Alpha Piscium
Alpha Piscium (α Psc / α Piscium), également nommée Alrescha, est une étoile triple[4],[16] de la constellation des Poissons. Malgré sa désignation de Bayer « α », ce n'est que la 3e étoile la plus brillante de la constellation, avec une magnitude apparente combinée de 3,82[2]. Le système est situé à environ 157 années-lumière de la Terre[4].
Alrescha
| Ascension droite | 02h 02m 02,820s[1] |
|---|---|
| Déclinaison | +02° 45′ 49,54″[1] |
| Constellation | Poissons |
| Magnitude apparente | 3,82 (4,33 + 5,23)[2] |
Localisation dans la constellation : Poissons | |
| Stade évolutif | séquence principale[3],[4] |
|---|---|
| Type spectral | kA0hA7 Sr / kA2hF2mF2 (IV)[5] |
| Indice U-B | −0,05[6] |
| Indice B-V | +0,03[6] |
| Indice R-I | 0,00[6] |
| Variabilité | α2 CVn[7] |
| Vitesse radiale | +7,5 ± 1,8 km/s[8] |
|---|---|
| Mouvement propre |
μα = +32,45 mas/a[1] μδ = +0,04 mas/a[1] |
| Parallaxe | 20,76 ± 0,15 mas[4] |
| Distance | 48,17 ± 0,34 pc (∼157 al)[4] |
| Magnitude absolue | +0,50[9] |
| Masse | 2,49 ± 0,05 M☉[10] |
|---|---|
| Rayon | 2,33 ± 0,26 R☉[4] |
| Gravité de surface (log g) | 4,01 ± 0,14[3] |
| Luminosité |
53,7+8,0 −6,9 L☉[10] |
| Température | 10 000 ± 710 K[3] |
| Rotation | 81 km/s[11] (1,491 ± 0,022 j[4]) |
| Âge | 330 ± 150 Ma[3] |
| Composants stellaires | α Psc A, α Psc Ba, α Psc Bb[4] |
|---|
| Compagnon | α Psc B[4] |
|---|---|
| Demi-grand axe (a) | 7,45 ± 0,35″ |
| Excentricité (e) | 0,465 0 ± 0,014 5 |
| Période (P) | 2 822 ± 215 a |
| Inclinaison (i) | 113,01 ± 2,45° |
| Argument du périastre (ω) | 150 ± 6° |
| Longitude du nœud ascendant (Ω) | 3,09 ± 6,28° |
| Époque du périastre (τ) | 2 188,58 a[12] |
Désignations
| Masse | 1,668 ± 0,033 M☉[4] / 1,646 ± 0,029 M☉[4] |
|---|---|
| Rayon | 1,76 ± 0,41 R☉[4] / 1,55 ± 0,41 R☉[4] |
| Gravité de surface (log g) | 4,0[4] / 4,0[4] |
| Température | 8 000 K[4] / 8 000 K[4] |
| Compagnon | α Psc Bb[4] |
|---|---|
| Demi-grand axe (a) |
5,175 ± 0,018 mas (0,249 3 ± 0,002 0 ua) |
| Excentricité (e) | 0,600 4 ± 0,001 8 |
| Période (P) | 24,999 428 ± 0,000 033 j |
| Inclinaison (i) | 65,2 ± 0,4° |
| Argument du périastre (ω) | 140,14 ± 0,42° |
| Longitude du nœud ascendant (Ω) | 73,08 ± 0,63° |
| Époque du périastre (τ) | 50 930,714 ± 0,017 MJD |
| Demi-amplitude (K1) | 61,17 ± 0,3 km/s |
| Demi-amplitude (K2) | 61,97 ± 0,47 km/s |
Nomenclature
modifierα Piscium, romanisé Alpha Piscium, est la désignation de Bayer du système. Il porte également la désignation de Flamsteed de 113 Piscium[13].
