toitures[32]. Les travaux de restauration durent de nombreuses années. Une nouvelle nef est achevée en 1687 et l'aile occidentale est reconstruite[33].
Le culte à l’abbé Ponce de Sixt
modifierLe pèlerinage à la fontaine de l’abbé Ponce est attesté à partir du début du XVIIe[4]. À cette date, les restes de l’abbé se trouvent dans un sépulcre situé dans la nef de l’église, c’est-à-dire dans la partie paroissiale. Le , l'évêque de Genève François de Sales ouvre de nuit le tombeau[32] et en prélève quelques ossements. Lors de son procès en béatification tenu en 1632, les chanoines invités à témoigner évoquaient le vœu de François de voir les vertus et les mérites de Ponce être écrits[34]. Son souhait est exaucé en 1666 lorsque le chanoine Jean Depassier publie une vie légendaire de l’abbé Ponce qu’il associe pour la première fois à la famille de Faucigny.
Le XVIIIe siècle
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Après les deux incendies de la seconde moitié du XVIIe siècle, les chanoines doivent reconstruire leur couvent, qui a notamment été amputé de son aile occidentale, et faire face à de nombreuses crues du Giffre[35]. Celle d’avril 1732 entraîne un changement du cours de la rivière et la destruction d’un grand terrain que possédaient les religieux au sud de l’abbaye. Les bâtiments eux-mêmes courraient le risque d’être emportés, de même que le cimetière situé au chevet de l’église[36]. Les chanoines commencent à demander leur sécularisation dans les années 1780. En 1781, sur les dix chanoines, seuls deux sont originaires de Sixt. C'est l'invasion française de qui met un terme à l'existence de l'abbaye, supprimée l’année suivante, entraînant la dispersion des frères et la vente de leurs propriétés comme "biens nationaux"[37].
Liste des abbés
modifier- Abbés élus
- 1144 – 1171 : Ponce de Sixt, dit Ponce de Faucigny à partir du XVIIe siècle, Bienheureux.
- 1171 – 1175 : Pierre.
- 1175 – 1177 : Ponce de Sixt, jusqu’à sa mort un .
- 1178 – 1196 : Guillaume.
- 1196 – 1212 : Amalric.
- 1212 – 1215: Anselme.
- 1215 – 1233 : Jacques.
- 1233 – 1236 : Gauthier.
- 1236 – 1256 : Jacques (II).
- 1256 – 1280 : Henri, dont trois sceaux en forme de navette sont conservés aux Archives départementales de la Haute-Savoie[39].
- 1280 – 1315 : Humbert, dont un sceau est conservé[40].
- 1315 – 1343 : Hudric de Villars.
- 1343 – 1348 : Bertrand.
- 1348 – 1364 : Jacques de Fillinges.
- 1364 – 1367 : Gaucelin.
- 1367 – 1398 : Pierre (II).
- 1398 – 1413 : Guillaume de Marignier, auparavant curé de Samoëns.
- 1413 – 1452 ( résigne ?) : Humbert de Graveruaz, originaire de Samoëns dont il avait été curé. Des parents masculins y occupaient les offices de châtelain et de sautier. Il meurt le † . L’un de ses sceaux est conservé[41].
- 1452 – 1460 ( ?) : Jean de Thoire, probablement élu par le chapitre.
- Abbés commendataires (nommés par les ducs de Savoie depuis Amédée VIII de Savoie)
- 1452 – 1464 ( ?) : Henri de Alibertis.
- 1464 – 1468/9 : Jean de Compey, fils du seigneur de Draillant, également abbé d’Aulps, de Chézery. Grand prélat savoyard de la seconde moitié du XVe siècle[42], † .
- 1469 – 1501 : Giovanni Battista Zeno, issu d’une riche famille vénitienne, cardinal en 1463, abbé commendataire d’Aulps en 1472, † le .
- 1502 – 1515 : Jacques Serra, cardinal espagnol.
- 1515 – 1551 : François de La Rovère, dont le neveu Louis Asinari (it) devient le coadjuteur et est qualifié d’abbé dans deux bulles papales d'Adrien VI.
- 1551 – 1562 : Louis Asinari (it).
- 1564 – 1565 : Charles de Mouxy, chanoine de la collégiale d’Aix, mort à Paris.
- 1565 – 1620 : Jacques de Mouxy, fit de son neveu Humbert, fils illégitime de son frère Jean-François, son coadjuteur après .
- 1620 – 1646 : Humbert de Mouxy, contemporain de François de Sales. Abbé élu de Sixt en 1609, prieur de Saint-Nicolas de Grésy, mort en .
- 1646 – 1670 : Pierre de Bellegarde.
- 1670 – 1693 : Charles-Emmanuel de Cagnol.
- 1693 – 1729 : Victor-Amédée-Joseph de Savoie.
