Alpes-maritimes (IGP)

vin français d'indication géographique protégée des Alpes-Maritimes

Un alpes-maritimes[note 2], appelé vin de pays des Alpes-Maritimes de 1968 à 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) produit dans le département des Alpes-Maritimes.

Alpes-maritimes
Image illustrative de l’article Alpes-maritimes (IGP)
Vignoble de l'IGP à Saint-Paul-de-Vence.

Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1968 (VDP)
et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Alpes-Maritimes
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 760 heures (à l'aéroport de Nice)
Sol poudingues silico-calcaires et de galets
Superficie plantée 18 hectares (en 2024)
Cépages dominants braquet N[note 1], fuella nera N, grassen N, mourvaison N, mourvèdre N, grenache N, carignan N, cinsault N, carignan N, alicante N, vermentino B, roussanne B, clairette B, bourboulenc B, chardonnay B
Vins produits 41 % rouges, 32 % rosés et 27 % blancs
Production 547 hectolitres (en 2024)
Rendement moyen à l'hectare 120 hl/ha au maximum[1]

Histoire

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Au milieu du XXe siècle, une partie importante de la production viticole du département des Alpes-de-Haute-Provence était vendue dans la catégorie des « vins de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics créent en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique[2], ce qui donne le « vin de pays des Alpes-Maritimes ».

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[3] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[4] ; le vin de pays des Alpes-Maritimes devient donc le l'IGP « Alpes Maritimes »[5]. Le cahier des charges est publié en [6], puis modifié en (ajout des chapitres « Spécificité de la zone géographique » et « Spécificité du produit »)[7], en (description des types de vin ; ajout de 14 VIFA)[8], en (ajout de neuf nouveaux cépages)[9] et en (ajout de trois nouveaux cépages)[1].

Situation géographique

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Aire de production

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Image externe
Carte des communes concernées

Cette IGP peut être produite sur toutes les communes du département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur[1]. La surface de production représente moins de 50 hectares[10].

Géologie

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Les sols sont constitués de poudingues silico-calcaires et de galets issus de l'érosion des massifs alpins voisins.

Climatologie

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Tableau climatique du pays niçois
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
22,5
2012
25,8
1990
26,1
2007
26
1946
30,3
1972
36,8
1945
37
2015
37,7
2006
33,9
1962
29,9
1981
25,4
2004
22
1954
37,7
2006
Maximale moyenne 13,1 13,4 15,2 17 20,7 24,3 27,3 27,7 24,6 21 16,6 13,8 19,6
Moyenne 9,2 9,7 11,6 13,6 17,4 20,9 23,8 24,1 21 17,4 12,9 10,1 16
Minimale moyenne 5,3 5,9 7,9 10,2 14,1 17,5 20,3 20,5 17,3 13,7 9,2 6,3 12,4
Record de froid
date du record
−7,2
1985
−5,8
1986
−5
1971
2,9
1970
3,7
1945
8,1
1969
11,7
1969
11,4
1948
7,6
1972
4,2
1950
0,1
1998
−2,7
1973
−7,2
1985
Précipitations
Hauteur (mm) 69 44,7 38,7 69,3 44,6 34,3 12,1 17,8 73,1 132,8 103,9 92,7 733
Ensoleillement
Heures 158 171 217 224 267 306 348 316 242 187 149 139 2 724
13,1
5,3
69
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
13,4
5,9
44,7
fév.
15,2
7,9
38,7
mars
17
10,2
69,3
avril
20,7
14,1
44,6
mai
24,3
17,5
34,3
juin
27,3
20,3
12,1
jui.
27,7
20,5
17,8
août
24,6
17,3
73,1
sep.
21
13,7
132,8
oct.
16,6
9,2
103,9
nov.
13,8
6,3
92,7
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Le cahier des charges de cette IGP autorise un total de 231 cépages différents, dont plusieurs « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA) : agiorgitiko N[note 1], alicante Henri Bouschet N, aligoté B, altesse B, aramon B, aramon G, aramon N, aranel B, arbane B, arinarnoa N, arriloba B, arrouya N, artaban N, assyrtiko B, aubin B, aubin vert B, aubun N, auxerrois B, bachet N, barbaroux Rs, baroque B, béclan N, béquignol N, biancu gentile B, blanc dame B, bouchalès N, bouillet N, bouquettraube B, bourboulenc B, bouteillan B, brachet N, brun argenté N, brun fourca N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, caladoc N, calitor N, camaralet de Lasseube B, carcajolo blanc B, carcajolo N, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, castets N, césar N, chardonnay B, chasan B, chatus N, chenanson N, chenin B, cinsault N, clairette B, clairette rose Rs, clarin B, claverie B, codivarta B, colombard B, corbeau N, cot N, couderc noir N, counoise N, courbu B, courbu noir N, couston N, crouchen B, duras N, durif N, egiodola N, ekigaïna N, elbling B, etraire de la Dui N, fer N, feunate N, floréal B, folignan B, folle-blanche B, fuella nera N, furmint B, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gascon N, genovèse B, gewurztraminer Rs, goldriesling B, gouget N, graisse B, gramon N, grassen N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gringet B, grolleau gris G, grolleau N, gros manseng B, joubertin N, jurançon blanc B, jurançon noir N, knipperlé B, lauzet B, lilaro N, liliorila B, listan B, lledoner pelut N, macabeu B, mancin N, manseng noir N, maréchal-foch N, marsanne B, marselan N, mauzac B, mauzac rose Rs, mayorquin B, melon B, mérille N, merlot blanc B, merlot N, meslier Saint-François B, meunier N, milgranet N, molette B, mollard N, monarch N, mondeuse blanche B, mondeuse N, monerac N, montils B, morrastel N, moschofilero Rs, mourvaison N, mourvèdre blanc B, mourvèdre gris G, mourvèdre N, mouyssaguès N, müller-thurgau B, muresconu N, muscadelle B, muscadin N, muscaris B, muscat petits grains B, muscat petits grains Rg, muscat petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat cendré B, muscat de Hambourg N, muscat ottonel B, négret de Banhars N, négrette N, nero d'Avola N, nielluccio N, noir fleurien N, oberlin N, ondenc B, orbois B, pagadebiti B, pascal B, perdea B, persan N, petit courbu B, petit manseng B, petit meslier B, petit verdot N, picardan B, pineau d'Aunis N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, plant de Brunel N, plant droit N, portan N, portugais bleu N, précoce Bousquet B, précoce de Malingre B, prior N, prunelard N, raffiat de Moncade B, riesling B, riminèse B, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, rivairenc N, rousseli Rs, roublot B, roussanne B, roussette d'Ayze B, sacy B, saint côme B, saint-macaire N, saint-pierre doré B, sauvignac B, sauvignon B, sauvignon gris G, sciaccarello N, segalin N, seinoir N, select B, semebat N, sémillon B, servanin N, solaris B, soreli B, souvignier gris B, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, téoulier N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, tibouren N, tourbat B, tressot N, ugni blanc B, valdiguié N, varousset N, velteliner rouge précoce Rs, verdejo B, verdesse B, rolle B (vermentino), vidoc N, villard blanc B, villard noir N, viognier B, voltis B, xarello B et xinomavro N[1].

