Accord de Sun City
L’accord de Sun City est un traité signé le 19 avril 2002 à Sun City, en Afrique du Sud, entre certaines parties à la deuxième guerre du Congo, à l’issue du dialogue intercongolais [1]. Les délégués espéraient qu’il s’agirait d’un épilogue mettant fin à plus de quatre ans de conflit et dix-neuf mois de négociations, préparant le terrain pour un gouvernement d’union nationale. Furent témoins à l’accord le président sud-africain Thabo Mbeki ainsi que les chefs d’État du Botswana, de la Namibie, de la Zambie et du Zimbabwe.
Participants
modifierUn accord partiel fut trouvé entre le gouvernement de Kinshasa, le Mouvement de libération du Congo (MLC) (groupe rebelle soutenu par l’Ouganda), une majorité de la société civile et des groupes d’oppositions non armés [2]. Cependant, les parties ne parvinrent pas immédiatement à s’accorder sur une constitution définitive. Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), soutenu par le Rwanda, ainsi que l'UDPS d'Étienne Tshisekedi, refusèrent initialement de signer cet accord, dénonçant un arrangement bilatéral entre Kabila et Bemba [3].
Termes du traité
modifierL’accord créa un cadre visant à mettre sur pied un gouvernement unifié et multipartite, ainsi qu’une feuille de route pour des élections démocratiques.
L’accord permit entre autres à Joseph Kabila de demeurer président de la république démocratique du Congo pendant une période de transition de deux ans, extensible pour une année supplémentaire, avec Jean-Pierre Bemba comme Premier ministre dans un gouvernement de transition.
Il était également prévu que Kabila partage le pouvoir avec quatre vice-présidents, un issu de chacun des deux principaux groupes rebelles, un du gouvernement et un de l’opposition non armée. Les ministères seraient répartis équitablement et les anciens combattants de l’opposition, intégrés à l’armée et à la police.
Après la signature de l’accord, des critiques relevèrent que rien ne prévoyait l’unification de l’armée, ce qui affaiblit l’efficacité du traité. Aucun compte-rendu détaillé contenant les procès-verbaux des négociations, les rapports des commissions et les résolutions ne furent remis aux délégués à l’issue de la rencontre, ce qui rendit difficile tout débat éclairé au Congo.
La signature de l’accord engendra une diminution des combats mais sans toutefois mettre fin à la guerre.
Bibliographie
modifier- Accord politique pour la gestion consensuelle de la transition en République démocratique du Congo, Sun City, 19 avril 2002 (lire en ligne)
- International Crisis Group, Temps couvert sur Sun City : La refondation nécessaire du processus de paix congolais, coll. « ICG Rapport Afrique » (no 44),
- « Évaluation de l’accord de Sun City 10 ans après sa signature », Radio Okapi.net, (lire en ligne)
- (en) Kris Berwouts, Congo's Violent Peace : Conflict and Struggle Since the Great African War, Londres, Zed Books, coll. « Africa Arguments », , 208 p. (ISBN 978-1-78360-369-5)
- (en) Gérard Prunier, Africa’s world war : Congo, the Rwandan genocide, and the making of a continental catastrophe, Oxford/New York, Oxford University Press, , 529 p. (ISBN 978-0-19-537420-9, lire en ligne)
- (en) Filip Reyntjens, The Great African War Congo and Regional Geopolitics 1996-2006, , 327 p. (ISBN 978-0-521-11128-7, lire en ligne)
