Aimée Moutet
Aimée Moutet, née le à Paris et morte le à Puteaux[1],[2], est une universitaire et historienne française, spécialiste des questions d'organisation de la production et du travail dans les entreprises industrielles.
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Aimée Maria Yvette Moutet |
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Biographie
modifierMarius Moutet[1] (1876-1968) est son père. Député socialiste puis ministre des Colonies sous le Front populaire, ministre de l'Outre mer dans les gouvernements d'après guerre puis sénateur, il est l'un des 80 parlementaires à avoir refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en [1],[3].
Elle commence sa carrière comme professeur d'histoire dans un lycée et en parallèle commence ses recherches sur l'histoire du syndicalisme ouvrier en France, démontrant, contrairement à ce qui était cru jusqu'alors, que le mouvement syndical à Paris se reconstitue rapidement après la répression de la Commune en 1871[1].
Après , elle fait partie d'un groupe d'enseignantes militantes se définissant comme contestataires, féministes et chrétiennes[1].
Aimée Moutet enseigne ensuite comme maitre de conférences[3] à l'université de Paris XIII et s'intéresse alors à l'histoire des patrons et ingénieurs en France de 1880 jusqu'à 1939 et leur adaptation au taylorisme et fordisme venus des États-Unis[1] dont elle tire son premier livre Les Logiques de l'entreprise en 1997, qui connait un retentissement international. Elle y met en lumière la reconception globale des entreprises industrielles en France (espace, machines, contrôle du personnel...), les débats et conflits que cela génère entre les patrons industriels, les ingénieurs, les contremaitres et les ouvriers et comment cela oblige syndicats, associations d'ingénieurs, experts et universitaires à se positionner, à remettre à jour leurs connaissances et à reconstruire des stratégies[1]. Elle soutient une thèse universitaire en 1992 sur « La rationalisation industrielle dans l'économie française au XXeme siècle : étude sur les rapports entre changements d'organisation technique et problèmes sociaux 1900-1939 »[4].
Aimée Moutet s'intéresse ensuite à l'histoire des entreprises de l'après-guerre jusque dans les années 1990, menant plusieurs recherches collectives sur les nouveaux risques au travail et ce qui est fait pour les diminuer[1].
Elle en tire en 1994 un ouvrage sur l'histoire de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT), agence créée en 1973. Elle co-dirige ensuite plusieurs ouvrages collectifs sur la santé au travail, l'ergonomie et des normes de temps[1].
Elle travaille aussi la notion de « copropriété du travail » avec les salariés qui lui donnent du sens et des managers qui essayent d'en faire l'usage le plus efficace[1].
Publications
modifier- Le Mouvement ouvrier à Paris du lendemain de la Commune au premier Congrès syndical en 1876, Les Editions Ouvrieres, (lire en ligne)
- avec Nicole Racine, C. Gras, Malcolm Sylvers et Pierre Sorlin, Quelques études récentes sur le communisme, (lire en ligne)
- Les origines du système de Taylor en France: le point de vue patronal (1907-1914), (lire en ligne)
- La rationalisation industrielle dans l'économie française au XXeme siècle: étude sur les rapports entre changements d'organisation technique et problèmes sociaux 1900-1939, (lire en ligne)
- avec René Chilin et Martine Théveniaut-Muller, Histoire de l'ANACT: vingt ans au service de l'amélioration des conditions de travail, Syros, (ISBN 978-2-86738-976-4, lire en ligne)
- Les logiques de l'entreprise: la rationalisation dans l'industrie française de l'entre-deux-guerres, Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), (ISBN 978-2-7132-1225-3, lire en ligne)
- Roger Vacher: de l'école professionnelle Renault à la direction de l'usine de Billancourt, Société d'histoire du Groupe Renault, (lire en ligne)
- avec Danièle Linhart, Le travail nous est compté: la construction des normes temporelles du travail, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-4464-5, lire en ligne)
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Patrick Fridenson, « La mort d’Aimée Moutet, historienne spécialiste de l’entreprise », Le Monde, no 23577, , p. 30 (lire en ligne)
- ↑ « AJ Pompes Funèbres - Décès de Madame Aimée, Maria, Yvette MOUTET (05-10-20) [fr-BE], Espace « condoléances », In memoriam », sur www.aj-pompes-funebres.com (consulté le )
- 1 2 Notice sur data.bnf.fr.
- ↑ Thèse d'Aimée Moutet sur le site thèses.fr
Liens externes
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