Alexeï Arbouzov
Alexeï Nikolaïevitch Arbouzov (en russe : Алексей Николаевич Арбузов), né le 13 mai 1908 ( dans le calendrier grégorien) à Moscou et mort le dans la même ville, est un dramaturge russe et soviétique.
| Naissance |
Moscou, Empire russe |
|---|---|
| Décès |
(à 77 ans) Moscou, URSS |
| Activité principale |
| Langue d’écriture | russe |
|---|
Biographie
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Fils d'un drogman de l'ambassade russe à Constantinople Nikolaï Kirovitch Arbouzov, descendant du décembriste Anton Arbouzov (ru), Alexeï Nikolaïevitch Arbouzov a des origines grecques du côté de sa mère, Nadejda Vladimirovna de Mandraji, issue de la petite noblesse. En 1914, la famille s'installe à Saint-Pétersbourg, mais bientôt le père abandonne le foyer et la mère tombe gravement malade.
Peu après la révolution russe, dans le contexte marqué par le chaos et la famine, Alexeï, devenu orphelin, entame une vie d'errance avant d'être recueilli dans une colonie pour enfants. Il y assiste à la représentation des Brigands de Schiller joué par la troupe du Grand Théâtre léningradois qui sera pour lui une sorte d'initiation à l'univers du spectacle. Il commence à faire de la figuration à l'âge de quatorze ans au théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg, puis, deux ans plus tard devient élève de Pavel Heidebourov (ru) qui l'engage ensuite dans sa troupe. Au printemps 1928, avec quelques autres jeunes acteurs il décide de monter sa propre compagnie et bientôt signe ses premières œuvres en tant que dramaturge : Une classe (Класс, 1930), Idylle (Идиллия), Troisième Yann (Третий Ян), Le long chemin (Дальняя дорога)[1].
En 1939, avec le metteur en scène Valentine Ploutchek, il fonde un studio de théâtre à Moscou, appelé Studio Arbouzov[2].
La première pièce vraiment aboutie d'Alexeï Arbouzov est Tania, écrite en 1939 et mise en scène par Andreï Lobanov la même année au Théâtre de la Révolution, avec Maria Babanova dans le rôle-titre, et jouée avec succès[3],[4].
Les pièces d'Alexeï Arbouzov ont été mises en scène dans de nombreux pays du monde. En URSS, son Histoire d'Irkoutsk a été jouée plus de neuf mille fois seulement en 1960-1961. Beaucoup d'expériences d'Arbouzov dans le domaine de la forme témoignent de l'influence de Tennessee Williams et John Osborne.
Il reçoit le Prix d'État de l'URSS en 1980.
Alexeï Arbouzov meurt le [2]. Il a été enterré à Moscou au cimetière de Kountsevo.
Le théâtre d'Arbouzov
modifierLa renommée d'Arbouzov provient de son drame Une histoire d'Irkoutsk (1959) qui franchit les frontières de l'URSS[5]. C'est une œuvre qui met en scène des simples sentiments humains mais elle a suscité des discussions nombreuses et obtenu un réel succès[6].
Le théâtre soviétique a tenté, après la Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne, de constituer un répertoire original en dehors des thèmes obligatoires destinés à répondre aux exigences du réalisme soviétique. Ce théâtre a occupé une place fort importante comme instrument de formation politique et sociale. Arbouzov est un des nouveaux auteurs dramatiques qui sont apparus à cette époque en URSS[7].
Pièces représentées en France
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- : Une histoire à Irkoutsk, jouée en langue russe, mise en scène d'Evgueni Simonov, décors et costumes de Iossif Soumbatachvili, chorégraphie de Victor Chapline, musique de Lev Soline, Théâtre des Nations, Paris[8],[9].
- : Une histoire à Irkoutsk, adaptation en français de Gala Barbisan et Henriette Valot, mise en scène de Pierre Lefèvre, Comédie de l'Est, Strasbourg[10].
