Petit Pingouin

espèce d'oiseaux
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Alca torda

Alca torda
Description de cette image, également commentée ci-après
Petit Pingouin.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Alcidae

Genre

Espèce

Alca torda
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Petit Pingouin, appelé également Pingouin torda (Alca torda) est une espèce d'oiseaux charadriiformes de la famille des Alcidae. C'est le seul représentant du genre Alca. Seul pingouin subsistant depuis la disparition du Grand Pingouin (Pinguinus impennis) en 1844, il est présent en Manche et de l’Atlantique Nord jusqu'en mer de Barents, et également en Méditerranée occidentale.

Morphologie

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Un Petit Pingouin en Écosse.

Les adultes sont noirs sur le dos et blancs sur le ventre, la poitrine est brun-noir. Le bec est de couleur noire, et porte une à plusieurs rayures transversales grises et une rayure transversale blanche ; la commissure des lèvres est jaune. Une autre rayure blanche part de la base du bec et s’allonge longitudinalement jusqu'à l’œil, qui est de couleur noire. Une rayure blanche traverse aussi le bout des ailes. En hiver, leur tête devient blanche. Ils mesurent de 39 à 48 cm, poids de 500 à 750 g[1] (poids moyen de 700 grammes)[2], et ont une envergure de 63 à 68 cm[1]. Leur durée de vie est de 13 à 18 ans[3].

Comportement

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Petit Pingouin en vol.

Alimentation

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L’alimentation du Petit Pingouin est exclusivement halieutique. Ils pêchent sous l’eau des poissons comme le lançon, le hareng et le capelan, mais également des crustacés et parfois des vers marins.

Le plongeon s’effectue exclusivement depuis la surface de l’eau, et jamais en vol. D’une durée d’environ une minute, il emmène le Petit Pingouin jusqu’à des profondeurs de cinq à sept mètres, allant parfois jusqu’à quinze mètres. Sous l’eau, il poursuit ses proies en se propulsant avec ses ailes[4].

Locomotion

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Contrairement aux manchots, dont le nom en anglais de penguin les fait souvent confondre avec lui, le Petit Pingouin peut voler[5].

Les Petits Pingouins ne peuvent guère marcher sur leurs pattes, qui reposent sur leurs tarses et sont placées très en arrière du tronc, ce qui n'est guère adapté à la locomotion terrestre. Les adultes restent souvent tout au bord de leurs plongeoirs surplombant la mer, d’où ils se laissent tomber en voletant pour aller pêcher sous l’eau.

Courtes et arrondies, leurs ailes ont une conformation plus adaptées pour les essors vifs et le plus souvent brefs, sans vol glissé ni plané, car ils sont trop pesant pour leur surface de voilure. Ils parviennent cependant à parcourir de longues distances[réf. nécessaire].

Sous l’eau, le Petit Pingouin utilise la conformation de ses ailes à son avantage : il atteint des profondeurs inaccessibles aux mouettes et goélands, utilisant alors ses ailes comme des nageoires.

Relations inter et intraspécifiques

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Le Petit Pingouin niche principalement en colonies, souvent côte à côte avec le Guillemot de Troïl (Uria aalge). Il est même suspecté que des hybridations entre ces deux espèces pourraient être observées, quand les périodes de reproduction se chevauchent[6].

Reproduction

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Poussin de Petit Pingouin.
Œuf de Petit Pingouin au muséum de Toulouse.

Le nid se retrouve sur le bord de falaises ou dans des crevasses. Il est composé majoritairement de gravier ou de petits cailloux, pour favoriser le drainage ; parfois, il y a ajout de végétation.

L’œuf unique, gris avec des taches sombres, est pondu entre la mi-mai et la fin juin à même la roche. Il est piriforme, comme celui du Guillemot de Troïl, afin d’éviter qu'il roule et tombe de la falaise.

La période de couvaison dure d’août à février[réf. nécessaire]. Les parents couvent à tour de rôle pendant 26 à 32 jours[5]. Après l’éclosion, le petit est nourri par ses parents de poissons, mollusques et crustacés. L’oisillon gagne la mer vers l’âge de 8 semaines[réf. nécessaire]. Adultes, ils reviennent où ils sont nés pour trouver leur partenaire après avoir passé 2 ou 3 ans à courir les océans[réf. nécessaire].

