Alicja Kwade
Alicja Kwade, née en à Katowice, est une artiste allemande d'origine polonaise. Sa pratique englobe la sculpture, les installations, la vidéo, la photographie et les œuvres sur papier.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Représentée par | |
|---|---|
| Site web | |
| Distinctions |
Prix Robert-Jacobsen (d) () Berliner Bär () |
Elle s'intéresse particulièrement à l'intersection de la science, de l'art et de la philosophie. Elle remet en question les modes de perception conventionnels en explorant les illusions perceptives et les transitions entre objet et fonction, ainsi qu'entre matière et forme. Avec des matériaux ordinaires tels que le verre, l'acier et le béton, elle interroge les conventions élaborées pour expliquer les phénomènes naturels.
Ses œuvres sont exposées dans le monde entier et figurent dans les collections de nombreux grands musées.
Biographie
modifierFamille et jeunes années
modifierAlicja Kwade est née en 1979 à Katowice, ville industrielle polonaise.[1] Son père est historien de l'art et restaurateur et sa mère, chercheuse en études culturelles spécialisée dans les langues slaves. Très jeune elle manifeste déjà un intérêt pour l'art, encouragée par ses parents[2].
Lorsqu'elle a huit ans, la famille d'Alicja Kwade fuit en Allemagne de l'Ouest sous prétexte d'assister au mariage d'un parent en France. Elle raconte que, pour éviter d'éveiller les soupçons à la frontière avec des devises étrangères, son père dissimule de l'or fondu dans les phares et les portières de la voiture, tandis que sa mère cache des dollars dans les vêtements des enfants et leur demande de faire semblant de dormir[3]. La famille s'installe à Hanovre, où Alicja Kwade grandit avant de partir pour Berlin afin d'y faire des études artistiques[4],[5].
Formation
modifierDe 1999 à 2005, Alicja Kwade étudie à l'Université des Arts de Berlin, notamment auprès de Dieter Hacker (de) et Christiane Möbus, et obtient son master. Elle finance ses études grâce à de nombreux emplois à temps partiel. À l'Université elle rencontre le peintre Gregor Hildebrand (de) avec lequel elle entretient une relation durable[6]. En 2002, elle passe une année Erasmus au Chelsea College of Art and Design à Londres[4].
De 2002 à 2005, elle bénéficie d'une bourse de la Fondation nationale allemande pour les études (Studienstiftung des deutschen Volkes), et en 2005 et 2006, d'une bourse au titre de la loi sur la promotion des jeunes chercheurs. En 2006 et 2007, elle séjourne également à Varsovie grâce à une bourse de troisième cycle du Service allemand des échanges universitaires (DAAD)[7].
En 2010, elle obtient la bourse Karl Schmidt-Rottluff (de) de la Fondation nationale allemande pour les études. En 2011, elle obtient le Prix Robert Jacobsen (de), une bourse de travail de la Fondation Kunstfonds et la bourse Bremerhaven[7]. En 2012, elle est artiste en résidence au Vauclin, en Martinique.
Carrière artistique
modifierAu début de sa carrière, Alicja Kwade travaille souvent avec la vidéo et la photographie, en partie parce que sa situation financière ne lui permet pas de réaliser des sculptures ou des installations de grande envergure[8].
Alicja Kwade occupe plusieurs ateliers à Berlin, d'abord à Wedding, puis à Moabit avant de partager un espace avec Thomas Kiesewetter (de) à Kreuzberg. En 2011, elle occupe seule cet atelier. En 2012, elle transfère son espace de travail à Weißensee, puis en 2018, elle s'installe dans un atelier à Oberschöneweide[5]. En 2011, Alicja Kwade dit employer dix personnes permanentes et quinze indépendants dans son atelier [9].
Alicja Kwade vit à Berlin avec l'artiste Gregor Hildebrandt . En 2023, elle quitte la Galerie König avec laquelle elle est sous contrat depuis 2008, pour rejoindre la Galerie Pace[10],[11]. En France, elle est représentée par la Galerie Mennour[12].
Pratique artistique
modifierAlicja Kwade travaille principalement la sculpture et l'installation, mais aussi la vidéo et la photographie, utilisant une grande variété de médiums, très souvent des matériaux ordinaires comme des pierres, le métal ou du verre et des objets symboliques comme des balais, des lampes, des portes et des horloge qui évoquent les notions de temps, d'énergie et de matière[13],[14],[15],[16]. Elle transforme objets et matériaux à travers leur reproduction, leur répétition et leur réflexion, de façon à les extraire de leur signification habituelle. Elle utilise parfois des images miroirs ou des reflets comme une fenêtre dans une autre réalité pour amener le spectateur à se questionner sur ce qu’il regarde réellement, la réalité ou une illusion [17],[18].