Rendement

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Le rendement est de 120 hectolitres par hectare au maximum[1].

Le cahier des charges de l'IGP autorise la production d'alpes-maritimes rouges, rosés et blancs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que par la mention « primeur » ou « nouveau »[1].

Titre alcoométrique volumique

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Les vins doivent faire au minimum 9 % volume[10].

Vinification

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Vinification en rouge

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Alpes-maritimes IGP blanc et rouge

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[11].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[11]. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[12].

Vinification en blanc

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Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. C'est le cas du Champagne. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[13].

L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évitées par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[13]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toutes particules en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20° et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[14].

Vinification en rosé

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La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. Deux principes différents sont utilisés :

  • Le premier consiste à extraire par écoulement une partie du jus dès l'encuvage lors de la vinification en rouge ; c'est la saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - au maximum entre 20 et 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. Cette méthode produit des vins rosés à la robe soutenue, et la quantité potentielle produite dépend de la concentration recherchée pour le vin rouge produit.
  • Le second principe est le pressurage direct, qui consiste à extraire le jus en plusieurs fois, au cours de la macération, qui dure quelques heures. Les jus extraits successivement sont progressivement plus chargés en tanins provenant des peaux, et peuvent ensuite être assemblés. Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[14].

La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[15].

Vue du vignoble de l'abbaye Notre-Dame de Lérins.

Producteurs de l'IGP

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Vignoble des hautes collines de la Côte d'Azur, Domaine Saint-Joseph, Abbaye Notre-Dame de Lérins[16] et Domaine de la Source[17].

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « ALPES-MARITIMES » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  2. « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
  3. « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
  4. INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
  5. « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
  6. « Arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Alpes-Maritimes » », publié au JORF no 0261 du .
  7. « Arrêté du 8 novembre 2013 portant modification de l'arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Alpes-Maritimes » », publié au JORF no 0267 du .
  8. « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « ALPES-MARITIMES » » [PDF], modifié par l'arrêté du publié au JORF du .
  9. « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « ALPES-MARITIMES » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  10. 1 2 [PDF] « Site du Syndicat des vignerons du Var, page sur l'IGP des Alpes-Maritimes (texte officiel) »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur syndicatdesvigneronsduvar.com (consulté le ).
  11. 1 2 Colette Navarre, op. cit., p. 131.
  12. Colette Navarre, op. cit., p. 132.
  13. 1 2 Jean-Luc Berger, op. cit., p. 76.
  14. 1 2 Jean-Luc Berger, op. cit., p. 77.
  15. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 78.
  16. Site de la Route des vins de Provence, page sur l'IGP des Alpes-maritimes (Les producteurs de l'IGP), consulté le 30 juillet 2012
  17. IGP des Alpes-maritimes

Voir aussi

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Liens externes

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  • Paul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée : Revue géographique des pays méditerranéens, no 107, , p. 73-86 (lire en ligne).

Articles connexes

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