- 1729 – 1750 : Charles-Joseph de Valpergue (it).
- 1750 – 1765 : François-Joseph Paernat de la Pallud.
- 1765 – 1793 : Victor-Amédée Pettity de Roret.
L'époque contemporaine
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C’est au printemps 1796 que les biens des anciens chanoines, dont il n’en reste qu’un seul ayant prêté serment, sont nationalisés ; ils sont vendus le 22 août à un groupement de particuliers dirigé par le notaire Pierre Milleret de Samoëns qui les revend ensuite en 53 lots[43]. C’est ainsi qu’André Cochet, cabaretier de Peillonnex s’installe dans l’aile sud de l’ancien couvent la même année. Sa famille cohabite avec celle de Joseph-Marie Joequoz. Mais les bâtiments sont en mauvais état et nécessitent des investissements, notamment pour sauver l’église désormais uniquement paroissiale. C’est ainsi que Albanis Beaumont, ingénieur et géographe Savoyard, achète l’ancien couvent en 1809 pour y installer le siège d'une exploitation minière. Il meurt cependant rapidement (son monument funéraire est toujours visible dans l'ancien cimetière au chevet de l'église abbatiale) et son associé Jacques Dejean, originaire de Genève, rachète ses parts à sa veuve. Au milieu du XIXe siècle, un accord est trouvé entre la commune et les gérants de l’exploitation minière pour installer des logements pour les instituteurs et deux salles de classe. Plusieurs personnes se succèdent à la tête de la société jusqu’en 1853, date à laquelle un couple d’hôteliers, Jean-François et Gracieuse Moccand, rachète l’ancien couvent[44] qui était convoité par la commune et par un maître-d’hôtel de Chamonix.
Deux ans plus tard, le couple ouvre l’hôtel du « Fer-à-Cheval » où séjourne l’écrivain Louis Vimel qui raconte son voyage dans un livre. Il écrivait que dans les années 1850, le cloître existait toujours, mais était ruiné[45]. Dans les années 1860, la propriété est achetée par Clément Brun qui entreprend de supprimer les ailes latérales de l’ancien couvent. L’hôtel est rebaptisé « du Fer-à-Cheval et des Cascades ». Il accueille probablement de nombreux explorateurs des Alpes (Francis Wey, Leo Wehrli (en), Alfred Wills et Lucy Wills, Louis Albert Guislain Bacler d'Albe) qui écrivent, dessinent, peignent et photographient la commune. Une annexe est construite en 1926 à l’emplacement d’une grange. Enfin, le cimetière qui se trouvait autour de l’église est déplacé dans les années 1930 pour ne pas incommoder les touristes. L’hôtel est fermé dans les années 1990. L'église, le grenier de l’ancien cimetière côté est, les façades et toitures du presbytère, l'ancien bâtiment abbatial, l'ancien couvent (à l'exception de l'aile construite en 1926), ainsi que plusieurs parcelles du terrain sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. Aujourd’hui, le presbytère et l’église sont la propriété de la commune de Sixt-Fer-à-Cheval tandis que le département de la Haute-Savoie a acheté la parcelle de l'ancien couvent en 2000[46]. Après avoir fait l’objet d'un projet d’aménagement pour lui donner une nouvelle vocation muséale, environnementale et culturelle dans le cadre du projet Grands Sites de France[47], l’ancien couvent est en attente d’un nouveau projet[48]
Description
modifierDescription générale
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L'église se trouve au nord du site: il s'agit d'un bâtiment composite édifié entre le XIIIe siècle et le XVIIIe siècle. Au sud, les bâtiments conventuels qui subsistent ont été édifiés entre le XIIe siècle et le XVIIIe siècle. À l'ouest de l'ancien couvent se trouvent deux anciennes dépendances: l'actuel presbytère de Sixt-Fer-à-Cheval et l'ancienne tour d'angle de l'enceinte de l'abbaye[49]. À l'est, un grenier traditionnel de bois du XIXe siècle complète l'ensemble.
L'église
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L'ancienne église abbatiale, devenue église paroissiale, est dédiée à sainte Madeleine. Elle est composée d'un chœur du XIIIe siècle, d'une nef du XVIIe siècle, d'un clocher à bulbe du XIXe siècle et de deux chapelles latérales du début du XXe siècle[4]. Un trésor protégé au titre des Monuments historiques comprend des pièces du Moyen Âge et de l'époque moderne[1]. Il est conservé dans la sacristie construite au sud du sanctuaire.
Le chœur de l'église médiévale comprend quatre travées surmontées de voûtes d'ogives de tuf qui reposent sur des culots sculptés de figures humaines. L'église est éclairée par un triplet dans le chevet et deux grandes baies modernes dans le mur gouttereau sud. Au niveau de la troisième travée orientale, deux chapelles donnent l'illusion d'un transept. La chapelle nord est construite sur un rocher de calcaire qui a été détaché de la montagne[50]. La nef moderne comprend trois travées et une tribune. La sacristie était elle aussi couverte de voûtes d'ogives de calcaire de Sixt. C'est là que se trouve la peinture de la Crucifixion.
