Aeonium arboreum
Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel., l'aéonium en arbre ou chou en arbre, est une espèce de plante succulente de la famille des Crassulaceae. Elle est originaire des îles Canaries et du sud-ouest du Maroc[1].
Taxonomie
modifierL'espèce a été décrite pour la première fois par Carl von Linné en 1753 sous le nom de Sempervivum arboreum dans Species Plantarum. En 1840, Philip Barker Webb et Sabin Berthelot la transfèrent dans le genre Aeonium sous le nom de Aeonium arboreum[1].
Aeonium arboreum appartient à la famille des Crassulaceae et à l'ordre des Saxifragales[2].
Trois sous-espèces sont actuellement acceptées par Kew et le World Checklist of Vascular Plants[1] :
- Aeonium arboreum subsp. arboreum, originaire du nord et du centre de Grande Canarie ;
- Aeonium arboreum subsp. holochrysum (H.Y.Liu) Bañares, présente dans plusieurs îles Canaries ;
- Aeonium arboreum subsp. korneliuslemsii (H.Y.Liu) Dobignard, originaire du sud-ouest du Maroc[1],[3].
Description
modifierAeonium arboreum est un arbrisseau succulent, généralement ramifié, pouvant atteindre environ 1 à 2 m de hauteur. Les tiges sont charnues et ramifiées, leur écorce devenant progressivement plus lisse et plus ligneuse. Les feuilles sont regroupées en rosettes terminales à l'extrémité des rameaux. Les feuilles inférieures des rosettes tombent au fur et à mesure de la croissance et laissent des cicatrices foliaires sur les rameaux[4].
Les rosettes sont denses, concaves à plus ou moins aplaties, et comportent généralement 50 à 75 feuilles. Elles mesurent environ 10 à 20 cm de diamètre. Les feuilles sont fermes et charnues, de forme oblongue à oblancéolée, longues de 5 à 9 cm, parfois jusqu'à 15 cm. Leur surface est glabre et leur marge porte des cils généralement recourbés[4].
Chez les formes cultivées à feuillage sombre, les feuilles peuvent prendre des teintes allant du pourpre au presque noir. Cette coloration est particulièrement marquée lorsque les plantes sont cultivées sous une forte luminosité.

L'inflorescence est une cyme dense, conique à ovoïde, pouvant mesurer environ 10 à 20 cm ou davantage. Les fleurs sont jaunes, d'environ 2 cm de diamètre. Les pétales sont au nombre de 9 à 11 et les étamines sont disposées en deux verticilles[4].
Comme chez plusieurs espèces du genre Aeonium, une rosette qui produit une inflorescence est monocarpique : elle meurt après la floraison. Chez les plantes ramifiées, les autres rosettes et les rameaux non florifères persistent, de sorte que la floraison d'une rosette n'entraîne pas nécessairement la mort de la plante entière.
Après la floraison, les fleurs fécondées donnent naissance à des fruits secs contenant de nombreuses graines. La reproduction sexuée permet ainsi à l'espèce de se multiplier par semis. Les graines sont de petite taille et leur dispersion peut contribuer à la colonisation de nouveaux milieux. La reproduction par graines produit des individus génétiquement différents de la plante mère, contrairement au bouturage, qui permet de conserver les caractéristiques de la plante d'origine.
Phénologie
modifierLa période de floraison varie selon l'origine géographique des populations, les conditions climatiques et les conditions de culture. Les données disponibles ne permettent pas de réduire la floraison de l'espèce à une période unique valable pour toutes les populations.
Dans son aire naturelle des îles Canaries, des individus peuvent être observés en floraison durant la saison fraîche. La Flora of North America indique une floraison printanière pour la population de Grande Canarie considérée dans cette flore[4].
En culture, notamment dans les régions méditerranéennes, la floraison peut se produire en hiver ou au printemps. Il est donc préférable de ne pas considérer la floraison printanière observée en France comme une caractéristique propre à l'espèce.
La croissance des Aeonium est également influencée par les températures et la disponibilité en eau. Dans les régions connaissant des étés très chauds et secs, une réduction de l'activité végétative peut être observée durant cette période.
Distribution et habitat
modifierL'aire naturelle actuellement reconnue de Aeonium arboreum comprend les îles Canaries et le sud-ouest du Maroc[1].
La sous-espèce A. arboreum subsp. arboreum est native du nord et du centre de la Grande Canarie[5].
La sous-espèce A. arboreum subsp. holochrysum est présente dans plusieurs îles de l'archipel des Canaries, tandis que la sous-espèce A. arboreum subsp. korneliuslemsii est native du sud-ouest du Maroc[1],[3].
L'espèce pousse notamment dans des milieux rocheux, sur des escarpements et des pentes, ainsi que dans certains milieux anthropisés. Aux Canaries, elle peut également se rencontrer dans des communautés végétales installées sur des murs et des toitures[2].
Aeonium arboreum a été introduit dans différentes régions du monde. Plants of the World Online signale notamment sa présence introduite en Afrique du Nord, dans plusieurs régions d'Europe, en Californie, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs îles subtropicales[1].
Cultivars
modifierPlusieurs cultivars horticoles ont été sélectionnés pour leur coloration ou la panachure de leur feuillage.
Le cultivar 'Zwartkop' possède des rosettes dont les feuilles deviennent très foncées, pourpre noirâtre, lorsqu'elles sont exposées à une forte luminosité. Il est largement cultivé comme plante ornementale[6].

'Atropurpureum' est également cultivé pour son feuillage pourpre[6],[1].

Les formes horticoles à feuillage panaché sont également cultivées mais sont parfois plus fragiles.
Culture
modifierAeonium arboreum est cultivé comme plante ornementale dans les régions au climat méditerranéen ou subtropical et dans les régions tempérées où il peut être protégé des fortes gelées. Il peut être cultivé en pleine terre dans les régions aux hivers doux ou en pot dans les régions plus froides.
Il pousse au soleil ou à mi-ombre dans un substrat bien drainé. Une exposition suffisamment lumineuse favorise notamment la coloration pourpre des cultivars à feuillage sombre.
Comme chez beaucoup de plantes succulentes, l'excès d'eau associé à de mauvaises conditions de drainage peut favoriser les pourritures. La résistance au gel dépend des conditions de culture, notamment de la durée du froid, de l'humidité et de l'état hydrique de la plante. Il est donc difficile d'attribuer à l'espèce une température minimale absolue de résistance au gel valable dans toutes les situations.
La multiplication peut être réalisée par semis ou par bouturage. Le bouturage de tiges portant une rosette est une méthode couramment utilisée pour multiplier les plantes cultivées et permet de conserver les caractères des cultivars.
La multiplication par semis permet la reproduction sexuée et peut produire des individus différents de la plante mère. Elle est notamment utilisée lorsqu'une diversité génétique est recherchée.
Le bouturage par feuille isolée, courant chez certaines autres Crassulaceae telles que Echeveria ou Sedum, n'est pas la méthode habituellement utilisée pour multiplier Aeonium arboreum. Le bouturage de tige est généralement privilégié.
Synonymie
modifierLe basionyme de Aeonium arboreum est Sempervivum arboreum L., publié en 1753[1].
Parmi les noms considérés comme synonymes dans les traitements taxonomiques antérieurs figurent notamment :
- Sempervivum arboreum L. ;
- Aeonium doremae Webb ex Christ ;
- Aeonium manriqueorum Bolle.
La taxonomie du genre Aeonium ayant été révisée, les listes anciennes de synonymes et de variétés ne correspondent pas nécessairement au traitement actuellement suivi par Plants of the World Online[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Royal Botanic Gardens, Kew, « Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel. », sur Plants of the World Online (consulté le )
- 1 2 (es) « Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel. », sur Banco de Datos de Biodiversidad de Canarias (consulté le )
- 1 2 (en) Royal Botanic Gardens, Kew, « Aeonium arboreum subsp. korneliuslemsii », sur Plants of the World Online (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Missouri Botanical Garden et Harvard University Herbaria, « Aeonium arboreum var. arboreum », sur Flora of North America (consulté le )
- ↑ (en) Royal Botanic Gardens, Kew, « Aeonium arboreum subsp. arboreum », sur Plants of the World Online (consulté le )
- 1 2 (en) Royal Botanic Gardens Victoria, « Aeonium arboreum », sur VicFlora (consulté le )
Bibliographie
modifier- (en) Cristini, M., « The genus Aeonium », Piante Grasse, vol. 42, no Supplément, , p. 1–225
- (en) Bramwell, D., Flora of the Canary Islands, Editorial Rueda,
- (en) Govaerts, R., Nic Lughadha, E., Black, N., Turner, R. et Paton, A., « The World Checklist of Vascular Plants, a continuously updated resource for exploring global plant diversity », Scientific Data, vol. 8, (DOI 10.1038/s41597-021-00997-6)
- (de) Sauerbier, H., Cabrera Calixto, F. et Muer, T., Flora Vascular de Canarias, Turquesa, , 1–1514 p.
Liens externes
modifier- Modèle:Bases plantes
- (en) « Aeonium arboreum », sur Plants of the World Online
- (en) « Aeonium arboreum var. arboreum », sur Flora of North America
- (es) « Aeonium arboreum », sur Banco de Datos de Biodiversidad de Canarias
- (en) IPNI : Aeonium arboreum Webb & Berthel.
- (en) Catalogue of Life : Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel. (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Aeonium arboreum (L.) Webb et Berth.
- (en) NCBI : Aeonium arboreum (taxons inclus)
- (en) GRIN : espèce Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel.
- (fr) Tela Botanica (France métro) : Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel.
- (fr) INPN : Aeonium arboreum (L.) Webb & Berthel., 1840 (TAXREF)