Accident d'un DC-6 à Sainte-Marie en 1968

L'Accident d'un DC-6 à Sainte-Marie est un accident aérien qui a eu lieu sur l'île de La Réunion, département et région d'outre-mer français dans le Sud-Ouest de l'océan Indien, le au soir. Un Douglas DC-6B militaire ayant décollé de l'aéroport de Gillot à 23 h 15 à destination de Djibouti s'écrase deux minutes plus tard dans les Hauts de la commune de Sainte-Marie, causant la mort de dix-neuf personnes — les douze membres d'équipage et sept des huit passagers — dont le chef d'état-major des armées, le général Charles Ailleret[1]. Pour une raison inexpliquée le pilote a viré à droite vers la montagne au lieu de dégager à gauche au dessus de l'océan. Cet accident aérien demeure le plus grave de l'histoire de La Réunion.

Accident d'un DC-6 à Sainte-Marie
Un Douglas DC-6 similaire à l'appareil impliqué dans l'accident
Un Douglas DC-6 similaire à l'appareil impliqué dans l'accident
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeImpact sans perte de contrôle
CausesAucun rapport officiel : classé secret défense
Causes possibles : mauvaises conditions météorologiques, état de fatigue de l'équipage
PhaseDécollage
SiteSainte-Marie
La Réunion
Drapeau de la France France
Coordonnées 20° 53′ 49″ sud, 55° 32′ 57″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilDouglas DC-6
CompagnieGLAM, Armée de l'air française
No  d'identification43748
Lieu d'origineAéroport de Gillot, Sainte-Marie, La Réunion
Bilan
Morts19
Survivants1 convoyeuse de l'air

Géolocalisation sur la carte : La Réunion
(Voir situation sur carte : La Réunion)
Accident d'un DC-6 à Sainte-Marie

Déroulement du vol

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L'avion du GLAM qui était arrivé en début d'après-midi en provenance de Tananarive devait initialement repartir pour Paris le lendemain, via Djibouti, mais il est décidé qu'il quitte l'île le soir même. Une dépression tropicale nommée Karine (en) évolue à 200 km à l'ouest de La Réunion, provoquant de fortes précipitations et des vents jusqu'à 75 km/h. Selon certaines sources, c'est le commandant de bord Pradier qui souhaite décoller sans attendre pour l'éviter[2],[3],[4]. Selon d'autres sources c'est le général Ailleret qui est pressé de partir, contre l'avis du commandant Pradier qui redoute les conditions météorologiques défavorables[1],[5],[6].

Le vol doit durer 11 h 40 sans escale jusqu'à Djibouti. La charge de l'appareil au décollage est de 39,750 tonnes, dont 18 000 litres de carburant, pour un poids maximum autorisé de 44,130 tonnes. Le temps est pluvieux et bouché à l'est, mais la visibilité est d'environ 8 km et les conditions météorologiques autorisent le décollage. Après un point fixe de 8 minutes l'avion décolle de la piste 13 face à l'est à 23 h 15. Au lieu d'entamer immédiatement un virage à gauche au dessus de l'océan, conformément à la procédure de départ de Gillot vers l'est, l'avion tourne vers la droite malgré les appels du contrôleur aérien[note 1]. Alors que l'appareil amorce un virage sur la gauche[note 2], son aile gauche décapite un araucaria au lieu-dit Beaufond sur les hauteurs de Sainte-Marie à 216 m d'altitude, il s'écrase au sol et s’embrase[1],[3],[5].

« "Fox Bravo, vous vous dirigez vers la montagne. Virez à gauche immédiatement et en ascension." La voix du contrôleur aérien en poste au sommet de la tour de contrôle de Gillot ce trahit l'inquiétude. "Compris" répond l'équipage du DC-6, qui aurait ajouté "Je sais". "En ascension !" insiste le contrôleur. Trop tard, le F-RAFB qui a décollé à 23 h 15 de Gillot vient de s'écraser à 23 h 17 à Beaufond, sur les hauteurs de Sainte-Marie. »

— Journal de l'Île de la Réunion (2008)[2]

La seule survivante fut l'infirmière du général Ailleret, la convoyeuse de l'air Michelle Renard[7], que l'on retrouva coincée dans son siège en haut d'un arbre[3],[5],[8], grièvement blessée. Elle témoigna en 1998 sur cette tragédie[5],[8].

Causes possibles du crash

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Aucun élément n'a permis de déterminer les véritables causes de cet accident.

L’hypothèse la plus couramment citée est que ce serait une erreur humaine due à l'état de fatigue de l'équipage[note 3], qui avait été privé d'une nuit de repos par un départ anticipé[2],[3],[6]. En raison de la nuit et de la nébulosité, les pilotes n'auraient pas vu la montagne et n'auraient pas réalisé qu'en décollant face à l'est elle se situait à leur droite, car le matin ils l'avaient vue à gauche, mais c'était parce qu'ils avaient atterri dans l'autre sens[6].

L'alcoolémie de l'équipage a été évoquée comme cause de la confusion qui a provoqué l'accident, mais les personnes[note 4] qui ont croisé les aviateurs dans leurs derniers instants ont affirmé qu'ils n'étaient pas saouls en montant dans l’appareil[2],[3],[6].

D'autres hypothèses ont été émises, comme un sabotage — peut-être une inversion du palonnier de l'appareil[9] —, un problème mécanique — peut-être une défaillance du conservateur de cap[2] —, ou encore un fort vent qui aurait fait dériver l'appareil vers la montagne[10],[11].

L'affaire est toujours classée secret défense[8].