- Clocher.
- Nef.
- Culots.
- Tribune et orgue.
Le « logis »
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Une fois acquis par le Conseil général de la Haute-Savoie en 2000, le bâtiment connu localement sous le nom de « logis abbatial » et qui correspond à l'aile sud du couvent a bénéficié de quelques recherches archéologiques qui ont révélé des décors des XVIIe et XVIIIe siècles, épargnés malgré deux siècles d'occupations diverses.
Le rez-de-chaussée rassemble de grandes salles et les cuisines, desservies par un long couloir, couvert de voûtes d'arêtes, datables du XVIIe siècle. L'ancienne salle du restaurant de l'Hôtel du Fer-à-Cheval et de l'abbaye occupe l'espace le plus important (86 m2) — peut-être l'ancien réfectoire de l'Abbaye — et présente un remarquable plafond aux poutres décorées.
Les deux étages supérieurs auxquels on accède par un grand escalier à degrés du XVIIe siècle abritent les anciennes cellules des chanoines, redistribuées en vingt chambres d’hôtel. Poutres, boiseries, portes et cheminées, datables des XVIIe et XVIIIe siècles, permettent de restituer l'ancienne partition, les décors et les éléments de conforts des espaces initiaux.
L’étude de l’abbaye de Sixt
modifierL’étude de l’abbaye de Sixt a été initiée à la fin du XIXe siècle par l’abbé Marie Rannaud. Membre de l’Académie salésienne et de l’Académie chablaisienne, il fut le principal artisan de la béatification de l’abbé Ponce de Sixt en 1896. À cette époque, l’érudition savoyarde vise particulièrement à étudier l’histoire religieuse de l’ancien duché de Savoie et de nombreux prêtres mènent des études approfondies tels les abbés Jean Mercier et Louis-Étienne Piccard sur l’abbaye d’Abondance ou Hilaire Feige sur la chartreuse de Mélan. Il faut cependant attendre le XXIe siècle pour que les archives de l’abbaye soient « retrouvées » puis inventoriées et déposées aux archives départementales et pour voir débuter des études scientifiques, notamment archéologiques.
L’abbé Marie Rannaud, enfant du pays
modifierNé dans une famille d'agriculteurs originaires de Sixt le , Marie Rannaud avait pour grand-oncle Claude-François Rannaud, prieur de Peillonnex et pour oncle le curé de Marnaz Alexis[51]. Il étudie au collège de Samoëns, puis à celui de Mélan, enfin au grand séminaire d'Annecy. Il fait sa profession solennelle le et est nommé dès les jours suivants () vicaire de Saint-Nicolas-la-Chapelle (Savoie). Le , il est nommé vicaire de Thonon-les-Bains. Il retrouve son Faucigny natal à partir du lorsqu'il est nommé curé de Marnaz. Il est enfin nommé curé-archiprêtre de Saint-Julien-en-Genevois le [52]. Il enseigne également aux collèges de La Roche-sur-Foron et de Mélan[51].
En 1890, Rannaud est nommé postulateur dans la cause de l'abbé fondateur de l'abbaye de Sixt : Ponce, dit Ponce de Faucigny[52]. Il mène durant plusieurs années des recherches dans les archives de l'ancienne abbaye conservées dans le presbytère de Sixt[53]. Le procès canonique se termine par la béatification de Ponce le . Rannaud finit sa carrière ecclésiastique comme chanoine titulaire de la Cathédrale Saint-Pierre d'Annecy[54]. Il se consacre ensuite à la rédaction de son premier ouvrage sur le Bienheureux Ponce (1911) puis à son second consacré à l’histoire de Sixt depuis la fondation de l’abbaye jusqu’au début du XIXe siècle (1916). Sa matière première était les archives de l’ancienne abbaye[53].
Les archives de l’abbaye
modifierEn 1911, l’abbé Adrien Gavard (1859-1935), membre de l’Académie de Savoie, avait publié une transcription commentée de l’un des inventaires des archives de l’abbaye — dressé le 11 mai 1729 par le notaire François-Joseph Duboin puis complété en 1754 par le notaire Charles-Octavien Perrin — qui avait été copié dans les registres du tabellion de Cluses. En introduction, il écrivait que « toute idée de classement [sembla] étrangère à ceux qui rédigèrent l’état des archives de Sixt »[55]. 667 documents sont listés dans l’inventaire ; néanmoins, Gavard les croit disparus victimes des « autodafés révolutionnaires de 1793 ou 1794 ». En réalité, ils existent encore : en 1860, ils ont été rangés « dans des porte-folios […] regroupés par paquets (6) »[56] et classés sur des rayons dans l’une des pièces du presbytère de Sixt. On ignore les conditions précises dans lesquelles l’abbé Rannaud commence à étudier le fonds d’archives de l’ancienne abbaye, mais c’est probablement à partir de 1890 lorsqu’il est nommé postulateur dans la cause de Ponce. Depuis ses recherches, certains documents ont disparu[57]. Les archives ne sont ensuite plus consultées pour des travaux de recherche, mais toujours conservées à Sixt.
