Amamra (tribu)

confédération tribale algérienne, appartenant aux Chaouis

Amamra ou Ayth Ammar (en berbère : Aït Ammar, variante chaoui : Ayth Ammar ; en arabe : العمامرة) est une tribu berbère chaouie située originellement et essentiellement dans la région de Khenchela, dans les Aurès en Algérie.

(fr)Amamra
(ar)العمامرة
(shy)ⵄⵎⴰⵎⵔⴰ
(shy)Ayth Ammar
Description de cette image, également commentée ci-après
Cavaliers Chaouis de la tribu Amamra
Autres
Régions d’origine Aurès Khenchela (Algérie)
Langues Tacawit (Tamazight Chaoui)
Ethnies liées Chaouis (Amazigh)

Histoire

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Antiquité

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La tribu des Amamra est une très ancienne tribu descendante des Zenètes. Jadis, les Amamra furent organisés en tribu puissante sous Syphax et Masinissa et construisirent probablement les nécropoles mégalithiques de la colline des Djeraoua[1]. Le territoire des Amamra a été, dans l'antiquité, le théâtre d'évènements très importants, à en juger par les nombreuses ruines qui s'y trouvent. Il appartenait à l'ancienne Numidie, et ses montagnes furent, pendant longtemps, le refuge de Jugurtha combattant les armées romaines. Des établissements considérables y furent créés par le peuple-roi[2].

Les Amamra descendent des anciens Chaouis dont parle Marmol, et ont conservé d'eux le nom de Chaouïa et une langue très ancienne, différente de celles des divers envahisseurs. D'un caractère fier et ami de l'indépendance, ils n'ont jamais, soit dans les temps anciens, soit dans les temps modernes, subi le joug de la domination étrangère.Tous les auteurs anciens, et surtout Salluste et Procope, rendent justice à leur vaillance et aux efforts qu'ils firent pour rester libres[3],[2].

Les Amamra sont de purs Berbères Chaouis dont la race s'est conservée dans sa pureté primitive, leur pays est difficile et habité par une population turbulente, belliqueuse et guerrieres, c'est un des points ou les autochtones ont dû se conserver les plus purs[4]. Ils avaient et ont encore un grand nombre de tombeaux mégalithique. Au pied de leurs montagnes il existait trois villes: Bar'aï, Khenchela et Guessas habitées par des berbères chrétiens. Chacune d'elles était entourée de vastes jardins arrosés par les eaux descendant du Djebel-Mahmel, et par de nombreux châteaux (ksour), très rapprochés les uns des autres[5].

Pédiode médievale

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Le Djebel Djahfa, la montagne ancestrale des Amamra qui a souvent abrité Jugurtha, Iabdas, Dihya

Iabdas, chef berbère des Aurès du VIe siècle et roi du royaume de l'Aurès qui teint longtemps en échec les Byzantins dans les Aurès, et joua un rôle important dans les révoltes berbères qui suivent la reconquête byzantine, avait trouvé aussi comme Jugurtha refuge chez les Amamra, c'est de la montagne très connue des Amamra ( Djebel Djahfa ) située à Ensigha que Iabdas pu infliger et resister très longtemps face aux Byzantins, c'était sa forteresse centrale . En 535 Iabdas et les Amamra infligaient une grosse défaite aux byzantins qui voulaient enlever avec son armée le Djebel Djahfa des Amamra. Battus par Iabdas et ses soldats, le général byzantin est forcé de battre en retraite rapidement et dans le désordre[6],[7],[8].

C’est parmi Les Amamra qu'avait installée le siège de son royaume, Dihiya, la très populaire reine berbère chaouie surnommé la Kahéna ( sorcière ) par les Arabes contre qui elle a très longuement combattue, les Arabes se heurtaient à la résistance de la chef incontestée de la tribu des Djeraoua, juive suivant la tradition ou chrétienne selon les historiens récents. La Kahina écrase les troupes de Hassan Ibn-N'Oman au combat de la Meskiana et rejette les Arabes en Tripolitaine. Son nom est encore populaire dans le pays et les Amamra affirment que les débris de fortification, les ruines de cités trouvés sur la montagne du Djebel Djahfa sont les restes d’une forteresse construite par sa fille[9],[10],[11],[2].

Après ces évenements, les Amamra continuaient à vivre dans l'indépendance la plus absolue, que ce soit sous les dynasties comme les Fatimides, Almohades etc...

L'Époque moderne

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C'est durant cette époque que l'on apprend l'étymologie du nom des Amamra, les Amamra tirerait leur nom d'un certain '' Amar '' des Ouled Adouan, qui, après avoir habité la Khanga de Sidi Nadji, alla se fixer ensuite au pied de la montagne appelée ensuite Djebel Beni 'Ammar, près de Khenchela, où il existe encore des Amamra. On en trouve aussi dans l'Aurès oriental, près du Djebel Chechar[12].

Une autre hypothèse serait que le fameux '' Amar '' serait fils d'un certain Makhlouf ben Nacer, qui, envoyé par celui-ci, fertilisa l'Aurès[13].

Et enfin la dernière hypothèse serait que Makhlouf ben Nacer '' ancêtre présumé '' de 2 fractions des Amamra ( Ouled Ensigha et Ouled Bouderhem ) parla à un homme qu'il rencontra et lui dit: «Ammaroun fi el belad (je viens peupler le pays).» C'est de cette réponse que proviendrait son surnom et par suite le nom des Amamra[14].

Au 14ème siècle l'un des notables des 'Amamra, nommé Aïça-bou-'Afia, organisa une défense énergique. Les Oulad-Saoula, tribu arabe venu demander l'impôt,étaient campés à Koudiat-el-Miad près d'Aïn-Khenchela. Aïça fit détourner les eaux de l'Oued-Frengal et inonda la plaine de Tafekhfakht, sur les derrières de l'ennemi. Dès que cette première opération fut accomplie, Aïça, suivi de tout son monde, se porta au-devant des Arabes et, aussitôt qu'il aperçut Serhani, il lui demanda: Que viens-tu chercher ici? Serhani : ''J'exige, que vous me donniez l'impôt.'' Je suis un homme, dit Aïça; je commande à des hommes, et à la main j'ai un sabre; approche, je te donnerai tout ce que j'ai ! Et sur le champ, se précipitant sur Serhani, il le transperça de part en part. Les Oulad-Saoula prirent la fuite en désordre, et se noyèrent en grande partie, en traversant la plaine submergée de Tafekhfakht. Aïça, profitant de cette première victoire, attaqua les gens de Serhani qui étaient restés au Djebel-Mahmel, et après en avoir massacré beaucoup, força les survivants à s'éloigner vers le Sahara. Aïça se maintint à la tête du pays et se fit aimer par sa bonne administration[15].

Les Amamras de la Région, détenant le contrôle du passage des Hauts Plateaux aux parcours sahariens, ce fut une source de conflits avec les HARACTAS, les SEGNIAS et les NEMANCHAS. Conflits se traduisant par des affrontements sanglants aux points d'eau comme l'a révélé le charnier découvert à la source d'AÏN TAMAIOURTH à l'occasion de la construction de la route du Sud.

L'histoire des Amamra avec les Turcs est assez bien documentée, les Amamra furent très turbulents, ils vivaient à l'état permanent de révolte, se livraient en outre, depuis quelque temps, à toutes sortes de déprédations et de brigandages. les Turcs essayèrent de calmer leur esprit belliqueux, mais en vain, durant une époque Ahmed bey voulant les calmer, essuyait un terrible et humiliant échec face a ces rudes montagnards, Ahmed, dernier bey de Constantine voulant s'aventurer dans leur territoire, essuyait d'énorme pertes. Il fut obligé de se retirer, sans avoir pu exécuter ses desseins. Pour comble de malheur, à son retour, son cheval en caracolant, se renversa sous lui, et, dans la chute, le bey eut l'os de la jambe entièrement fracturé. On le rapporta faible et souffrant jusqu'à Constantine[16].

Quand les Turcs s’avancèrent pour faire la conquête de l’Aurès ils trouvèrent devant eux les Amamra, les Oudjana, les Ouled Daoud et les Ouled Abdi qui leur firent éprouver des pertes sérieuse[17]

Les Amamra ne reconnurent jamais les Turcs comme leurs maîtres et furent, contre eux à l'état d'insoumission permanente. Les Amâmra étaient anciennement des gens de bien, les meilleurs des hommes et les plus courageux. Pour la bonne foi et la justice ils ont levé l'étendard de la révolte contre tous les Beys, et leur manière d'agir est encore la même à l'égard des Francais[18].

Époque contemporaine

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Les Amamra avec les Français était autant belliqueux, résistant et turbulent qu'avec tous les '' envahisseurs '' précédents. Les Amamra ont résisté héroïquement contre la colonisation Française. à tel point que les Français n'ont jamais pu les soumettre entièrement ni eux ni d'ailleurs tout l'Aurès[19].

Abbas Laghrour

Le 14 et le 15 jun 1845, la colonne traversa le pays des Amamras les fractions de cette tribu se trouvaient dans leur état primitif d’insoumission. Il fallut les razzier très sérieusement pour obtenir le paiement de leurs contributions qui ne durera que quelques jours avant qu'ils ne reprennent leurs activités criminelles et turbulentes, les troupes du colonel herbillon seront repoussés de nombreuses fois et devront opérer très longtemps et plusieurs fois pour essayer de les calmer, en vain puisqu'ils reprennaient tout le temps leurs actes de brigandages[20].

En 1849, les Amamra ont aussi participés au siège de Zaatcha. Les Amamra fournirent de nombreux contingents contre les Français, c'est dans un combat avec les Amamras et d'autres tribus que le célèbre commandant Français, Emmanuel Gaillard de Saint-Germain mourut très rapidement d'une balle dans la tête[21].

L'année d'après, les Amamra participèrent aussi au siège de Narah en Janvier 1850 en fournissant comme durant le siège de Zaatcha, de nombreux hommes[22].

En décembre 1860, de nouveaux troubles dans la tribus sont survenus, Le journal le Mobacher annonce que, par décision de M. le gouverneur général de l'Algérie, en date du 12 avril, la peine de l'internement a été prononcée contre dix membres de la tribu des Amamra, , qui, par leurs intrigues, ont occasionné les troubles survenus dans cette tribu[23].

Les Amamra ont aussi participé à la révolte de 1916 dans les Aurès[24]

Durant la Guerre d'Algérie, les Amamra contribueront énormement à la libération du pays en fournissant de nombreux moudjahidines et chouhadas dont notamment l'un des plus grand moudjahid de la Guerre d'Algérie Abbas Laghrour surnommé l'homme aux milles embuscades, qui causa des pertes matérielles et humaines énormes à l'armée Française[25],[26].

D'après M. Masqueray, les Amâmra et leurs voisins les Aït Oudjana représenteraient les plus anciens habitants de la contrée et leur dialecte serait plus pur que celui des autres tribus[27].

Personnalités issus de la tribu

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Notes et références

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  1. Journal asiatique, Société asiatique, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 Raoul Julien François de Lartigue, Monographie de l'Aurès, Imprimerie à vapeur Marle-Audrino, (lire en ligne)
  3. Société archéologique, historique, et géographique du Département de Constantine, Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, (lire en ligne)
  4. Le monde illustré: journal hebdomadaire, (lire en ligne)
  5. René Basset, Études sur les dialectes berbères, Leroux, (lire en ligne)
  6. Revue politique et littéraire; revue des cours littéraires, G. Baillière, (lire en ligne)
  7. Revue africaine, Société historique algérienne, (lire en ligne)
  8. Mouloud Gaïd, Les berbers dans l'histoire: De la préhistoire à la Kahina, Editions Mimouni, (ISBN 978-9961-68-051-3, lire en ligne)
  9. Jean Balazuc, L'armée française pendant la guerre d'Algérie: une chronologie mensuelle, mai 1954-décembre 1962, l'Harmattan, (ISBN 978-2-343-18636-8, lire en ligne)
  10. Collectif, Juifs et musulmans: Échanges et différences entre deux cultures, ALBIN MICHEL, (ISBN 978-2-226-47080-5, lire en ligne)
  11. Encyclopédie du dix-neuvième siècle: Répertoire universel des sciences, des lettres et des arts avec la biographie et de nombreuses gravures, au bureau de l'Encyclopédie du XIXe siècle, (lire en ligne)
  12. Journal asiatique, Société asiatique, (lire en ligne)
  13. Etudes et documents berbères, La Boîte à documents, (lire en ligne)
  14. Bulletin de correspondance africaine, l'Association ouvrière P. Fontana et Compagnie, (lire en ligne)
  15. Société archéologique, historique, et géographique du Département de Constantine, Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, (lire en ligne)
  16. Eugène Vayssettes, Histoire de Constantine sous la domination turque, 1517-1837, Editions Bouchène, (ISBN 978-2-35676-094-4, lire en ligne)
  17. Raoul Julien François de Lartigue, Monographie de l'Aurès, Imprimerie à vapeur Marle-Audrino, (lire en ligne)
  18. Bulletin de correspondance africaine, l'Association ouvrière P. Fontana et Compagnie, (lire en ligne)
  19. Société archéologique, historique, et géographique du Département de Constantine, Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, (lire en ligne)
  20. Charles Féraud, Le Sahara de Constantine: Notes et souvenirs par L. Charles Féraud, Adolphe Jourdan, (lire en ligne)
  21. Émile Herbillon, Insurrection survenue dans le sud de la province de Constantine en 1849: relation du siége de Zaatcha, J. Dumaine, (lire en ligne)
  22. « Revue militaire universelle », sur Gallica, (consulté le )
  23. « La Presse », sur Gallica, (consulté le )
  24. (en) Kamel Mhamed Benameur, Abécédaire de l'Algérie: Des femmes, des hommes et des lieux, Les Editions du Net, (ISBN 978-2-312-12441-4, lire en ligne)
  25. (en) Salah Laghrour, Grandir dans les Aurès: Un enfant dans la guerre, Chihab, (ISBN 978-9947-39-711-4, lire en ligne)
  26. Mansour Rahal, Les maquisards: pages du maquis des Aurés durant la guerre de libération, éditeur non identifié, (lire en ligne)
  27. Élisée (1830-1905) Auteur du texte Reclus, Nouvelle géographie universelle : la terre et les hommes. Vol. 11 / par Élisée Reclus..., 1876-1894 (lire en ligne)