Aliapur
Aliapur est un éco-organisme fondé en 2003 et spécialisé dans la collecte et le recyclage de pneus usagés en France.
| Aliapur | |
| Création | 15/01/2002 |
|---|---|
| Forme juridique | SA à conseil d'administration (s.a.i.) |
| Slogan | Collecte et recyclage de vos pneus |
| Siège social | Lyon |
| Direction | Véronique Giraud, directrice générale de Continental Tires France
Mathieu Chardin, Directeur général |
| Actionnaires | Bridgestone, Continental, Goodyear, Michelin, Pirelli |
| Activité | Collecte et recyclage de pneus[1] |
| Effectif | 28 (2025) |
| SIREN | 440874139 |
| Site web | www.aliapur.fr |
| Chiffre d'affaires | 89,2 millions € (2025)[2] |
| Résultat net | 202 k€ (2025) 219 k€ (2024) |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Cette société anonyme qui assure une mission d’intérêt général a été créée par les principaux manufacturiers de pneus : Bridgestone, Continental, Dunlop Goodyear, Michelin et Pirelli.
Historique
modifierAliapur a été créée à la suite du décret français n° 2015-1003 de 2002[3] qui oblige les fabricants à collecter et recycler, sous certaines conditions, leurs pneumatiques à leur frais, selon le principe de la responsabilité élargie du producteur[4]. Plusieurs fabricants importants de pneus, Bridgestone, Continental, Dunlop Goodyear, Michelin et Pirelli, fondent alors Aliapur pour assurer le recyclage des pneus mis en vente sur le marché français.
En application de la loi AGEC (Loi Anti Gaspillage pour une Economie Circulaire), Aliapur a été agréée en tant qu'éco-organisme par un arrêté du ministre de l'écologie en date du [5].
Crise des pneus de 2010
modifierEn 2010, Aliapur se plaint à plusieurs reprises auprès de l'État de ne pas recevoir assez de contributions financières du fait de producteurs frauduleux, qui bénéficient du dispositif sans s’acquitter de leur éco-contribution : l'entreprise collecte donc plus de pneus usagés que prévu. Aliapur arrête alors la collecte des pneus chez certains distributeurs, ce qui augmente le risque de décharges sauvages. La reprise des ventes de pneumatiques neufs permet la croissance de l'éco-contribution et la collecte reprend avec l’engagement écrit du ministère de mettre en place des contrôles et des sanctions à l’égard des acteurs ne respectant pas les obligations mises à leur charge.
Le 17 février 2011, Aliapur revient sur les sanctions encourues visant les producteurs de pneus en cas de non-déclaration de leurs volumes et de non-paiement de l'éco-contribution. Elle dénonce aussi par ailleurs d'autres types de fraudes (eco-taxes)[6].
Cette crise indique, selon Jean-Baptiste Bahers, chargé de recherche CNRS, que « le statut intermédiaire entre intérêts publics et privés de [l'éco-organisme] se traduit par des ambiguïtés quant à [son] fonctionnement »[7].
Activité
modifierTraitement de pneus usagés
modifierAliapur collecte, trie et recycle des pneus usagés en France[8].
Ces activités de collecte, tri et recyclage sont sous-traitées à des entreprises locales spécialement équipées tant en matériels de transport, bennes de collecte et trieurs[réf. souhaitée].
Matthieu Glachant estime en 2008 que la contribution fixe versée par les producteurs de pneus à l’éco-organisme Aliapur, et qui correspond à la catégorie de pneu usagé, ne crée « aucune incitation à la prévention des déchets puisque, quelle que soit l’ampleur de ses efforts, un producteur paie la même somme, par pneu, que ses concurrents », et indique que la responsabilité élargie du producteur devrait également s’accompagner d’objectifs en matière de prévention et d’éco-conception des produits par les fabricants[9].
Lobbying
modifierDans le cadre de cette activité, le quotidien Le Monde indique que Thierry Solère travaille de 2003 à 2012 comme consultant pour l'entreprise Aliapur, ainsi que son épouse, qui y exerce de 2003 à le rôle de chargée de communication. Le quotidien rapporte que Thierry Solère, « d’abord lobbyiste, […] a continué à conseiller la société entre 2007 et 2012 alors qu’il était le suppléant du député des Hauts-de-Seine, Pierre-Christophe Baguet, puis a employé la femme du directeur général lorsqu’il était lui-même député », faisant référence à l'embauche d'Isabelle Fabiew comme assistante parlementaire en 2014[10].
Références
modifier- ↑ https://www.ouest-france.fr/bretagne/combourg-35270/plus-de-230-tonnes-de-pneus-collectees-3f48e26c-019a-4406-8518-82c08a7a7a9e
- ↑ | évolution du CA = 84,9 millions € (2024)Giraud Véronique , Chardin Mathieu
- ↑ Décret n°2002-1563 du 24 décembre 2002.
- ↑ « Lettre économique Brefonline, septembre 2007. »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ « Arrêté du 27 décembre 2023 portant agrément d'un éco-organisme de la filière à responsabilité élargie du producteur des pneumatiques », sur legifrance.gouv.fr,
- ↑ Rachida Boughriet, « Fraude sur l'éco-contribution des pneumatiques : jusqu'à 7.500 € d'amende »
, sur Actu Environnement, (consulté le ). - ↑ Jean-Baptiste Bahers, « Les dysfonctionnements de « la responsabilité élargie du producteur » et des éco-organismes », Mouvements, , p. 82-83 (DOI 10.3917/mouv.087.0082, lire en ligne)
- ↑ H.Y., « Plus de 350 000 tonnes de pneus usagés collectées en 2017 », sur environnement-magazine.fr, (consulté le ).
- ↑ Matthieu Glachant, « L'éco-conception est-elle rentable pour les entreprises ? », Annales des Mines - Réalités industrielles, , p. 62 (lire en ligne)
- ↑ Simon Piel, « Les liens d’affaires de Thierry Solère avec l’industrie du recyclage », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierAutre organisme traitant des pneus usagés
modifier- Association française des importateurs de pneumatiques (AFIP)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- « La filière de collecte et d’élimination des pneumatiques usagés », sur ecologie.gouv.fr via Internet Archive (consulté le )