Au début des années 1990, un travail de classement a été entrepris à la demande du diocèse d’Annecy et un inventaire des publications conservées dans le même presbytère a été produit en 1994 sans que les archives ne soient décrites[58]. La « redécouverte » des archives a lieu au début des années 2010 et une « convention entre l’association diocésaine [et le] Conseil Général [de la Haute-Savoie est] signée le ». Un nouvel inventaire est dressé par Christophe Guffond entre mars et [58]. L’année suivante, ces 533 documents représentant 4,50 ml (métrage linéaire) sont transférés aux Archives départementales de la Haute-Savoie. Ils ont été inventoriés et décrits par Angélique Chapelle en 2013.
L’élaboration de la liste des abbés de Sixt
modifierLe premier à chercher à établir une liste des abbés de Sixt est Joseph-Antoine Besson. Celle-ci est par la suite reprise et augmentée par le prêtre chablaisien Jean-François Gonthier (1847-1913) dans le cadre de son travail sur les supérieurs des établissements de chanoines réguliers de saint Augustin dans l’ancien diocèse de Genève en 1900[59]. Cette liste est reprise par Adrien Gavard dans son article sur l’inventaire des archives de l’abbaye[60]. Une nouvelle liste est proposée en 1916 par l’abbé Rannaud ; celle-ci apporte quelques modifications aux listes précédemment publiées, grâce à la consultation des archives de l’abbaye ; elle comprend vingt-et-un abbés conventuels, c’est-à-dire élus par la communauté, et treize abbés commendataires dont le premier — selon lui — est le cardinal Zen (1469). Cette liste de l’abbé Rannaud fait longtemps autorité : elle est reprise telle quelle dans le rapport d’opération archéologique dirigé par Laurent D'Agostino et remis en 2013[61]. Elle est toutefois quelque peu modifiée par Sidonie Bochaton, qui propose de reculer la mise en commende de l’abbaye à l’abbatiat de Henri de Alibertis (1452)[62].
Les recherches archéologiques (2010-2021)
modifierL'acquisition de l'ancienne aile sud du couvent par le département de la Haute-Savoie en 2000 a entraîné des recherches archéologiques préventives prescrites par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) de l'ancienne région Rhône-Alpes en amont de travaux de restauration de la toiture du couvent et des façades, ainsi que de terrassement[63]. Au début des années 2010, un projet de coopération transfrontalière franco-italien porté par le Conseil départemental de la Haute-Savoie voit le jour : appelé PHENIX : Renaissance des patrimoines, il s’inscrit dans le programme d’initiative communautaire européen Interreg/ALCOTRA (Alpes latines coopération transfrontalière) et dure deux ans (2013-2014). Le projet associe la Région autonome de la Vallée d’Aoste, la commune italienne d’Arnad et la commune de Sixt-Fer-à-Cheval. Dans ce cadre, des études et des travaux sont menés sur le couvent de l’abbaye de Sixt, de même que sur l’ancienne tour d’enceinte transformée en Maison de la montagne[64]. Un nouveau projet nommé Ethnologia associant les mêmes partenaires a permis de réaliser une nouvelle étude archéologique dans l’ancien couvent en 2015[65]. Par la suite, entre 2015 et 2017, des recherches en archéologie programmée ont été menées dans le cadre d’une recherche doctorale réalisées à l’Université Lumière-Lyon-II. La synthèse de l’ensemble de ces travaux a été publiée en 2023 par l’Académie salésienne.
