L’alforsite est un minéral rare de la famille des phosphates, de formule chimique Ba5(PO4)3Cl[2]. Elle a pour localités types Big Creek et la concession « Esquire No. 7 », toutes deux dans le comté de Fresno en Californie aux États-Unis[3]. Elle a été nommée en l'honneur du géologue américain John T. Alfors (1930- 2005), pour ses travaux dans la zone des localités types.

Alforsite
Catégorie VIII : phosphates, arséniates, vanadates[1]
Image illustrative de l’article Alforsite
Micro-inclusion (minéralogie)s d'alforsite associées de la gillespite rose-rouge, de Trumbull Peak en Californie.
Général
Symbole IMA Afr
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique Ba5(PO4)3Cl
Identification
Masse formulaire 1007,00 uma
Couleur incolore
Système cristallin hexagonal
Classe cristalline et groupe d'espace 6/m - dipyramidale
P63/m
Clivage aucun
Échelle de Mohs 5
Ténacité fragile
Trait blanc
Éclat vitreux, subvitreux
Propriétés optiques
Indice de réfraction nω = 1,700, nε = 1,701
Biréfringence δ = 0,001 - uniaxe (-)
Pléochroïsme non
Fluorescence ultraviolet non
Extinction optique parallèle
Transparence oui
Propriétés chimiques
Densité 4,80 (calculée)
Propriétés physiques
Radioactivité non

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Elle est validée par l'IMA en 1980[4] qui lui attribue le symbole Afr[5]. Elle est incolore, d'éclat vitreux, subvitreux[3] et sa dureté est de 5 sur l'échelle de Mohs.

Classification

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Dans la classification de Strunz, sous la cote 8.BN.05, l'alforsite figure parmi les phosphates avec anions additionnels mais sans H2O (8.B), contenant uniquement de gros cations (de baryum en l'occurence), où le rapport entre l'anion additionnel (Cl) et les groupements RO4 (PO4) est de 1 pour 3, soit 0,33:1[3]. Dans ses localités types du Comté de Fresno, l'alforsite est associée à la celsiane, la fluorapatite, la fresnoïte, la gillespite, la pyrite, au quartz, à la sanbornite, la titantaramellite, la tourmaline, la walstromite et à la witherite. La base de données minéralogique Mindat.org recense en 2026, 11 gisements dans le monde, dont 4 aux États-Unis, et 3 en Israël[3].

Caractéristiques

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L'alforsite montre des cristaux subédriques, atteignant 0,2 mm, au sein de masses à grain très fin. Elle est l'analogue de la chlorapatite[6] et cristallise dans le système hexagonal, de classe cristalline 6/m, de groupe d'espace P63/m. Elle présente un trait blanc, n'a pas de clivage. Sa densité calculée est de 4,80[7].

Chimie et formation

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L'alforsite a une masse molaire de 1007,00 g/mol. Elle est composée à 76,13 % d'oxyde de baryum (BaO), de pentoxyde de phosphore (P2O5) à 21,14 %. Elle contient principalement du baryum, de l'oxygène et du phosphore mais aussi du chlore à faible teneur.

Composition[8]
Baryum 68,19 %
Oxygène 19,07 %
Phosphore 9,23 %
Chlore 3,52 %

Formée principalement au stade paragénétique 11 par pyrométamorphisme (mode 51) de la formation d'Hatrurim au Moyen-Orient, il y a moins de 360 millions d'années lorsque l'ignition naturelle de dépôts d'hydrocarbures proche de la surface a soumis les sédiments à des températures supérieures à 1 000 °C (voir aussi mode 54 et 56)[9]. Elle s'inscrit dans le contexte plus large du stade paragénétique 10a après l'oxygénation néoprotérozoïque et le développement de la biosphère terrestre, il y a moins de 600 millions d'années par des processus proche de la surface en milieu évaporitique. On lui attribue aussi, pour certains grains, une préservation comme minéral détritique mécaniquement robuste d'origine hadéenne (mode 26)[10], conservé dans les sédiments[9].

Environnement et gisements

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On la trouve sous forme de lentilles et de bandes dans des roches sédimentaires à silicates de baryum, formés dans le faciès des cornéennes à hornblende et pyroxène, près de la zone de contact avec un granite ou une granodiorite. Dans ses localités types du Comté de Fresno, l'alforsite est associée à la celsiane, la fluorapatite, la fresnoïte, la gillespite, la pyrite, au quartz, à la sanbornite, la titantaramellite, la tourmaline, la walstromite et à la witherite. La base de données minéralogique Mindat.org recense en 2026, 11 gisements dans le monde, dont 4 aux États-Unis, et 3 en Israël[3].

Notes et références

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  1. ↑ La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. ↑ (en) « Alforsite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (en) « Alforsite », sur Mindat.org (consulté le )
  4. ↑ (en) « The New IMA List of Minerals : A Work in Progress – Updated: July 2024 » [PDF], sur CNMNC (consulté le )
  5. ↑ (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  6. ↑ M. Hata, F. Marumo, S. Iwai et H. Aoki, « Structure of barium chlorapatite », Acta Crystallographica Section B Structural Crystallography and Crystal Chemistry, vol. 35, no 10,‎ , p. 2382–2384 (ISSN 0567-7408, DOI 10.1107/s0567740879009377, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (de + en) « Alforsite (Alforsit) », sur Mineralienatlas.de (consulté le )
  8. ↑ (en) « Alforsite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  9. 1 2 Robert M. Hazen et Shaunna M. Morrison, « On the paragenetic modes of minerals: A mineral evolution perspective », American Mineralogist, vol. 107, no 7,‎ , p. 1262–1287 (ISSN 0003-004X et 1945-3027, DOI 10.2138/am-2022-8099, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ De nombreux minéraux mécaniquement robustes, dont des dizaines d'alliages métalliques, carbures et chalcogénures non encore découverts in situ, sont préservés dans les sédiments comme minéraux détritiques. Dans quelques cas le contexte originel est inconnu [ex. tantalcarbure (TaC) et niobocarbure (NbC)] ; la véritable paragénèse reste alors non résolue.