Manifestations hongroises de 2006

Les manifestations hongroises de 2006 ou émeutes hongroises de 2006 sont une série de manifestations violentes ayant lieu entre septembre et novembre 2006 à Budapest et dans d'autres villes de Hongrie. Elles provoquées par la révélation du discours confidentiel du Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány dans lequel il reconnaît avoir « menti » aux Hongrois pour gagner les élections de 2006.

György Ekrem-Kemál en train de faire un discours devant le Parlement hongrois

Les manifestants pacifiques sont rejoints par des bandes de casseurs à plusieurs occasions. À Budapest, ils occupent et pillent la station de télévision publique Magyar Televízió, vandalisent des voitures et des vitrines de magasins et affrontent les forces de police pendant la première et la seconde nuit des événements.

Les protestations et les manifestations paisibles, spontanées et manquant de soutien politique, finissent par s'éteindre en novembre 2006, bien que des groupes d'extrême droite tentent de gagner en influence. Les événements participent à l'impopularité du gouvernement et à la montée du parti d'opposition Fidesz.

Enregistrement sonore

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Ferenc Gyurcsány à Davos en 2007

Le , la Magyar Rádió transmet un enregistrement qui a été capté lors d'un débat à huis clos durant un congrès des membres socialistes du parlement hongrois (MSZP) qui se tenait le à Balatonőszöd, durant lequel le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány a tenu des propos parfois cyniques :

« Nous n'avons plus le choix. Non pas parce que nous avons foiré. Non pas un peu, mais totalement. Aucun pays européen n'a fait une connerie aussi colossale que nous [« en laissant filer les déficits publics »][1]. Évidemment, nous avons menti tout au long de ces dix-huit derniers mois. Il était parfaitement clair que ce que nous disions n'était pas vrai. Nous n'avons rien fait depuis quatre ans, rien. Vous ne pouvez citer une seule mesure significative dont nous pouvons être fier, à part le fait que nous nous sommes sortis de la merde à la fin [« en remportant les élections »][1], [2] »

Le Premier ministre confirme l'authenticité de l'enregistrement et met ses propos en ligne sur son blog[3], mais il déclare dans Le Monde qu'il s'agissait d'« un monologue dramatique avec beaucoup de passion, d'unilatéralité et d'exagération » et qu'« il s'agit de faire bouger une équipe. C'est mal comprendre ce discours que de penser qu'il s'agit d'un aveu d'avoir menti concrètement »[4].

Déroulement

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Septembre 2006

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Le , des personnes se rassemblent devant le parlement en demandant au Premier ministre de démissionner. Le nombre de manifestants atteint 2 000 personnes vers minuit. Une petite centaine se rend à la résidence du président, mais elle se retire par la suite. La manifestation spontanée est totalement pacifique.

Le , à la suite de cet enregistrement sonore et du fait que le Premier ministre et/ou son parti ne sont pas disposés à démissionner, une manifestation a lieu près du Parlement hongrois. Approximativement 10 000 manifestants exigent la démission de Gyurcsány et de son parti pour avoir menti pendant toute cette période et durant la campagne pour gagner les prochaines élections[5].

Après 23 heures, un petit groupe de manifestants essayèrent de s'introduire dans les bâtiments de télévision publique (Magyar Televízió) à Szabadság Tér, pour annoncer leurs revendications à l'antenne de façon pacifique. Après que l'accès leur a été refusé, un plus petit groupe composé majoritairement de hooligans et d'extrémistes attaquent les forces de police. Il est ordonné aux unités de police anti-émeute de sécuriser le bâtiment et le périmètre, de disperser la foule avec des gaz lacrymogènes, des matraques et des canons à eau. Les policiers bloquent l'entrée principale mais sont incapables d'arrêter les assaillants, qui saccagent le bâtiment.

Le à Budapest a lieu une nouvelle manifestation pacifique devant le Parlement.

Trois jours plus tard, toujours dans la capitale, 20 000 à 50 000 personnes manifestent pacifiquement dans la soirée devant le Parlement pour réclamer la démission de Ferenc Gyurcsány. Cette manifestation, la plus importante depuis les six jours précédents, se déroule sans incident et se termine à deux heures du matin. Les organisateurs demandent aux manifestants d'afficher un ruban blanc pour démontrer leur esprit de non-violence et leur désir de vérité. Le parti conservateur Fidesz ayant annulé son rassemblement, une partie de ses sympathisants rejoignent cette manifestation.

Octobre-novembre 2006

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Le , pour le cinquantième anniversaire du début de la révolution hongroise de 1956, les organisateurs appellent à manifester à nouveau. Un rassemblement réunit 100 000 personnes, conclu par la prise de parole de personnalités du Fidesz[6].

Cependant, des groupes violents se forment, composés notamment de militants d'extrême droite. Ils s'en prennent à des bâtiments publics et dressent des barricades qui sont ensuite enflammées. La police fait usage de bulldozers pour repousser les obstacles et procède à 100 arrestations. Au total, 128 personnes sont blessées[6].

Les manifestants parviennent à renverser un char soviétique T-34, installé dans l'espace public en commémoration de la répression de la révolution de 1956. Un autre char d'assaut est même connecté à une batterie et redémarré par les émeutiers, qui le font rouler sur les pavés de la rue avant d'être arrêtés[6].

Conséquences

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Le Fidesz, principal parti d'opposition, dirigé par Viktor Orbán, appelle le Premier ministre à la démission et affirme sa totale solidarité avec l'ensemble des manifestants, y compris les émeutiers et les hooligans participant aux violences. À l'approche d'élections locales, le mouvement augmente l'impopularité des partis du gouvernement face au Fidesz, qui est alors en tête des sondages[7].

En dépit de ces manifestations qui sont les pires émeutes qu'a connu la Hongrie depuis la fin du communisme[8], Ferenc Gyurcsany décide de ne pas démissionner. Sous pression de Bruxelles, le gouvernement est contraint d'annoncer des mesures d'austérité très impopulaires — notamment hausses d'impôts et baisses des subventions — pour réduire le déficit public record du pays, dans la perspective d'une adoption de l'euro[9].

Références

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  1. 1 2 "Nous avons merdé" Verbatim - Le Monde du 29-09-2006
  2. ↑ http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/5354972.stm BBC, FT, Yahoo!, (hu) Index Hungary
  3. ↑ (hu) Ferenc Gyurcsány, « Jöjjön az eredeti szöveg... » (version du sur archive.org), sur Gyurcsány-blog, 17 septembre 2006
  4. ↑ Nouvelles manifestations à Budapest contre le Premier ministre, L'Express- dépêche Reuters 22 septembre 2006
  5. ↑ (hu) Hir TV
  6. 1 2 3 (en) Daniel McLaughlin, « Hungarian PM blames 'aggressive minority' for riots », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) « Opposition Demands PM's Resignation », Radio Free Europe/Radio Liberty,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ Hongrie : fermeté contre les émeutes, ladepeche.fr, 20 septembre 2006
  9. ↑ Le premier ministre avoue ses mensonges et sa soif de pouvoir, lefigaro.fr, 18 septembre 2006, mis à jour le 15 octobre 2007

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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