Tableau des études archéologiques[66]
| Année | Responsable(s) | Type d’opération | Secteur |
|---|---|---|---|
| 2001 | Aubry & Lacaze | Prospections géophysiques | Abords de l’abbaye |
| 2002 | Dormoy & Pérard | Dendrochronologie | Charpente du couvent |
| 2011 | D'Agostino | Diagnostic | Site abbatial |
| 2013-2014 | D'Agostino | Fouille et étude du bâti | Couvent |
| 2013 | Guffond | Étude du bâti | Tour d’enceinte |
| 2015 | Jouneau | Étude du bâti | Couvent |
| 2015 | Bochaton | Fouille | Église et cimetière |
| 2016 | Bochaton & Quiquerez | Fouille et prospections géophysiques | Couvent et jardin |
| 2017 | Bochaton | Fouille | Jardin |
Les opérations des projets PHENIX et Ethnologia sur le couvent (2013-2015)
modifierLes premières recherches archéologiques, dirigées par Laurent D'Agostino du bureau d'investigations archéologiques Hadès, ont été réalisées entre 2010 et le printemps 2014 puis en 2015. L'étude archéologique du bâti a livré des données inédites sur la disposition de la première abbaye des (XIIe – XIIIe siècles) et ses transformations jusqu'au milieu du XXe siècle. Au nord de l'aile subsistante, les archéologues ont mis au jour les vestiges d’une partie de l'aile ouest de l'abbaye qui reliait l'aile sud à l'église. Dans le préau et la galerie occidentale du cloître, des sépultures ont été découvertes et ont fait l'objet d'un étude anthropologique. Elles ont pour certaines été datées des XIIe et XIIIe siècles par le carbone 14, démontrant son utilisation par les chanoines comme espace d'inhumation dès les origines de l'abbaye. Entre et , Christophe Guffond (Conseil départemental de la Haute-Savoie), a mené une opération d'archéologie du bâti sur l'ensemble dit du "Grenier-école" et en particulier sur l'ancienne tour de l'abbaye. La datation au carbone 14 a permis de dater le bâtiment de la fin du Moyen Âge ou du début de l'époque moderne[49]. En 2015, l'archéologue David Jouneau de l'opérateur agréé en archéologie préventive Archeodunum a mené une étude archéologique du bâti dans le couloir du rez-de-chaussée de l'aile sud, qui correspond à l'ancienne galerie sud du cloître. Ces travaux ont permis de préciser les différentes phases de construction de l'abbaye[67].
Les opérations d'archéologie programmée (2015-2017)
modifierEntre 2015 et 2021, l'ancienne abbaye de Sixt a été étudiée par Sidonie Bochaton dans le cadre d'une thèse en histoire et archéologie médiévale menée à l'université Lumière-Lyon 2[68]. Dans ce cadre, trois opérations archéologiques ont été menées sur le site abbatial : les deux premières sur la parcelle de l’église appartenant à la commune, la troisième sur la parcelle du couvent appartenant au conseil départemental. En , c'est le côté sud du chevet de l'église qui a été fouillé[69]. Le sondage a révélé les fondations d'une ancienne chapelle latérale dédiée à saint Jacques apôtre bâtie à la fin du Moyen Âge, de même que des tombes antérieures et postérieures. En 2016, ce sont une partie du cloître et de l’aile orientale, entre le clocher et l’aile sud, qui ont été fouillées, ce qui a notamment permis la découverte de la salle capitulaire. Enfin, en 2017, un large sondage quadrangulaire implanté sur la parcelle de l'ancien couvent et dans le jardin côté Giffre a permis la découverte de deux anciennes dépendances domestiques[70].
Voir aussi
modifierBibliographie
modifierOuvrages
modifier- Anne Baud et Anne Schmitt, La construction monumentale en Haute-Savoie du XIIe siècle au XVIIIe siècle, Lyon, ALPARA et MOM, coll. « Documents d'Archéologie en Auvergne-Rhône-Alpes », , 132 p. (lire en ligne).
- Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel et Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0).
- Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastiques des diocèses de Genève, Tarantaise, Aoste et Maurienne, et du décanat de Savoye, Nancy, S. Henault, , 506 p. (lire en ligne).
- Louis Binz, Les visites pastorales du diocèse de Genève par l'évêque Jean de Bertrand (1411-1414), Annecy, Académie salésienne, coll. « Hors-série », , 724 p. (ISBN 2-901102-22-0).
- Sidonie Bochaton, L'abbaye de Sixt. Des chanoines réguliers en Faucigny (XIIe siècle au XIXe siècle), Annecy, Académie salésienne, coll. « Mémoires & documents », 2023a, 384 p.
. - Nicolas Carrier, La vie montagnarde en Faucigny à la fin du Moyen Âge : Économie et société (fin XIIIe début XIVe siècle), L'Harmattan, coll. « Logiques historiques », , 620 p. (ISBN 978-2-7475-1592-4, lire en ligne).
- Nicolas Carrier et Matthieu de la Corbière, Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, .
- Claude Castor, Au Pays d'une Abbaye, édité par l'Association des Amis de la Réserve naturelle de Sixt-Fer-à-Cheval.
- Arnaud Delerce, L'abbaye d'Abondance et sa congrégation : D'après la reconstitution du chartrier canonial (1108-1300), Université Savoie Mont Blanc, coll. « Sociétés, religion, politique », .
- Arnaud Delerce, Focus Abondance : Une abbaye à la lumière de ses parchemins retrouvés, Communauté de communes Pays d'Évian Vallée d'Abondance, .
