Aiguille du Goûter

sommet en France

L'aiguille du Goûter est un sommet du versant français du massif du Mont-Blanc, en Haute-Savoie, culminant à 3 863 m d'altitude. À proximité du sommet se trouve le refuge du Goûter, point de départ de la voie normale du mont Blanc : l'arête des Bosses. L'aiguille du Goûter est accessible par son versant ouest, depuis la gare du Refuge-du-Nid-d'Aigle (arrivée du tramway du Mont-Blanc) après environ cinq heures de marche, en passant par la baraque des Rognes et le refuge de Tête-Rousse. L'itinéraire est facile mais très exposé aux chutes de pierres lors de la traversée du Grand Couloir.

Aiguille du Goûter
L'aiguille du Goûter depuis le mont Vorassay à l'ouest.
L'aiguille du Goûter depuis le mont Vorassay à l'ouest.
Géographie
Altitude 3 863 m[1]
Massif Massif du Mont-Blanc (Alpes)
Coordonnées 45° 51′ 02″ nord, 6° 49′ 52″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Ascension
Première François Cuidet et François Gervais, avant 1784[2]
Voie la plus facile versant Ouest
Géologie
Roches Gneiss à micaschiste
Type Pic pyramidal
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Aiguille du Goûter
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Aiguille du Goûter

Toponymie

modifier

Le nom de l'aiguille provient de l'association avec le dôme du Goûter, qui fait référence au moment de la journée où le soleil passe au-dessus du sommet vu depuis la ville de Chamonix, après 16 heures, soit l'heure du goûter[3].

Géographie

modifier
Vue hivernale de l'aiguille du Goûter avec à gauche le dôme du Goûter depuis Chamonix-Mont-Blanc au nord-nord-est.

L'aiguille du Goûter est située dans le sud-est de la France, en Haute-Savoie, dans le massif du Mont-Blanc[1]. Culminant à 3 863 mètres d'altitude, ce sommet se trouve sur l'arête nord-ouest descendant du mont Blanc[1]. Elle est entourée par le dôme du Goûter (4 304 m) et au-delà le mont Blanc (4 808 m) au sud-est, le glacier de Bionnassay et au-delà l'aiguille de Bionnassay (4 052 m) au sud-ouest, le désert de Pierre Ronde dans la vallée de Bionnassay à l'ouest-nord-ouest, la vallée de Chamonix et notamment les Houches au nord et le glacier de Taconnaz au nord-est  Chamonix-Mont-Blanc se trouve au nord-nord-est[1].

La montagne constitue un pic pyramidal formé de gneiss à micaschiste[4]. Orientée nord-sud, la crête domine de près de 3 000 mètres la vallée de Chamonix au nord et sa face ouest dépourvue de glacier forme une paroi rocheuse de 700 mètres de hauteur qui domine les glaciers de Tête-Rousse et de Bionnassay[1]. Son versant oriental aux pentes plus douces et en forme de cirque entièrement englacé constitue la zone d'accumulation du glacier de Taconnaz qui s'écoule en direction du nord-nord-est[1]. Sur son versant nord s'étendent les petits glaciers de la Griaz et du Bourgeat[1].

D'un point de vue administratif, le sommet et ses versants ouest et sud se trouvent en intégralité sur le territoire communal de Saint-Gervais-les-Bains dont le bourg se trouve au nord-ouest dans le val Montjoie tandis que ses versants nord en aval de l'arête Payot et est se trouvent sur le territoire communal des Houches dont le bourg se trouve au nord-nord-ouest, la limite communale passant en ligne droite entre le sommet de l'arête Payot et le dôme du Goûter, une centaine de mètres en aval du sommet sur son versant est[1]. La frontière avec l'Italie se situe au plus près à environ 1,3 kilomètre à vol d'oiseau en direction du sud-est, autour du dôme du Goûter[1]. L'aiguille du Goûter est incluse dans les aires protégées du Mont Blanc - site d'exception et du site classé du massif du Mont-Blanc.

Histoire

modifier
De gauche à droite : l'aiguille du Goûter, le dôme du Goûter et l'aiguille de Bionnassay depuis le val Montjoie au nord-ouest d'où sont partis François Cuidet et François Gervais pour gagner le sommet.

En 1784, Marc-Théodore Bourrit, après plusieurs tentatives infructueuses pour atteindre le sommet du mont Blanc, cherchant un nouvel itinéraire, apprit que deux chasseurs de chamois, François Cuidet et François Gervais, de La Gruvaz (aujourd'hui hameau de Saint-Gervais-les-Bains), avaient atteint l'arête rocheuse du Goûter :

« M. Bourrit, qui mettait encore plus d'intérêt que moi à la conquête du Mont-Blanc, crut devoir se retourner de quelque autre côté ; il fit prendre de toutes parts des informations, et il apprit enfin que deux chasseurs, en poursuivant des chamois, étaient montés par des arêtes de rocher jusqu'à une très grande hauteur, en sorte que, depuis le point où ils étaient parvenus jusqu'à la cime du Mont-Blanc, il ne restait que quatre à cinq cents toises à monter par des pentes de neige peu rapides, et si bien aérées, que l'on n'avait point à craindre l'espèce de suffocation que l'on éprouvait dans la vallée déneige qui aboutit à la montagne de la Côte. Charmé de cette découverte, M. Bourrit courut à la Grue, village où demeuraient ces chasseurs, et les engagea à faire sur le champ avec lui un nouvel essai de cette route. »

 Horace Bénédict de Saussure, Voyages dans les Alpes[5]

Ascension

modifier
La voie normale du mont Blanc avec l'aiguille du Goûter sur son passage.

L'aiguille du Goûter est située sur la voie normale du mont Blanc. Son point de départ le plus commode se situe à ses pieds à l'ouest, à la gare du Refuge-du-Nid-d'Aigle du tramway du Mont-Blanc, à 2 412 mètres d'altitude[1]. De là, il faut traverser le désert de Pierre Ronde, gagner la tête Rousse en traversant le glacier de Tête-Rousse puis entamer l'ascension de l'aiguille du Goûter en elle-même par le Grand Couloir avant d'arriver au refuge du Goûter situé au sommet[1]. Cet itinéraire peut néanmoins débuter bien plus bas en altitude sans emprunter le tramway du Mont-Blanc, depuis le val Montjoie via Bionnassay ou depuis la vallée de Chamonix via les secteurs du col de Voza, du mont Lachat ou des Arrandellys, tout ces sentiers se rejoignant dans le désert de Pierre Ronde[1].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Carte IGN classique » sur Géoportail.
  2. Lucien Devies et Pierre Henry, Guide Vallot. La chaîne du Mont Blanc I : Mont Blanc-Trélatête, Grenoble et Paris, Arthaud, 4e édition, 1978
  3. D'après Henry Suter, « Goûter », Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, sur henrysuter.ch, Henry Suter, 2000-2009 (consulté le ).
  4. « Mont Blanc ouest, Miage, Tré-la-Tête : les crêtes les plus occidentales du massif cristallin du Mont Blanc », sur geol-alp.com (consulté le )
  5. Voyages dans les Alpes sur Gallica

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier