Alexandre Oulianov
Alexandre Ilitch Oulianov (en russe : Александр Ильич Ульянов), né le 1er avril 1866 ( dans le calendrier grégorien) à Nijni Novgorod et mort pendu le 8 mai 1887 ( dans le calendrier grégorien) à la forteresse de Chlisselbourg, est un populiste russe, l'un des meneurs du complot qui visait à répliquer celui des Pervomartovtsi (en russe : Первомартовцы, « Ceux du 1er mars »). Il est le frère aîné de quatre ans de Lénine, leader de la révolution russe de 1917.
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Александр Ильич Ульянов |
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| Famille |
Ulyanov family (d) |
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| Fratrie |
Anna Ielizarova-Oulianova Lénine Olga Oulianova (en) Dmitri Ilitch Oulianov (en) Maria Ilinitchna Oulianova |
| Partis politiques |
Narodnaïa Volia Fraction terroriste du parti narodnaïa volia (d) |
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| Condamné pour |
Biographie
modifierAlexandre naît à Nijni Novgorod, dans la famille d'enseignant, plus tard directeur des écoles publiques de la province de Simbirsk, Ilya Oulianov, et d'une institutrice à domicile Maria Oulianova.
De 1874 à 1883, il étudie au lycée classique de Simbirsk. Durant ses dernières années, il manifeste un intérêt pour les sciences naturelles, notamment la chimie. Il obtient son diplôme du lycée avec mention.
En 1883, il entre au département des sciences naturelles de la faculté de physique et de mathématiques de l'Université impériale de Saint-Pétersbourg, où il fait preuve d'une grande aptitude pour le travail scientifique.
En 1886, dans sa troisième année, il reçoit une médaille d'or pour son travail scientifique sur la zoologie des invertébrés basé sur des matériaux qu'il a collectés indépendamment au cours de l'été 1885, intitulé Sur les organes des Annulata segmentaires et reproducteurs d'eau douce.
En 1886, il adhéra à la Société scientifique et littéraire étudiante de littérature russe du professeur Orest Miller et fut élu à l'unanimité secrétaire général.
Alexandre Oulianov rejoint le reliquat du groupe terroriste Narodnaïa Volia (« La Volonté du Peuple ») qui avait commis l'assassinat de l'empereur Alexandre II en 1881. C'est là qu'il se familialisa avec les écrits de Plekhanov et Marx et qu'il adopta une idéologie politique associant à l'action révolutionnaire certains éléments de la social-démocratie[1]. Avec ses complices, il prépara une tentative d'assassinat d'Alexandre III. Le complot devait avoir lieu le 1er mars 1887 ( dans le calendrier grégorien), 6 ans jour pour jour après l'attentat contre Alexandre II, mais la police éventa le complot et en , les conspirateurs furent arrêtés[2].
Au cours de son procès, Alexandre Oulianov prononça un discours politique justifiant le recours au terrorisme devant le tribunal[3]. Il fut condamné à mort et pendu en compagnie de ses camarades Pakhomi Andreïouchkine, Vassili Gueneralov, Vassili Ossipanov et Pierre Chevirev.
L'exécution de son frère Alexandre radicalisa son frère cadet le futur Lénine qui n'avait que 17 ans et s'impliqua davantage dans les mouvements étudiants et les activités de propagande révolutionnaire, rompant avec l'action révolutionnaire « romantique » des populistes[4]. Sa sœur Anna soupçonnée de complicité proteste de son ignorance dans une supplique au tsar et n'est condamnée qu'à un exil de cinq ans à Kokouchkino[5].
Son frère, une fois arrivé au pouvoir, aurait pu ordonner l’exécution du Tsar Nicolas II et de sa famille pour venger sa mort. Cette idée de vengeance[6],[7] de Lénine est le thème central de la bande dessinée Vendetta, la vengeance des Oulianov de Loulou Dédola et de Lelio Bonaccorso, parue en 2021 aux éditions Steinkis[8].
Dans les arts
modifierLe film de fiction Le Cœur d'une mère, de Marc Donskoï, dépeint certains aspects de la vie des Oulianov - le procès d'Alexandre, notamment - vus à travers le regard de la mère, Maria Oulianova[9].

Notes et références
modifier- ↑ Richard Pipes, Les Révolutions russes (1905-1917), Perrin 2018, p. 445
- ↑ Alexis Ipatovtsev, « Les deux Alexandres », sur Radio France,
- ↑ Orlando Figes, La Révolution russe, Denoël, p. 205.
- ↑ Margaux d'Adhémar, « 6 novembre 1917 : Révolution d’Octobre », Revue des Deux Mondes, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Jacques Marie, Lénine, la Révolution permanente, Payot 2011 p. 234
- ↑ Laurent Lessous, « Dédola et Bonaccorso : « Ce que nous disons, c’est que les Romanov et les Oulianov se sont affrontés dans ce que nous appelons chez nous une vendetta » », sur casesdhistoire.com, Cases d'Histoire, (consulté le )
- ↑ Loulou Dédola et Luca Ferara, Vendetta, la vengeance des Oulianov, Luçon, Steinkis, , 106 p. (ISBN 9782368464106)
- ↑ « Et si la révolution bolchévique était une affaire de vengeance ? Vendetta, la vengeance des Oulianov (L. Dedola & L. Bonaccorso) », La Revue d'Histoire Militaire, (lire en ligne)
- ↑ Albert Cervoni, Marc Donskoï, Seghers, , 232 p. (ISBN 9782232144011, lire en ligne)