Afri

tribu
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Afri (d'ou le singulier Afer) est le nom Latin pour les habitants de l'Afrique, et cela dans le sens le plus vague possible, se référant dans son usage à tous les peuples qui se trouvent au sud de la Méditerranée (l'Afrique aujourd'hui, et anciennement la Libye)[1],[2],[3].

Étymologie

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L'origine du terme reste incertaine, mais la théorie la plus acceptée est celle d'une origine Phénicienne. Le mot aurait des racines dans le mot punique « Afar » (comme dans le reste des langues sémitiques de l'est ayant eu peu de contact avec le berbère), ce qui voudrait dire poussière, sable, en référence au Sahara. Les Carthaginois, étant Puniques, imposeraient alors ce mot aux habitants de la région, et non pas une seule tribu. Le mot serait plus tard transféré aux Romains, qui le généraliseraient d'abord pour les habitants d'Africa Proconsularis seulement (en opposition aux non-Afri, tels que les Numides et les Maures[4]), puis ensuite pour tous les Africains, comme on les connaît aujourd'hui.

Une autre théorie qui conteste la première est celle d'une origine Berbère. Selon cette théorie, Afri viendrait de « tifri » signifiant grotte en berbère (du moins celui de l'Est). En effet, selon Babington Michell, ce serait car les Berbères étaient troglodytes selon Hérodote[5], c'est-à-dire, ils inhabitaient les grottes dans les montagnes (comme dans Matmata, Chenini, et à Nafusa). Michell trouve que la mention par Ibn Khaldoun d'une tribu de Banu Yifren médiévale aux alentours de Jebel Yefren (à Nafusa, en Libye) confirme sa théorie. On trouverait aussi des mentions des Banou Yifren en Kabylie et aux montagnes de l'Atlas, ce qui soutient une racine Berbère pour le mot. Les Carthaginois emprunteraient ce terme, le transformant de Tifri en Afri pour convenir à leur language sémitique, et le transférèrent eux mêmes aux latins[6].

Histoire

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À leur arrivée au nord-est de l'actuelle Tunisie, des Phéniciens fuyant des troubles internes à leur région entrent en contact avec certaines tribus berbères locales. Les tribus les plus proches de ceux qu'on appellera désormais les Carthaginois se nomment elles-mêmes « Afer » ou « Afes ». Pour les Carthaginois puis pour les Romains, ce terme va s'étendre pour désigner désormais toute une partie de la Tunisie. Ainsi, jusqu'à l'arrivée des Arabes, existent l'Africa proconsulaire et l'Africa Byzacène. Plus tard, par le fait que les cartes antiques puis médiévales ne décrivent généralement que la partie la plus septentrionale du continent, très largement inconnu et inexploré, le terme désigne petit à petit, par glissement sémantique, le continent entier. Par ailleurs, plusieurs écrits désignent le groupe des Afridi (Ifridi ou Ifrendi) comme le groupe des Banou Ifren[7],[8].

Mythologie berbère

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As d'Hadrien (136), représentant sur l'avers Africa, portant une dépouille d'éléphant, tenant un scorpion et une corne d'abondance, un modius de blé à ses pieds.
Mosaïque de la Domus Africa de Thysdrus.

Afrique ou Africa provient de Ifren, provenant du radical Ifri qui désigne une divinité berbère[9][réf. obsolète] ; le pluriel de Ifri est Ifren[10]. Ifri désigne les populations locales des Afers ou Afridi.

La traduction ou l'emprunt latin donne Africa (Afrique), une déesse berbère avant la conquête des Romains. Dea Africa signifie « déesse Africa » et représente un symbole à l'époque romaine.

Ifru ou Ifri symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants. Une grotte non loin de Constantine, à Guechguech, et une pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection[11]. Ifru était une déesse solaire et un dieu des cavernes et protecteur du foyer, etc.[12]. En somme, Ifru est une sorte de Vesta berbère.

Références

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  1. « Charlton T. Lewis, Charles Short, A Latin Dictionary, Āfer », sur perseus.tufts.edu (consulté le ).
  2. (en) « Afri », sur TriplyDB: The Network Effect for Your Data (consulté le ).
  3. (de) « Afri », dans Academic dictionaries and encyclopedias (lire en ligne [archive du ]) (archive du 2016-01-16) (consulté le ).
  4. T. Kotula, « Afri, Encyclopédie Berbère. », sur journals.openedition.org, (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.886, consulté le ).
  5. Hérodote, « Histoire d’Hérodote », dans Hérodote, Histoire, Charpentier, , 316–402 p. (lire en ligne).
  6. Geo. Babington Michell, « The Berbers », Journal of the Royal African Society, vol. 2, no 6, , p. 161–194 (ISSN 0368-4016, lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) Edward Lipinski, Itineraria Phoenicia, Louvain, Peeters Publishers, , 635 p. (ISBN 978-9042913448), p. 200.
  8. Al Idrissi, Description de l'Afrique et de l'Espagne, Leyde, Brill, (lire en ligne), p. 102.
  9. Commission des missions scientifiques et littéraires, Archives des missions scientifiques et littéraires, Paris, Imprimerie nationale, , 536 p. (lire en ligne), p. 481-482.
  10. Mots, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques (no 15), (lire en ligne), p. 9.
  11. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique, historique, et géographique du département de Constantine, vol. XVIII, Constantine, Société archéologique, historique, et géographique du département de Constantine, , 656 p. (lire en ligne), p. 461.
  12. Jules Toutain, Les cultes païens dans l'Empire romain, vol. III : Les cultes indigènes nationaux et locaux, Paris, Ernest Leroux, , 1210 p. (lire en ligne), p. 46.

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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