Ahmed al-Araj

homme politique marocain

Ahmed al-Araj est un Émir saadien, qui succède à son père Mohammed ibn Abd er-Rhamane en 1517. Après avoir capturé Marrakech en 1525, il y établit son émirat et continue le djihad mené contre le Portugal et l'Espagne. Cependant, les succès militaires de son frère Mohammed ech-Cheikh l'écartent du pouvoir en 1544. Soupçonné d'avoir participé à l'assassinat de son frère, il est exécuté en 1557.

Informations essentielles

Ahmed al-Araj
أحمد الأعرج
Illustration.
Portrait d'Ahmed al-A’raj, sultan du Maroc par Cristofano dell'Altissimi
Titre
Emir de Marrakech

(27 ans)
Prédécesseur Abou Abdallah al-Qaim
Successeur Mohammed ech-Cheikh
Biographie
Dynastie Saadiens
Nom de naissance Ahmed ben Mohammed al-Sâadi
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès Marrakech
Père Abou Abdallah al-Qaim
Conjoint Princesse Oum al Banin Bû Shentuf[1]
(c.1520-1544)[2]
Enfants Sayyida Aïcha al-Sâadiya[3]
Sayyida Oum Kalthoum[4]
Abbas al-Sâadi[5]
Zaydan al-Sâadi[6]
Profession Souverain
Religion Islam

Biographie

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Après avoir participé aux premières conquêtes menées par son père Abou Abdallah al-Qaim, il lui succède à son décès en 1517[7]. Avec son frère, Mohammed ech-Cheikh, ils établissent le centre du pouvoir saadien à Taroudant[7]. Il capture en 1524 Santa Cruz de la Mar Pequeña, comptoir établi par les espagnols en 1478[7].

En parallèle, Abu Abd Allah al-Burtuqali Muhammad ben Muhammad engage à son tour la lutte contre les Portugais dans le nord du Maroc, mais la peste de 1520 et 1521 l'empêche de reprendre Marrakech. Ahmed al-Araj parvient à la conquérir en 1525 avec son jeune frère Mohammed ech-Cheikh[8]. Ahmed devient alors émir[9] de Marrakech ou sultan[10] selon certaines variantes et son frère gouverne Taroudant[11].

Jusqu'alors alliés et probablement vassaux des Wattassides, le nouveau souverain Abu al-Abbas Ahmad ben Muhammad s'oppose à la montée en puissance des Saadiens et leur déclare la guerre. Cependant, il échoue devant Marrakech en 1527 et est défait en 1529, actant la scission en deux royaumes au nord et au sud[8].

Ahmed al-Araj s'appuie alors sur l'élan du soulèvement populaire hostile aux Portugais, ainsi qu'à un ensemble de confréries tribales, pour reprendre le combat contre eux. L'objectif est également économique puisque la capture des différents ports économiques est un enjeu important. Dans ce même objectif économique, il développe la culture de la canne à sucre dans le Souss[8].

Cette politique mène son frère, alors vice-roi depuis Taroudant, à s'engager proactivement dans les conquêtes afin de légitimer son pouvoir. Après avoir repris Agadir en 1541, et forcé les Portugais à évacuer Safi et Azemmour en 1544, il fait écarter du pouvoir Ahmed al-Araj et prend le titre de mahdi[8]. Ahmed al-Araj est alors placé à la tête de Sijilmassa[7].

Après l'annonce de l’assassinat du sultan Mohammed ech-Cheikh par sa garde turc près de Taroudant, le gouverneur de Marrakech Ali ben Bou Beker Azikki, (originaire du Haha) accusa Ahmed Al-Aradj de vouloir fomenter une révolte et vouloir reprendre le pouvoir à Marrakech. Le vizir ordonna son exécution, ainsi que celle de ses 7 fils et mourut en 1557[12],[13].

Notes et références

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  1. « Umm al Banin Princesse de Marrakech », sur geni_family_tree (consulté le )
  2. Jean-Claude Van Hulle et Sandra de Vizcaya, Bienvenue à Marrakech, www.acr-edition.com, , 198 p. (ISBN 978-2-86770-062-0, lire en ligne), p. 24
    « Ce fils aine d'El Qaim, qui régnera de 1520 à 1543, prend pour femme la fille de Mohamed Ben Nacir, le roi de Marrakech, ville ou il s'installe.... peu d'années après El Arej s'empare de la kasbah »
  3. « Sayyeda Aicha al-Sâadi Princesse de Marrakech », sur geni_family_tree (consulté le )
  4. « Sayyeda Umm Kalthûm Princesse de Marrakech », sur geni_family_tree (consulté le )
  5. « Abbas al-Sâadi Prince du Maroc », sur geni_family_tree (consulté le )
  6. « Zaydan al-Sâadi Prince du Maroc », sur geni_family_tree (consulté le )
  7. 1 2 3 4 Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, , 363 p. (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne), p. 149-150. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  8. 1 2 3 4 Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, , 362 p. (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne), p. 185-186. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  9. (en) Jamil M. Abun-Nasr et Abun-Nasr, Jamil Mirʻi Abun-Nasr, A History of the Maghrib in the Islamic Period, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-33767-0, lire en ligne), p. 211
  10. Gaston Deverdun, Inscriptions arabes de Marrakech, Éditions techniques nord-africaines, (lire en ligne), p. 68
  11. (en) Frank Ronald Charles Bagley, The Last Great Muslim Empires : The Muslim World : a Historical Survey, Markus Wiener Publishers, Incorporated, (ISBN 978-1-55876-112-4, lire en ligne), p. 102
  12. (ar) معلمة المغرب : قاموس مرتب على حروف الهجاء يحيط بالمعارف المتعلقة بمختلف الجوانب التاريخية والجغرافية والبشرية والحضارية للمغرب الأقصى, مطابع سلا،, (lire en ligne)
  13. Henry comte de Castries, Pierre de Genival et Philippe de Cossé Brissac, Les Sources inédites de l'histoire du Maroc. 1. série : Dynastie sa'dienne. Archives et bibliothèques d'Angleterre, E. Leroux, (lire en ligne)