- Jean Depassier, Recueil de la vie et gestes du vénérable Ponce, l’abbé des chanoines réguliers du monastère de Siz…, Annecy, .
- Christophe Guffond et alii, Domestiquer un bout du monde… Vivre dans les montagnes de Sixt XIIe – XXIe siècle, coll. « Culture 74 », Conseil départemental de la Haute-Savoie, Annecy, 2017.
- Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne).
. - Raymond Oursel, Les chemins du sacré : L'art sacré en Savoie, vol. 1, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 393 p. (ISBN 978-2-8420-6350-4), p. 133-134.
- Marie Rannaud (abbé), Histoire de Sixt : Abbaye, paroisse, commune (1135-1914), , 672 p. (lire en ligne).
- Marie Rannaud (abbé), Le Bienheureux Ponce de Faucigny, fondateur de l'abbaye de Sixt : sa vie, son culte, Comité paroissial, , 427 p..
Articles scientifiques
modifier- Sidonie Bochaton, « To share or not to share. Churches of Regular Canons in the Western Alps (former Diocese of Geneva) from the 13th century onwards », Reconstructing Past Monastic Life. Vol. 2 : Diet, Landscape and Monastic Space. New Trends from Archaeological, Bioanthropological and Documentary Perspectives. Actes du colloque MonBones - Barcelone - janvier 2024, Oxford, , p. 109-116
- Sidonie Bochaton, « Du dortoir aux appartements. Lieux de sommeil chez les chanoines réguliers de la congrégation d’Abondance (ancien diocèse de Genève, XIIe siècle-XVIIIe siècle) », Le sommeil. Théories, représentations et pratiques (Moyen Âge et époque moderne), Florence, , p. 91-112 (lire en ligne)
- Sidonie Bochaton, « Lieux de justice de chanoines réguliers en Haute-Savoie. Les congrégations d'Abondance et du Mont-Joux », Actes du colloque quadriennal du CERCOR Communautés religieuses, société et justice, 2023b.
- Sidonie Bochaton, « La nef et le choeur. A propos des églises de l'abbaye de Sixt », De cols en vallées. Parcours en Faucigny médiéval et moderne, , p. 111-123 (lire en ligne, consulté le ).
- Sidonie Bochaton, « Le pèlerinage sur le tombeau de l'abbé Ponce de Sixt de la fin du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle: entre continuité et renouveau », Carnet parodien d'histoire de l'art et d'archéologie, (lire en ligne, consulté le ).
- Sidonie Bochaton, « Maisons canoniales en Savoie du Nord. Les congrégations du Grand-Saint-Bernard et d'Abondance », Les monastères de chanoines réguliers en France (XIIe – XVIIIe siècle), CAHMER, vol. 32, , p. 171-185.
- Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., no 22, , p. 24-47.
- Sidonie Bochaton et David Jouneau, « L’abbaye de Sixt à travers le temps : résultats des campagnes archéologiques 2015-2016 », Les Dossiers du Musée savoisien : revue numérique, no 4, (lire en ligne).
- Nicolas Carrier, « Les moines et la montagne en Savoie du Nord (XIe – XVe siècle) », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, no 34, , p. 221-239 (lire en ligne).
- Evelyne Chauvin-Desfleurs, « Un cloître en kit ? Les remplois romans de l’abbaye de Sixt (Sixt-Fer-à-Cheval, Haute-Savoie) », De cols en vallées. Parcours en Faucigny médiéval et moderne, , p. 125-137.
- Arnaud Delerce, « Confessions intimes. Sixt au miroir d'une visite pastorale de 1481 », L'abbaye de Sixt. Des chanoines réguliers en Faucigny (XIIe siècle au XIXe siècle), Académie salésienne, , p. 117-120.
- Adrien Gavard, « L'obituaire de l'abbaye de Sixt », Mémoires & Documents, Académie salésienne, no 36, (lire en ligne).
- Adrien Gavard, « Les archives de l'abbaye de Sixt avant la Révolution », Mémoires & Documents, Académie salésienne, no 34, (lire en ligne).
- Jean-François Gonthier, « Liste des abbés des couvents de chanoines réguliers de saint Augustin du diocèse de Genève », Mémoires & Documents, Académie salésienne, no 23, , p. 213-226.
- Christophe Guffond, « Les arbres remarquables de la place de Sixt », Domestiquer un bout du monde..., no 22, , p. 50-59.
- Samir Mahfoudi, « Sixt. Une nouvel Eldorad'eau? », Domestiquer un bout du monde..., no 22, , p. 70-77.
- Alain Melo, « Domestiquer un bout du monde : la vallée de Sixt du XIIe au XVIIIe siècle. », Domestiquer un bout du monde..., no 22, , p. 6-20.
