Alice Rivaz

écrivaine suisse

Alice Rivaz, nom de plume d'Alice Golay, née le à Rovray et morte le à Genthod, est une écrivaine suisse.

Alice Rivaz
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Alice Golay
Nationalité
Activités
Autres informations
Genre artistique
Distinctions
Œuvres principales
La paix des ruches, Comme le sable, Le Creux de la vague, Jette ton pain
Plaque commémorative sur sa maison de naissance à Rovray

Biographie

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Origines

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Alice Rivaz naît Alice Golay le à Rovray, dans le canton de Vaud. Elle est originaire du Chenit, dans le même canton[1]. Elle passe son enfance sur la Riviera vaudoise, notamment à Clarens[2].

Éducation

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Elle grandit dans une famille bourgeoise, avec un père, Paul Golay, engagé dans le parti socialiste vaudois[3]. Marquée par les idées politiques de son cercle familial, Alice Rivaz développe dès l'adolescence un intérêt pour les questions sociales et adhère à la Jeunesse socialiste lausannoise de 1916 à 1918[1],[4].

Elle a également deux autres passions : la musique et la littérature. Elle étudie au Conservatoire de musique de Lausanne, dont elle obtient un diplôme en 1917[1], mais ne peut entrer en classe de virtuosité car ses mains sont trop petites[4].

Dès cette époque, elle affirme sa volonté d'autonomie : refusant le mariage, elle obtient en 1921 un certificat de l'école de sténographie Underwood et suit des cours d'allemand[4].

Carrière

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Après avoir enseigné le piano et la musicologie dans différents pensionnats, elle s'établit ensuite à Genève et entre au Bureau international du travail (BIT) comme documentaliste de 1925 à 1940, puis de 1946 à 1959[1],[4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille comme journaliste, en particulier pour l'hebdomadaire Servir, et est collaboratrice de la Guilde du Livre, où elle fait la connaissance de Charles Ferdinand Ramuz[1].

En 1939, elle choisit son nom de plume : le village vaudois de Rivaz[5],[3] et soumet à Ramuz son premier roman, Nuages dans la main, qui paraît en 1940[1],[3]. Elle écrit également Comme le sable (1946) et La Paix des ruches (1947), roman à la première personne qui explore l'expérience féminine : l'amour, la maternité, le travail et les injustices auxquelles les femmes sont confrontées[6].

Ces trois romans constituent la première phase de son activité littéraire, centrée sur la condition féminine, les minorités et des réflexions sur l'amour et la solitude. Elle obtient en 1942 le prix Schiller[4].

En 1946, Alice Rivaz reprend son activité au BIT. C'est après avoir obtenu sa retraite anticipée, en 1959, qu'elle peut se concentrer exclusivement à la création[1]. Elle varie les genres, rédigeant nouvelles, essais et romans autobiographiques. Lors de cette deuxième phase de créativité littéraire, elle dénonce l'égoïsme et l'indifférence de la société face aux humbles : Sans alcool (1961) et De mémoire et d'oubli (1973). Elle explore la vie intérieure de ses personnages dans Le Creux de la vague (1967) et Jette ton pain (1979)[4].

Elle évoque son enfance, ses souvenirs et notamment ses débuts en littérature ainsi que les raisons du choix d'un pseudonyme. Elle écrit également une étude sur Ramuz, un essai sur le poète Jean-Georges Lossier et un portrait de la romancière Alice Curchod[4].

Son œuvre, en grande partie traduite en allemand et en italien, accorde une grande place aux femmes confrontées à leur famille, au travail et aux hommes, ainsi qu'aux milieux populaires et marginaux. Elle traite de sujets peu abordés à son époque, comme l'homosexualité, l'antisémitisme et le silence dans lequel étaient maintenues les femmes suisses jusqu'à l'obtention du droit de vote en 1971[1],[5].

À partir de 1996, les Éditions de l'Aire et les Éditions Zoé réédident son œuvre[7]. La réédition de La Paix des ruches par Zoé est préfacée par Mona Chollet[6].

Vie privée

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Elle reste célibataire toute sa vie, refusant le mariage[6]. Musicienne, elle joue du piano plusieurs heures par jour et s'adonne également à la peinture[4].

Tombe d'Alice Rivaz au cimetière des Rois à Genève

Elle meurt en 1998, âgée de 96 ans, à Genthod en Suisse[1],[8]. Comme tous les lauréats du prix de la Ville de Genève, Alice Rivaz est enterrée au cimetière des Rois[9],[10].

Elle laisse l'image d'une femme moderne, qui a osé aborder des sujets tabous et dénoncer les injustices les plus criantes de la société[4].

Hommages

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En 2001, deux plaques commémoratives sont apposées, l'une sur sa maison natale[11], à Rovray ; et une autre sur l'immeuble où, de 1932 à 1992, elle a passé une grande partie de sa vie, avenue Théodore-Weber 5, à Genève.

Le , une autre plaque est inaugurée rue Caroline 1, à Lausanne[12], sur l'immeuble où vécurent ses parents. Enfin, une place à Clarens est nommée d'après elle, ainsi qu'une rame de l'Intercity pendulaire des Chemins de fer fédéraux[2]. À Genève, le collège pour adultes Alice-Rivaz et une rue dans le quartier de Champel lui rendent aussi hommage.

Depuis 2015, il existe un Prix Alice-Rivaz, que l’on décerne tous les trois ans. Le premier lauréat en est Yves Laplace pour son roman Plaine des héros (2015) ; le deuxième est Bruno Pellegrino pour son roman Là-bas, août est un mois d'automne (2018) ; la troisième lauréate est Silvia Ricci Lempen pour son roman Les rêves d'Anna (2020)[13].

Œuvres

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  • Nuages dans la main (roman), Lausanne, Guilde du Livre,
  • Cendres (nouvelle, intégrée dans son recueil Sans Alcool),
  • Comme le sable (roman), Paris, Éditions Julliard,
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1996 et 2001
  • La Paix des ruches (roman), Paris et Fribourg, LUF,
    • avec Comptez vos jours, Lausanne, Le Livre du Mois, 1970
    • avec une préface de Marcel Raymond, avec Comptez vos jours, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme (Poche Suisse), 1984
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1999 et 2016
  • Sans Alcool (nouvelles), Boudry, La Baconnière,
  • Comptez vos jours (récit), Paris, José Corti,
    • avec une préface de Marcel Raymond, avec La Paix des ruches, Lausanne, Le Livre du Mois, 1970
    • Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme (Poche Suisse), 1984
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 2000 et 2016
  • Le Creux de la vague (roman), Lausanne, Éditions de l'Aire / Rencontre,
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1999
  • L'Alphabet du matin (récit), Lausanne, Éditions de l'Aire / Rencontre,
    • Vevey, Éditions de l'Aire, 1994
    • avec une préface de Claire Krähenbühl, Vevey, L'Aire bleue, 2002
  • De Mémoire et d'oubli (récits), Lausanne, Éditions de l'Aire / Rencontre,
    • Vevey, Éditions de l'Aire, 1992
    • Vevey, L'Aire bleue, 2007
  • Jette ton pain (roman), Vevey, Bertil Galland
    • Paris, Gallimard, 1979
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1997 et 2001
  • Ce Nom qui n'est pas le mien (essais), Vevey, Bertil Galland,
    • Vevey, Éditions de l'Aire (L'Aire bleue), 1998
  • Traces de vie (carnets (1939-1982)), Vevey, Bertil Galland,
    • Vevey, Éditions de l'Aire, 1998
    • avec une préface de Reynald Freudiger, Vevey, L’Aire bleue, 2020
  • Jean-Georges Lossier (étude sur le poète Jean-Georges Lossier), Fribourg, Éditions universitaires Fribourg,
  • Creuser des puits dans le désert (lettres à Jean-Claude Fontanet), Genève, Éditions Zoé,
  • Les Enveloppes bleues (correspondance avec Pierre Girard (1944-1951)), Genève, Éditions Zoé,
  • Pourquoi serions-nous heureux? (correspondance avec Jean-Georges Lossier (1945-1982)), Genève, Éditions Zoé,
  • La machine à tricoter (écrits sur les femmes et le travail, édition établie et préfacée par Jacob Lachat), Genève, Éditions Héros-Limite, coll. « Tuta blu », .

