Agustina d'Aragon
Agustina Raimunda Maria Saragossa i Domènech, connue comme Agustina de Aragón ou Augustine d'Aragon, née le à Barcelone et morte le à Ceuta, est une héroïne espagnole de la guerre d'indépendance. Elle est principalement connue pour avoir défendu la porte du Portillo lors du premier siège de Saragosse, le . Se battant comme civile, elle est ensuite officier de l'armée espagnole. Célébrée comme la « Jeanne d'Arc espagnole », elle connut une grande célébrité. Elle devint une héroïne de chansons, de poèmes et de tableaux, comme les dessins de Francisco de Goya et un poème de Lord Byron.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Église de Notre-Dame de Portillo (d) (depuis le ) |
| Nom de naissance |
Agustina Raimunda Maria Saragossa i Domènech |
| Pseudonymes |
Agustina de Aragón, La artillera de Aragón |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activités |
Partisane, combattante pour la liberté |
| Parentèle |
Agustina Atienza y Cobos (d) (petite-fille) |
| Date de baptême | |
|---|---|
| Grade militaire | |
| Conflits |
Guerre d'indépendance espagnole Siège de Saragosse Siège de Saragosse Action du 2 juillet 1808 (d) |
Biographie
modifierOrigines et mariage
modifierAgustina Zaragoza y Domenech naît le à Barcelone, dans une famille d'origine catalane. En 1803, elle épouse Juan Roca Vilaseca, caporal dans l'artillerie espagnole. Après avoir participé à plusieurs combats contre les armées napoléoniennes, son époux se rend à Saragosse. Agustina le rejoint par la suite. Elle acquiert auprès de lui des connaissances élémentaires dans le maniement de l'artillerie et propose ses services aux soldats espagnols[1].
Sièges de Saragosse
modifierPremier siège
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Le premier siège de Saragosse commence le 15 juin 1808, sous le commandement du général de brigade Charles Lefebvre-Desnoettes. Celui-ci est ensuite remplacé par le général Jean-Antoine Verdier, qui engage véritablement l'attaque le 30 juin au moyen d'un bombardement de vingt-sept heures. Les Français prévoient d'attaquer plusieurs portes fortifiées de la ville. À la porte du Portillo, la plupart des défenseurs espagnols sont tués ou blessés, tandis que les ouvrages de terre protégeant un canon de 24 livres sont détruits[1].
Au début du 2 juillet, plusieurs centaines de soldats français lancent une offensive contre la batterie, alors dépourvue de défenseurs. Constatant le danger, Agustina se précipite vers le canon. Elle saisit la mèche encore enflammée des mains d'un canonnier tombé au combat et met le feu à la pièce, chargée de mitraille, contre la colonne française qui avance. Son initiative encourage les défenseurs espagnols à reprendre l'attaque. Les soldats français se retirent, après avoir subi environ cinq cents pertes selon le récit qui lui est consacré. L'action d'Agustina permet ainsi d'empêcher la prise de la porte du Portillo[1].
La présence d'une femme combattant directement les assaillants surprend les soldats français. La réputation d'Agustina se répand ensuite en Espagne et dans le reste de l'Europe. Elle demeure à Saragosse jusqu'à l'abandon du siège par les Français à la mi-août 1808[1].
Second siège
modifierAgustina participe également à la défense de Saragosse lors du second siège, en 1809. Elle est blessée à deux reprises au cours des deux sièges. En récompense de sa conduite, elle reçoit un grade militaire, le droit de porter un insigne particulier ainsi qu'une pension viagère[1].
Guerre d'indépendance espagnole
modifierAprès les sièges de Saragosse, Agustina poursuit le combat contre les Français durant le reste de la guerre d'indépendance espagnole. Elle prend part à plusieurs affrontements et est notamment présente lors des sièges de Teruel et de Tortose. À la fin de la guerre, en 1814, elle rencontre le roi Ferdinand VII à son retour en Espagne. Elle accompagne ensuite son époux dans différents postes militaires, notamment à Barcelone, Ségovie et Valence[1].
Vie ultérieure et mort
modifierAprès la mort de Juan Roca Vilaseca en 1823, Agustina épouse un médecin originaire de Cohos Mesperuza. Elle vit successivement à Valence, Séville et Ceuta. Elle meurt à Ceuta le , à l'âge de 71 ans, et y est d'abord enterrée. Une inscription gravée sur sa tombe rend hommage à « l'illustre héroïne » dont les actes de courage et de vertu pendant la guerre d'indépendance ont suscité l'admiration du monde[1].
En juin 1870, ses restes sont transférés à Saragosse et inhumés dans la basilique Notre-Dame-du-Pilier de Saragosse. En 1876, le roi Alphonse XII accorde à son veuf et à leurs descendants légitimes le titre de baron de Belchite. Le 15 juin 1909, à l'occasion de la commémoration du centenaire des sièges, le roi Alphonse XIII assiste au transfert des restes d'Agustina vers l'église parroissiale de Notre-Dame de Portillo (es)[1].
Postérité
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Agustina d'Aragon est devenue l'une des représentations les plus célèbres de la résistance espagnole aux armées françaises de Napoléon. Elle a fait l'objet de monuments, d'œuvres littéraires, de chansons, de timbres et de films[1].
Le poète Lord Byron évoque la « jeune fille de Saragosse » dans Le Pèlerinage de Childe Harold, où il la compare implicitement à une figure capable de prendre la place des hommes tombés au combat et de poursuivre l'ennemi. Sa renommée a également dépassé le cadre de la guerre d'indépendance espagnole. Pendant la guerre de Sécession américaine, la figure de la « Maid of Saragossa » est invoquée pour décrire des femmes engagées dans l'effort militaire. Agustina est aussi représentée dans la peinture, notamment dans une œuvre de Francisco de Goya appartenant à la série Les Désastres de la guerre, intitulée Quel courage ![1].
Notes et références
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :