Abbaye de Solières
L'abbaye de Solières était un monastère belge de moniales cisterciennes situé sur les hauteurs de la Meuse, à Ben-Ahin, section de Huy, en Belgique. Fondé à la fin du XIIe siècle comme communauté augustinienne, le monastère passa peu après à l’ordre cistercien. Il connut des périodes d’incertitudes et de guerres, qui entrainèrent des dégâts, mais les XVIIe et XVIIIe siècles furent une période de grands travaux. En 1795, l'abbaye fut supprimée et les moniales furent chassées de leur domaine par le pouvoir révolutionnaire français.
| Ancienne abbaye de Solières | |||
Portail de l'ancienne abbaye. | |||
| Existence et aspect du monastère | |||
|---|---|---|---|
| Identité ecclésiale | |||
| Culte | Culte catholique | ||
| Type | Abbaye de chanoinesses puis de moniales. | ||
| Présentation monastique | |||
| Fondateur | Jean d'Eppes | ||
| Origine de la communauté | Lambert et Henri, fils du seigneur Hugues de Beaufort, décident de construire sur leur terre un oratoire dédié à la Vierge Marie, et d’y fonder une communauté religieuse chargée d’y assurer l'office divin. | ||
| Ordre | Augustin puis cistercien | ||
| Historique | |||
| Date(s) de la fondation | Communauté augustinienne au XIIe siècle, qui passe à l'ordre cistercien en 1231. | ||
| Fermeture | 1796 | ||
| Architecture | |||
| Protection | |||
| Localisation | |||
| Pays | |||
| Région | |||
| Province | |||
| Commune | Huy | ||
| Section | Ben-Ahin | ||
| Coordonnées | 50° 28′ 37″ nord, 5° 10′ 44″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : province de Liège
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Depuis 1984, l’ensemble des bâtiments et les alentours sont classés au patrimoine immobilier de Wallonie.
Géographie
modifierHistoire
modifierFondation et ordre augustin
modifierLambert et Henri, fils d’Hugues de Beaufort, seigneur des lieux, décident de construire sur leur terre un oratoire dédié à la Vierge Marie, et d’y fonder une communauté religieuse chargée d’y assurer l’office divin, pour une fondation ayant eu lieu au début du XIIe siècle (1127 ?). Plus tard, un document antérieur à 1229 atteste la présence d’une communauté de religieuses de tradition augustinienne. L’hospitalité des pèlerins est probablement leur activité principale.
Ordre cistercien
modifierSuivant le grand mouvement monastique cistercien, la communauté de Solières demande et obtient son affiliation à l’ordre de Cîteaux en 1229. L’autorisation leur en est donnée par l’évêque de Liège Jean d'Eppes, admirateur de cet ordre. Cette affiliation est ratifiée par le pape Grégoire IX en 1231. Solières devient donc une abbaye de moniales cisterciennes, Isabelle de Bonen en étant la première abbesse.
Périodes troublées
modifierComme les autres abbayes de la région, Solières passe par des périodes d’incertitudes et de guerres, qui entrainent misères et dévastations dans la région et dégâts dans les monastères. Ainsi, lors de la guerre de la Vache, qui ravagea le Condroz, au XIIIe siècle. Ensuite ce sont les soldats de Nimègue qui rançonnent l’abbaye qui se relevait à peine d’un grave incendie (1400)[réf. nécessaire]. Lorsque la situation est tendue et les vies en danger, les moniales se retirent dans leur refuge urbain de Huy.

Période de grands travaux
modifierLorsque la paix revient, les moniales retournent à Solières. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont une période de grands travaux : en 1618, l’église est reconstruite. Les abbesses Marie de Cassal (1648-1663), Agnès de Sélys (1663-1695) et Barbe de Caverenne (1727-1765) sont les maîtresses d’œuvre des bâtiments qui ont survécu jusqu’aujourd’hui.
Révolution française
modifierCatherine de Matagne, élue en 1765, est la dernière abbesse de Solières. Elle meurt en 1793. En 1795, les moniales sont chassées de leur monastère par le pouvoir révolutionnaire français. Elles se réfugient une fois de plus dans leur maison de Huy. Les bâtiments du monastère sont vendus comme biens nationaux en 1797. Le premier acquéreur, André Ackerman, s’empresse de démolir l’église abbatiale pour en utiliser le matériau à d’autres fins.
Plus tard, en 1807, Charles Desoer transforme une partie du quartier abbatial en château. Ses descendants occupent le château jusqu’en 1929. Vidé d’une grande partie de son précieux mobilier d’origine, le château passe entre les mains de la coopérative d’assurance du parti socialiste belge, qui y installe un home pour adolescents. Le château est actuellement Château Vert et fait partie d’un domaine qui abrite une institution accueillant des personnes handicapées[2].
Liste des abbesses
modifier| Nom | Période | Notes |
|---|---|---|
| Isabelle de Bonen | Parente de l'évêque Jean d'Eppes. | |
| Julienne | ... - 1241 - ... | |
| Marie de Haultbois | ? | N'est nommée que dans un manuscrit de Dom Ignace Bourguignon,
confesseur de l'abbaye, datant de 1736. Elle aurait gouverné de 1251 à sa mort le 4 mai 1268. |
| Catherine | ... - 1261 - ... | |
| Gertrude | ? | N'est nommée que par le confesseur Bourguignon. Elle serait morte
le 3 juin 1282. |
| Agnès de Latinne | ... - 1291 - ... | |
| Marguerite de Grimont | ? | |
| Agnès Dauscon | ? | |
| Isabelle d'Anthisnes | ... - 1331 - ... | |
| Marguerite de Sames | 1335 - 13 août 1353 | |
| Élisabeth Longley | 1353 - 25 février 1377 | |
| Jeanne de Moriette | 1377 - 28 août 1396 | |
| Ode de Strée | 1396 - 29 octobre 1410 | |
| Agnès de Harbise | 1410 - 23 août 1422 | |
| Isabelle de Momelette | 1422 - 18 janvier 1446 | |
| Ide de Haza | 1446 - 13 décembre 1460 | |
| Marguerite de Vêves
(alias de Breves) |
1460 - 31 mai 1483 | Boursière de Marche-les-Dames, elle fut la première abbesse de
la réforme introduite sous l'influence de l'abbaye. |
| Marie de Haultbois | 1484 - 11 octobre 1531 | |
| Marie de Flandre | 1531 - 1 octobre 1538 | Professe de Marche-les-Dames (1507-1531). |
| Anne de Hallemberghe
(alias de Liers) |
1538 - 1584 | Suite a des plaintes envoyées par le couvent, l'évêque
Georges d'Autriche désigne les abbés d'Aulne et de Moulins pour visiter l'abbaye le 4 décembre 1554. L'abbesse donna sa démission et mourut peu après, le 17 mars 1584. |
| Jeanne de Hemptinne
(1548-1591) |
7 mai 1584 -
7 octobre 1591 |
|
| Catherine Bougelet
(1561-1603) |
2 août 1592 -
25 octobre 1603 |
|
| Jeanne de Jaynée
(1557-1625) |
15 décemrbe 1603 -
5 mars 1625 |
|
| Éléonore de Hamoir
(1585-1648) |
23 avril 1625 -
15 mars 1648 |
|
| Marie de Cassal
(1610-1663) |
21 décembre 1648 -
21 septembre 1663 |
|
| Agnès de Sélys
(1639-1695) |
8 novembre 1664 -
5 mai 1695 |
|
| Béatrix de Seny
(1640-1708) |
5 février 1696 -
22 avril 1708 |
Élue après que Marie du Mesnil (†1712) fut écartée par Louis XIV. |
| Claire de Baugnée
(1681-1727) |
14 décembre 1708 -
18 octobre 1727 |
|
| Barbe de Caverenne
(1688-ca. 1764) |
8 février 1728 -
ca. 1764 |
Acquit un second refuge à Huy et fit restaurer deviers parties
de l'abbaye. |
| Catherine de Matagne
(† 20 décembre 1793) |
1765 - 20 décembre 1793 | A sa mort, au vu du contexte politique, il n'y eut pas de nouvelle
élection et la communauté fut dirigée dans leur refuge de Huy par Ernestine Thys, prieure, jusqu'à sa fermeture à la suite de la loi du A septembre 1796. |
Patrimoine
modifier- Le portail principal, érigé par Agnès de Sélys en 1688, est un haut bâtiment monumental de style mosan, alliant pierre bleue et brique ;
- Le moulin sur la Solières, déjà cité dans un document de 1262, fut reconstruit aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il resta en activité jusqu’en 1935. Il abrite aujourd’hui une discothèque[3] ;
- La ferme de 1658, avec grange et pigeonnier anciens[1] ;
- Le colombier, datant de 1626, est dû à l’abbesse Éléonore de Hamoir[4] ;
- La grange (avec étables et autres bâtiments de ferme), construite en 1735 par un frère récollet, sous l’abbatiat de Barbe de Caverenne, dont le nom (avec ses armoiries) est mentionné dans le chronogramme se trouvant au-dessus de la porte du logis de ferme[5] ;
- Le quartier abbatial, édifié en 1658 et signé par l’abbesse Marie de Cassal, est un long bâtiment de 13 travées et deux étages, avec fronton central triangulaire et campanile[6]. Ce bâtiment rectangulaire et symétrique se mire dans un ancien vivier[1]. De style classique, il subit des transformations au XIXe siècle pour le rendre apte à devenir résidence de châtelain. Appartenant au domaine privé il ne se visite pas[7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 Émile Poumon, Abbayes de Belgique, Bruxelles, Office de Publicité, S. A., , p. 71.
- ↑ Tourisme Huy - Solières
- ↑ Patrimoine monumental de Belgique, vol. 15, p. 280-281.
- ↑ Patrimoine monumental de Belgique, vol. 15, p. 283-284.
- ↑ Patrimoine monumental de Belgique, vol. 15, p. 284-287.
- ↑ Joseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Bruxelles, Rossel Édition, , p. 78.
- ↑ Patrimoine monumental de Belgique, vol. 15, p. 281-283.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 15 : Wallonie, Liège, entité de Huy, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 362 p. (ISBN 2-8021-0097-1)
- Monasticon belge, vol. II : Province de Liège, Liège, Centre national de recherches d'histoire religieuse, , p. 187-192