Alessandro Barbero

historien et écrivain italien

Alessandro Barbero, né le à Turin, est un historien, écrivain et essayiste italien. Spécialiste du Moyen Âge, de l’Antiquité tardive et de l’histoire militaire, il est professeur d’histoire médiévale à l’université du Piémont oriental de 2002 à 2024. Auteur d’une œuvre partagée entre l’essai savant, la biographie historique et le roman, il obtient le prix Strega en 1996 pour son premier roman. Il est connu pour son activité de vulgarisation à la télévision, à la radio et sur Internet.

Alessandro Barbero
En .
Biographie
Naissance
(67 ans)
Turin (Italie)
Nationalité
Formation
Activité
Historien, écrivain, essayiste
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Deputazione Subalpina di storia patria (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Giovanni Tabacco (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dir. de thèse
Distinction
Enregistrement vocal.
Œuvres principales
La belle vie ou Les aventures de Mr Pyle, gentilhomme (d), Dietro le quinte della Storia (d), Costantino il Vincitore (d), Federico il Grande (d), Le jour des barbares : Andrinople, 9 août 378 (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Formation

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Alessandro Barbero naît à Turin le [1]. Après des études classiques, il obtient en 1981 une maîtrise de lettres à l’université de Turin, avec une thèse d’histoire médiévale dirigée par Giovanni Tabacco (it)[1]. Il poursuit sa formation à l’École normale supérieure de Pise, où il achève un doctorat en 1984[1]. La même année, il devient chercheur en histoire médiévale à l’université de Rome « Tor Vergata »[2].

Carrière universitaire

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En 1998, Barbero rejoint l’université du Piémont oriental « Amedeo Avogadro », à Verceil, comme professeur associé au département d’études humanistes[1]. Il y est nommé professeur titulaire d’histoire médiévale en 2002, poste qu’il occupe jusqu’en 2024[3]. Ses recherches portent d’abord sur l’histoire locale piémontaise, fondées sur l’analyse des sources littéraires et documentaires, avant de s’élargir à l’histoire médiévale générale et à l’histoire militaire[3].

En janvier 2024, il annonce son départ à la retraite, quittant sa chaire en octobre de la même année après vingt-six ans d’enseignement[4]. Il justifie ce choix par la bureaucratisation croissante du métier universitaire, qu’il estime avoir rendu la fonction d’enseignant plus lourde et éloignée de la recherche[5].

L’historien

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L’œuvre historique de Barbero couvre un champ chronologique allant du haut Moyen Âge à l’époque napoléonienne. Ses premiers travaux savants portent sur l’aristocratie médiévale française et sur la société piémontaise de la fin du Moyen Âge[1]. Il publie ensuite des ouvrages de synthèse et des biographies, parmi lesquels une biographie de Charlemagne parue en 2000, traduite dans plusieurs langues[6]. Il consacre également plusieurs études à l’histoire militaire, envisagée comme une composante structurelle de l’expérience humaine, de la bataille d’Andrinople à celle de Waterloo[3].

Ses ouvrages sont traduits en français par plusieurs maisons d’édition. Charlemagne. Un père pour l’Europe paraît chez Payot en 2004, dans une traduction de Jérôme Nicolas[7]. Suivent notamment Waterloo et Le Jour des barbares chez Flammarion[8], Barbares. Immigrés, réfugiés et déportés dans l’Empire romain chez Tallandier, et Le Divan d’Istanbul chez Payot[9]. Certains de ses essais sont publiés en français par les Éditions du Rocher[10]. Il dirige par ailleurs l’ouvrage collectif Storia d'Europa e del Mediterraneo[3].

L’écrivain

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Parallèlement à son activité savante, Barbero mène une œuvre romanesque. Son premier roman, Bella vita e guerre altrui di Mr. Pyle, gentiluomo (1995), traduit en français sous le titre La Belle Vie ou les Aventures de Mr Pyle, gentilhomme, obtient le prix Strega en 1996[11]. Ses romans suivants, dont Romanzo russo et Poeta al comando, explorent des époques allant de la fin du XVIe siècle au début du XXIe siècle[11]. Romanzo russo est traduit en anglais par l’éditeur écossais Vagabond Voices sous le titre The Anonymous Novel[12]. Plusieurs de ses romans sont publiés en français par les éditions Gallimard et du Rocher[13].