- Alexandre Parent, « L'abbaye de Sixt dans le contexte des visites pastorales de 1443-1445 », L'abbaye de Sixt. Des chanoines réguliers en Faucigny (XIIe siècle au XIXe siècle), Académie salésienne, , p. 112-116.
Travaux universitaires
modifier- Sidonie Bochaton, Les chanoines réguliers en Savoie du Nord. Restitution des abbayes d'Abondance et de Sixt (XIIe - XVIIe), thèse de doctorat préparée à l'université Lumière-Lyon 2, .
Rapports techniques
modifier- Laurent Aubry et Sarah Lacaze, Abbaye de Sixt-Fer-à-Cheval : prospections géophysiques par méthode électrique, .
- Sidonie Bochaton, Audrey Gaillard et Arnaud Letailleur, Abbaye de Sixt: le cloître et la salle capitulaire, vol. 1, Rapport final d'opération archéologique déposé au SRA Auvergne-Rhône-Alpes, .
- Sidonie Bochaton, Audrey Gaillard et Arnaud Letailleur, Abbaye de Sixt: la chapelle Saint-Jacques, vol. 1, Rapport final d'opération archéologique déposé au SRA Auvergne-Rhône-Alpes, .
- Angélique Chapelle, Inventaire des archives de l’abbaye de Sixt, vol. 1, Archives départementales de la Haute-Savoie, .
- Laurent D'Agostino (dir.), Abbaye de Sixt: les bâtiments conventuels, vol. 1, Rapport final d'opération archéologique déposé au SRA Auvergne-Rhône-Alpes, .
- Laurent D'Agostino (dir.), Abbaye de Sixt: étude archéologique préalable, vol. 1, Rapport final d'opération archéologique déposé au SRA Auvergne-Rhône-Alpes, .
- Christian Dormoy et Patrice Pérard, Expertise dendrochronologique d’échantillons provenant du logis de l’abbaye de Sixt-Fer-à-Cheval (74 740), .
- Jérémy Dupanloup, Sixt-Fer-à-Cheval : église Sainte-Madeleine, ancienne abbaye de Sixt, diagnostic, .
- Jérémy Dupanloup et Guy Desgrandchamps, Commune de Sixt-Fer-à-Cheval : ancienne abbaye de Sixt-Fer-à-Cheval (MH), réhabilitation de l’ancien presbytère, diagnostic, .
- David Jouneau (dir.), Sixt-Fer-à-Cheval : le logis abbatial, vol. 1, Rapport final d'opération archéologique déposé au SRA Auvergne-Rhône-Alpes, .
Divers
modifier- Christophe Guffond, « Sixt-Fer-à-Cheval : abbaye, ancien grenier abbatial », Archéologie de la France-Informations, (lire en ligne, consulté le ).
- Vérène Françoise Kaeser, Les chanoines augustins dans le diocèse de Genève au milieu du XVe d'après les visites pastorales de Barthélémy Vitelleschi (1443-1445) (mémoire de master 2), Genève, Unige, .
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Sidonie Bochaton, « L’incendie de l’église abbatiale de Sixt en 1680 et ses conséquences (Podcast) », sur Musée Savoisien, (consulté le )
- Angélique Chapelle et Yves Kinossian (dir. et directeur des Archives départementales de la Haute-Savoie), « Inventaire des archives de l'Abbaye de Sixt », sur le site des Archives départementales de la Haute-Savoie - archives.hautesavoie.fr, 2015-2016 (consulté le )
Références et sources
modifierRégeste genevois
modifier- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 311
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. 343 bis
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 381
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 486
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 486 ter
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 525 bis
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 631
- ↑ Régeste genevois, 1866, p. REG 671
Autres références
modifier- 1 2 3 « Ancienne abbaye de Sixt », notice no PA74000002, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Bochaton 2023a, p. 91.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 92.
- 1 2 3 Sidonie Bochaton, « Le pèlerinage sur le tombeau de l’abbé Ponce de Sixt de la fin du Moyen Age jusqu’au XVIIe siècle : entre continuité et renouveau », Carnet parodien d'histoire de l'art et d'archéologie, (lire en ligne)
- ↑ Bochaton 2023a, p. 95.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 97-101.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 101-103.
- ↑ Carrier 2001, p. 28-29.
- ↑ Adrien Gavard, « L'obituaire de l'abbaye de Sixt », Mémoires & Documents, Académie salésienne, , p. 29 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Rannaud 1916, p. 30.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 99.
- ↑ Hilaire Feige, « Histoire de Mélan », Mémoires et documents, vol. 20, , p. 518 (lire en ligne), p. 31.
- ↑ Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon, Paysans des Alpes : les communautés montagnardes au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 417 p. (ISBN 978-2-7535-1091-3, lire en ligne), p. 78-79.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 106.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 107.
- ↑ Rannaud 1916, p. 59.
- ↑ Nicolas Carrier et Matthieu De la Corbière, Entre Genève et Mon-Blanc au XIVe : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal, , p. 261.
