Alexander McGillivray

chef politique et militaire Creek

Alexander McGillivray (), que certains surnommèrent Emperor Of The Creeks Empereur des Creeks »)[1],[2],[3], est un chef politique et militaire du peuple Creek (Muscogee) à l'époque de la Révolution américaine qui œuvra à l'établissement d'une identité nationale creek et centralisa le pouvoir en ses mains afin de contrer l'expansion américaine dans le territoire creek.

Alexander McGillivray
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 42 ans)
Nationalités
Activité
Père
Lachlan McGillivray (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Sophia Durant (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jeunesse et famille

modifier

Alexander est né Hoboi-Hili-Miko Bon Enfant Roi ») à Little Tallassee (ou Little Tallase)[3], un village creek, en Alabama, sur la Coosa River[4]. Son père, Lachlan McGillivray, était un négociant en fourrures écossais (né à Dunmaglass (en), le fief historique du Clan MacGillivray (en)) et grand propriétaire terrien (4000 hectares[5]) en Géorgie[5]. Sa mère, Sehoy (II) Marchand, était la fille de Jean Baptiste Louis DeCourtel Marchand (en), un officier français du Fort Toulouse, et de Sehoy (I), une princesse creek du Clan du Vent. Le peuple Creek, comme de nombreux peuples indiens du sud-ouest, fonde la nationalité des personnes selon la lignée maternelle. Alexander, donc reconnu comme membre à part entière du Clan du Vent, passe ses premières années baigné dans la culture du peuple de sa mère. À l'âge de quatorze ans, son père l'emmène étudier à Charleston, où il apprend l'anglais, le latin et le grec[4].

Retour parmi son clan

modifier

En 1777, Alexander retourne à Little Tallassee, dans son clan creek. Il est alors assistant du Commissaire britannique aux affaires indiennes[4]. Ses talents de politicien et de meneur d'hommes se révélent. Comme l'écrira plus tard Theodore Roosevelt à propos de McGillivray, « il était un diplomate chevronné, un leader né, et peut-être le seul homme capable d'utiliser correctement la corde de sable qu'était alors la confédération Creek. »[6]

Guerre d'indépendance américaine

modifier

Pendant la guerre d'indépendance américaine, McGillivray organise et dirige la participation des Creeks en tant qu'alliés de la Couronne britannique. Il fournit des guerriers aux Britanniques pour combattre les insurgents en Géorgie et pour défendre Pensacola. Il échoue à lever des troupes en grand nombre, les Creeks et en particulier leurs chefs se montrant réticents à s'engager dans cette guerre entre Blancs. McGillivray est davantage un politicien qu'un général. Pendant cette guerre, il apprend beaucoup et se fait connaître et apprécier des chefs creeks en tentant de les convaincre de soutenir les Britanniques. Sa parfaite connaissance des deux cultures en fait l'interlocuteur idéal, tant auprès du peuple Creek que chez les anglophones[4].

Après guerre

modifier

Lorsqu'en 1783, les Britanniques reconnaissent l'indépendance des États-Unis et cèdent leurs territoires situés au sud du Canada aux Américains et aux Espagnols. Les terres des Creeks se retrouvent englobées dans cette cession.

Les Creeks conduits par McGillivray refusent ce vol de leur territoire. Leur argument principal est qu'ils n'ont, pour leur part, ni combattu ni capitulé face aux Britanniques et que, par conséquent, le roi de Grande-Bretagne ne peut céder des terres qui ne lui appartiennent pas. McGillivray entreprend une longue négociation territoriale avec le gouvernement du tout nouvel État de Géorgie. Pendant les années 1780, il rencontre également les représentants des tribus des Grands Lacs pour leur proposer de s'unir contre la volonté d'expansion américaine et contre les autorités espagnoles en Floride. Afin de maintenir également la pression militaire sur les Américains, des guerriers creeks attaquent les colonies qui se sont créées dans leur territoire ; les Cherokees et Chickamaugas, qu'il a convaincus, font de même. Il doit également même négocier avec le peuple Creek, certains chefs désirant vendre une partie de leurs terres à la Géorgie. Au nom de l'unité du peuple et du territoire creek, McGillivray envoie des guerriers s'assurer des chefs et de leurs possessions. Par cette action, il brise la dissémination du pouvoir qui existait chez les Creeks et le centralise en ses mains[4],[7].

Traité de New York

modifier

Ses efforts, politiques et militaires, aboutissent en 1789, à l'invitation à négocier, à Rock Landing en Géorgie, adressée par le gouvernement américain.

