Agriculture aux Comores
L'agriculture occupe une place centrale dans l'économie des Comores et constitue la principale source de revenus pour plus de la moitié de la population. Le pays se distingue à l'international par son exportation d'épices et le secteur cherche aujourd'hui à se moderniser afin de répondre aux besoins alimentaires de la population[1],[2].
| Principales cultures | vanille, ylang-ylang, girofle, manioc, banane, taro, patate douce, igname, pomme de terre |
|---|---|
| % du PIB | 35 % |
| % de la population active occupée | Plus de la moitié de la population |
Géographie
modifierLa répartition géographique de l'agriculture aux Comores est représentée par la topographie et l'âge des sols volcaniques: la Grande Comore, jeune et poreuse[3], se concentre sur l'élevage et le vivrier[4], tandis qu'Andjouan, escarpée, se spécialise dans les cultures de rente (girofle, ylang-ylang) malgré une forte érosion[5]. Mohéli, grâce à ses rivières et ses plaines fertiles, agit comme le grenier vivrier de l'archipel en produisant des denrées maraîchères et de la vanille[6]. Cette structure se superpose verticalement, depuis les vergers du littoral jusqu'aux cultures de subsistance et aux pâturages d'altitude[7].
Production agricole
modifierAux Comores, l'agriculture génère près de 35% du PIB et fait vivre la majeure partie de la population rurale[8]. Le domaine agricole s'articule autour de deux volets complémentaires: l'agriculture vivrière, base de la sécurité alimentaire locale, et les cultures de rente massivement exportées. Les produits tels que le manioc, la banane, la patate douce, la pomme de terre et le maïs sont quotidiennement consomés [9]; le pays tire sa renommée internationale de trois produits phares: la vanille, le girofle et l'ylang-ylang[10], une fleur recherchée pour son essence en haute parfumerie. Cependant, le secteur se heurte à d'importants freins structurels, en particulier le manque de mécanisation, la vulnérabilité face aux aléas climatiques[11] et une prédominance de l'agriculture d'autosuffisance qui limite le développement des marchés locaux[12],[13].
Histoire
modifierDurant la période précoloniale, les premières communautés villageoises et les sultanats locaux s'organisent autour d'une agriculture de subsistance particulièrement adaptée aux sols volcaniques fertiles. Les paysans cultivent principalement les plantes vivrières telles que le manioc, l'igname, le taro et la banane, assurant ainsi la sécurité alimentaire des îles; de même, l'économie de subsistance repose sur une gestion communautaire des terres par les saisons et les échanges de proximité[14].

Cependant, à partir du XIXe siècle avec l'implantation coloniale française, les autorités et les grandes compagnies concessionnaires ont alors confisqué les terres les plus fertiles pour y installer de vastes plantations. L'introduction massive des cultures de rente destinées à l'exportation, a relégué l'agriculture vivrière au second plan et confiné les paysans locaux sur les terrains les moins productifs. L'économie comorienne est ainsi devenue hautement dépendante des fluctuations des marchés mondiaux pour ses revenus au point d'affaiblir sa souveraineté alimentaire[15].
Depuis l'accession du pays à l'indépendance en , ce dernier fait face au défi majeur de restructurer la branche agricole. Les gouvernements successifs, appuyés par des partenaires internationaux, tentent de moderniser les techniques agricoles et de relancer la production vivrière. L'agriculture comorienne doit aujourd'hui surmonter la pression démographique, l'épuisement des sols et les effets du changement climatique, tout en cherchant un équilibre durable entre la valorisation de ses produits d'exportation phares et la réduction de sa dépendance aux importations alimentaires[16].
Références
modifier- ↑ « Termes de Références de l’atelier de validation du plan national de préparation aux crises de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (PP) », Worldbank.org, (lire en ligne [PDF], consulté le )
- ↑ « Résultats globaux du Deuxième Recensement Général de l'Agriculture des Comores — campagne agricole 2023/2024 » (consulté le )
- ↑ « RAPPORT SUR LE SUIVI ET L’APPLICATION DE LA STRATEGIE DE MAURICE », un.org, (lire en ligne [PDF], consulté le )
- ↑ Jean Manicacci, « Les différentes îles de l'archipel », dans L'archipel des Comores (lire en ligne)
- ↑ « Les Comores : Un archipel forgé par le feu et sculpté par le temps » (consulté le )
- ↑ « Comores », fao.org, (lire en ligne [PDF], consulté le )
- ↑ Jean Manicacci, « Le climat », dans L'archipel des Comores (lire en ligne)
- ↑ « Projet d’appui à la productivité et à la résilience des exploitations agricoles familiales » (consulté le )
- ↑ « Comoros - Projet d’Urgence d’Appui à la Production Agricole (AEFPF-Comores) - Rapport d’achèvement de projet » (consulté le )
- ↑ « RAPPORT SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE ET LA PRODUCTION AGRICOLE AUX COMORES », SANOI.org, (lire en ligne [PDF], consulté le )
- ↑ « Rendements et production agricoles aux Comores », fao.org,
- ↑ « Résultats globaux du Deuxième Recensement Général de l'Agriculture des Comores — campagne agricole 2023/2024. » (consulté le )
- ↑ « Développement du secteur agroalimentaire aux Comores », Inter-réseaux.org, (lire en ligne [PDF], consulté le )
- ↑ « Le modèle économique des Comores dans la période précoloniale », histproj.org,
- ↑ « SYSTEME D'ENCADREMENT RURAL AUTONOME - GRANDE COMORE - », agritop.cirad, avril1999
- ↑ « Programme National de Développement Humain Durable Etude de cas n°2 : », inter reseaux.org,