Alicja Kwade remet en question notre perception de la réalité par le démantèlement des limites de nos impressions sensorielles, nous incitant à interroger nos propres certitudes. Elle brouille les frontières établies entre passé et présent, réalité et fiction et repousse les limites du possible. « Des pierres massives semblent légères, des miroirs donnent à voir une réalité parallèle, le temps perd son sens. »[1],[14],[18],[19]
Distinctions
modifierEn 2005, Alicja Kwade a remporté le deuxième prix du concours de photographie de la Investitionsbank Berlin (de). En 2007, elle obtient également le deuxième prix du Kunstpreis junger westen (de), décerné par la Kunsthalle Recklinghausen (de) [20],[7].
Le Prix Piepenbrock de sculpture lui est attribué en 2008 pour son travail multi-facettes et original, utilisant divers médias (installation, sculpture, photographie, vidéo) et matériaux[16],[20].
En 2015, la Kunsthalle Mannheim lui décerne le prix Hector[7].

En 2025/26, lauréate du prix de Rome, elle bénéficie d’une résidence à l’ Académie allemande de Rome, à la Villa Massimo[21].
Expositions (sélection)
modifierLes œuvres d'Alicja Kwade font partie de nombreuses collections publiques telles que celles du Musée municipal d'art actuel (SMAK) de Gand, du Centre Pompidou à Paris, le Hirshhorn Museum à Washington, le Musée d'art du comté de Los Angeles, le Musée d’Art moderne Grand-Duc Jean (MUDAM) à Luxembourg et le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig (MUMOK)à Vienne[1],[22].
Des expositions de son œuvre ont lieu dans des lieux prestigieux tels que le Kunstmuseum de Saint-Gall, la Whitechapel Art Gallery à Londres, la Berlinische Galerie, le MIT List Visual Art Center à Cambridge (Massachusetts), l' EMMA – Espoon Modern Art Museum à Helsinki et le musée Yuz à Shanghai.
Sa notoriété internationale s'affirme avec sa participation, en 2017, à l'exposition centrale Viva Arte Viva de la Biennale de Venise, sous le commissariat de Christine Macel. Dans le dernier espace de l'exposition, le Pavillon du Temps et de l'Infini, son œuvre WeltenLinie figure parmi les pièces exposées. Elle présente également présenté Pars pro Toto, une installation de grandes sphères de pierre disposées au sol, devant l'Arsenal[23],[24]. En 2019, Alicje Kwade crée l’installation ParaPivot dans le cadre de la prestigieuse Roof Garden Commission sur le toit du Metropolitan Museum of Art de New York[13].
- 2008 : Werkraum 25 - Von Explosionen zu Ikonen Hamburger Bahnhof, Berlin[20]
- 2010 : Probleme massereicher Körper, Westfälischer Kunstverein (de), Münster
- 2011 : Alkahest, Kunsthalle, Bremerhaven
- 2013/14 : Grad der Gewissheit, Museum Haus Esters, Krefeld[25]
- 2014-2015 : Warten auf Gegenwart, Kunstmuseum, Saint Gall Gallen
- 2015 :
- Die bewegte Leere des Momentes, Installation. Kunsthalle Schirn, Francfort-sur-le-Main.
- hectorpreis 2015. Alicja Kwade, Kunsthalle, Mannheim [26]
- 2016 : Medium Median, Whitechapel Gallery, Londres[27]
- 2017 : WeltenLinie, Biennale de Venise[28]
- 2018 :
- 2019 :
- 2020 : Kausalkonsequenz, Langen Foundation, Neuss[15]
- 2021 : In Abwesenheit, Berlinische Galerie, Berlin[34]
- 2022 : Au cours des mondes, place Vendôme, Paris, commissariat Jérôme Sans
- 2023 : In Agnosie, Lehmbruck-Museum, Duisbourg[19]
- 2024 :
- @ Sol LeWitt's Wall, Kunsthaus Graz, Graz
- Die Notwendigkeit der Dinge, Musée Voorlinden, Pays-Bas[35]
- Atrás y más allá - avec Gregor Hildebrandt, Museo de Arte de Zapopan, Guadalajara
- Biennale d'art de Borås[36]
- 2025 :
- Telos Tales, Pace Gallery, New York Pour cette exposition, Alicja Kwade crée trois sculptures monumentales en acier aux branches arborescentes, ainsi que de nouvelles œuvres multimédias, afin d'interroger la nature intangible du temps[37].
- Pretopia, Tai Kwun Contemporary, Hong Kong
- Dusty Die, Museum M, Leuven[1]

Œuvres (sélection)
modifier- 4412 leere Liter bis zum Anfang, 2008, les bouteilles de champagne vides broyées en fine poussière de verre et empilées.