- ↑ Louis Binz, Les visites pastorales du diocèse de Genève par l'évêque Jean de Bertrand (1411-1414), Académie salésienne, , p. 279.
- ↑ Nicolas Carrier, « Les moines et la montagne en Savoie du Nord (XIe – XVe siècle) », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, no 34, (lire en ligne), p. 234.
- ↑ Parent 2023, p. 114.
- ↑ Jean-Pierre Bastian, « La colonisation des Monts du Lavaux et du Jorat par les paysans du haut Giffre au tournant du XVe », Revue historique vaudoise, , p. 189-216
- ↑ Vérène Françoise Kaeser, Les chanoines augustins dans le diocèse de Genève au milieu du XVe, Unige, , p. 65.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 85-86.
- ↑ Delerce 2023, p. 119.
- ↑ Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., , p. 38
- ↑ Sidonie Bochaton et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt à travers le temps. Résultats des campagnes archéologiques 2015 et 2016 », Les Dossiers du musée savoisien, , p. 7-9 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Rannaud 1916, p. 172.
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- ↑ Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., , p. 40-43
- ↑ Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., , p. 29
- ↑ Bochaton 2023a, p. 213-218.
- 1 2 Marie Rannaud (abbé), Histoire de Sixt : Abbaye, paroisse, commune (1135-1914), , 672 p. (lire en ligne).
- ↑ Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., , p. 43-47
- ↑ Rannaud 1916, p. 168-169.
- ↑ Melo 2017.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 126.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 252.
- ↑ Liste établie d'après Rannaud 1916, reprise et augmentée dans Bochaton 2023
- ↑ Base Sigilla
- ↑ Base Sigilla
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- ↑ Claire Martinet, « Abbaye de Sixt » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- ↑ Bochaton 2023a, p. 253.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 254.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 259.
- ↑ « Office de Tourisme de Sixt-Fer-à-Cheval - Haute-Savoie », sur www.sixtferacheval.com (consulté le ).
- ↑ « Site des Grands Sites de France », sur grandsitedefrance.com (consulté le ).
- ↑ « L'écho touristique » (consulté le ).
- 1 2 Christophe Guffond, « Sixt-Fer-à-Cheval (Haute-Savoie). Ancien grenier abbatial », Archéologie médiévale, vol. 44, (lire en ligne)
- ↑ Anne Baud et Anne Schmitt, La construction monumentale en Haute-Savoie du XIIe siècle au XVIIIe siècle, Lyon, ALPARA et MOM, coll. « Documents d'Archéologie en Auvergne-Rhône-Alpes », , 132 p. (lire en ligne), p. 41.
- 1 2 Henry Carnoy, Dictionnaire biographique international des écrivains, Hildesheim/New York, (lire en ligne), p. 11.
- 1 2 Charles-Marie Rebord (avec la collaboration d'Adrien Gavard), Dictionnaire du clergé séculier et régulier du diocèse de Genève-Annecy dès 1535 à nos jours, 1920-1921 (lire en ligne), p. 658.
- 1 2 Bochaton 2023a, p. 48.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 57.
- ↑ Gavard 1911, p. 6.
- ↑ Chapelle 2013, p. 5.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 59.
- 1 2 D'Agostino 2013, p. 33.
- ↑ Gonthier 1900, p. 231-238.
- ↑ Gavard 1911, p. 10-11.
- ↑ D'Agostino 2013, p. 117-118.
- ↑ Bochaton 2023a, p. 287.
- ↑ Sidonie Bochaton, Christophe Guffond et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt. Une histoire architecturale tourmentée », Domestiquer un bout du monde..., , p. 25
- ↑ « PHENIX, Renaissance des patrimoines. Un projet d’envergure pour redonner vie à notre abbaye fondée au XIIe siècle », Contact. Bulletin d’information de Sixt-Fer-à-Cheval, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Projet Ethnologia 2015. Capitalisation d’études et valorisation des savoir-faire locaux et traditions d’antan », Contact. Bulletin d’information de Sixt-Fer-à-Cheval, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Bochaton 2023a, p. 130.
- ↑ Sidonie Bochaton et David Jouneau, « L'abbaye de Sixt à travers le temps. Résultats des campagnes archéologiques 2015 et 2016 », Les Dossiers du musée savoisien, (lire en ligne [PDF]).
- ↑ https://www.theses.fr/s145059
- ↑ Sidonie Bochaton, « Sixt-Fer-à-Cheval (Haute-Savoie). Abbaye de Sixt », Archéologie médiévale, vol. 46, (lire en ligne)
- ↑ Sidonie Bochaton, « Sixt-Fer-à-Cheval (Haute-Savoie). Abbaye de Sixt », Archéologie médiévale, vol. 48, (lire en ligne)