McGillivray rompt abruptement la négociation. Il envoie ensuite une lettre aux commissaires des États-Unis décrivant ses griefs. George Washington envoie un émissaire spécial, le colonel Marinus Willett pour convaincre McGillvray de venir à New York, alors capitale des États-Unis, pour conclure un traité qui serait négocié directement entre Washington, Henry Knox et les représentants de son peuple[8].

Pendant l'été 1790, vingt-six chefs creeks, conduits par McGillivray se rendent à New York et signent un traité, au nom des Creeks des villes hautes, centrales et basses, ainsi que des Séminoles composant la nation Creek. Par ce traité, les Creeks cèdent aux États-unis une part importante de leurs territoires de chasse et acceptent de remettre aux autorités américaines les esclaves en fuite. De leur côté, les États-Unis reconnaissent aux Creeks le droit de punir ceux qui violeraient les frontières de leur territoire. Dans une clause secrète de l'accord, McGillivray obtient un poste ,(une commission) de brigadier-général de l'US Army et se voit accorder le droit d'importer des marchandises via le port espagnol de Pensacola sans acquitter des droits de douane américains[9].

Général américain et fin de vie

modifier

Après la signature du traité de New York, le général McGillivray prête serment d'allégeance aux États-Unis.

Il a obtenu nombre d'honneurs et un bon salaire de la part des Américains. À son retour dans ses terres, il traite également avec les Espagnols. Ceux-ci le nomment surintendant-général de la nation Creek et lui offrent aussi un salaire important[3].

Pendant l'été 1792, alors qu'il se trouve à Mobile, McGillivray souffre d'une forte fièvre. Il rentre chez lui à Little River et y meurt le .

Notes et références

modifier
  1. Bloodworth, p. 286
  2. Dockstader, p. 161
  3. 1 2 3 Forman, pp. 106-120
  4. 1 2 3 4 5 Green, p. 366
  5. 1 2 (en) Claudio Saunt, A New Order of Things. Property, Power, and the Transformation of the Creek Indians, 1733–1816, Cambridge University Press, (ISBN 0521660432)
  6. Roosevelt, p. 86
  7. Rossignol, pp. 15-16
  8. Kennedy,«  McGillivray and Wasington » pp. 127-128
  9. Saunt, p. 196

Bibliographie

modifier
  • (en) James Nelson Bloodworth, « Alexander McGillivray— Emperor Of The Creeks » dans The Alabama lawyer official organ State Bar of Alabama. Montgomery : The Bar, 1940. (OCLC 232117057)
  • (en) Frederick J Dockstader, « Alexander McGillivray » dans Great North American Indians : profiles in life and leadership, New York : Van Nostrand Reinhold, 1977. (ISBN 978-0-442-02148-1)
  • Carolyn Thomas Forman, « Alexander McGillivray— Emperor Of The Creeks » dans Chronicles of Oklahoma, Oklahoma City, Okla.: Oklahoma Historical Society, 1921. (OCLC 51066287)
  • (en) Michael D. Green, « McGillivray, Alexander » dans Encyclopedia of North American Indians, Boston : Houghton Mifflin Company, 1996. (ISBN 978-0-585-07764-2)
  • (en) Roger G Kennedy, Mr. Jefferson's lost cause : land, farmers, slavery, and the Louisiana Purchase, New York : Oxford University Press, 2003. (ISBN 978-0-19-515347-7)
  • (fr) Louis Milfort, général Mémoire au coup-d'Œil rapide sur mes différens voyages et mon séjour dans la nation Crëck. Paris, De l'Impr. de Giguet et Michaud, 1802. (OCLC 6727035)
  • (en) Theodore Roosevelt, The Works of Theodore Roosevelt : the winning of the West., New York : P.F.Collier, 1889. (OCLC 70394757)
  • (en) Marie-Jeanne Rossignol, The nationalist ferment : the origins of U.S. foreign policy, 1789-1812, Columbus : Ohio State University Press, 2004. (ISBN 978-0-8142-0941-7)
  • (en) Claudio Saunt, A new order of things : property, power, and the transformation of the Creek Indians, 1733-1816, Cambridge, U.K. ; New York : Cambridge University Press, 1999. (ISBN 978-0-521-66043-3)
  • (fr) Paul-François Paoli, Au pays des rivières, Bartillat, roman historique, 2022.

Liens externes

modifier