Le vulgarisateur

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Barbero est connu du grand public pour son activité de vulgarisation historique. À partir de 2007, il intervient régulièrement dans l’émission de la RAI Superquark, puis dans des programmes de Rai Storia[3]. À la fin des années 2010, la diffusion de ses conférences sur Internet lui vaut une popularité, ses interventions étant enregistrées par le public et relayées sur les plateformes vidéo[14]. Il collabore également au quotidien La Stampa et à l’Institut culturel italien pour des cycles de conférences[15]. Ses ouvrages récents continuent de paraître chez l’éditeur Viella et d’autres maisons italiennes[16].

Il est invité dans des institutions culturelles françaises, dont la Villa Marguerite-Yourcenar, résidence d’écrivains du département du Nord[17].

Réception critique

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Le travail de Barbero fait l’objet d’une réception majoritairement favorable, assortie de réserves portant sur les tensions entre son activité savante et sa présence médiatique. La critique italienne relève sa capacité à concilier la rigueur universitaire et l’accessibilité, en problématisant les sujets sans les réduire à des réponses préétablies[18]. Ses ouvrages consacrés au Moyen Âge, domaine de sa spécialité, sont reconnus pour leur maîtrise des sources, la clarté de l’argumentation et l’attention au contexte[19].

Cette réception n’est pas exempte de réserves. Une partie de la critique s’interroge sur la conciliation entre la profondeur de la recherche et une présence médiatique jugée continue, qui peut modifier la fonction traditionnelle de l’historien[20]. Ses prises de position dans le débat public, notamment ses jugements sur le journaliste Giampaolo Pansa (it) qu’il reconnaît ne pas avoir lu de manière approfondie, ont été critiquées comme un défaut méthodologique[21]. Sur le plan de l’édition, la traduction française de Waterloo a fait l’objet de remarques dans les Annales historiques de la Révolution française, qui ont relevé plusieurs erreurs de traduction de termes militaires ainsi que le choix de centrer le récit sur la seule bataille, au détriment de l’ensemble de la campagne de 1815[22].

Distinctions

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En 2005, la République française nomme Alessandro Barbero chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres[12]. En octobre 2024, il reçoit le diplôme honoris causa de l’école d’archivistique, de paléographie et de diplomatique des Archives d'État de Florence ; la cérémonie, tenue le 29 octobre, est accompagnée d’une leçon sur la bataille de Montaperti[23]. Selon la motivation officielle du ministère de la Culture, cette distinction récompense sa capacité à rendre accessibles au plus grand nombre des questions historiographiques complexes sans renoncer à l’analyse des sources[24].

