Aldebert (évêque d'Agde)
Aldebert est un ecclésiastique languedocien, évêque d'Agde de 1122 à 1130.
Son nom est gravé à l'intérieur de la basilique Saint-Nicolas de Bari, sans qu'on sache s'il y a été enterré.
Biographie
modifierÉvêque d'Agde
modifierAldebert est peut-être jurisconsulte[1]. Il est évêque d'Agde à partir de 1122[2],[3]. Il succède à Bernard Déodat[4], qui est cité pour la dernière fois le , alors que le premier acte où Aldebert est mentionné date du [3].
En 1123, il est témoin d'une donation d'Elzéar de Castries et de sa femme à l'abbaye d'Aniane[1] et Gormond et sa femme Adalais lui cèdent leurs droits sur les dîmes de Saint-Pierre-de-Prègnes[5]. Au total, il est cité dans cinq actes de donation en 1123, 1124, 1125 et 1126. Il participe à trois assemblées épiscopales locales en 1126 et en 1129[3], dont le concile de Narbonne de [1].
Il serait mort le [3] ou plus probablement le [1],[3]. Il est remplacé par Raimon de Montredon[2].
Inscription onomastique à Bari
modifierSon nom est gravé dans un bloc de pierre de la contre-façade de la basilique Saint-Nicolas de Bari, dans les Pouilles[6]. L'inscription latine, facile à lire, porte : « Aldebertus Agdensis ep(iscopu)s », soit : « Aldebert, évêque d'Agde »[7], le nom étant précédé d'une croix[8]. Sur les murs de la basilique Saint-Nicolas de Bari, d'autres inscriptions onomastiques, à la même structure mais moins soignée, rappellent les noms des marins qui ont transporté à Bari les reliques de Nicolas de Myre en 1087. Toutefois, elles sont à l'extérieur du bâtiment, alors que le nom d'Aldebert est gravé à l'intérieur, à hauteur d'homme, près d'une porte, bien visible, face à l'autel de la basilique et au-dessus de l'autel de la crypte[9]. Des inscriptions similaires de noms se retrouvent à l'église Saint-Grégoire de Bari et dans d'autres lieux des Pouilles, à Bitonto, dans la cathédrale de Troia et l'abbaye de Saint-Léonard de Lama Volara[10].
Le lien entre Aldebert et la ville de Bari n'est attesté par aucune autre source[3]. Il est probablement mort à Bari, mais on ne peut prouver qu'il a été enterré dans la basilique Saint-Nicolas[11], contrairement à un autre évêque, Teudovild, évêque de Valence en Espagne, mort à Bari au cours d'un pèlerinage à Jérusalem, peu de temps après l'arrivée des reliques de saint Nicolas en 1087, et enterré dans cette église, où une inscription le rappelle[12]. La basilique Saint-Nicolas est alors une concurrente récente de la cathédrale de Bari[13] et les deux inscriptions de noms d'évêques venus d'ailleurs renforcent son importance[14].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Rouquette 1914, col. 44.
- 1 2 Cholvy 1976, p. 314.
- 1 2 3 4 5 6 Vilella 2026, p. 42.
- ↑ Cholvy 1976, p. 313.
- ↑ Julien Rouquette, Cartulaire de l'église d'Agde : cartulaire du chapitre, Montpellier, chez l'auteur, , 160 p. (lire en ligne), p. 102.
- ↑ Vilella 2026, p. 38.
- ↑ Vilella 2026, p. 40.
- ↑ Vilella 2026, p. 39.
- ↑ Vilella 2026, p. 43-44.
- ↑ Vilella 2026, p. 46-49.
- ↑ Vilella 2026, p. 44.
- ↑ Vilella 2026, p. 51.
- ↑ Vilella 2026, p. 50.
- ↑ Vilella 2026, p. 52.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Gérard Cholvy (dir.), Montpellier, Paris, Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France » (no 4), , 336 p. (ISBN 9782701001708, lire en ligne
). - Julien Rouquette, « Aldebert », dans Alfred Baudrillart, Albert Vogt et Urbain Rouziès (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 2 : Alcaini-Aneurin, Paris, Letouzey et Ané, (lire en ligne), col. 44.
- Antonello Vilella, « Un évêque français dans la Bari médiévale : l’inscription d'Aldebert, évêque d'Agde, à la basilique Saint-Nicolas », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 273, , p. 37–52 (ISSN 0007-9731 et 2119-1026, DOI 10.4000/15xko, lire en ligne, consulté le ).