Alexeï Orlov
Le comte Alexeï Grigorievitch Orlov, ou Orloff selon la transcription d'avant 1960 (en russe : Алексе́й Григо́рьевич Орло́в), né le 24 septembre 1737 ( dans le calendrier grégorien), mort le 24 décembre 1807 ( dans le calendrier grégorien) est un aristocrate russe, commandant des forces navales[1].
| Comte |
|---|
| Naissance | Lioutkino (d) |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) Moscou |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activités | |
| Famille | |
| Père |
Grigory Orlov (d) |
| Mère |
Lukirya Ivanovna Zinoveva (d) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Yevdokiya Orlova-Chesmenskaya (d) (à partir de ) |
| Enfants |
| Membre de |
Free Economic Society (en) |
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| Arme | |
| Grades militaires |
Général-en-chef (en) (à partir de ) Major général |
| Conflits | |
| Distinctions |
Il participa, avec son frère Grigori Orlov, au complot contre Pierre III de Russie, en 1762, qui fut peut-être étranglé par Alexeï Orlov dans des circonstances mystérieuses[2]. Son frère, Fiodor, était haut-procureur du Sénat.
En 1775, à Livourne, sur l'ordre de l'impératrice Catherine II, il enlève la princesse Tarakanova, laquelle prétendait être la fille de l'impératrice Élisabeth Ire et de son amant Alexis Razoumovski.
Biographie
modifierOfficier
modifierAlexeï Orlov fait partie des plus fidèles partisans de l'impératrice Catherine II. Avec ses frères, il prend une part déterminante au coup d'État qui la porte au trône. C'est probablement lui qui s'est empressé d'informer Catherine de l'arrestation d'un des conspirateurs, Piotr Passek (ru)[3], ce qui a conduit celle-ci à agir immédiatement. En récompense, la nouvelle impératrice le gratifie de 800 serfs, du grade de lieutenant-colonel dans le régiment Préobrajenski, de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski, et, conjointement avec ses frères, du village d'Obolenskoïe (Ilinskoïe) dans l'ouïezd de Serpoukhov, avec 2 929 serfs, ainsi que du titre de comte de l'Empire russe. Par la suite, les frères Grigori et Alexeï reçoivent encore d'autres propriétés, et, après avoir échangé l'ensemble contre des villages du domaine de la cour, ils deviennent propriétaires de 9 571 serfs[4]. Grigori Orlov est alors le favori officiel de l'impératrice, et Alexeï exerce par son intermédiaire une grande influence sur les affaires de l'État.
Pendant la guerre russo-turque de 1768-1774, Alexeï Orlov remporte une victoire décisive lors de la bataille de Tchesmé, et participe aux négociations de Focșani, qui sont rompues (selon certains témoignages, en raison de son impatience et de son impétuosité, selon d'autres, parce que les Turcs cherchent à gagner le temps nécessaire pour réarmer et pour préparer une nouvelle offensive)[5],[6]. Il est à partir de 1769 à l'étranger, commandant l'expédition des frères Orlov en Méditerranée. Il participe ensuite au congrès de Bucarest, qui doit discuter des conditions de la paix, mais qui, à nouveau, se termine sans résultat. L'escadre russe arrive à Livourne en 1771, où une base pour la flotte russe a été créée. Orlov continue son action militaire, et se rend de temps en temps à Moscou et à Saint-Pétersbourg. En 1772, après que son frère Grigori a perdu la place de favori, son influence à la cour diminue significativement. Quand Potemkine succède au faible prince Vassiltchikov, elle devient pratiquement nulle. Les ennemis d'Orlov, reprenant immédiatement l'offensive, s'efforcent de s'en débarrasser définitivement. Ils dénoncent à l'impératrice les dangers que représentent pour elle les trois frères, mécontents d'avoir perdu leur influence. Leurs intrigues vont jusqu'à envoyer plusieurs fois à Orlov des provocateurs le poussant à intervenir contre l'impératrice.
En 1774, Catherine II lui confie la mission de capturer la princesse Tarakanova, femme d'origine inconnue, qui se déclare être la fille de l'impératrice Élisabeth Ire et de son amant Alexis Razoumovski et affiche ses prétentions au trône russe[7],[8]. Orlov l'intercepte à Pise et lui propose de l'accompagner à Livourne[8],[9]. Là, le 12 février 1775, sous prétexte de lui faire visiter le navire Saint Mégalomartyr Isidore, il la fait monter à bord où elle se fait arrêter avant d'être ramenée à Saint-Pétersbourg. Emprisonnée à la forteresse Pierre-et-Paul, elle y mourra sans avoir reconnu son imposture ni dévoilé sa véritable origine[8].
