Abel Eyinga
Abel Eyinga , né le à Ondondo[1] et mort le à Ebolowa, est un homme politique camerounais[2].
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Biographie
modifierEnfance et éducation
modifierSes parents étaient Pierre et Mendou'a Rébecca.
Il fait des études de droit au quartier latin à Paris de 1954 à 1962, jusqu’à son doctorat[2],[3].
Alors qu'il commence à s’intéresser aux questions politiques, l'administration française au Cameroun exerce des pressions sur sa famille pour l'en dissuader. Son père lui écrit, sur ordre de Louis-Paul Aujoulat, de « ne pas participer à des choses qui peuvent te nuire là-bas [à Paris] et peut-être à nous aussi [au Cameroun] »[4].
Vie publique
modifierIl milite en politique dès l'indépendance du Cameroun[5].
En 1962, ses études finies, il rentre au pays et entre dans la fonction publique comme Chef de Cabinet du premier Premier ministre du Cameroun Charles Assalé. Bien des années plus tard, il témoigna avoir vu des coopérants entrer sans frapper chez le Premier Ministre pour donner des instructions[3].
Avec Jean-Michel Tekam, il fonde le Cercle Culturel Camerounais, où se retrouvent de jeunes diplômés mécontents de l'état des choses existants[2].
Il démissionne pour s'en aller travailler à l'ONU, au secrétariat de Diallo Telli, représentant permanent de la Guinée[2].
En 1970, il fait circuler un programme au Cameroun pour se présenter contre Ahidjo; sa candidature est refusée mais il est condamné, par contumace, à cinq ans de prison[6]. Sa famille subit également des représailles. De plus, il est expulsé de France et va enseigner à la faculté d'Alger; il utilise un sauf-conduit algérien, son passeport camerounais ayant été annulé. Il est également journaliste pour plusieurs revues[2]. Il écrit notamment une lettre pour dénoncer l'usage de la torture[7], ainsi qu'une autre pour dénoncer la désinformation à laquelle se livre Le Monde en relayant sans preuve les fausses accusations portées contre l'évêque Albert Ndongmo, en prélude à sa condamnation à la prison à vie ainsi qu'à l'élimination d'Ernest Ouandié et d'autres membres de l'Union des populations du Cameroun [8].
En 1991, il retrouve un passeport, et vivra entre Paris et Ebolowa où, en 1996 et 2001, il présente une liste aux élections municipales[2].
Vie privée
modifierAtteint de polyarthrite rhumatoïde, il meurt le à Ebolowa[9].
Œuvres
modifierPublications
modifier- Mandat d'arrêt pour cause d'élections: de la démocratie au Cameroun : 1970-1978 (1978)
- Introduction à la politique camerounaise (1978)
- Démocratie de Yaoundé: Syndicalisme d'abord (1944-1946) (1986)
- L'U.P.C.: une révolution manquée ? (1991)
Références
modifier- ↑ Eugenio Nkogo Ondo, ABEL EYINGA, LA VOLONTÉ INFLEXIBLE D´UN PATRIOTE CAMEROUNAIS, 19 mars 2015, p. 1.
- 1 2 3 4 5 6 « Dr Abel Eyinga : Vie et mort d'un juste. », sur Journal du Cameroun, (consulté le )
- 1 2 Prof Vincent-Sosthène FOUDA, « Cameroun, Sur les pas d’un géant : Abel Eyinga par le prof. Vincent-Sosthène FOUDA :: CAMEROON », sur camer.be, (consulté le )
- ↑ Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsita, KAMERUN !, La Découverte,
- ↑ « La solitude de Abel Eyinga » sur www.afrik.com, par Raoul Nkuitchou Nkouatchet, pour L'Autre Afrik, 23 janvier 2014
- ↑ Mongo Beti, « Main basse sur le Cameroun : autopsie d'une décolonisation », Poche / Essais, La Découverte, , p. 135 Action psychologique… (lire en ligne
, consulté le ) - ↑ « La torture au Cameroun », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Mongo Beti, « Main basse sur le Cameroun », Poche / Essais, La Découverte, , p. 177-179 Manœuvre diabolique ou maladresse funeste ? (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Le dernier voyage d’Abel Eyinga par Louis de Gonzague Ngah, Dikalo du vendredi 7 mars 2014 n° 1559