Alexandre de Salies
Alexandre Danouilh de Salies, plus communément appelé Alexandre de Salies, né à Salies-du-Salat dans le département de la Haute-Garonne le et mort à Auteuil (commune absorbée par Paris en 1860) le , est un historien, archéologue, rédacteur en chef et avocat français.
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Jean-Grégorien-Alexandre Danouilh |
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Il est surtout connu pour ses études savantes sur les châteaux de Lavardin et de Vendôme ainsi que sur Foulques Nerra.
Biographie
modifierOrigines familiales
modifierFils de Jean-Paul-Alexandre Danouilh, avocat au Parlement, et de Jeanne-Marie-Marguerite de Chenevière du Fay. Son grand-père Jean-Baptiste d'Anouilh avait collé la particule au reste de leur nom durant la Révolution, puis avait porté le nom de "Danouilh-Salies" en mémoire de son ancien titre. Il descend par son père de notable de Salies-du-Salat, attestés dès la fin du XVIe siècle, devenus par achat, seigneur du lieu en 1744[1],[2].
Jeunesse
modifierDès son jeune âge il fut intéressé par ce qui relève du domaine archéologique actuel, notamment autour de l'ancien château des comtes de Comminges à Salies-du Salat[3].
Il commence par faire des études de droit pour devenir avocat en suivant la tradition familiale et se prépara à soutenir un doctorat[4].
Le notable condamné (1848-1854)
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On le retrouve à la fin des années 1840, bien établi dans sa ville comme rédacteur ordinaire de la Gazette du Languedoc, la place de rédacteur en chef lui étant même promise, on le poussait même à la députation. Il est élu maire de Salies-du-Salat en à 33 ans[5].
Il est marié à Louise-Charlotte-Antoinette Roaldès, dont il a une fille née en 1846[6]. Alexandre a néanmoins de lourds problèmes financiers, le contraignant à vivre séparé de son épouse, ce qui le fit rentrer dans un certain nombre de pratiques délictuelles. Moins d'un an après son élection en tant que maire, en , il est sévèrement condamné pour ses pratiques (avoir commis de nombreux faux et d'en avoir fait usage), pour cela il est destitué de sa fonction de maire[5],[2], et fut condamné à six ans de réclusion, dix mille francs d'amende, ainsi qu'à payer les frais de la procédure. Il est alors mis en détention à la prison de Toulouse puis à la prison d'Eysses le . En la séparation d'avec sa femme est prononcée. En une remise de peine d'un an lui est accordé ainsi que, trois ans plus tard, celle de son amende de dix mille francs qu'il est incapable de payer depuis la vente de ses biens[7].
Libéré probablement vers le milieu de l'année 1854, il est alors ruiné, déshonoré et abandonné de sa famille. C'est alors qu'il change totalement de vie et de région pour s'installer à Tours, c'est là qu'il prendra le nom d'Alexandre de Salies[8].
L'érudit local (1855-1876)
modifierAlexandre de Salies s'installe à Tours, rue de l'arbalète, dans le cœur de la vielle ville, zone alors délaissée par les riches notables, il y vit modestement de leçon de piano et de chant et de comptabilité pour un bureau. Il fut toujours dans une situation financière précaire[8].
Son parcours d'archéologue débute lorsqu'un ami l'amène à Montoire dans le vendômois, d'où il découvre les ruines du château voisin de Lavardin dont-il s'éprend. Il l'étudia ainsi lors de plusieurs voyages successifs avant de faire paraître en 1865 sa Notice sur le château de Lavardin[9]. C'est alors la première étude sur ce château, elle fut saluée pour sa qualité et sert encore aujourd'hui de référence[10].
Il envoya son étude au célèbre Eugène Viollet-le-Duc, qui lui en fit une lettre élogieuse, souhaitant même que soient effectués des travaux pour consolider les ruines[10].