Dernières années
modifierAprès la mort de Catherine II, Orlov quitte la Russie pour l'étranger, emmenant sa fille avec lui. À l'avènement de l'empereur Alexandre Ier, le comte et sa fille revinrent de Dresde à Moscou, où ils s'installèrent au palais Neskuchny, près du monastère Donskoï.
Il mourut le 5 janvier 1808 à Moscou. Il est inhumé à Semenovskoïe-Otrada, un domaine historique des comtes Orlov situé sur les rives de la rivière Lopasnia, dans le village de Semenovskoye, district de Stupino, oblast de Moscou.
Éleveur
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Le comte Orlov était un grand passionné de chevaux et d'élevage dans ces domaines.
- Il croise en 1777 son étalon arabe avec une jument flamande et obtient ainsi un poulain qu'il nomme Polkan. Celui-ci croisé à son tour, avec une jument flamande noire, donne naissance à Bars Ier, que l'on considère comme le fondateur de la race des trotteurs Orloff[10],[11].
- Il est aussi à l'origine de la poule Orloff et de la race de chevaux Orlov-Rostopchin[11].
Famille
modifierLe comte Orlov épousa la princesse Eudoxie Nikolaïevna Lopoukhine (1761-1786) qui lui donna:
- Anne (1785-1848)
- Ivan (1786-1787)
- Armoiries de la famille Orlov
- Portrait du comte Ivan Orlov, par Fiodor Rokotov.
Hommages
modifierL'impératrice Catherine passa commande au peintre Jacob Philipp Hackert de quatre tableaux représentant les exploits d'Alexei Orlov. Le peintre prétendant qu'il ne pouvait pas peindre un vaisseau sautant en l'air, pour la bonne raison qu'il n'en avait jamais vu, Orlov fit sauter le plus beau navire de sa flotte pour lui donner à voir un bâtiment en feu. Ce qui équivalait à une perte financière de quatre ou cinq millions, sans compter les risques encourus par les autres navires du port de Livourne. Dumas dit avoir vu ces quatre tableaux dans la salle d'audience du palais de Peterhof[12].
Bibliographie
modifier- (ru) И. Курукин (I. Kouroukine), Княжна Тараканова [« La Princesse Tarakanova »], Moscou, Молодая гвардия, coll. « Жизнь замечательных людей (Vie des hommes remarquables) », , 262 [10] (ISBN 978-5-235-03405-1, BNF 43560509)

Références
modifier- ↑ (en) John Francis Waller, John Eadie, William John Macquorn Rankine, Edwin Lankester, The Imperial Dictionary of Universal Biography : A Series of Original Memoirs of Distinguished Men, of All Ages and All Nations, vol. 1, John Francis Waller, , 948 p. (lire en ligne), p. 480
- ↑ (en) Alexander Kamenskii, Catherine the Great : A Reference Guide to Her Life and Works, Rowman & Littlefield Publishers, , 196 p. (ISBN 9781538130285, lire en ligne), p. 32
- ↑ (ru) « Пассек Петр Богданович - Биография » [« Passek Petr Bogdanovitch - Biographie »], sur biografija.ru (consulté le ).
- ↑ Курукин (Kourikine) 2011, p. 156-157.
- ↑ « Орлов-Чесменский Алексей » [archive du ], 2/18 (consulté le )
- ↑ (ru) « Биографии - Орлов-Чесменский Алексей (1737-1807) » [« Biographie - Orlov-Tchesmenski Alekseï (1737-1807) »], sur wars175x.narod.ru (consulté le )
- ↑ María Pilar Queralt del Hierro, « La princesse Tarakanova, l'usurpatrice qui a tenté de renverser la Grande Catherine », National Geographic, (lire en ligne)
- 1 2 3 (en) « An Adventuress of the Eighteenth Centruty », Appletons' Journal, vol. 9, , p. 52-64 (lire en ligne)
- ↑ Katherine Girard, Catherine II - Impératrice de Russie, Éditions Monarque, , 500 p. (ISBN 9782898180385, lire en ligne)
- ↑ (en) John Hankins Wallace, « The Dignity of Trotting Theories », Wallace's Monthly, Benjamin Singerly, vol. 2, no 1, , p. 451 (lire en ligne)
- 1 2 André Monteilhet, Les maîtres de l'oeuvre équestre : suivi de Les Mémorables du cheval, Actes Sud Nature, 499 p. (ISBN 9782330102005, lire en ligne)
- ↑ Alexandre Dumas, " Les deux révolutions, Paris 1789, Naples 1799", Fayard, 2012, p.284.
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :