Alphonse Poitevin

chimiste français

Louis-Alphonse Poitevin né le à Conflans-sur-Anille dans la Sarthe, et mort le dans la même ville, est un ingénieur chimiste et photographe français.

Alphonse Poitevin
Portrait photographique par Michel Berthaud.
Fonction
Maire de Conflans-sur-Anille
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Biographie
Naissance
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Nationalité
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Distinction
Œuvres principales
Photolithographie (d), tirage au charbonVoir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.
Autoportrait (Fonds BNF).

Biographie

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Alphonse Poitevin nait le 29 aout 1819 (ou le 30 selon les sources) à Conflans-sur-Anille d'un père ancien militaire du sixième régiment de chasseurs à pied de la garde de Napoléon Ier et d'une mère paysanne du cru. Il étudie au collège de Saint-Calais dont il sort en 1838 comme « premier bachelier de la ville »[1].

En octobre 1838, il entre à l’École centrale de Paris (promotion 1843)[2] où il suit une brillante scolarité. Il sort troisième de promotion en 1843 avec le titre d'ingénieur chimiste. Parallèlement, il se passionne pour la photographie naissante et s'achète une chambre daguerrienne qu'il utilise pendant ses vacances[1].

Diplômé ingénieur au début de la révolution industrielle, il n'a aucun mal à trouver un poste et, embauché par la Compagnie des salines de l'Est, il est affecté en septembre 1844 comme ingénieur aux salines de Dieuze comme ingénieur en chef. Il refuse une proposition pour le poste de « photographe officiel de la cour du Tsar de Russie »[1].

En 1847, aux salines de Montmorot, il améliore le procédé d'extraction du sel en modifiant les circulations d'air et de saumure dans les fours. Il reçoit pour ses travaux sur la gravure d'après Daguerréotype le « Premier prix de photographie » de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. Le 7 février 1848, il publie un traité sur la gravure photochimique qui lui vaudra une médaille d'argent par la société d'encouragement.

En juin 1849, il entre aux salines de Gouhenans où il consacre ses loisirs à la photographie, passant du Daguerréotype au gélatino-bromure d'argent, ce qui l'amène à inventer un agrandisseur solaire permettant la reproduction des clichés dans une autre taille que celle de la prise de vue contrairement au tirage contact jusqu'alors employé.

Il dirige successivement les verreries d’Ahun-les-Mines et de Folembray. Il rédige un mémoire sur l'usage de la gélatine et de l'Hyposulfite qui parait en mars 1850. Il publie en 1852 ses commentaires sur la calotypie de William Henry Fox Talbot et découvre l'hélioplastie. Il démissionne des salines de l'Est à cause de son « caractère entier » et fin 1855, il s'établit à Paris. Il s'installe au 171 rue Saint-Jacques[1].

Il y applique ses connaissances en chimie à la recherche de nouveaux procédés concernant la photographie, encore balbutiante. Nommé par ses pairs le 3e homme de la photographie à l'égal de Niépce et de Daguerre, il inventa entre autres :

Non candidat, il reçoit lors de l'exposition universelle de 1855 une mention honorable pour ses travaux sur la photographie et l'impression des photos[1].

Il a moins de succès dans ses tentatives de tirer profit de ses inventions et, par exemple, la société « Poitevin, Dauphin et Cie » ne survit que trois mois. Sa situation financière se dégrade et il doit se résoudre à céder son fonds, son matériel et ses procédés à messieurs Deraine et Lemercier pour à peine 20 000 francs et l'obligation de mentionner sur leurs lithographies « Procédé Alphonse Poitevin ». Les acheteurs ne respectant pas cette obligation, Alphonse Poitevin leur fait un procès qu'il gagne le 24 octobre 1859 et les deux associés doivent lui verser 25 000 francs de dommage et intérêts pour l'absence de la mention et 50 000 francs pour l'avoir empêché de participer au concours de 1860 en ne lui fournissant pas les tirages demandés dans les temps[1].

Bien que régulièrement primé, il peine à financer ses recherches et part vers 1860 travailler à Lyon dans les usines Marius Perret comme ingénieur chimiste.

