Adele Bei

femme politique et syndicaliste italienne

Adele Bei Ciufoli, née Bei le à Cantiano et morte le à Rome, est une syndicaliste et femme politique italienne. Elle est élue à l'Assemblée constituante de la République italienne en 1946 et fait partie du premier groupe de femmes députées en Italie. Elle est ensuite nommée au Sénat de la République italienne en 1948 où elle fait partie des premières femmes sénatrices italiennes.

Biographie

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Jeunesse

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Adele Bei naît à Cantiano en 1904[1], d'Angela Broccoli et de Davide Bei, bûcheron. Elle est la troisième d'une fratrie de onze enfants[2]. Sa famille étant pauvre, elle commence à travailler comme ouvrière agricole à l'âge de 12 ans[3]. Elle rencontre Domenico Ciufoli, membre fondateur du Parti communiste italien. Ils se marient le [3].

Après l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini, le couple quitte l'Italie en 1923 pour s'installer en Belgique[3]. À la suite de la naissance de leur fille Angela en , la famille déménage au Luxembourg[4]. Leur fils, Ferrero, naît en 1926 et la famille s'installe en France, d'abord à Marseille puis à Paris[3].

Militantisme et carrière politique

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Adele Bei rejoint le Parti communiste italien en 1931. Sous le nom de Battistella[5], elle participe à la diffusion du journal clandestin L'Operaia (« La travailleuse ») et effectue des voyages clandestins en Italie pour mener des activités de liaison[6]. Elle est envoyée à Rome en 1933, mais est arrêtée et condamnée l'année suivante à dix-huit ans de prison par le Tribunal spécial pour la sécurité de l'État[3],[7]. Elle passe sept ans et demi en prison à Pérouse, puis deux ans et demi en résidence surveillée à Ventotene avant d'être libérée en après la destitution de Mussolini[8],[4]. Pendant qu'elle est en prison et que Domenico Ciufoli est impliqué dans les activités du Parti communiste à Moscou et à Paris, les enfants du couple sont hébergés au Foyer international pour enfants d'Ivanovo en Russie[9]. Domenico est arrêté en 1939 et passe la Seconde Guerre mondiale dans le camp de concentration de Buchenwald[10].

Après sa libération, Adele Bei reprend ses activités au sein du Parti communiste et participe à la résistance à la République sociale italienne à Rome. En 1945, elle se rend en Union soviétique dans le cadre d'une délégation syndicale et ramène ses enfants en Italie[3]. Ferrero décède peu de temps après son déménagement en Italie et, à la même époque, Adele Bei se sépare de Domenico[11],[9].

Plus tard en 1945, Adele Bei est désignée par la CGIL pour siéger à la Consulta Nazionale[12]. Elle est ensuite candidate du Parti communiste lors des élections constituantes italiennes de 1946 et devient l'une des 2121 premières femmes élues[13],[14], elle participe à la Commissione per l'esame dei disegni di legge (« Commission pour l'examen des projets de loi ») en tant que secrétaire de commission[15]. Après les élections parlementaires italiennes de 1948, elle est nommée au Sénat en tant que « sénatrice de droit », un poste réservé aux membres de l'Assemblée constituante qui avaient été emprisonnés pendant cinq ans ou plus, ou qui avaient occupé des fonctions avant l'arrivée au pouvoir de Mussolini[3]. Au Sénat, elle est membre de la Commissione lavoro, emigrazione e previdenza sociale (« Commission travail, émigration et sécurité sociale ») jusqu'à la fin de son mandat en 1953[16].

Elle se présente avec succès comme candidate du Parti communiste à la Chambre des députés lors des élections de 1953. Lors de cette législature, elle est membre de la Commissione Lavoro - emigrazione - cooperazione - previdenza e assistenza sociale - assistenza post-bellica - igiene e sanità pubblica (« Commission du travail - émigration - coopération - sécurité et assistance sociale - assistance d'après-guerre - hygiène et santé publique »)[17]. Elle est réélue en 1958, mandat qu'elle occupe jusqu'en 1963. Lors de cette législature, elle est membre de la Commissione finanze e tesoro (« Commission des finances et du trésor »)[18] et de la Commissione Difesa (« Commission de la défense »)[19].

Syndicalisme

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Photographie noir et blanc d'une femme blanche serrant la main à un homme au-dessus un large bureau
Adele Bei saluée par le président de la Chambre des députés lors des 20 ans du droits de votes des femmes.

L'engagement syndicale d'Adele Bei débute après la libération de Rome en 1944. Elle devient cheffe de la commission consultative des femmes de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) et fait partie des fondatrices de l'Union des femmes en Italie[3].