Alrescha et le nom propre aujourd’hui approuvé pour Alpha Piscium par l’Union astronomique internationale (UAI)[17]. C’est l’arabe الرشاء al-Rišā’, « le Cordon », qui est un nom de la XXVIIIe des manāzil al-qamar ou « stations lunaires », à côté de الحوت al-Ḥūt, « le Poisson », chez certains auteurs arabes comme al-Farghānī (IXe s.), et que transcrit Thomas Hyde (1665) AlRishâ dans sa traduction du یجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437)[18]. On pourrait penser que ce nom traduit le grec δεσμά, le « lien » dont parle Aratos, s'il ne remontait pas plus haut dans le temps en Mésopotamie, dont il semble provenir directement, c’est-à-dire sans passer par les Grecs. Le nom arabe de cette étoile est en effet l’héritier du Rikis Nūni, « le Cordon du Poisson », qui liait à Babylone KUN.meš = zibbāti, soit « les Deux Queues », celle d'une hirondelle de mer et celle d'un poisson (voir l'image de cette figure mésopotamienne sur la page consacrée à la constellation des Poissons)[19]. C’est Johann Elert Bode (1801) introduit ce nom sous la forme er-rischa[20], qui reprend exactement la transcription du philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796)[21].
Relevé sous les formes Al Resha et Al Rischa par Richard Allen (1899) qui donne pour la XXIIIe des manāzil al-qamar ou « stations lunaires », la transcription Al Sa‘d al Bula‘[22], le nom circule sous des graphies proches de ces deux formes dans le catalogues ultérieurs.
Alpha Piscium porte également d'autres noms :
Okda. C’est le premier terme de l’expression arabe على عقدة الخيطين alā ᶜuqda(t) al-ḫayṭayn, « sur le nœud des deux fils » qui lient les deux Poissons, et utilisée dans la description de la figure dans le cadre du ciel gréco-arabe, notamment dans le traité al-Tīzīnī (1533)[23]. Thomas Hyde (1665) transcrit ce premier terme par ᶜuqda [i.e. Nodus] dans sa traduction des « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437)[24]. Puis Giuseppe Piazzi s’en saisit pour donner un nom à α Psc[25], immédiatement repris par le géographe et marin au long cours Philippe-Jacques Coulier[26], puis signalé par Richard Allen (1899)[27], ce qui l’aide à circuler dans les catalogues ultérieurs.
Kaitain. C’est le second terme de l’expression arabe على عقدة الخيطين alā ᶜuqda(t) al-ḫayṭayn, « sur le nœud des deux fils » qui lient les deux Poissons grecs utilisé dans la description de la figure dans le cadre du ciel gréco-arabe, notamment dans le traité d'al-Tīzīnī (1533)[28]. C’est Christian Ludwig Ideler (1806) qui transcrit l’expresion Okad el-chatain[29], ce dont Richard Antony Proctor (1870) fait le nom Kaitain[30] qui, repris par Richard Allen (1899)[27], est transmis dans les catalogues.
Propriétés
modifierAlpha Piscium est une système triple d'étoiles organisé de manière hiérarchique. La paire extérieure est une binaire visuelle dont les deux étoiles, désignées Alpha Piscium A et B, sont séparées de 1,85″ en 2026. Il s'agit de l'une des binaires pour lesquelles les observations remontent le plus loin, la première datant de 1779. Cela permet de déterminer que l'orbite du système a une période d'environ 2 800 ans, une excentricité de 0,47 et un demi-grand axe de 7,5″. Alpha Piscium B est elle-même une binaire nettement plus serrée avec une période de 25 jours[4].
Alpha Piscium A
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La composante la plus brillante, Alpha Piscium A, est une étoile chimiquement particulière de type Ap sur la séquence principale, de magnitude 4,33[2], et de type spectral kA0hA7 Sr[5]. Cette notation complexe indique que son spectre présente une raie K du calcium typique d'une étoile de type A0, que les raies de l'hydrogène de la série de Balmer sont celles d'une étoile de type A7 et qu'il montre également une surabondance notable en strontium (Sr). L'étoile est 2,5 fois plus massive que le Soleil[10] et son rayon est environ 2,3 fois plus grand que le rayon solaire[4]. Elle est 54 fois plus lumineuse que le Soleil[10] et sa température de surface est de 10 000 K[3].
