Abbaye de l'Île-Barbe

abbaye située dans la Métropole de Lyon, en France
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L'abbaye de l'Île-Barbe est une ancienne abbaye bénédictine, située dans le 9e arrondissement de Lyon, dans le quartier de Saint-Rambert-l'Île-Barbe.

Abbaye de l'Île-Barbe
L'ancienne abbaye en 1616.
L'ancienne abbaye en 1616.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre bénédictin
Début de la construction Ve siècle
Date de désacralisation 1549
XVIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classée MH (1993, église)
Logo des sites naturels français Site classé (1937)
Géographie
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Ville Lyon (9e arr.)
Coordonnées 45° 47′ 50″ nord, 4° 49′ 54″ est
Géolocalisation sur la carte : Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Abbaye de l'Île-Barbe
Géolocalisation sur la carte : Rhône
(Voir situation sur carte : Rhône)
Abbaye de l'Île-Barbe

Histoire

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Une abbaye est fondée sur l'île Barbe au Ve siècle. Il s'agit du premier établissement monastique de la région lyonnaise et l'un des plus anciens de la Gaule. Charlemagne la dote d'une belle bibliothèque. Elle était dédiée à saint André, puis à saint Martin à partir du Xe siècle[1].

Le monastère est pillé à plusieurs reprises (en 676, en 725 par les Sarrasins, en 937 par les Hongrois[2]). Ceci n'empêche pas ses occupants, qui adoptent la règle de saint Benoît au IXe siècle, de gagner progressivement en richesse. En 816, Louis le Pieux accorde au monastère le droit de disposer en tout temps de trois navires exempts de droits de péages sur la Saône, le Rhône et le Doubs[3], ainsi qu'un décret d’immunité et de protection au monastère[4], confirmé par Charles de Provence en 861[5].

L'abbaye fonde le prieuré de Saint-Rambert, mentionné en 971 dans la charte de Conrad le Pacifique, qui confirme les possessions de l'abbaye à l'abbé Heldebert. La même charte cite comme cella la petite église Saint-Jean-Baptiste, qui jouxte l'église abbatiale Saint-André[6]. Le cartulaire-rouleau rédigé en 1367 et conservé aux Archives départementales et métropolitaines comporte les hommages rendus à l'abbaye, les reconnaissances de droits et donations, des titres relatifs aux biens et aux droits de l’abbaye, des actes d'acquisition des terres, les reconnaissances que les vassaux ont présentées à l'abbaye[7]. Un acte important qui représente à lui seul environ la moitié du rouleau, soit 24 peaux, concerne la convention qui la relie au comte de Provence, Charles Ier d'Anjou pour tous les biens qu'elle possédait dans la région de Gap et d'Embrun[8].

Au début du XVIe siècle, l'abbaye passe sous le régime de la commende au bénéfice de la famille d'Albon.

Le , le pape Paul III sécularise l'abbaye et les moines deviennent des chanoines (collégiale)[9].

En 1562, le site est dévasté et incendié par les troupes protestantes du baron des Adrets.

En 1741, Pierre Guérin de Tencin, archevêque de Lyon réunit le chapitre des chanoines au chapitre cathédral de Saint-Jean[9]. En 1745, le séminaire Saint-Pothin, créé en 1737 pour s'occuper des prêtres âgés ou infirmes[9], est transféré dans les locaux laissés vides[10]. L'établissement est supprimé à son tour en 1782[9] et les bâtiments sont rétrocédés au chapitre Saint-Jean[10]. Le , tout est vendu et dispersé[9].
À cette époque, Gabriel Bonnot de Mably (1709-1785) était chanoine de l'église abbatiale de l'Île-Barbe.

Durant la Révolution française, puis le Premier Empire, ce qui reste du site est transformé en carrière de pierre : de nombreux blocs sont vendus aux plus offrants, souvent des entrepreneurs, pour servir de matériaux de construction dans les bâtiments de Vaise et de Saint-Rambert[11]  à l'instar des pierres sculptées du 36, quai Arloing, longtemps remployées dans l'immeuble situé à cette adresse avant d'être vendues à un collectionneur de Saint-Didier-au-Mont-d'Or en 1943[12].

Au XXIe siècle, de l'abbaye ne subsiste que l'église romane Notre-Dame, une partie de l'ancienne église Saint-Loup et quelques vestiges des bâtiments religieux.

Reconstitution

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L'abbaye était entourée d'une enceinte fortifiée. Celle-ci suivait le mur qui limite actuellement la promenade plantée d'arbres. On accédait au domaine de l'abbaye par deux portes :

  • la porte Notre-Dame ;
  • la porte Sainte-Anne.

Au nord, un château fort bâti sur un rocher servait de réduit en cas d'invasion. Il contenait également la riche bibliothèque dite de Charlemagne.

L'île était accessible par trois ports :

  • au sud ouest du mur d'enceinte, le port Saint-Rambert ;
  • à l'est du mur d'enceinte, le port Notre-Dame face à Cuire-le-Bas ;
  • au nord-ouest, le port Sainte-Anne.

L'abbaye comptait deux églises :

À l'extrémité nord de l'île, le prieuré Saint-André était séparé du reste du monastère par sa propre enceinte. Ce prieuré avait sa chapelle dédiée à saint André et à sainte Anne.

Sur la place Notre-Dame (derrière la porte du même nom), s'élevait la dîmerie.

La maison de l'abbé avec sa chapelle dédiée à saint Denys s'élevait également sur la place Notre-Dame.

Autour du grand cloître, s'élevaient :

Près de la Saône, côté Saint-Rambert, on trouvait les réfectoires des moines et les celliers voûtés.

Liste des abbés et religieux

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Possessions de l'abbaye

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Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief par l'abbaye[16],[17] :

Lyonnais

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Liste des possessions de l'abbaye dans le Lyonnais :

Liste des possessions de l'abbaye dans le Jarez :

Liste des possessions de l'abbaye dans le comté de Forez :

  • L'église Saint-André de Occiaco (monastère de Saint-Rambert) (971), les églises Saint-Côme (971) et Saint-Damien (1183) jusqu'à Noailleux (971)

Notes et références

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  1. Robert Favreau, « Un tympan roman à l'Île-Barbe près de Lyon », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2005, vol. 149, no 3, pp. 1007-1025.
  2. Lyon Historique - L'île Barbe
  3. Louis le Pieux accorde à l’abbaye de l’Ile-Barbe la faculté de disposer en tout temps de trois navires (816). Proposition de traduction par le musée du diocèse de Lyon Lire en ligne
  4. Décret d'immunité de Louis le Pieux en faveur de l’abbaye de l’Ile-Barbe (816). Proposition de traduction par le musée du diocèse de Lyon Lire en ligne.
  5. Le roi Charles à l’abbaye de l’Ile-Barbe (861). C'est le plus ancien document conservé aux Archives départementales du Rhône. Proposition de traduction par le musée du diocèse de Lyon Lire en ligne
  6. [Baud 1991] A. Baud, « Saint-Rambert-sur-Loire (Loire), "Saint-Jean-Baptiste" », Revue archéologique du Centre de la France, t. 30, , p. 237 (lire en ligne [sur persee], consulté en ).
  7. « Conférence du 23 avril 2026 : Le grand rouleau de l’abbaye de l’Île-Barbe », sur Chaine Youtube des Archives départementales et métropolitaines
  8. « Le cartulaire-rouleau de l'ile-Barbe : interview de Bruno Galland, directeur des Archives départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon » [vidéo], sur Videolyon
  9. 1 2 3 4 5 Notice d'autorité de la bibliothèque nationale de France sur le chapitre de la collégiale Saint-Martin de l'Île-Barbe [lire en ligne]
  10. 1 2 Benoît Faure-Jarrosson, La chapelle Notre-Dame de l'île Barbe, Association des amis de l’île Barbe, 2006 [lire en ligne] [PDF]
  11. Reynaud 2021, sec. 5.5.2., § 2.
  12. Reynaud 2021, sec. 3.2.4, § 1.
  13. Vies des Saints du diocèse de Lyon par François-Zénon Collombet (1835)
  14. Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg, Gromier Ainé, , 518 p. (BNF 30556006, lire en ligne), p. 201.
  15. Bernard Berthod, Jacqueline Boucher, Bruno Galland, Régis Ladous et André Pelletier, Archevêques de Lyon, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 191 p. (ISBN 9782841472284, BNF 43719523), p. 77
  16. Les Mazures de l'abbaye royale de l'Isle-Barbe, Tome 1. p. 64 et p. 117. Lire en ligne
  17. Diplôme de Conrad roi de Bourgogne pour Heldebert, abbé de l’Ile-Barbe à Lyon, année 971. Traduction proposée par le musée du diocèse de Lyon Lire en ligne
  18. Nicolas Payraud, Châteaux, espace et société en Dauphiné et en Savoie du milieu du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle, Thèse de doctorat d'Histoire, dirigée par Étienne Hubert, Université Lyon-II, Lyon, 2009, p. 139 [lire en ligne].
  19. Les Mazures de l'abbaye royale de l'Isle-Barbe, Tome 2. p. 533-534 Lire en ligne
  20. J.-E. DUFOUR, Dict. topographique du département de la Loire (1946), p. 246.
  21. Auguste Longnon, Pouillés de la province de Lyon, 1904. Lire en ligne
  22. "En 1225 la cure de Bonson avait pour collateur le prieure de Saint-Rambert". J.-E. DUFOUR, Dict. topographique du département de la Loire (1946), PUSE, 2006, p. 87.

Annexes

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Bibliographie

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  • Claude Le Laboureur, Les masures de l'abbaye royale de l'isle Barbe lez Lyon, Lyon, 1665 disponible sur Google Livres, rééd.par M.-C. et G. Guigue, Lyon, 1887-1895.
  • Bésian Arroy, Brève et dévote histoire de l'abbaye de l'Isle Barbe, Lyon, 1668.
  • L. Niepce, L'île-Barbe. son ancienne abbaye et le bourg de Saint-Rambert, Lyon, 1890
  • M.M. Bouquet, L'abbaye de l'Ile-Barbe, des origines à la sécularisation, dans Positions de thèses de l'École des Chartes, Paris, 1938, p. 13-21
  • J. Picot, La seigneurie de l'abbaye de l'Ile-Barbe, Lyon, 1953
  • J. Picot, Ile-Barbe, DHGE, XXV, 1995, c. 811-817
  • J.-F. Reynaud, Le monastère de l'Ile-Barbe et le bourg de Saint-Rambert dans Saint-Rambert, un culte régional depuis l'époque mérovingienne. Histoire et archéologie., Paris, 1995, p. 49-60
  • Jean-François Reynaud, À la recherche d'un Lyon disparu, Lyon, Alpara, MOM Éditions, (ISBN 978-2-35668-071-6, DOI 10.4000/books.alpara.5425)
  • Michel Rubellin, Église et société chrétienne d'Agobard à Valdès, PUL, 2003, Lyon, p. 265-275.
  • Robert Favreau, Un tympan roman à l'Île-Barbe près de Lyon, dans le Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2005, Vol. 149, no 3, p. 1007-1025
  • Mémoire de pierres : Abbaye de l'Ile-Barbe, Lyon, 1995, Musée historique de Lyon, catalogue d'exposition - , (ISBN 2-901307-07-8).

Articles connexes

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Liens externes

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