- Bordsteinjuwelen, 2008, galets taillés en forme de diamants [38].
- Kohle (Union 666), 2008, des briquettes de charbon conventionnelles sont recouvertes de feuilles d'or[38]
- Hemmungsloser Widerstand, 2010, pierre et verre, Mudam, Luxembourg[39]
- Untitled, 2010, verre, pierre, socle, Mudam, Luxembourg[39]
- Ein Hocker ist ein Bild, 2015, six panneaux de verre miroir découpés dans un tabouret en bois disséqué.
- Quantenbanane, 2016, bronze patiné noir, sur un socle en bois laqué blanc. Produit en 12 moulages différents.
- Goldelse, 2024, bronze doré ; à Berlin.
- Von zukünftigen Hintergrund unter anderer Bedingung betrachtet (5), ensemble de cinq miroirs courbés, qui semblent devenus devenus flexibles. « Cette œuvre manipule notre regard et nos cadres de référence. », SMAK à Gand[22]
- Transformator, composé d’une seule branche d’arbre, coulée en bronze, avec une boule miroir en bronze à leur point de charnière. L’œuvre joue avec l’idée d'un double fantomatique, par la réplication de la branche d’arbre et de leurs réflexions, ainsi que celles du spectateur et de la pièce, dans la boule miroir[40]
- Siège du Monde, une chaise ordinaire est perchée au-dessus d’une grande sphère. La chaise est coulée en bronze et la sphère est sculptée à partir d'un seul bloc de pierre, toutes deux défiant les attentes préconçues[40].
- Sièges des Mondes, installation présentée à la Biennale d'art de Borås en 2024, puis de façon permanente dans la ville, est constituée de cinq chaises en bronze traversées à différentes hauteurs par des sphères de pierres naturelles. Deux sphères de pierre sont posées sur le sol[36].
- Big Be-Hide, 2019. Deux pierres sont posées de chaque côté d'une tôle d'acier. Une pierre est une vraie roche; l’autre est son image de miroir métallique. Présentée à la Biennale d'Helsinki, l'oeuvre est ensuite installée dans la ville[18].
- Pars pro Toto, 2018. Huit globes de pierre de tailles différentes semblables aux planètes de notre système solaire sont dispersées sur le rivage. Les pierres naturelles proviennent des différents continents de notre Terre et les symbolisent aussi. Après la Biennale d'Helsinki, l'œuvre est exposée en permanence à Kalasatama, un quartier d'Helsinki [18].
- Depuis , un mémorial orné d'une sculpture de l'artiste Alicja Kwade se dresse devant l'ancienne tour de l'Aéroport de Munich-Riem, commémorant l'attaque et le détournement déjoué d'un avion de la compagnie aérienne El Al par une organisation terroriste palestinienne le [41].
Bibliographie
modifier- (en) Kelly Baum et Sheena Wagstaff, Alicja Kwade. ParaPivot, New York, Commission Roof Garden, (ISBN 978-1-58839-667-9)
- (en) Iwona Blackwick, Daniel F. Hermann et Cameron Foote, Alicja Kwade. Médiane moyenne, Londres, Whitechapel Art Gallery, (ISBN 978-0-85488-254-0)
- (en) Hatje Cantz, Alicja Kwade - In aporie, Hatje Cantz, (ISBN 978-3-7757-4544-4)
- (de) Kunst & Kohle. Alicja Kwade mit Dirk Bell, Gregor Hildebrandt und Rinus van de Velde: Katalog zur Ausstellung im Kunstmuseum Gelsenkirchen (Kunst & Kohle: Ein Kunstprojekt), Wienanden, (ISBN 978-3868324785)
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la musique :
- Oben angekommen. Die weltkünstlerin Alicja Kwade, interview par Deutsche Welle le 9 octobre 2021.
- MIT List Visual Arts Center, Alicja Kwade Panel Discussion: Visibility of Time, 4 novembre 2019.
- RBB Kultur, Warum machen Sie Kunst, Alicja Kwade? 29 décembre 2021.
- Southbank Centre, In the Green Room - Alicja Kwade, 19 avril 2021.