En 1863, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur[4] et devient père pour la première fois de Paul-Louis-Léon. Il se marie le premier juin 1865 dans un souci de « respectabilité » puisque sa situation matrimoniale est un obstacle à l'obtention du poste de directeur d'une usine de produits chimique à Chauny. Quelques mois plus tard nait Marie-Louse-Alphonsine[1]. Il est régulièrement démarché par des photographes plus ou moins désintéressés soucieux d'apprendre ses tours de main. Entre méfiance et un caractère qui ne s'améliore pas avec l'âge rien ne ressort de ses propositions. Le British Journal of Photography lui propose d'y écrire régulièrement pour leur tarif maximum. Il est nommé directeur des houillères d'Ahun-les-Mines.

Il obtient une médaille de vermeil à l'exposition de Porto et une médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1867. La mort de sa fille le 7 mars 1868 et celle de son père le 27 avril 1868 le plongent dans une profonde dépression. Refusant une proposition alléchante des établissements Guilleminot à Aubervilliers, il part seul pour les mines de Théboul en Algérie où l'isolement et les conditions de vie nuisent à son moral. Il démissionne le 24 juin 1869 et rentre à Conflans-sur-Anille. Élu maire, il est confronté à l'occupation prussienne en 1870 mais l'officier prussien commandant les troupes de la région est féru de photographie et connait Poitevin ce qui facilite beaucoup les choses. Le calme du petit village et la vie en famille lui sont bénéfiques. La petite Blanche-Louise nait le 20 février 1873[1].

Il reçoit la plus haute distinction lors de l'Exposition universelle de 1878 : le Grand Prix.

Le 14 juillet 1880 nait Anna-Julia-Marthe. Il prend la direction du syndicat français de la photographie. Usé et déprimé, il meurt le 4 mars 1882 d'une hémorragie cérébrale[1].

Postérité

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En 1888, un monument avec un buste en bronze dû à Charles Gauthier est érigé à Saint-Calais pour perpétuer sa mémoire. Un des promoteurs du monument, monsieur Davanne, préconisait plutôt un buste en marbre, résistant moins bien aux intempéries mais mieux aux convoitises. L'histoire lui donne raison puisque le buste a été retiré et fondu lors de la seconde Guerre mondiale[1].

Frédéric Proust, jeune photographe découvre l'adresse parisienne d'Alphonse Poitevin, S'y rendant il découvre l'atelier qui n'a jamais servi qu'à des photographes. Il s'en porte acquéreur et entame des recherches sur Poitevin. Aidé par son frère, condisciple d'un arrière petit neveu de Poitevin, il prend contact avec la famille qui lui donne accès à la maison de Conflans-sur-Arnille où il découvre le laboratoire intact et les archives[1]. Depuis, il s'est vu confier la gestion de sa collection et de ses archives par les descendants de Poitevin. Il a réhabilité un des plus anciens ateliers photographiques du monde, créé par Alphonse Poitevin au 171, rue Saint-Jacques à Paris, pour s'y installer.

Le nom Poitevin figurant aux côtés des grands noms de la photographie comme Niepce, Daguerre et Talbot lors d'un concours de photographie en 1897.

Décoration

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Écrits

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  • Traité de l'impression photographique sans sels d'argent, contenant l'histoire, la théorie et la pratique des méthodes et procédés de l'impression au charbon, de l'hélioplastie, de la photolithographie, de la gravure photochimique, etc., etc., Paris, Leiber, , 182 p. (lire en ligne).
  • Traité des impressions photographiques, Paris, Gauthier-Villars, 1883 ; Marseille, Laffitte reprints, 1983.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Frédéric Proust, « Alphonse Poitevin, le troisième homme », Prestige de la photographie, vol. 1, , p. 4 à 59.
  2. D'après « Anciens élèves de l’École centrale de Paris », sur Centrale-histoire.centraliens.net (consulté le ), où l'on peut consulter notamment l’Annuaire des anciens élèves de l’École centrale (1889).
  3. cf. à ce sujet Jean Yvon Guilloux, « Le procédé au charbon », sur Galerie photo (consulté le ).
  4. « Cote LH/2190/39 », base Léonore, ministère français de la Culture.

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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