Cette étude lui vaudra d'être reçu au sein de la Société archéologique du Vendômois l'année suivante en 1866. C'est là qu'il liera des amitiés avec notamment Charles Bouchet, Jules Chautard, Gervais Launay et Achille de Rochambeau[11]. Il assiste alors à bon nombre des réunions du bureau jusqu'à y siéger lui-même de à [12]. Le bureau de la Société archéologique du Vendômois souhaita qu'une correspondance s'établisse entre de Salies et Viollet-le-Duc, à la suite de la lettre de ce dernier, pour la conservation du château de Lavardin[10].
En 1869 il fait une étude sur le château de Vendôme, pour laquelle il reçut de nouveau une lettre de Viollet-le-Duc approuvant ses travaux, et que la Société archéologique vendômoise remarqua de nouveau[10].
Il quitte Tours pour Angers de à , dans le but de se rapprocher des sources pour son nouvel ouvrage sur Foulque Nerra publié en 1874. Dans le même temps il entreprend le déblayage du cachot du donjon de Lavardin en . À cette même période on le retrouve lors des Congrès Archéologiques de France tenus à Angers (1871), Vendôme (1872) et Châteauroux (1873)[12].
Lors de celui tenu à Vendôme il fait des conférences sur les fortifications de Lavardin Vendôme et Trôo[13].
La publication de son Histoire de Foulques Nerra lui vaudra de nouveau la reconnaissance de ses pairs notamment dans le bulletin de la Société archéologique de Touraine de 1875 par un compte rendu d'une vingtaine de pages sur l'ouvrage[3].
Peu après la parution de cet ouvrage il décide de quitter Tours pour Paris, cherchant probablement une plus grande reconnaissance de ses pairs et une meilleure situation sociale[14]. Cependant il tombe dans une grande précarité qu'il cache à son entourage, notamment de la société archéologique du Vendômois, il prit ainsi ses distances avec eux, ne venant plus aux réunion de la société à Vendôme à partir de 1876. Malgré cette pauvreté dans laquelle il est tombé, il fréquente assidument les archives et bibliothèques parisiennes, et assite à des cours de l'école des Chartes. Il prévoit alors de réaliser une copie intégrale du cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, sous les hospices de la société archéologique Vendômoise, mais ce projet n'aboutira pas[14].
Le rédacteur en chef de La France illustrée (1877-1883)
modifierL'année 1877 marque un tournant dans la vie d'Alexandre de Salies, puisque cette année-là, l'abbé Louis Roussel, fondateur de l’œuvre sociale les Orphelins-apprentis d'Auteuil, et directeur de l'hebdomadaire La France illustrée, va lui offrir la place de rédacteur en chef du journal. Cela permet de lui assurer un avenir, et une position renouvelée dans la société, dans une institution honorable. Il se consacre dès lors entièrement à ce travaille de rédacteur en chef, ce qui relegua au second plan sa vie de chercheur, historien et archéologue Vendômois[15]. Pour autant il n'abandonna pas complétement ses travaux passés puisque qu'il publie, sous le pseudonyme de M. de Saint-Vincent, dans La France illustrée, sous forme de feuilleton, un petit roman historique, qui sera finalement publié en volume en 1879 nommé Le château de Lavardin, épisodes de la vie féodale au XVe siècle. Cette même année il publie également dans le bulletin de la société historique et archéologique du Maine, un article sur "Les Trois Lavardin de l'ancien diocèse du Mans". Ainsi que sa Monographie de l'antique ville de Trôo, achevée en 1875, mais que partiellement publiée en 1878[15].

