Abbaye de la Bénisson-Dieu

abbaye située dans la Loire, en France

L'abbaye de La Bénisson-Dieu est un monastère cistercien situé dans la commune française de La Bénisson-Dieu, dans le département de la Loire et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est classée monuments historiques depuis 1840.

Abbaye de la Bénisson-Dieu
image de l'abbaye
Vue de l'ancienne église abbatiale.
Diocèse Archidiocèse de Lyon
Patronage Vierge Marie sainte Mère de Dieu
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CXXXI (131)[1]
Fondation 29 septembre 1138
Début construction XIIe siècle
Dissolution 1791
Abbaye-mère Clairvaux
Lignée de Clairvaux
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Ordre cistercien
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)[2]
Coordonnées 46° 09′ 04″ N, 4° 02′ 44″ E[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Forez
Lyonnais
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Loire
Commune La Bénissons-Dieu
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Abbaye de la Bénisson-Dieu
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Abbaye de la Bénisson-Dieu
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Abbaye de la Bénisson-Dieu

Historique

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L'histoire de La Bénisson-Dieu prend source lors de la fondation de l'abbaye le par Albéric, disciple de Bernard de Clairvaux. Accompagné de 12 moines cisterciens, ils ont choisi cet endroit, au bord de la Teyssonne pour son calme, la présence d'eau et de terre à défricher, conformément à l'idéal cistercien de vie simple, de travail et de prière[4].

À l'origine, elle n'était pas exactement placée sur le site actuel, elle se trouvait plus du côté de La chassagne et les bâtiments étaient en bois. L'église abbatiale primitive, qui marque la transition entre l'art roman et l'art gothique, date de la fin du XIIe siècle[5]. Le site présente alors les caractéristiques classiques pour la fondation d'une abbaye cistercienne. Une abbaye est érigée avec son église abbatiale.

Vers 1500, l'abbaye est gérée sous forme de commende et Pierre de La Fin lui adjoint un clocher fortifié ainsi qu'une flèche surplombant le chœur.

Le , l'abbaye d'hommes, ruinée par les guerres, devient une abbaye de femmes avec à sa tête Françoise de Nérestang, fille de Philibert de Nérestang, ancien ligueur, rallié antérieurement au roi Henri IV, assassiné en 1610. L'abbaye en ruine est alors restaurée, remaniée et dotée d'une chapelle baroque achevée en 1651. C'est dans ce contexte que la chapelle de la Vierge fut ajoutée au XVIIe siècle par la famille de Nerestang. Il s'agit d'une chapelle mortuaire pour la famille, dédiée à la Vierge Marie. Françoise de Nérestang, sensible à l'architecture et à l'art de l'époque apprécie et choisit donc le style baroque[5].

La communauté masculine s'établit à l'abbaye d'origine des sœurs cisterciennes, celle de Mègemont[6].

Le chanoine Jean-Marie de La Mure, dans son Histoire du Forez (1674), rapporte les premiers éléments historiques.

Sous la Révolution, l'abbaye ruinée est évacuée. Ses bâtiments sont vendus et les bâtiments conventuels sont démantelés pour servir de carrière de pierres. Quelques années plus tard, l'église est rachetée par les habitants et devient l'église paroissiale.

L'abbé Dard a écrit une histoire très complète de l'abbaye, publiée en 1880 et rééditée depuis[7].

L'église est inscrite aux monuments historiques depuis 1840[5].

Les tuiles ont été restaurées entre 2005 et 2007[8].

Description

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Guillaume Revel, dans son Armorial d'Auvergne, Forez et Bourbonnais, a représenté l'abbaye fortifiée. Sur le dessin, on peut voir la porte d'accès à l'abbaye protégée par un ensemble de fossés et de palissades. Ces éléments défensifs avaient pour but de compliquer la progression d'éventuels assaillants[9].

Vue du 25 juin 1618.
Tuiles vernissées de l'Abbaye
Nef vers l'est de l'Abbaye de la Bénisson-Dieu

Seul l'église subsiste aujourd'hui, bien qu'amputée de son transept d'origine, elle illustre la transition entre le style roman et le style gothique. Haut de 51 mètres, le clocher à été ajouté à la fin du XVe siècle, tout comme la toiture en tuiles polychromes vernissées à la mode bourgignonne qui permettent d'identifier l'édifice dans le village[8].

L'intérieur est caractérisé par une grande sobriété architecturale cistercienne et une luminosité mettant en valeur la clarté de la pierre[8]. La nef est dans un style en regard vers l'art roman et gothique mais qui contraste avec la sobriété cistercienne[5].

Clôture de la chapelle de la Vierge de l'Abbaye de la Bénisson-Dieu

La chapelle du flanc sud dédiée à la Vierge contraste avec le reste de l'édifice. Ils sont tout deux séparés par une clôture en bois sculpté. La chapelle est un exemple de décor religieux du XVIIe siècle[8].

Autel et plafond peint de la chapelle de la Vierge dans l'Abbaye de la Bénisson-Dieu

Un ensemble de peintures du XVIIe siècle est visible dans la première sacristie de l'abbatiale et la chapelle dite de Nérestang. Cette dernière se compose en partie de marbre noir et blanc. La première sacristie dissimule des décors peints profanes : paysages bucoliques colorés, châteaux de style Henri XIII, frises florales, figures féminines, surplombé sur la façade ouest pas un magnifique retable peint en trompe-l'œil[10].

Voûte peinte, Chapelle de la Vierge de l'Abbaye de la Bénisson-Dieu.

La voûte de la chapelle de la Vierge représente l'Assomption mise en scène au sein d'une quadratura (un trompe-l'oeil architectural) dans lequel Marie s'élève dans le ciel et semble percer le plafond. Elle est représenté comme médiatrice entre le royaume céleste et terrestre. Ses bras ouverts signifient à la fois qu'elle reçoit la grâce de Dieu mais aussi qu'elle la partage avec les croyants. La figure de la Vierge est entourée d'angelots qui animent les autres côtés de la voute par leur dynamisme. L'ensemble de la chapelle bénéficie d'un programme peint couvrant mur et voûte, la chargeant de toute une catéchèse sur la vie de la Vierge[8].

Les baies latérales, aujourd'hui murées, permettaient aux religieuses de venir se recueillir pour prier la Vierge en toute discrétion[8].

Filiation et dépendances

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La Bénisson-Dieu est fille de l'abbaye de Clairvaux.


Liste des abbés et abbesses

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Abbesses

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Source : Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique

Notes et références

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  1. ↑ (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 53.
  2. ↑ Notice no PA00117427, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. ↑ « Bénisson-Dieu, la (Loire) », sur cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le ).
  4. ↑ Barnard Christophe, « Découvrez l'histoire de l'abbaye de La Bénisson Dieu avec Bernard Christophe : entre art roman et gothique », Le Pays,‎ (lire en ligne Accès limité).
  5. 1 2 3 4 Christian Verdet, « A La Bénisson-Dieu, un chef-d'œuvre méconnu », Le Pays,‎ , p. 29 septembre 2026 (lire en ligne Accès limité).
  6. ↑ Emma Bouvard 2016, Partie II : Les cadres territoriaux — Chapitre II. Géographie historique entre limes forézien et marges aquitaines — 1. La fabrique des pouvoirs en terres d’Auvergne et bourbonnaises, p. 341.
  7. ↑ http://membres.lycos.fr/dbelling/Histoire.htm site.
  8. 1 2 3 4 5 6 Clément Savary, « La Bénisson-Dieu : vestige roman et bijou classique », RCF Lyon,‎ (lire en ligne Accès libre)
  9. ↑ Valérie Serdon, « Villes et forteresses au Moyen Âge », Moyen Âge, no 125,‎ mai-juin-juillet 2021, p. 28 (ISSN 1276-4159).
  10. ↑ « La Bénisson-Dieu. Les joyaux invisibles et menacés de l’abbaye de la Bénisson-Dieu » Accès limité, sur leprogres.fr, (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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