Albrechtschraufite

minéral (fluorocarbonate)

L’albrechtschraufite est un minéral très rare de la famille des carbonates et nitrates, constitué d'un fluorocarbonate de calcium, magnésium et uranyle de formule chimique Ca4Mg(UVIO2)2(CO3)6F2·17H2O[2]. Il se présente sous forme de cristaux prismatiques de couleur jaune vert, d'éclat vitreux[3]. Sa dureté est faible, de 2 à 3 sur l'échelle de Mohs. Sa radioactivité s'élève à 8 329 Bq/g[3].

Albrechtschraufite
Catégorie V : carbonates et nitrates[1]
Général
Symbole IMA Asf
Classe de Strunz
Formule chimique Ca4Mg(UO2)2(CO3)6F2·17-18H2O
Identification
Masse formulaire 1428,98 uma
Couleur jaune vert
Système cristallin triclinique
Classe cristalline et groupe d'espace -1 - pinacoïdale
P-1
Clivage aucun
Cassure conchoïdale
Habitus prismatique
Échelle de Mohs 2 - 3
Trait blanc
Éclat vitreux
Propriétés optiques
Biréfringence δ = 0,055 - biaxe (-)
Pléochroïsme faible, X presque incolore, Y et Z vert jaunâtre pâle
Dispersion optique r < v, faible
Fluorescence ultraviolet oui. Sous rayonnement UV à ondes longues ou courtes, le minéral présente une fluorescence vert-bleu clair.
Transparence oui, translucide
Propriétés chimiques
Densité 2,6 (mesurée), 2,67 (calculée)
Propriétés physiques
Radioactivité forte, > 70 Bq/g (8 329 Bq/g)

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Découverte à Jáchymov, dans la région de Karlovy Vary en Tchéquie, elle est validée par l'IMA en 1984[4] qui lui attribue le symbole Asf[5] mais elle n'a été complètement décrite qu'en 2013[6]. Son nom donné en 1983 par Kurt Mereiter est un hommage au minéralogiste autrichien Albrecht Schrauf (de) (1837-1897), pour ses contributions à la connaissance des minéraux carbonate d'uranyle sur le site de leur découverte.

L’albrechtschraufite est visuellement semblable à la liebigite et à d'autres minéraux secondaires d'uranium[3].

Classification

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Dans la classification de Strunz, sous la cote 5.ED.15, l'albrechtschraufite figure parmi les carbonates uranifères, de ratio UO2:CO3 = 1:3[3].

La classification de Dana, 8e édition, la place sous la cote 16b.07.11.01. dans le groupe des carbonates contenant de l'hydroxyle ou des halogènes (16b), spécifiquement parmi les carbonates mixtes (16b.07.11)[7].

Caractéristiques

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L’albrechtschraufite se compose de petits cristaux semblables à des grains, ≤ 0,2 mm, formant une fine incrustation. Par leur aspect, ces cristaux rappellent la liebigite[8].

Le matériau type est visible sur un spécimen de schröckingerite conservé dans un musée et montre un faciès prismatique court et incomplètement développé en raison d'intercroissances. Les formes présentes incluent : {001}, {101}, {100}, {110} et {111}[3].

L'albrechtschraufite cristallise dans le système triclinique, de classe cristalline -1, de groupe d'espace P-1[7]. Elle présente un trait blanc, une cassure conchoïdale et un pléochroïsme faible. Sa densité est de 2,6 (mesurée par flottation dans des mélanges de dibromométhane et de 1,1,2,2-tétrabromoéthane), 2,67 (calculée)[3]. Son pléochroïsme faible, apparait presque incolore selon l'axe X et vert jaunâtre pâle selon les axes Y et Z. Ses indices de réfraction sont nX = 1,511(2), nY = 1,550(2) et nZ = 1,566(2) ; l'orientation des directions de vibration par rapport aux axes cristallographiques est la suivante : Xa = 122°, Xb = 100°, Xc = 19° ; Ya = 140°, Yb = 105°, Yc = 96° ; Za = 111°, Zb = 18°, Zc = 108°.

Chimie et formation

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L'albrechtschraufite qui a une masse molaire de 1428,98 g/mol, est composée à 37,79 % de dioxyde d'uranium (UO2), de dioxyde de carbone (CO2) à 18,48 %, d'oxyde de calcium (CaO) à 15,70 % et hydratée à hauteur de 21,43 %. Elle contient principalement de l'oxygène, de l'uranium et du calcium mais aussi du carbone, du fluor du magnésium et de l'hydrogène à plus faibles teneurs.

Composition[8]
Oxygène 43,67 %
Uranium 33,31 %
Calcium 11,22 %
Carbone 5,04 %
Fluor 2,66 %
Hydrogène 2,40 %
Magnésium 1,70 %

Formée au stade paragénétique 7 après la Grande Oxydation, il y a moins de 2,4 milliards d'années par hydratation près de la surface de minéraux prédécesseurs à basse température d'oxydation (mode 47a et 47c) de carbonates, phosphates, borates, nitrates, et minéraux uranylés (U6+) (mode 47f)[3]. On lui attribue aussi, pour certains cas, une origine humaine, le stade paragénétique 10b (anthropiques), par le fait qu'on la trouve dans les minéraux miniers (mode 55)[9], d'il y a moins de 10 000 ans[3].

Environnement et gisements

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À la localité type, l'albrechtschraufite est associée à la dolomite, à la schröckingerite qui lui sert de matrice et à l'uraninite[3]. La base de données minéralogique Mindat.org recense en 2026 seulement 2 gisements dans le monde[3], celui de ssa localité type, et un en Allemagne.

Notes et références

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  1. ↑ La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. ↑ (en) « Albrechtschraufite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Albrechtschraufite », sur Mindat.org (consulté le )
  4. ↑ (en) « The New IMA List of Minerals : A Work in Progress – Updated: July 2024 » [PDF], sur CNMNC (consulté le )
  5. ↑ (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  6. ↑ (en) Kurt Mereiter, « Description and crystal structure of albrechtschraufite, MgCa4F2[UO2(CO3)3]2⋅17-18H2O », Mineralogy and Petrology, vol. 107, no 2,‎ , p. 179–188 (ISSN 0930-0708 et 1438-1168, DOI 10.1007/s00710-012-0261-3, lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 (de + en) « Albrechtschraufite (Albrechtschraufit) », sur Mineralienatlas.de (consulté le )
  8. 1 2 (en) « Albrechtschraufite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  9. ↑ Les activités minières donnent lieu à une grande variété de nouveaux minéraux, notamment ceux qui se forment par l’altération des matériaux présents dans les haldes, par cristallisation sur les parois des galeries minières, par précipitation à partir de systèmes de drainage minier acide, ou encore par des processus d’altération associés aux boisages et aux objets laissés sur place.

Voir aussi

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Liens externes

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