Alèssi Dell'Umbria
Alèssi Dell'Umbria est le pseudonyme utilisé par un réalisateur, essayiste français de la ville de Marseille.
Biographie
modifierAlèssi Dell'Umbria grandit à Marseille. Au début des années 1980, Alessi Dell'Umbria participe à la première vague de révoltes des banlieues françaises[1].
En 2006, il publie une volumineuse Histoire universelle de Marseille : de l'an mil à l'an deux mille dans laquelle il dresse un constat pessimiste sur l'évolution de la ville, notamment en matière d'urbanisme.
Encore en 2006, il publie un livre où il analyse et soutient les émeutiers banlieusards de 2005 (C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis !). Ce livre est ensuite réédité en 2010 sous le titre La Rage et la révolte. Dell'Umbria montre comment se sont construits, depuis le XIXe siècle, ces espaces anonymes, volontairement pensés comme des bulles privées « pour salariés domestiqués ». Une série de clivages achèvent le morcellement des solidarités : Français contre étrangers, jeunes contre vieux, salariés contre chômeurs[2].
Alèssi Dell'Umbria s'intéresse à la révolte de Oaxaca au Mexique d'où il revient avec le livre Échos du Mexique indien et rebelle qu'il publie en 2010[3].
Dell'Umbria revient en 2011 sur le destin et la postérité de Jacques Mesrine dans R.I.P. Mesrine.
Impliqué dans la vie de son quartier de la Plaine, Dell'Umbria multiplie conférences et interventions pratiques sur les questions d'histoire et de politique urbaines. Dell'Umbria collabore aussi à diverses revues de critique sociale dont New Left Review[4].
En 2013-2014, il réalise au Mexique le film-documentaire Le vent de la révolte. Présenté par le réalisateur en 2015 dans le cadre d'une tournée en France, le film a été remarqué par deux maisons d'édition toulousaines qui lui ont proposé de l'éditer en DVD en le prolongeant avec un livre[5],[6]
Istmeño, le vent de la révolte raconte l’histoire d’une lutte quasiment inconnue en France, celle des communautés indigènes de l’isthme de Tehuantepec, dans le Sud du Mexique, qui s’opposent à l’un des plus grands parcs éoliens du monde. Istmeño nous apprend que le « développement durable » peut très bien s’armer de fusils. Le film est complété par un livre qui se situe entre le carnet de voyage et l’essai historique. Il s'agit d'un film sur les communautés indigènes bouleversées par l’industrialisation de parcs éoliens dans l'Isthme de Tehuantepec, tourné avec Nicolas Défossé (cadreur) et Guillaume Mollet (preneur de son) « qui vivaient au Chiapas voisin et avaient réalisé plusieurs documents avec des communautés zapatistes »[7].
Publications
modifier- Histoire universelle de Marseille, De l'an mil à l'an deux mille, Agone, 2006.
- C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis ! À propos de la révolte de l'automne 2005, L'Échappée, 2006. Réédité et augmenté sous le titre La Rage et la révolte en 2010 par Agone.
- Échos du Mexique indien et rebelle, Rue des cascades, 2010. (ISBN 978-2917051061)
- R.I.P. Jacques Mesrine, Pepitas de calabaza, 2011.
- Tarantella ! Possession et dépossession dans l'ex-royaume de Naples, L'Œil d'or, 2016.
- Istmeño, le vent de la révolte. Chronique d’une lutte indigène contre l’industrie éolienne. Livre-DVD. 204 pages. Coédition entre les éditions Collectif des métiers de l'édition (CMDE) et les éditions du Bout de la ville.
Préface
modifier- Victor Gélu, Cançons provençalas : Chansons provençales, préface d'Alèssi Dell'Umbria, Edisud, 2003.
Filmographie
modifierLiens externes
modifier- Prologue d'Histoire universelle de Marseille sur le site d'Agone
- Extrait d'Histoire universelle de Marseille
- Interview d'Alèssi Dell'Umbria, octobre 2013
- Présentation d'Histoire de Marseille sur le site de l'éditeur Agone
- Recension de C'est de la racaille ? Eh bien, j'en suis ! dans Le Monde diplomatique (septembre 2006)
- Le vent de la révolte (synopsis et extrait du film)
Références
modifier- ↑ Site de Pepitas de calabaza, éditeur d'Alèssi Dell'Umbria
- ↑ Recension de C'est de la racaille ? Eh bien, j'en suis ! dans Le Monde diplomatique par Peggy Pierrot, septembre 2006
- ↑ Interview d'Alèssi Dell'Umbria, octobre 2013
- ↑ The sinking of Marseille, newleftreview.org, mai 2012
- ↑ Alèssi Dell'Umbria (trad. de l'espagnol), Istmeño, le vent de la révolte : Chronique d’une lutte indigène contre l’industrie éolienne (Livre-DVD. 204 pages, 144 minutes, VOSTFR), Toulouse, CMDE (Collectif des métiers de l'édition) en coédition avec les éditions du Bout de la ville, coll. « À l'ombre du maguey », , 204 p., 14,5 x 23,2 (ISBN 979-10-90507-28-9, présentation en ligne), p. 8
- ↑ « À ce stade, la question n’est même plus de savoir si les éoliennes sont ou non compatibles avec les activités traditionnelles des indigènes istmeños ; fondamentalement, elles ne le sont pas. L’industrie éolienne peut tolérer celles-ci à la marge, dans les espaces résiduels entre deux rangées de moulins. Mais ce rapport singulier à la terre, à la lagune et au vent qui fait l’essence d’un monde, disparaîtrait. En perdant le contrôle de leur territoire, les Istmeños perdraient ce qui constitue leur être commun. […] J’ai fait un film pour qu’on entende ceux dont les voix seraient inaudibles dans les médias, pour que leur humanité se déploie selon ses formes propres. À chacun de décider si ce but a été atteint. En tout cas, les indigènes rebelles s'y sont reconnus — ceux que j'ai filmés, et les autres. »(extrait de la quatrième de couverture).
- ↑ « Le vent de la révolte » (ISBN 9791090507289, consulté le ), p. 14