Alighiero Ciattini
Alighiero Ciattini, né en 1882 à Pistoia et mort en 1964 à Rome, est un typographe et journaliste italien.
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Siro Ciattini |
Biographie
modifierTypographe syndicaliste révolutionnaire
modifierIssu d'un milieu modeste, Alighiero Ciattini quitta jeune l'école dans un atelier de cordonnerie. Marqué par les émeutes de 1898, déclenchées par la taxe sur les céréales, et la répression menée par le général Fiorenzo Bava Beccaris, Ciattini s'impliqua comme typographe et journaliste au sein du mouvement syndicaliste révolutionnaire. Il devint, avec son frère Siro, l'imprimeur, de la revue Pagine libere d'Angelo Oliviero Olivetti. Aussi, il collabora à La Lupa de Paolo Orano et à d'autres revues comme La Scintilla et L'Idea nazione. Avec son frère, il dirige la Tipografia Fratelli Ciattini (via del Vento, Pistoia) où il fait imprimer des revues et journaux comme La Tempra, Il Centone, ainsi que des écrits anarchistes et socialistes.
Adhésion au fascisme
modifierAprès la Première Guerre mondiale, il collabora à L'Italia nostra de Edmondo Rossoni. En 1923, il s'installe à Rome où il poursuit son travail politique et journalistique, collaborant avec Il Popolo d'Italia, L'Epoca et la revue Gerarchia jusqu'en 1927, signant parfois sous le pseudonyme d'Astrologo. Il collabore également à Critica fascista, revue dans laquelle il écrivit des articles sur le rôle de l'État dans le fascisme. Dans « Lo Stato su nuove basi », il écrivait :
« L'Italie, qui pour des raisons de désintégration interne, accentuée par la guerre, s'est trouvée au plus près de l'imitation de l'exemple russe ; qui était sur le point de précipiter dans la plus obscure tragédie de l'histoire et dans l'effondrement désastreux de toute sa valeur collective, a eu, naturellement, le phénomène réactif le plus violent, le plus profond, le plus significatif : le Fascisme. Mais la victoire a été heureusement du côté de la partie saine sur la partie malade et empoisonnée ».
De plus :
« [Le Fascisme] doit surtout développer les conditions par lesquelles l'État doit vivre non pas comme serviteur d'intérêts particuliers ; mais comme protecteur suprême et régulateur des intérêts nationaux les plus élevés, sans que la société ne sombre dans l'anarchie la plus funeste et tyrannique […] [A]yant déblayé le terrain des obstacles, [le Fascisme] affirme et met en œuvre ces piliers : l'État doit exister avant l'intérêt, et, s'il est nécessaire, au-dessus de l'intérêt de l'individu ou des individus, du groupe et des groupes. C'est là qu'a été la révolution fasciste, toujours en acte et en cours de développement. Révolution pacifique ; mais révolution […] Dès lors, non plus des assauts particularistes contre l'État ; mais au sein des organes y afférents, une collaboration féconde de chaque force vive, afin de rendre le fonctionnement de l'institution étatique toujours plus répondant aux besoins de la Société »[1].
Le , il rencontre Mussolini et lui expose ses idées sur les syndicats et la possibilité de publier un nouveau périodique. En 1927, il lance ce journal, Il Nuovo Stato, « un organe pour la valorisation des forces essentielles au pouvoir de l'État », dont il est le rédacteur en chef. Il s'inspire de la conception solidaire et éthique de Giuseppe Mazzini, dont la pensée l'influence profondément. Le journal a une existence éphémère et est rapidement interdit par la hiérarchie fasciste.
Ces événements ont profondément marqué sa vie : en 1928, il abandonna son matérialisme initial et se rapprocha de l’Église catholique, développant une foi religieuse profonde. En 1929, il rompit les liens avec la vie politique et devint imprimeur à l’Imprimerie nationale, tout en continuant à défendre ses idées.
Activité après-guerre
modifierEn 1944, il fonda avec Ettore Bartolozzi, ancien socialiste converti lui aussi au fascisme, la Ligue pour la liberté (Lega per la libertà), inspirée par la solidarité juridique, qui devait régir les relations entre les citoyens d’une même nation et entre les États. La Ligue fut suivie par d’autres organisations, toutes fondées sur l’idéal d’une organisation démocratique et solidaire.
À la Bibliothèque Forteguerriana de Pistoia se trouve une collection de documents et d'écrits, dont certains n'ont pas été publiés, d'Alighiero Ciattini, composée de livres, de journaux intimes, d'articles sur des sujets politiques, de poèmes en dialecte romain, parmi lesquels on peut citer ceux trouvés dans diverses bibliothèques du monde entier intéressées par l'histoire du mouvement ouvrier (Italie, Angleterre, États-Unis), tels que Problemi di politica e di cultura (1920), Mazzini (6 éditions, 1920-1922), Lo Stato e i suoi fini sociali (1921), Manifesto sui principi e sugli scopi del solidarismo (1950).
Publications
modifier- Problemi di politica e di cultura (1920)
- Mazzini (6 éditions, 1920-1922)
- Lo Stato e i suoi fini sociali, Fratelli Ciattini, 1921.
- Manifesto sui principi e sugli scopi del solidarismo (1950)
- Ricordi e memorie (inédit)
Notes et références
modifier- ↑ Alighiero Ciattini, « Lo Stato su nuove basi », Critica fascista, (lire en ligne)
Bibliographie
modifier- Progetti corporativi tra le due guerre mondiali, Carocci, Roma 2006.
- Willy Gianinazzi, Intellettuali in bilico. "Pagine libere" e i sindacalisti rivoluzionari prima del fascismo, 1996.