- : La Promesse, adaptation en français et mise en scène de Michel Fagadau, décors de Max Douy, costumes de Jacques Schmidt, avec Claude Giraud, Colette Castel et Philippe Avron, Comédie des Champs-Elysées, Paris[11],[12].
- : Le bateau pour Lipaïa, adaptation française de Pol Quentin, mise en scène d'Yves Bureau, scénographie de Jacques Dupont, musique de Georges Delerue, avec Edwige Feuillère et Guy Tréjan, Comédie des Champs-Elysées, Paris[13].
- : Le volcan de la rue Arbat, adaptation française de Pol Quentin, mise en scène d'Yves Bureau, musique de Georges Delerue, avec Jacques Fabbri, Gabriel Jabbour et Grégoire Oestermann, Théâtre de la Potinière, Paris[14],[15],[16].
- : La dernière nuit de l'été, adaptation française de Pol Quentin, mise en scène d'Yves Bureau, musique de Georges Delerue, avec Edwige Feuillère, Louise Conte et Niels Arestrup, Théâtre Édouard-VII, Paris[17],[18].
- : Le bateau pour Lipaïa, adaptation française de Pol Quentin, mise en scène de Samuel Bonnafil et Jean-Claude Penchenat, avec Jean Desailly et Simone Valère, Théâtre de la Madeleine, Paris[19],[20].
- novembre - : Le Bateau pour Lipaïa, adaptation en français de Jean-Pierre Hané, mise en scène de Gil Galliot, avec Bérengère Dautun et Emmanuel Dechartre, Studio Hébertot, Paris[21],[22].
Notes et références
modifier- ↑ (en) Dennis Kennedy, The Oxford Companion to Theatre and Performance, Oxford, OUP Oxford, , 689 p. (ISBN 978-0-19-957419-3, BNF 42454015, présentation en ligne), p. 26
- 1 2 « Décès de l'auteur dramatique soviétique Alexei Arbouzov », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber et Béatrice Didier, Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des Femmes, , 4982 p. (ISBN 978-2-7210-0631-8, BNF 43735144, lire en ligne).
- ↑ Marie-Christine Autant-Mathieu 2008.
- ↑ (en) Laurence Senelick, Historical Dictionary of Russian Theatre, Rowman & Littlefield, , 692 p. (ISBN 978-1-4422-4927-1, présentation en ligne), p. 39
- ↑ (en) Theodore Shabad, « Alexei Arbuzov, Playwright, dies », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Ettore Lo Gatto (trad. Madeleine et Anne-Marie Cabrini), Histoire de la littérature russe des origines à nos jours, Paris, Desclée de Brouwer, , p. 830 et 833.
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Une histoire à Irkoutsk », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Une histoire à Irkoutsk [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Claude Sarraute, « Une histoire à Irkoutsk », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « La promesse », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « La promesse [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ « Le bateau pour Lipaïa [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Michel Cournot, « Le Volcan de la rue Arbat, d'Alexei Arbouzov », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Le volcan de la rue Arbat [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ « Le volcan de la rue Arbat : lot de photographies de l'agence Marée-Breyer, 1979 », sur Gallica.
- ↑ « La dernière nuit de l'été [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ « La dernière nuit de l'été : lot de photographies de l'agence Marée-Breyer, 1982 », sur Gallica.
- ↑ « Théâtre. Le Bateau pour Lipaîa au Théâtre de la Madeleine. Les morts de la guerre et les plages de l'enfance », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Le bateau pour Lipaïa [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Kilian Orain, « Le Bateau pour Lipaïa », Télérama, (lire en ligne).
- ↑ Guillaume d'Azemar de Fabrègues, « Le bateau pour Lipaïa – Studio Hébertot », sur jenaiquunevie.com, .
Bibliographie
modifier- Marie-Christine Autant-Mathieu, « Arbouzov (Arbuzov) Alexeï Nikolaïevitch », dans Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Éditions Bordas, , 1583 p. (ISBN 978-2-04-731295-7, BNF 41353563), p. 92
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :