Cheikh Abd al-Bāqī, mort en 1779 ou 1780, est un maître soufi et un mufti de la Morée ottomane. Fils cadet du cheikh Yaḥyā Sharaf al-Dīn Moravī, qui participe à la reconquête ottomane de la Morée (en) en 1715 (durant la guerre vénéto-austro-ottomane) avant de prendre la tête d'un tekke à Nauplie, Abd al-Bāqī est initié par son père aux règles de la confrérie des Khalwatī-Jarrāḥī[1].

En 1732-1733, il est nommé à la tête d'une zaouïa fondé à Tripoli par le cheikh Muḥammad, un représentant de son père. Après le départ de son père pour Istanbul en 1761-1762 pour diriger le centre principal du réseau Jarrāḥī près d'Edirne Kapı, Abd al-Bāqī rénove et agrandit l'établissement de Tripolitsa, qui devient le centre de la confrérie Jarrāḥiyya en Morée. À la suite de l'insurrection chrétienne en Morée à la fin des années 1760, il est nommé mufti de la ville de Tripoli. En tant que cheikh, il forme plusieurs représentants spirituels qui dirigent à leur tour d'autres centres en Morée, notamment à Gastouni et Aigion[1].

Après sa mort en 1779 ou 1780, les fonctions de cheikh et d'administrateur (mutawallī) des fondations pieuses (waqf) étant devenues héréditaires, son fils et disciple, le cheikh al-Ḥājj Aḥmad Najīb, lui succède dans ses charges de cheikh et de mufti de la ville jusqu'à la guerre d'indépendance grecque[1].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 Nathalie Clayer, « Encyclopaedia of Islam Three Online », ʿAbd al-Bāqī, Shaykh, Brill,‎ (DOI 10.1163/1573-3912_ei3_COM_23507, lire en ligne)