Allan Blair
Allan Walker Blair (–) était un professeur de la faculté de médecine de l'université de l'Alabama, surtout connu pour s'être laissé mordre par une araignée veuve noire afin d'étudier la toxicité de son venin chez l'homme[1],[2],[3]. À la suite de cette expérience, il a été hospitalisé pendant deux jours, mais s'est ensuite complètement rétabli. Le test visait à convaincre les sceptiques qui pensaient que le venin de la veuve noire ne serait peut-être pas dangereux pour l'homme[4].
Il a finalement mis au point un protocole de traitement pour les morsures de ces araignées.
Début de carrière
modifierUn article de l'Encyclopédie de la Saskatchewan indique qu'Allan Walker Blair est né à Brussels (en) (Ontario, Canada). Sa famille a déménagé à Regina lorsqu'il avait 11 ans. Il a obtenu une licence de l'Université de Saskatchewan et un doctorat en médecine chinoise de l'Université McGill à Montréal, en 1928.
Après avoir enseigné la pathologie à l'Université de l'Alabama (États-Unis) [1929-34], il a étudié la chirurgie à l'hôpital général de Winnipeg au Manitoba (Canada) [1934-35].
Blair fut le premier Canadien à recevoir une bourse Rockefeller pour étudier le cancer au New York Memorial Hospital, en 1935-1936.
Expérience d'envenimation
modifierEn 1933, nombre de savants divergeaient quant à savoir si une morsure de veuve noire était réellement à l'origine de symptômes rapportés. Jusqu’alors, seuls quelques tests similaires avaient été réalisés et ils manquaient de validité scientifique pour diverses raisons[5].
Le 12 novembre 1933, Blair se laissa mordre par une veuve noire femelle afin d'observer les effets du venin de l'araignée sur l'être humain ; âgé de 32 ans, il était d'une constitution athlétique et jouissait d'une excellente santé. Dans le cadre de son expérience, une veuve noire a été affamée, pour ensuite être poussée à mordre le professeur à l'extrémité de son auriculaire. Certains de ses étudiants étaient chargés de surveiller son état au cours de l'expérience. Il a consigné les effets de la morsure sur son corps pendant deux heures, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus écrire et que ses assistants prennent le relais pour enregistrer les observations pendant les deux jours suivants. Deux heures après la morsure, ils ont signalé que le professeur souffrait d'une douleur si atroce qu'il s'était effondré au sol en position fœtale : ils ont craint qu'il ne survive pas à l'épreuve. Il a alors été conduit dans un hôpital voisin où les médecins qui l'ont soigné l'ont félicité pour son courage, mais aussi pour sa persévérance et son habileté à mener son enquête si longtemps jusqu'à une conclusion aussi réussie. Blair a également mis au point un protocole de traitement des patients mordus par une veuve noire[6],[7]. Le médecin présent a déclaré n'avoir jamais vu auparavant « une douleur plus violente manifestée dans aucune autre affection médicale ou chirurgicale »[8].
Blair a mené l'expérience « dans le but de fournir une occasion d'observation scientifique complète »[6],[9].
Blair espérait initialement déterminer si une première morsure offrait aux victimes une protection quelconque contre les effets d'une seconde. Cependant, la première expérience fut si douloureuse qu'il considérait qu'aucun éventuel résultat obtenu ne justifierait de recommencer[7],[9].
Fin de vie
modifierÀ partir de 1939, il a soigné des patients atteints de cancer dans la province de Saskatchewan (Canada) en tant que directeur du service de radiothérapie de la Saskatchewan, jusqu'à sa mort en 1948. Pour cette raison, les habitants lui ont donné le surnom de « Grand Guérisseur ». Les quatre dernières années de sa vie, il a dirigé le Saskatchewan Cancer Services, ainsi que la Regina Cancer Clinic[7].
Postérité
modifierLe centre de cancérologie Allan Blair de Regina (Saskatchewan), porte son nom en son honneur[7].
Blair a relaté son expérience dans deux articles scientifiques qui ont par la suite servi de source à Gordon Grice (en) pour son livre The Red Hourglass: Lives of the Predators (1998)[7].
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Allan Blair » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Oliver, « Would you let a black widow bite you for science? », al, (consulté le ).
- ↑ « U. Of A. Professor Lets Spider Bite Him, Suffers 3 Days Agony », The Birmingham News, .
- ↑ (en) Don Mote et Kenneth Gray, The Black Widow Spider, Université d'État de l'Oregon, , p. 8.
- ↑ (en) « Medicine: Professor v. Spider - TIME » [archive du ], (consulté le ).
- ↑ Alex Boese, « The Pleasures of Suffering for Science », The Wall Street Journal, , Life and Culture.
- 1 2 (en) A. W. Blair, « SPIDER POISONING: EXPERIMENTAL STUDY OF THE EFFECTS OF THE BITE OF THE FEMALE LATRODECTUS MACTANS IN MAN », Archives of Internal Medicine, vol. 54, no 6, , p. 831 (ISSN 0730-188X, DOI 10.1001/archinte.1934.00160180003001, lire en ligne
). - 1 2 3 4 5 (en) Doug Adams, « Saskatchewan's Black Widow Spider Population », Blue Jay, vol. 83.1, (lire en ligne).
- ↑ (en) Boese, « The Pleasures of Suffering for Science archive », The Wall Street Journal, 8 juin 2012, Life and Culture.
- 1 2 Adams, « Notes on an Unpleasant Female », The New Yorker, , p. 40 (lire en ligne, consulté le ).