En 1952, elle devient secrétaire du Sindacato nazionale tabacchine (« Syndicat national des buralistes »). Elle perd son poste au congrès national en 1960 alors que le syndicat est en train de perdre son autonomie à la suite de son absorption au sein de la FILZIAT[4].

Après 1963, elle n'a plus de mandat politique ou syndical. Elle continue à militer au sein du Parti communiste italien. En 1965, elle est présente à la Chambre des députés pour célébrer les 20 ans du droit de vote accordé aux femmes italiennes[20]. En 1972, elle est nommée au conseil exécutif de l'Association Nationale des Politiciens Antifascistes Persécutés[12].

Elle meurt à Rome le à l'âge de 72 ans.

Références

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  1. ↑ (it) « Scheda di attività di Adele BEI - I Legislatura | Senato della Repubblica », sur Sénat de la République (consulté le )
  2. ↑ (it) Valeria Fedeli, « Adele Bei », sur www.fondazionenildeiotti.it (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (it) Nadia Ciani, « BEI, Adele », sur Encyclopédie Treccani, (consulté le )
  4. 1 2 3 (it) Renata Borgato, « Adele Bei », sur enciclopediadelledonne.it, (consulté le )
  5. ↑ (it) « Le donne della Costituente : percorsi biografici e politici », sur unionefemminile.it, (consulté le )
  6. ↑ (it) Elisabetta Marsigli, « Adele Bei, l'icona pasionaria per mezzo secolo nel sindacato », sur corriereadriatico.it, (consulté le )
  7. ↑ (it) « Adele Bei », sur Associazione Nazionale Partigiani d'Italia (consulté le )
  8. ↑ Marie-Anne Matard-Bonucci, « Entre fascisme et République : repenser la prison pénale », dans D’Italie et d’ailleurs : Mélanges en l’honneur de Pierre Milza, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 53–66 p. (ISBN 978-2-7535-5995-0, lire en ligne)
  9. 1 2 (it) Federica Brunella, « Adele Bei, madre costituente e coraggiosa antifascista », sur ANCI, (consulté le )
  10. ↑ « La Libération de Buchenwald au jour le jour », sur Association Française Buchenwald Dora et kommandos, (consulté le )
  11. ↑ (it) Carmen, « Adele Bei partigiana, comunista e sindacalista », sur Una donna al giorno, (consulté le )
  12. 1 2 (it) « Adele Bei », sur isgrec.it, (consulté le )
  13. ↑ (it) Leda Balzarotti et Barbara Miccolupi, « La Costituente e le 21 donne unite per cambiare l’Italia » Accès payant, sur Corriere della Sera, (consulté le )
  14. ↑ (it) « Adele Bei / Deputati / Camera dei deputati - Portale storico », sur Chambre des députés (Italie) (consulté le )
  15. ↑ (it) « Assemblea Costituente / Terza commissione per l'esame dei disegni di legge / Organi / Camera dei deputati - Portale storico », sur Chambre des députés (Italie) (consulté le )
  16. ↑ (it) « Composizione della 10ª Commissione (Lavoro, emigrazione e previdenza sociale) nella I Legislatura », sur Sénat de la République, (consulté le )
  17. ↑ (it) « II Legislatura della Repubblica italiana / XI Commissione Lavoro - emigrazione - cooperazione - previdenza e assistenza sociale - assistenza post-bellica - igiene e sanità pubblica », sur Chambre des députés (Italie), (consulté le )
  18. ↑ (it) « III Legislatura della Repubblica italiana / vi Commissione finanze e tesoro », sur Chambre des députés (Italie), (consulté le )
  19. ↑ (it) « III Legislatura della Repubblica italiana / VII Commissione Difesa », sur Chambre des députés (Italie), (consulté le )
  20. ↑ (it) « Celebrazione del Ventennale del voto alle donne: 20 gennaio 1965 », sur Chambre des députés (Italie), (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) Suzanne Cope, Women of war : the Italian assassins, spies, and couriers who fought the Nazis, Dutton, (ISBN 978-0-593-47601-7), p. 100-101.
  • (it) Patrizia Gabrielli, Tempio Di Virilita : L’antifascismo, il genere, la storia, Università degli Studi di Siena, coll. « Filosofia Storia Scienze sociali » (lire en ligne [PDF]), p. 18-19.
  • (it) Caterina Caparello, Adele Bei dans Le 21 Madri Costituenti (préface), Edizioni Le Lucerne, 256 p. (ISBN 9791280147653, lire en ligne).
  • (it) Pezzini, Barbara, « Il cambio di paradigma : le deputate comuniste alla Costituente », Democrazia e diritto, vol. LVIII, no 2,‎ , p. 77-105 (lire en ligne).

Liens externes

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