L'Alcanada (P-34), ex PVZ-34, est un patrouilleur de classe Conejera de la marine espagnole, en service de 1982[1] à 2010[2].

Alcanada (P-34)
illustration de Alcanada (P-34)
Un navire similaire de classe Conejara

Type patrouilleur
Classe classe Conejera
Fonction militaire
Histoire
A servi dans  Marine espagnole
Chantier naval Empresa Nacional Bazán, Ferrol Drapeau de l'Espagne Espagne
Fabrication aluminium
Lancement 10 février 1982
Commission 10 mai 1982
Statut désarmé le 11 juin 2010
Équipage
Équipage 12
Caractéristiques techniques
Longueur 32,2 m
Maître-bau 5,3 m
Tirant d'eau 1,4 m
À pleine charge 85 t
Propulsion 2 moteurs diesel MTU-Bazan MA 16V 362 SB80
Puissance 2840 ch
Vitesse 25 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement
Électronique
Rayon d'action 1200 milles à 15 nœuds
Carrière
Port d'attache Barcelone
Indicatif EBHP

Conception

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L'Alcanada était le quatrième et dernier navire de la classe Conejera, commandé en 1978. Le projet correspondait à un patrouilleur léger et polyvalent de surveillance côtière, chargé du contrôle de la Zone économique exclusive (ZEE), pour remplir des missions d’escorte, de surveillance et d’inspection de la pêche[3]. Le financement fut assuré par le ministère des Transports de l'époque, qui chargea le sous-secrétariat à la Pêche et à la Marine marchande de lancer un appel d'offres pour leur construction, la Marine étant responsable de leur équipement et de leur équipage[4].

Il s’agissait de navires de 32,20 m de longueur hors tout, 5,20 m de largeur, 1,40 m de tirant d'eau et 85 tonnes de déplacement[3]. Ces navires s'inspiraient des frégates américaines de classe PC de la Seconde Guerre mondiale. Ils présentaient une coque soudée, un pont continu et une superstructure à gradins. Il s'agissait des premiers navires à coque en aluminium construits en Espagne pour la Marine espagnole, une technique exigeant un savoir-faire pointu, la soudure devant être réalisée sous atmosphère inerte[4].

Leur propulsion se composait de deux moteurs diesel Bazán-MTU V8V16 d’une puissance de 2480 chevaux[3] couplés à deux lignes d'arbres munies d'hélices tripales[4], ce qui leur permettait d’atteindre une vitesse maximale de 25 nœuds. À une vitesse économique de 15 nœuds, ils avaient une autonomie de 1200 milles marins[3]. L'électricité à bord était produite par deux moteurs diesel Barreiros, ultérieurement remplacés par des moteurs Iveco sur l'Alcanada. La conception a souffert des problèmes typiques inhérents à tout nouveau navire. L'un des plus notables était la tendance de la salle des machines à prendre feu. Le maintien de faibles vitesses constituait un autre défi, car le navire ne pouvait fonctionner qu'avec un seul moteur, ce qui ne facilitait pas les opérations de remorquage[4].

L'électronique comprenait un équipement radio[4], un radar de recherche de surface Racal Decca 1226 et un radar de navigation Sperry. L'armement initial se composait d’un canon de 20 mm Oerlikon Mk. 10 et de deux mitrailleuses MG3 de 7,62 mm. L’équipage était composé de 12 personnes[3]. En 1982, l'admission des femmes dans la Marine provoqua quelques tensions à bord des navires plus petits. Heureusement, une fois l'effet de nouveauté passé, le personnel féminin fut pleinement intégré, répondant de manière satisfaisante aux attentes du Commandement du personnel[4].

Construction et carrière

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Les quatre navires ont été construits au chantier naval Empresa Nacional Bazán à San Fernando (Cadix) entre et [3]. Suite à la création de la Force d'action maritime, ils furent reclassés PVZ et baptisés du nom de petits îlots de l'archipel des Baléares. Concernant le nom de l'Alcanada, les Majorquins le prononcent Aucanada, nom sous lequel est également connu l'îlot situé en face de la baie d'Alcúdia[4]. Tout au long de sa carrière, l'Alcanada a été basé à Barcelone, Tarragone et Castellón de la Plana[3].

Le , l'Alcanada, qui était basé à Barcelone, a accompagné la frégate Cataluña dans l’adieu qui lui a été rendu dans le port de Barcelone[5].

En 2007, l'Alcanada a escorté le président de la République d'Équateur, Rafael Correa, lors de sa visite officielle en Espagne. Pour son arrivée dans le pays, le navire l’a conduit du navire-école équatorien Guayas, ancré dans la rade de Barcelone, jusqu’au port[4].

Le navire s'est vu remettre un drapeau par la Guilde des pêcheurs de Rosas[6], lors d'une cérémonie présidée par le contre-amiral Enrique Valdés Santana, chef d'état-major de la zone maritime Méditerranée, avec Concepción Crespo Julia comme marraine[4].

Le navire a été désarmé le , en même temps que le patrouilleur Anaga, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’arsenal de Carthagène. Quelques mois plus tard, les navires ont été vendus pour la démolition. En , ils ont été pris en remorque par le remorqueur espagnol Zumaia Tercero, et remorqués en tandem de Carthagène à Santander, où ils sont arrivés le après un voyage de 1073 milles marins. À l’arrivée dans la baie de Santander, les remorqueurs Vehintitrés et El Península se sont chargés de les manœuvrer pour les amarrer au quai de Recuperaciones Siderúrgicas y Navales, où ils ont ensuite été démantelés[3].

Tout ce qui reste de l'Alcanada est un téléphone de bord, conservé au Musée maritime de Barcelone[2].

Notes et références

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  1. Frank M. Egger, « Conejera (P30) – class Patrol Boat », sur seaforces.org (consulté le ).
  2. 1 2 (ca) « Telèfon autoexcitat de la Patrullera Alcanada P-34, classe Conejera », sur Museu Marítim Barcelona.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) Juan Carlos Díaz Lorenzo, « Desguace de los patrulleros “Anaga” (1980-2010) y “Alcanada” (1982-2010) », sur De la mar y los barcos, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (es) Albert Campanera i Rovira, « Una historia de pequeños patitos, adiós a la clase “Conejera” », sur Defensa.com, (consulté le ).
  5. (es) Javier Sánchez, « Archivo 2001-2003 », sur Revista Naval, (consulté le ).
  6. (es) Eugenio Castillo, « P-34 Alcanada », sur Los Barcos de Guerra de Eugenio (consulté le ).