Références
modifier- 1 2 3 4 « Alicja Kwade Dusty Die »
- ↑ (de) « Alicja Kwade im Wunderland - B.Z. – Die Stimme Berlins », (consulté le )
- ↑ (en) Thomas Rogers, « On the Met Roof, Alicja Kwade’s Test of Faith », New York Times, 29/02/2019 (lire en ligne)
- 1 2 (nl) Wilma, « Alicja Kwade is Alice in Wonderland in Voorlinden », sur Wilma Takes a Break, (consulté le )
- 1 2 (de) Sarah Elsing, « Alicjas Wunderland », Die Welt, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Icons, pallets, Mars melons & planets. The artistic wonderland of Alicja Kwade », sur www.porta-polonica.de (consulté le )
- 1 2 3 4 (de) « Alicja Kwade », sur www.artnet.com (consulté le )
- ↑ (en) Michaela Schweighofer, « Alicja Kwade Gets to the Point by Michaela Schweighofer », sur Spike, (consulté le )
- ↑ (de) Kevin Hanscke, « Alicja Kwade, Berlin »I’m simply interested in the different approaches to solving questions.« », sur www.collectorsagenda.com (consulté le )
- ↑ (en) « ALICJA KWADE », sur KÖNIG GALERIE (consulté le )
- ↑ (en) « Alicja Kwade & Agnes Martin: Space Between Lines | Pace Gallery », sur www.pacegallery.com, (consulté le )
- ↑ « Alicja Kwade | Artists », sur Mennour (consulté le )
- 1 2 3 « The Roof Garden Commission: Alicja Kwade, ParaPivot », sur The Metropolitan Museum of Art (consulté le )
- 1 2 3 (en) « Alicja Kwade: In Between Glances | MIT List Visual Arts Center », sur listart.mit.edu, (consulté le )
- 1 2 (en-US) « ALICJA KWADE, Kausalkonsequenz | XIBT Contemporary Art Magazine » (consulté le )
- 1 2 (en) « Alicja Kwade », sur Staatlichen Museen zu Berlin (consulté le )
- ↑ « cccod | kwade alicja » (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) « Alicja Kwade », sur Helsinki Biennial (consulté le )
- 1 2 (de) « ALICJA KWADE. IN AGNOSIE », sur rheinische-museen.lvr.de (consulté le )
- 1 2 3 (de) Gerlinde Behrendt Ines Bauer, « Alicja Kwade. Werkraum 25 - Von Explosionen zu Ikonen Aviva - Berlin Online Magazin und Informationsportal für Frauen aviva-berlin.de Kunst + Kultur », sur AVIVA-Berlin.de (consulté le )
- ↑ « Villa Massimo | Alicja Kwade », sur www.villamassimo.de (consulté le )
- 1 2 « Von zukünftigen Hintergrund unter anderer Bedingung betrachtet (5) », sur SMAK (consulté le )
- ↑ (en-GB) Contemporary Lynx Team, « 57TH INTERNATIONAL ART EXHIBITION — LA BIENNALE DI VENEZIA: Alicja Kwade, Agnieszka Polska | Contemporary Lynx - print and online magazine on art & visual culture », sur contemporarylynx.co.uk (consulté le )
- ↑ (en-US) « WeltenLinie », sur Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (consulté le )
- ↑ (en) « Degree of Certainty », sur Krefeld, (consulté le )
- ↑ (de) « Vorschau - Kunsthalle-Mannheim (DE) » [archive du ], sur kuma.art (consulté le )
- ↑ (en) « Commission: Alicja Kwade », sur Whitechapel Gallery (consulté le )
- 1 2 « the resting thought », sur CCCOD (consulté le )
- ↑ (en-US) « Alicja Kwade and LinienLand at Haus Konstruktiv, Zurich | Artingredients », (consulté le )
- ↑ « Alicja Kwade », sur kunsthalcharlottenborg.dk (consulté le )
- ↑ (en) « Alicja Kwade: Trans-For-Men », sur EMMA (consulté le )
- ↑ (es) « Alicja Kwade. Glances »
- ↑ (en) « Setouchi Triennale 2025 », sur Setouchi Triennale 2025 (consulté le )
- ↑ (de) « Alicja Kwade », sur berlinischegalerie, (consulté le )
- ↑ (nl) « Alicja Kwade - Die Notwendigkeit der Dinge », sur Voorlinden (consulté le )
- 1 2 (sv) « Alicja Kwade - Borås Konstmuseum », sur boraskonstmuseum.se (consulté le )
- ↑ (en-US) « Alicja Kwade on the Absurdity of Being Alive », sur Time Sensitive (consulté le )
- 1 2 (de) « Alicja Kwade | ArtBerlin.de » (consulté le )
- 1 2 « Alicja Kwade », sur Mudam, (consulté le )
- 1 2 (en-US) « ALICJA KWADE », sur JAIPUR CENTRE FOR ART (consulté le )
- ↑ (de) Evelyn Vogel, « Alicja Kwade über ihre Skulptur für München-Riem 1970: „Milliardstel Sekunden, die entscheiden“ », Süddeutsche Zeitung, (lire en ligne
)