Prix et distinctions

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  • 1942 et 1969 : prix Schiller[1].
  • 1967 : prix des écrivains genevois pour son livre Le Creux de la Vague
  • 1967 : prix du livre vaudois
  • 1975 : prix de littérature de la Ville de Genève[14],[15]
  • 1980 : grand prix C.F. Ramuz[3].
  • 1997 : médaille Genève Reconnaissante

Bibliographie

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  • Roger-Louis Junod, Alice Rivaz, Fribourg, Éditions universitaires Fribourg, (ISBN 2-8271-0179-3)
  • ECRITURE 17 (Revue littéraire), Alice Rivaz, Un cahier de photographies, Carnets, Alice Rivaz vue par Marcel Raymond, Jean-Georges Lossier et Marianne Ghirelli, Lettres de Pierre Girard et de Jean Rousset, Lausanne, Éditions Bertil Galland, (ISBN 2-88015-071-X)
  • ECRITURE 48 (Revue littéraire), Alice Rivaz, inédits, essais, témoignages, Lausanne,
  • Françoise Fornerod, Alice Rivaz, Pêcheuse et bergère de mots, Genève, Éditions Zoé, (ISBN 2-88182-349-1)
  • ECRITURE 57 (Revue littéraire), Alice Rivaz, journaliste et épistolière, Lausanne,
  • Album édité par François Fornerod, Le Temps d'Alice Rivaz, Genève, Éditions Zoé,
  • édité par Françoise Fornerod et Dors Jakubec, avec des contributions de : Daniel Maggetti, Silvia Ricci Lempen, Luc Weibel, Amélie Plume, Anne Brécart, Sylviane Dupuis, Autour d'Alice Rivaz, Université de Lausanne, Études de lettres,
  • Valérie Cossy, Alice Rivaz, devenir romancière, Association Mémoire de femmes,
  • avec des contributions de Marianne Dyens, Sylviane Dupuis, Yves Laplace, Valérie Frey, Valérie Cossy, Markus Hediger, Alice Rivaz, Prix Alice Rivaz, Lausanne, Association Alice Rivaz,
  • Julien Burri, « Alice Rivaz, au nom de celles qui portent le monde à bout de bras », Le Temps - Entre-Temps,‎ , p. 32 et 33 (lire en ligne Accès payant)
  • Marianne Dyens, Alice Rivaz, l'écriture et la vie, Gollion, Infolio éditions,

Fonds d'archives

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Toni Cetta, « Alice Rivaz » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  2. 1 2 « Un rame CFF baptisée "Alice Riva", de Clarens », sur MyMontreux (consulté le )
  3. 1 2 3 4 ATS, « Remise du Grand-Prix Ramuz à Alice Rivaz » Accès libre [PDF], sur www.letempsarchives.ch, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Renouvaud, « Rivaz, Alice » Accès libre, sur Patrinum (consulté le )
  5. 1 2 Julien Burri, « Alice Rivaz, romancière féministe pionnière en Suisse romande: sous le silence des femmes, le feu », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  6. 1 2 3 Lucile Commeaux, « Lire ou relire Alice Rivaz » Accès libre, sur France Culture, (consulté le )
  7. ↑ « Alice Rivaz », sur Éditions ZOE (consulté le )
  8. ↑ René de Ceccatty, « Alice Rivaz », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ Aurélien Gamboni, « Le Tiret d’Alice Rivaz » Accès libre, sur ag-archives.net, (consulté le )
  10. ↑ Lisbeth Koutchoumoff Arman, « Alice Rivaz au creux de l’été », www.letemps.ch,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  11. ↑ « Commune de Rovray » Accès libre, sur rovray.ch (consulté le )
  12. ↑ A.M. Martin, « Alice Rivaz » Accès libre, sur notrehistoire.ch, (consulté le )
  13. ↑ Le Prix Alice Rivaz 2021 décerné à Silvia Ricci Lempen
  14. ↑ « Prix de la ville de Genève 1975 », sur ville de Genève
  15. ↑ Télécharger la vCard, « Prix Culture et Société de la Ville de Genève », sur www.geneve.ch (consulté le )
  16. ↑ « Alice Rivaz: Fonds d'archives » Accès libre, sur www.alice-rivaz.ch (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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