Alpha Piscium est une variable de type α2 Canum Venaticorum avec une période de 0,845 jour, un type d'étoile variable dont les changements de luminosité sont dus à sa rotation. L'amplitude de la variation n'est que d'environ 1/100 de magnitude (0,01 magnitude), et elle a été identifiée à partir de la photométrie du satellite Hipparcos[7]. Alpha Piscium A est vraisemblablement la source des variations. On pensait que la période de 0,845 jour était égale à la période de rotation de l'étoile[32], mais il s'avère que c'est la première harmonique, égale à la moitié de la période de rotation stellaire réelle qui est de 1,49 jour. Le sous-système de Alpha Piscium B ne semble quant à lui montrer aucune variabilité[4].
Alpha Piscium B
modifierAlpha Piscium B est une binaire spectroscopique à raies doubles qui a également été résolue par l'interféromètre CHARA. Bien que la masse combinée de ses deux étoiles est supérieure à celle de Alpha Piscium A[4], leur magnitude apparente combinée n'est que de 5,23[2]. La période orbitale du sous-système Alpha Piscium B est de 24,999 jours, son excentricité est de 0,600 et il a un demi-grand axe de 0,249 ua[4]. Ses deux étoiles, désignées Alpha Piscium Ba et Bb, sont deux étoiles de type F sur la séquence principale semblables, et qui sont 1,67 et 1,65 fois plus massives que le Soleil, respectivement[4]. La paire se présente comme une étoile Am dont le type spectral combiné est kA2hF2mF2 (IV)[5]. La notation indique que la raie K du calcium est celle d'une étoile de type A2, que les raies de l'hydrogène de la série de Balmer sont celles d'une étoile de type F2, et que les raies métalliques sont celles d'une étoile de type F2.
Compagnon écarté
modifierAlpha Piscium possède un compagnon supplémentaire, très écarté du reste du système. Il s'agit de l'étoile de huitième magnitude HIP 9519, une naine jaune de type spectral G1/2V[4]. Également connue comme Alpha Piscium C, elle était située à une séparation angulaire de 404,9″ et à un angle de position de 63° de Alpha Piscium A, le tout en 2006[33]. HIP 9519 partage un mouvement propre commun et est située à la même distance de la Terre que le reste du système[4],[33].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alpha Piscium » (voir la liste des auteurs).
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- ↑ (la) Thomas Hyde, op. cit., p. 14 et 76
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- ↑ Philippe-Jacques Coulier, « Dictionnaire d'astronomie, mis à la portée des gens du monde... », Paris : chez l’auteur, 1824, p. 367 ».
- 1 2 (en) Richard Hinkley Allen, Star-names…, op. cit. , p. 52.
- ↑ Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, op. cit. , p. 180.
- ↑ (de) Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen über die astronomischen Beobachtungen der Alten, Berlin : C. Quien, 1806, p. 205.
- ↑ Richard Anthony Proctor, Nouvel atlas céleste comprenant quatorze cartes, Paris : Gauthier-Villars, 1886, p. 32.
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- 1 2 (en) Brian D. Mason et al., « The 2001 US Naval Observatory Double Star CD-ROM. I. The Washington Double Star Catalog », The Astronomical Journal, vol. 122, no 6, , p. 3466 (DOI 10.1086/323920
, Bibcode 2001AJ....122.3466M, lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
modifier- (en) Alpha Piscium sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
- (en) α Psc A sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
- (en) α Psc B sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
- (en) Bright Star Catalogue, « HR 596 », sur Alcyone
- (en) James B. Kaler, « Alrescha », sur Stars