Alfred Fronval
Alfred Fronval, né le à Neuville-Saint-Rémy (Nord) et mort accidentellement le à Villacoublay (Seine-et-Oise), est un aviateur français.
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Biographie
modifierFamille
modifierAlfred Fronval naît le à Neuville-Saint-Rémy du mariage de Henri Joseph Fronval et d'Eugénie Laure Morel[1].
Alfred Fronval avait deux sœurs et trois frères. Deux de ses frères sont morts au champ d'honneur, le troisième et ses deux parents furent tués lors d'un bombardement pendant la Première Guerre mondiale peu de jours avant l'armistice[2],[3],[4].
Il est un ami de Roland Garros[5].
Le , il épouse à Roubaix, Raymonde Jeanne Willems. De ce mariage, naissent trois enfants : Yvette, Jean et Jacques[6]. Jean sera également aviateur et a participé dans l'Armée de l'air à la Seconde Guerre mondiale[7]. Jacques sera photographe. Il naît le soit trois jours après la mort de son père.
Moniteur-pilote et inventeur
modifierAprès trois années dans les tranchées, il est détaché comme élève pilote à l'école du Crotoy[8]. Il passe son brevet de pilote le [9],[10],[11], en étant l'un des élèves préférés de René Simon qui dirigeait l'école de chasse de Pau[2]. Il est alors affecté en escadrille de chasse, puis à l'école de chasse de Pau, comme sergent, jusqu'en 1918 en raison de ses grandes qualités d'instructeur[7].
Comme moniteur[12], Alfred Fronval favorise l'instruction avec des appareils difficiles à piloter, parce que "qui peut plus, peut moins... lorsque le débutant aura bien en main un appareil assez fin, il lui sera fort aisé de piloter n'importe quel autre avion", comme il devait le déclarer à celui qui deviendra son successeur et un autre grand voltigeur aérien de l'entre-deux-guerres, Michel Détroyat[13]. Démobilisé, il entre chez Morane-Saulnier[2].
Vers 1919, il invente l'un des premiers simulateur de vol ou link trainer, alors rustique[14]. Il est l'auteur d'un manuel de pilotage. Après guerre, il contribue avec Marcel Doret et avec Michel Détroyat à la création de l'une des toutes premières formations aériennes : la patrouille tricolore[15], composée de trois avions.
En 1919, il détient le record du monde de loopings en avion avec 629 boucles réalisées en 2 heures 42 minutes. Le , il décroche un nouveau record du monde avec 962 boucles[7],[5],[16].
Démobilisé, il devient en 1921 pilote d'essai et chef-pilote chez Morane-Saulnier[7].
En , Alfred Fronval participe au concours national de tourisme aérien, soit une course de 2 310 kilomètres, dont le sous-secrétariat d'État de l’Aéronautique et l’Aéro-Club de France sont à l'origine. Celle-ci poursuit comme objectif de prouver que l'avion est le meilleur moyen de transport pour faire du tourisme[17].

Le , il établit un nouveau record du monde de loopings : il en réalise 1 111[7] en moins de cinq heures (4h56).
Mort
modifierLe , au décollage, son biplace encore au sol avec deux passagers est percuté par un avion à l'atterrissage. Il meurt carbonisé, ne parvenant pas à détacher sa ceinture de sécurité, malgré les efforts des sauveteurs qui accourent de toutes parts pour le sauver sur les pistes de la base aérienne de Villacoublay[18], Alfred Fronval meurt carbonisé[9],[7].
Distinctions
modifierLe , Alfred Fronval est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Il est fait chevalier de l'ordre le [1]. Il est titulaire de la croix de guerre 14-18[9] et de la croix de Léopold II[9].
Hommage de Neuville-Saint-Rémy
modifierAlfred Fronval est inhumé au cimetière de Villacoublay, cependant sa commune natale Neuville-Saint-Rémy, dans le département du Nord, lui a dédié :
- la rue Alfred Fronval ;
- le lotissement Alfred Fronval ;
- un monument du souvenir.
Pour approfondir
modifierBibliographie
modifier- Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, notice consacrée à Alfred Fronval en pages 399 et 400.
- « Alfred Fronval », Aéronautique, vol. 10, , p. 293 (lire en ligne)
- Jean-Claude Defer, Alfred Fronval as de l'aviation
- Marcel Catillon, « Fronval Alfred », dans Mémorial aéronautique. Qui était qui?, Nouvelles éditions latines, , 221 p. (ISBN 9782723305297), p. 79
- Jacques Mortane, « Alfred Fronval. Le Grand artiste, victime de sa prudence », dans Au péril de l'air, Édition Baudiniére, , 283 p.
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
Références
modifier- 1 2 « Cote LH/1042/59 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- 1 2 3 Raymond Cahisa (préf. Robert Morane), L'aviation d'Ader et des temps héroïques, Albin Michel, , 420 p. (ISBN 9782307146162).
- ↑ Mortane 1935, p. 143.
- ↑ Le Grand écho du Nord de la France, édition du , [lire en ligne].
- 1 2 Jacques Beal, Les Ailes noires, (lire en ligne).
- ↑ Recueil des arrêts du Conseil d'État, , [lire en ligne].
- 1 2 3 4 5 6 Catillon 1997, p. 79.
- ↑ « Alfred Fronval, un des pilotes les plus exceptionnels de son temps », sur Editions les deux soeurs, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « La mort de Fronval : Alfred Fronval », Le Petit Parisien, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ « Alfred Fronval, un des pilotes les plus exceptionnels de son temps », sur editionslesdeuxsoeurs.fr (consulté le )
- ↑ Mortane 1935, p. 141.
- ↑ « Le 24 février 1922 dans le ciel : Le roi des loopings se crashe », sur Air Journal (consulté le ).
- ↑ Michel Détroyat, Tu seras aviateur, Les Éditions de France, Paris, 1938.
- ↑ « Simulateurs », sur claudel.dopp.free.fr (consulté le ).
- ↑ « La Patrouille de France PAF Historique », sur traditions-air.fr (consulté le ).
- ↑ « Le 26 mai 1920 dans le ciel : Alfred Fronval, le roi incontesté du looping », sur air-journal.fr, (consulté le ).
- ↑ Le 27 septembre 1925 dans le ciel : Concours national de tourisme aérien : la course débute.
- ↑ « Alfred Fronval - Agence D'attractivité Du Cambrésis », sur Agence d'attractivité du Cambrésis (consulté le ).