Abdallah El-Ghalib
Abdallah El-Ghalib (عبد الله ﺍﻟﻐﺎﻟﺐ) aussi appelé Moulay Abdallah, né en 1517 et mort le , est un sultan de la dynastie saadienne qui a régné de 1557 à 1574.
| Sultan du Maroc Saadiens | |
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| - | |
| Sultan |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
عبد الله الغالب |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Sayyida Rabia al-Sâadiya de Tidsi |
| Fratrie | |
| Enfants |
Muhammad al-Mutawakkil An-Nàssir ibn al-Ghàlib bi-L ·lah (d) |
Biographie
modifierMoulay Abdallah est le troisième fils de Mohammed ech-Cheikh, premier sultan saadien[1], et de sa première épouse Sayyida Rabia al-Sâadiya de Tidsi[2], mais ses deux frères aînés sont morts en 1550 et en 1551. Précédemment vice-roi de Marrakech et gouverneur de Fès, il a 40 ans quand il devient sultan et reçoit alors le surnom de Billah al-Ghalib soit « Par Dieu Vainqueur »[1],[3].
Il accède au trône à la suite de l’assassinat de son père par un agent ottoman en 1557, événement qui renforce la volonté saadienne de défendre l’indépendance du royaume face aux ingérences étrangères, notamment turques et portugaises[1],[3],[4]. Peu de temps après, trois de ses petits frères s'enfuient du pays et rejoignent les Ottomans. Parmi eux se trouvent Abu Marwan Abd al-Malik et Ahmed al-Mansour, qui succèderont tous deux à Abdallah el-Ghalib sur le trône du Maroc. Ils passent 17 ans en exil dans l'Empire ottoman, entre la régence d'Alger et Constantinople, où ils reçoivent une formation ottomane.
Sur le plan militaire, il mène plusieurs campagnes contre les puissances européennes installées sur le littoral atlantique. Il tente notamment, en 1561-1562, de reprendre la place forte portugaise de Mazagan, dont le siège échoue. Cette opération, bien que vaine, marque la volonté du souverain de reconstituer une armée puissante, dotée d’un armement moderne, comprenant notamment une artillerie importante[1],[4]. Il repousse également une incursion ottomane sur le wadi al-Laben, victoire qu’il ne cherche pas à exploiter pleinement, préférant conclure en 1559 un traité de compromis avec Istanbul. Il tente parallèlement de nouer des alliances européennes, d’abord avec la France, puis avec certaines puissances protestantes, tout en attisant au sein des élites un sentiment antiturc destiné à renforcer la cohésion du royaume[3],[4].
Abdallah al-Ghalib favorise aussi l’essor économique et urbain de son royaume. Il encourage le commerce avec l’Europe, notamment avec la France, et autorise la création de comptoirs marchands à Safi, Taroudant et Marrakech[1]. Son règne se distingue également par une intense activité architecturale : il fait construire la grande mosquée Mawassin à Marrakech, restaure la casbah almohade, aménage la nécropole des tombeaux saadiens où repose son père, et déplace la population juive de la ville dans un quartier fortifié, futur Mellah de Marrakech[4].
Sur le plan intérieur, son gouvernement se caractérise par une administration rigoureuse. Al-Ghalib installe des cadis et des gouverneurs dans chaque ville et bourgade afin de faire appliquer les décisions légales et religieuses. Il est réputé juste et savant, protège les faibles contre les abus des puissants et veille personnellement aux affaires du royaume[4]. Toutefois, sa politique religieuse et certaines pratiques de cour lui valent l’hostilité d’une partie des habitants de Marrakech, notamment après la construction de la mosquée Mawassin sur un ancien cimetière juif, selon la tradition locale[4].
Moulay Abdallah al-Ghalib refuse d’intervenir pour soutenir la révolte des morisques d’Andalousie, préférant au militantisme religieux une politique de prudence et de réalisme diplomatique[3]. Il meurt à Marrakech le . Son fils, Moulay Mohammed al-Mutawakkil, lui succède, ouvrant une période de troubles dynastiques qui culminera quatre ans plus tard avec la bataille des Trois Rois[1],[3],[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Mohammed El Fasi, Histoire générale de l’Afrique: L'Afrique du XVIe au XVIIIe siècle, UNESCO Publishing, , 1089 p. (ISBN 978-92-3-201711-6, lire en ligne), « Le Maroc », p. 240-241
- ↑ « Sayyeda Rabia Al-Sâadiya de Tidsi », sur geni_family_tree (consulté le )
- 1 2 3 4 5 Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne), p. 187-188.

- 1 2 3 4 5 6 7 Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne), p. 156-160.

Bibliographie
modifier- de la Veronne Chantal, « Relations entre le Maroc et la Turquie dans la seconde moitié du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle (1554-1616) ». In: Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, N°15-16, 1973. Mélanges Le Tourneau. II. pp. 391-401.