Le mâle et la femelle peuvent jouer un rôle similaire auprès des jeunes, chacun s'occupant de la progéniture la moitié du temps. Il est fréquent que deux mâles ou deux femelles se fassent la cour et se comportent comme un couple parental. En 2009 et 2018, des couples mâles ont été observés dans des zoos couvant et s'occupant d'un petit[7]. 66 % des mâles pratiquent des montes homosexuelles[8]. Les couples homosexuels ne durent pas : ils se défont et vont rejoindre des congénères d'un sexe différent pour se reproduire[9].

Répartition et habitat

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Carte de répartition du Petit Pingouin.
  • Présence en période de nidification.
  • Présence en période d'hivernage.

Ces oiseaux, qui passent la majorité de l’année dans l’océan Atlantique, nichent sur des falaises ou des côtes rocheuses de l’Atlantique nord. On les trouve le long des côtes de l’Amérique du Nord jusqu'au Maine, en Islande et en Europe, de la Russie du Nord-Ouest jusqu'au Nord de la France.

Les oiseaux d’Amérique du Nord migrent en hiver jusqu'en Nouvelle-Angleterre, alors que ceux d’Europe sont, pour beaucoup, sédentaires (certains vont jusqu'en Méditerranée occidentale).

Systématique

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L’espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758[10].

Sous-espèces

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[11], le Petit Pingouin est représenté par 2 sous-espèces (ordre phylogénétique) :

Le Petit Pingouin et l’Homme

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Statut et protection

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Menaces

Comme les autres oiseaux plongeurs de surface (c'est-à-dire qui plongent depuis la surface), le Petit Pingouin est particulièrement vulnérable aux marées noires ou aux dégazages. En Europe, il est aussi menacé par la diminution des ressources alimentaires[12].

Évolution des populations

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Au niveau mondial

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Au niveau européen

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Les populations européennes étaient en 2004 soit stables, soit en augmentation dans tous les pays où elles nichent, sauf en France. On estime que leurs effectifs étaient alors compris entre 430 000 et 770 000 couples, dont une grande partie niche en Islande (de 247 000 à 548 000 couples) et au Royaume-Uni (126 000 couples)[13].

En France

Les populations françaises de Petits Pingouins ont subi une diminution très importante au cours des cinquante dernières années. Ces populations, qui ne vivent qu'en Bretagne, sont passées de 500 couples dans les années 1960 à moins d’une trentaine de couples en 2006. De fait, cette espèce est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en France dans la catégorie CR (en danger critique)[12].

Références

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  1. 1 2 DORIS, consulté le .
  2. N. N. Kartachev, « VIII – Goélands et Mouettes, Alcidés : Sous-ordre des Alcae », dans Bernhard Grzimek (dir.) et Maurice Fontaine (dir.), Le Monde animal en 13 volumes : Encyclopédie de la vie des bêtes, t. VIII : Oiseaux 2, Éditions Stauffacher S.A., , 1re éd., 565 p., p. 226.
  3. « Petit pingouin : qu'est-ce que c'est ? » Accès libre, sur futura-sciences.com (consulté le ).
  4. « Petit Pingouin ou Pingouin torda » Accès libre, sur oiseaux-birds.com (consulté le ).
  5. 1 2 Oiseaux.net, consulté le .
  6. (en) Sabina I. Wilhelm, Carolyn J. Walsh, Iain J. Stenhouse et Anne E. Storey, « A Possible Common Guillemot Uria aalge x Razorbill Alca torda Hybrid », Atlantic Seabirds, vol. 3, no 2, , p. 85-88 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).
  7. « Un couple de pingouins mâles fait naître un enfant » Accès libre, sur midilibre.fr, (consulté le ).
  8. « L’homosexualité existe aussi chez les autres animaux » Accès libre, sur France Culture, (consulté le ).
  9. « Ce couple de pingouins mâles élève un bébé ensemble » Accès libre, sur Le HuffPost, (consulté le ).
  10. Carl von Linné Systema Naturae ed.10 p.130
  11. Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
  12. 1 2 Comité français de l’UICN et Muséum national d’Histoire naturelle, LPO, SEOF & ONCFS, La Liste rouge des espèces menacées en France : Oiseaux de France métropolitaine, Paris, (lire en ligne).
  13. (en) « Razorbill Alca torda » Accès libre, sur datazone.birdlife.org, Birdlife International (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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Genre Alca
Espèce Alca torda