Alliance rouge-verte-brune

Le terme alliance rouge-verte-brune, apparu en France dans les années 2000, désigne une alliance entre l'extrême gauche (rouge), les islamistes (vert) et l'extrême droite (brun).

Le terme a également été utilisé pour décrire des alliances supposées entre des gauchistes proches des syndicats industriels (rouge), des mouvements agraires à sensibilité écologique (vert) et l'extrême droite (brun).

Histoire

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L'essayiste français Alexandre del Valle évoque « une alliance idéologique rouge-brune-verte... » dans un article du dans le journal Le Figaro, et écrit également « Rouge-brun-vert, l'étrange alliance » dans un article de du magazine Politique Internationale.

L'interprétation des tendances idéologiques islamistes par Del Valle a commencé dans des écrits antérieurs ; il y accusait les États-Unis et l'Europe occidentale de favoriser la « machine de guerre » de « l'islamisme armé » via le financement des moudjahidines afghans durant la guerre soviéto-afghane durant la présidence de Ronald Reagan.

En 2010, Del Valle publie un essai en Italie intitulé Verdi, Rossi, Neri. La convergenza degli estremismi antioccidentali : islamismo, comunismo, neonazismo (Rouge, Noir, Vert : La rencontre des extrêmismes opposés)[1].

La diffusion de cette hypothèse et de ses diverses permutations trouve son origine dans un discours prononcé par Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), lors d'un banquet du CRIF le , et repris dans un article du Le Monde des 27 et . Cukierman a utilisé l'expression « alliance brun-vert-rouge » pour décrire l'alignement sur l'antisémitisme d'« « une extrême droite nostalgique des hiérarchies raciales » (symbolisée par la couleur brune en référence à la Sturmabteilung), ainsi qu' « une extrême gauche [qui est] antimondialiste, anticapitaliste, anti-américain [et] antisioniste » (rouge), avec les partisans de José Bové (vert). Bové avait accusé I'Etat d'Israël de « purification ethnique » lors d'un voyage en Palestine[2].

Aux États-Unis, une alliance similaire de groupes disparates s’est produite en opposition à l’Organisation mondiale du commerce dans le mouvement altermondialiste. Il a vu des syndicats, des écologistes néo-luddites et des nationalistes paléoconservateurs, comme Pat Buchanan, se joindre à une cause commune[3].

Termes similaires

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Le terme rouge-brun (russe : красно-коричневые, krasno-korichnevye) est originaire de Russie post-soviétique ; il décrit une alliance de communistes et d'opposition d'extrême droite (nationaliste, fasciste, monarchiste et religieuse) à l'opposition envers l'orientation libérale et pro-capitaliste du gouvernement russe dans les années 1990[4].

Cette alliance s'opposait aux réformes économiques et sociales telles qu'une transition rapide vers une économie de marché. Elle aurait entraîné une thérapie de choc, une forte augmentation de la pauvreté et une baisse du niveau de vie, ainsi que la suppression de nombreuses restrictions sur le comportement de la population. Le professeur de géographie américain, Alexander Reid Ross, l'évoque dans son ouvrage de 2017 : Against the Fascist Creep.

Zyuganov a également formé dans les années 1990 des alliances avec le Parti national-républicain de Russie et le Soyouz Venedov (parti politique). Ce dernier parti, selon Reid Ross, « promeut le culte des dieux païens du panthéon slave tout en traduisant et en diffusant la propagande nazie allemande en russe »[5],[6].

Après que Ziouganov ait publiquement proclamé cette nouvelle alliance rouge-brune, l'antisémitisme augmenta au sein du PCFR. Il était poussé par le responsable du parti, Albert Makashov. Il a ouvertement appelé à l'expulsion des Juifs de Russie et a rencontré David Duke, grand sorcier du Ku Klux Klan[7].

Références

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  1. A. Del Valle, "Verdi, rossi e neri: chi sono i nemici dell'Occidente e perché ci odiano così « https://web.archive.org/web/20180705204059/http://www.loccidentale.it/articoli/82697/verdi-rossi-e-neri-chi-sono-i-nemici-delloccidente-e-perche-ci-odiano-cosi »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), , L'Occidentale, 3 Decembre 2009.
  2. « Le président du CRIF dénonce une alliance "brun rouge vert" », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  3. « The Buchanan Troll Project », MetroWest Jewish News, Whippany, NJ, USA, vol. 2, no 4,
  4. Stephen D. Shenfield, Russian Fascism: Traditions, Tendencies, Movements, Londres, ME Sharpe, (ISBN 0765606348, OCLC 878994537), p. 192
  5. Mark Strauss, « Antiglobalism's Jewish Problem », Foreign Policy, no 139, , p. 58–67 (ISSN 0015-7228, DOI 10.2307/3183738, JSTOR 3183738, lire en ligne)
  6. Nicola Guerra, « Red meets brown: investigating the antiliberal political convergence of Italy’s extremes », Modern Italy, no 2025, , p. 1-17 (DOI 10.1017/mit.2025.3, lire en ligne)
  7. Alexander Reid Ross, Against the Fascist Creep, Chico, CA, AK Press, , 173 p.