Commémorations

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Les obsèques des victimes se déroulèrent le aux Invalides en présence du général de Gaulle et furent retransmises à la télévision[12].

Une commémoration du cinquantième anniversaire de cet accident a eu lieu le sur la base aérienne 107 de Villacoublay, en présence de l'unique rescapée[13].

Liste des victimes

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Équipage

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  • Commandant Maurice Pradier, 34 ans, commandant de bord, †
  • Capitaine Georges Gaétan, 38 ans, pilote, †
  • Sous-lieutenant René Roulot, 35 ans, pilote, †
  • Lieutenant Yves Pezet, 42 ans, radio-navigateur, †
  • Lieutenant Etienne Dombey, 35 ans, radio-navigateur, †
  • Sous-lieutenant Michel Brando, 35 ans, radio-navigateur, †
  • Adjudant-chef Jean-Jacques Ferdonnet, 33 ans, mécanicien, †
  • Adjudant Jules Bouzereau, 30 ans, mécanicien, †
  • Sergent-chef Jean-François Guiho, 30 ans, mécanicien, †
  • Adjudant Clet Berriet, 42 ans, steward, †
  • Sergent-chef Georges Burigo, 29 ans, steward, †
  • Sergent-chef Raymond Rouzeau, 28 ans, steward. †

Passagers

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  • Général d’armée Charles Ailleret, 60 ans, chef d’état-major des armées, †
  • Mme Liliane Ailleret, née Ribotton, 58 ans, épouse du général Ailleret, †
  • Mlle Annick Ailleret, 21 ans, fille du général Ailleret, †
  • Général de brigade Henri Carles, 55 ans, sous-chef d’état-major des armées, †
  • Colonel d’aviation Georges Fehner, 46 ans, adjoint du chef de cabinet[note 5] du général Ailleret, †
  • Médecin-commandant Jean Philipon, 36 ans, médecin personnel du Général Ailleret, †
  • Capitaine Maurice Commerçon, 45 ans, aide de camp du Général Ailleret, †
  • Lieutenant Michelle Renard, 27 ans, infirmière-pilote secouriste de l’air, infirmière personnelle du Général Ailleret, grièvement blessée[14].

Notes et références

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  1. ↑ Le contrôleur aérien en poste à la tour de contrôle, Jean-Paul Menestrey, se rend compte que l'avion se dirige vers la montagne et contacte le pilote 55 secondes après le décollage[1].
  2. ↑ Ce virage à gauche peut signifier que le pilote effectuait une correction de trajectoire, après s'être rendu compte — trop tard — de son erreur.
  3. ↑ Ne devant décoller que le lendemain, les aviateurs avaient quartier libre pour la journée et sont allés à Saint-Gilles faire de la pêche sous-marine, ce qui les aurait épuisés[2],[3],[6]
  4. ↑ Le météorologue Marc Gérard[2],[3],[6] et Alain Hoarau, contrôleur aérien à Gillot[2].
  5. ↑ Le colonel Bourgue, que des raisons familiales avaient empêché de partir[14].

Références

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  1. 1 2 3 4 Alain Dupuis, « 9 mars 1968 : l’enfer sur les hauteurs de Sainte-Marie », sur Clicanoo.re, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Jacques Moulin, « L'accident d'un DC-6 militaire qui entraîna la mort du Général Ailleret », sur Les avions de la guerre d'Algérie, (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 « 53 ans jour pour jour : l’accident aérien le plus important de l’histoire de La Réunion », sur linfo.re, (consulté le ).
  4. ↑ « 1968 : crash du Douglas DC-6, plus grande catastrophe aérienne de La Réunion », sur IPReunion.com, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 « L'unique survivante raconte », sur Clicanoo.re, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 Daniel Vaxelaire, « Accident sur les pentes de Beaufond en mars 1968 », sur baladescreoles, (consulté le ).
  7. ↑ Constantin Lianos, « Rencontre avec Madame Michelle RENARD veuve PILLOIS, une Dame d'exception ! », sur Monsieur Légionnaire, (consulté le ).
  8. 1 2 3 « Un avion, une tragédie : l'histoire du Douglas DC-6 militaire qui s'est écrasé à Sainte-Marie. », sur zap.re, (consulté le ).
  9. ↑ « Le général Ailleret, mort en 1968, aurait été assassiné », Le Monde, Paris, trente-quatrième année no 10073,‎ (ISSN 0395-2037, e-ISSN 1950-6244, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  10. ↑ Alain Dupuis (cf. commentaire d'Alain Lefort), « 9 mars 1968 : l'enfer sur les hauteurs de Sainte-Marie », sur Clicanoo.re, (consulté le ).
  11. ↑ Jacques Moulin (cf. commentaire d'Alain Lefort), « L'accident d'un DC-6 militaire qui entraîna la mort du Général Ailleret », sur Les avions de la guerre d'Algérie, (consulté le ).
  12. ↑ (en) [vidéo] AP Archive, « French military chief funeral in Paris », sur YouTube, .
  13. ↑ « Hommage : Commémoration du crash du DC6 », Air Actualités - Le magazine de l'armée de l'air, Paris, Service d'Information et de Relations Publiques de l'Armée de l'Air, no 710,‎ , p. 8 (ISSN 0002-2152, lire en ligne, consulté le ).
  14. 1 2 « La liste des victimes », Le Monde, Paris, vingt-cinquième année no 7204,‎ , p. 7 (ISSN 0395-2037, e-ISSN 1950-6244, lire en ligne Accès payant, consulté le ).

Annexes

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