Alexandre de Salies apparait alors comme un fervent catholique, dont son poste de rédacteur en chef pour La France illustrée, publication catholique et royaliste, marque le penchant. Regardé comme bienveillant dans son poste de rédacteur en chef, il est également très charitable dans ses actions pour les orphelins d'Auteuil. Il suit alors l'exemple de l'abbé Roussel, se dépouillant de tout pour ses jeunes protégés. Ses largesses le placèrent de nouveau dans la gène financière. De plus, vieillissant, Alexandre voyait sa santé faiblir, selon Oscar Havard, il allait même durant les grands froids, s'abstenir de "faire du feu dans sa chambre, afin de pouvoir laisser entre les mains de ses pauvres de plus abondants aumônes"[16].
Malade au mois de mars 1883, il quitte son domicile du 27 rue d'Auteuil, pour être recueilli dans les locaux de l'œuvre des orphelins, au 40 rue de La Fontaine[17]. La maladie l'emporta en quelques jours, il tira son dernier soupir le 16 mars 1883, à 67 ans. Son entourage lui rendit hommage, Venet, son collaborateur au journal, au jour de sa mort dit de lui : "il était plus que bienveillant ; il était bon". Les orphelins d'Auteuil vinrent nombreux à ses funérailles dans l'église d'Auteuil, au côté de membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, et de nombreux amis de la Fondation des orphelins-apprentis d'Auteuil. A cela s'ajoute deux représentant de la Société archéologique du Vendômois : Armand Queyroy et Achille de Rochambeau (ce dernier récupéra une part des recherches de l'érudit)[16]. Il est alors inhummé au cimetière d'Auteuil dans le caveau de la Fondation des orphelins[17].
Ouvrages et articles d'Alexandre de Salies
modifier- Alexandre de Salies, Notice sur le château de Lavardin, Tours, coll. « imp. Bouserez », .
- Alexandre de Salies, De Vendôme à La Bonnaventure, Les Roches Lavardin Montoire et Trôo, , 74 p..
- Alexandre de Salies, Histoire de Foulque-Nerra, comte d'Anjou, Angers et Paris, Dumoulin et Barassé, (lire en ligne).
- Alexandre de Salies, Le château de Lavardin, épisodes de la vie féodale au XVe siècle, Paris, , 288 p. (lire en ligne).
Notes et références
modifier- ↑ Daniel Schweitz 2023, p. 193
- 1 2 Daniel Schweitz 2006, p. 87
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 199
- ↑ Charles Bouchet 1883, p. 151
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 194
- ↑ Daniel Schweitz 2023, p. 196
- ↑ Daniel Schweitz 2023, p. 195
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 195-196
- ↑ Charles Bouchet 1883, p. 72
- 1 2 3 4 Daniel Schweitz 2006, p. 75
- ↑ Daniel Schweitz 2023, p. 198
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 197
- ↑ Daniel Schweitz 2023, p. 200
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 201
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 202-203
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 204-205
- 1 2 Daniel Schweitz 2023, p. 206
Bibliographie
modifier- Daniel Schweitz, De Salies-du-Salat, à Lavardin, Vendôme et Auteuil: les trois vies d'Alexandre Danouilh de Salies (1815-1883),Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 2023, p. 191-208.
- Daniel Schweitz, « Alexandre Danouilh de Salies (1815-1883). Un exemple de rédemption sociale par l’érudition locale et le journalisme », Revue de Comminges, CXXIII, 2007, 3-4, p. 317-350
- Daniel Schweitz, « Sur l’émergence d’une identité patrimoniale en Vendômois : l’exemple des études sur le château de Lavardin (XIXe-XXe siècles) », Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 2006, p. 72-93 [Alexandre de Salies : exemple de "repli sur l'histoire", p. 86-93].
- Daniel Schweitz, L’identité traditionnelle du Vendômois. Des travaux d’érudition locale à la reconnaissance d’un pays de la Vieille France (fin XVIIIe – XXe siècle), préface de Daniel Roche, Vendôme, Éditions du Cherche-Lune, 2008, 263 p.
- Charles Bouchet, « Nécrologie. M.Alexandre de Salies », Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, , p.17,p.71-79,p.151-152 (lire en ligne)