Publications traduites en français

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  • Charlemagne. Un père pour l'Europe [« Carlo Magno. Un padre dell'Europa »], trad. de Jérôme Nicolas, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », 2004, 480 pages. (ISBN 978-2-228-89888-1)[7].
  • Waterloo [« La battaglia. Storia di Waterloo »], trad. d'Élisabeth Auster, Paris, Flammarion, 2024, 448 pages. (ISBN 978-2-080-45315-0)[8].
  • Le Jour des barbares. Andrinople, 9 août 378 [« 9 agosto 378. Il giorno dei barbari »], Paris, Flammarion, 2006, 290 pages. (ISBN 978-2-08-210567-5).
  • Barbares. Immigrés, réfugiés et déportés dans l'Empire romain [« Barbari. Immigrati, profughi, deportati nell'impero romano »], trad. de Pérette-Cécile Buffaria, Paris, Tallandier, 2009, 351 pages. (ISBN 978-2-84734-515-5).
  • Histoires des croisades [« Benedette guerre. Crociate e jihad »], Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2010, 124 pages. (ISBN 978-2-08-123147-4).
  • La Bataille des trois empires. Lépante, 1571 [« Lepanto. La battaglia dei tre imperi »], trad. de Patricia Farazzi et Michel Valensi, Paris, Flammarion, 2012, 688 pages. (ISBN 978-2-08-122952-5).
  • Le Divan d'Istanbul. Brève histoire de l'Empire ottoman [« Il divano di Istanbul »], trad. de Sophie Bajard, Paris, Payot, 2013, 207 pages. (ISBN 978-2-228-90990-7)[9].
  • Le Marchand qui voulait gouverner Florence et autres histoires du Moyen Âge [« Donne, madonne, mercanti e cavalieri »], Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2017, 208 pages. (ISBN 978-2-08-141194-4).
  • Les Paroles des papes qui ont changé le monde. De Grégoire VII à François [« Le parole del papa. Da Gregorio VII a Francesco »], Paris, Payot, 2017.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 (it) « Alessandro Barbero — Curriculum vitae » [PDF], sur upobook.uniupo.it, Université du Piémont oriental (consulté le ).
  2. ↑ (en) « Barbero, Alessandro 1959– », sur encyclopedia.com (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 (it) « Barbero, Alessandro », sur treccani.it, Institut de l'Encyclopédie italienne (consulté le ).
  4. ↑ (it) « Alessandro Barbero va in pensione, in un'intervista spiega perché lascia l'Università di Vercelli », sur tg24.sky.it, (consulté le ).
  5. ↑ (it) « « È il momento di lasciare, troppa burocrazia » : Alessandro Barbero va in pensione », sur ilfattoquotidiano.it, (consulté le ).
  6. ↑ (en) « Charlemagne: Father of a Continent », sur ucpress.edu, University of California Press (consulté le ).
  7. 1 2 « Charlemagne », sur payot-rivages.fr (consulté le ).
  8. 1 2 « Alessandro Barbero », sur editions.flammarion.com (consulté le ).
  9. 1 2 « Le Divan d'Istanbul : brève histoire de l'Empire ottoman », sur bibliotheques.paris.fr (consulté le ).
  10. ↑ « Alessandro Barbero », sur editionsdurocher.fr (consulté le ).
  11. 1 2 « Alessandro Barbero », sur culture.uliege.be, Université de Liège (consulté le ).
  12. 1 2 (en) « Alessandro Barbero », sur vagabondvoices.co.uk (consulté le ).
  13. ↑ « Alessandro Barbero », sur booknode.com (consulté le ).
  14. ↑ « Alessandro Barbero », sur babelio.com (consulté le ).
  15. ↑ « Les pandémies vues par Alessandro Barbero », sur iicparigi.esteri.it, Institut culturel italien de Paris (consulté le ).
  16. ↑ (it) « Alessandro Barbero », sur viella.it (consulté le ).
  17. ↑ « Alessandro Barbero », sur villamargueriteyourcenar.fr (consulté le ).
  18. ↑ (it) Arnaldo Greco, « Alessandro Barbero, lo storico diventato una star », sur Rivista Studio, (consulté le ).
  19. ↑ (it) « Alessandro Barbero: tutti i libri del divulgatore Premio Strega », sur il Libraio, (consulté le ).
  20. ↑ (it) « Il comunista Alessandro Barbero e l'industria dell'onnipresenza », sur informazionecattolica.it, (consulté le ).
  21. ↑ (it) « Le critiche de « La Verità » ad Alessandro Barbero », sur vassallidibarbero.it, (consulté le ).
  22. ↑ « Compte rendu : Alessandro Barbero, Waterloo », Annales historiques de la Révolution française, no 346,‎ , p. 170-172 (lire en ligne, consulté le ).
  23. ↑ (it) « A Barbero diploma honoris causa da Archivio di Stato Firenze », sur ansa.it, (consulté le ).
  24. ↑ (it) « Al prof. Alessandro Barbero conferito il diploma « honoris causa » dell'Archivio di Stato di Firenze », sur archivi.cultura.gov.it, Ministère de la Culture — Direction générale des Archives, (consulté le ).

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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